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METIER ET FABRIQUE

La fabrique constitue la note caractéristique et dominante de l’industrie moderne, comme le métier (1) forme celle de l’industrie du moyen âge. Les métiers aspirent aujourd’hui pour rester de leur temps, à ressembler aux fabriques, tandis que dans les périodes antérieures, les fabriques, en tant qu’elles existaient déjà, possédaient aA'ec les métiers une ressemblance indéniable, ha moi H andwerk (métier) apparaît déjà dans l’ancien haut-allemand sous la forme ào H antwerah, et dans l’anglo-saxon sous celui do Handveorc, avec le sens d'opiis maniium. Dans le moyen haut-allemand, Hantwerc, avec le sens d'artificium, se place à côté de Antwerc, qui signifie machine. Toutefois, ce dernier mot se fond peu à peu dans le premier. [L’expression fabrica signifiait, en latin du moyen âge, simplement un atelier, une forge, ou encore une loge de maçon constructeur d’églises. Lorsque le mot Fabrik,ohtini droit de cité au XVII® siècle, il n’avait pas toujours le sens de grande entreprise, mais {v. Schroeder, 1686), tantôt celui de l’activité industrielle en général, tantôt celui des produits in-

dustriels eux-mêmes, cfuelque chose comme le mot allemand actuel Fabrikat. Pour la première fois en 1685, l’ouvrage Enldeckte Goldgrube in der Akzise décrit le système de la fabrique comme consistant en ce que les fabricants « édifient à grands frais de toutes grandes maisons, dans (c lesquelles ils entretiennent ensemble des trieurs de laine, « des peigneurs de laine, des fileuses, des tisserands, des « presseurs et même des facteurs. » Il appelle fabrique {Fabrikyi une maison dans laquelle les objets manufacturés « ;^ont travaillés et entreposés. » Le Deiitscher Sprachschatz de Stieler, en 1691, ignore encore le mot Fabrik parmi les expressions allemandes, et le H andliings-Lexikon de Adrian Beier, qui fut imprimé en 1722, après la mort de l’auteur, présente siib verbo : Fabric, officina, manufacture, l’explication « un atelier, où une certaine espèce de toutes sortes de marchandises est confectionnée ». Les savants caméralistes de la première moitié du xviii® siècle, ■' comme ^larperger, GadDbusch, Zinck, employaient l’expression Manufactiiren iinf Fabriken dans le sens d’industrie en général et désignaient fréquemment l’artisan qui travaillait pour le compte d’un bailleur de fonds du nom de Fabrikant. A Zurich, le mot se trouve déjà employé dans le mandement sur les fabriques de 1727, et Johann- Leonhardt Friscfi le cite dans son Teutsch-lateinisch Wo.rterbuch de 1741. Ju.sti lui donne un sens étonnamment restreint lorsqu’il dit qu’ « on appelle Fabriken les travaux pour lesquels on se sert du feu et du marteau, ou d’instruments analogues. Lampreciit, le premier, dans sa Kameralverfassung, admet en 1797 une acception voisine de celle actuelle : il trouve, en effet, le coté caractéristique des fabriques et manufactures en ce qu’ « elles travaillent la ma- « tière première plus en grand, divisent les travaux de déu tail nécessaires à la préparation des produits artistiques

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