‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 18 sur 155 · TRANSFORMATIONS MODERNES · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS MODERNES

même abstraction faite de ce que chez celles-ci, l’inventeur A d’une idée se rencontre plus aisément avec celui qui est

susceptible d’en transformer le germe en une réalité concrète, et tous deux à leur tour avec celui qui peut fournir le capital et le crédit nécessaire à sa mise en valeur économique. Il faut encore remarquer l’influence des capitales, toujours croissante avec le développement des chemins de ftr, etc., sur les habitudes de consommation du peuple.

Tout ce qui précède explique pourquoi l’industrie proprement dite, constituée tout d’abord dans les grandes villes, pui.; émigrée par suite du bon marché du travail, de l’abondance du bois, de la garde plus facile des secrets de fabrication, etc., vers des régions provinciales écartées, est « »

revenue récemment de plus en plus vers les premières (5)..

Lorsque de nos jours en tous cas, l’on examine les avantages ■ü industriels d’une contrée, la possibilité d’une concentration

urbaine se place en première ligne (6).

(1) C’est par là, notamment, que l’opinion de D. Hume sur les migrations nécessaires de la suprématie industrielle (vol. I, § 263) se trouve vieillie. Adolphe Wagner {Zeitschr. /. Staatsw., 12, p. 346 et suiv.), assigne aux chemins de fer une influence à la fois décentralisatrice et centralisatrice sur l’économie sociale. La première serait due à la facilité plus grande de l’exportation du charbon, qui diminue l’avantage des régio is houillères, la seconde à la facilité plus grande de l’importation des grains, qui recule la limite de la possibilité de croissance des grandes villes. Ces deux aspects d’un même développement sont, en réalité, favorables aux grandes villes déjà existantes, et ne leur sont contraires qu’en apparence. Elles sont, au même moment, affranchies du besoin de la proximité aussi bien des champs de blé que des fosses à charbon.

(2) C’est pourtant une imperfection que de voir les fabricants allemands se trouver, si fréquemment encore, en mémo

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172 CHAP. II. EMPLACEMENT DES BRANCHES DE l’iNDUSTRIE

temps les négociants en gros de leurs propres produits (Voir C. Roscher dans le Zütauer Handelskummerhericht von 1876,

(3) Sur le développement de la fabrication des machines à Zurich, conséquence de celui de la filature, etc. (Voir Meyer VON Knonai:, C. Zurich, 107 et suiv.).

(4) L’inverse se vérifie pour les inventions véritablement artistiques et scientifiques. Elles germent au mieux dans le calme, et s’atrophient si, prématurément, on les lance dans le tumulte du marché. [La fabrique d’une renommée mondiale d’appareils optiques et surtout microscopiques, de Karl Zeiss, à léna, est issue d’un modeste atelier fondé en 1846, dans lequel furent entreprises la construction et la réparation de tous les appareils scientifiques nécessaires aux Instituts do l’Université (voir Pierstorff, dans le Jahrbiich. f. Ges. u. Verw., 21, p. 1 et suiv.)]. Combien souv(‘nt, par exemple, des dessinateurs allemands de modèles, venus à Paris, sont rapidement passés au nombre des favoris de leur genre ! Et inversement combien de dessinateurs parisiens réputés, tran.splantés autre part, ont vu, en quelque sorte, se flétrir leur fantaisie si riche jusque-là ! Les dessinateurs français de modèles, devenus sans travail en 1848 et appelés alors en Angleterre, retournèrent ensuite, pour la plupart, à Paris, « parce qu’ils ne pouvaient rien inventer là-bas » (Lessino, Kunstgewerbe auf der Wiener Weltaussleîlung, 1873, p. 232 et suiv.).

(5) Bodemer, Die Diduslrielle Hevolulion (1856), p. 30 et suiv. C’était, par contre, une opinion en son temps certainement bien fondée que celle de Sonnenfels, combattant le préjugé favori de l’absolutisme, de vouloir concentrer dans la capitale toute la vie populaire, même en ce qui a trait à l’industrie {Grundsaetze, 1757, 2, p. L59, 131 et suiv. ; Abhandlung von der Teuernng in Haaptslaedlen, 1769).

(6) C’est une des raisons principales pour lesquelles un pays d’une richesse houillère considérable possède plus de perspectives industrielles qu’un autre d’une richesse égale, mais généralement disséminée, en forces hydrauliques.

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