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briques de Normandie, « le nerf de bœuf figure sur le métier au nombre des instruments de travail » (Villermé, dans les Mém. de VAcad. des se. m. et pclit., II, 2, p. 414). D’après les Reports of the commissionners appoinled to enqnire into the employment cf,children, il y avait, en 1863-1866,dans la poterie, sur 27.432 ouvriers en général, 593 enfants de 5 ans et au-dessous, et 4.605 de 5 à 10 ans. Dans la fabrication de la dentelle, on employait de petites filles de 3 et même de 2 ans ; dans le tressage de la piaille, quelques-unes de 3 ans, tandis que la plupart commençaient le métier à 5 ans {Quart. Rev., avril 1866, p. 371).
(7) Par un aveuglement singulier, J. Stuart Mill fait l’éloge, dans l’intérêt de l’émancipation féminine, delà collaboration de la femme, même lorsque les deux époux réunis ne gagnent pas davantage que l’homme à lui seul auparavant (Principles, II, ch. xiv, 5, IV, ch. vu, 3, V, ch. xi, 9). Ure, dans sa Philosophy of manufactures, p. 19 de la traduction de Iiiezmann, se montre faAmrable au travail des enfants, parce qu’il en fait les égaux des hommes.
(8) Cette affirmation a été souvent émise pour combattre par son moyen la diminution du tem])s de travail (Cpr. Karl Marx, Kapital, I, 195 contre Senior). Il est manifeste qu’il s’agit ici d’un calcul arbitraire. Un boulanger qui gagne 10 0 /O ■sur sa fabrication, pourrait aussi bien attribuer son gain total ■ au dixième pain qu’il cuit.
(9) Selon Barrage, Economy of machinery and manufactures, p. 349, la seconde machine construite sur le même modèle que la première revient au cinquième du prix de celle-ci <Cpr. K. Marx, Kapital, I, 393 et suiv.).
(10) [Adolf Werer, Der Kampf z^vischen Kapital und Arheit, 1910, p. 22 ; C. Ergang, op. cil., p. 142].
En présence de dangers semblables des machines, il ne peut être surprenant que chez les ouvriers manuels, des
voix se soient souvent élevées en faveur de leur suppression complète (1). [Ce n’est rien moins que Goethe, qui, dans ses « années de voyages » {Wanderjahre), fait se plaindre la propriétaire d’une grande filature des soucis que lui inspire l’emploi croissant des machines à filer. « Le progrès des machines me tourmente et m’angoisse. Elles s’approchent comme l’orage, lentement, lentement. Mais elles ont pris leur direction, elles arriveront, elles atteindront leur but. On y songe, on en parle ; ni la pensée, ni les discours ne peuvent apporter de remède. Il ne reste que deux voies, aussi tristes l’une que l’autre. Ou bien embrasser soi-même la nouveauté et hâter la ruine, ou bien partir» emmener avec soi les meilleurs et les plus dignes, et chercher de l’autre côté des mers un destin plus heureux ».] Tant que dans l’économie nationale, en général, le travail (demeura sans comparaison plus important que le capital, tant que les principales villes industrielles, en particulier, furent gouvernées par les corporations, l’autorité elle-même prit d’ordinaire, suivant les circonstances, des mesures énergiques contre les machines nouvelles (2). Plus tard, lorsque dans 1 économie, le capital et l’intelligence supérieure devinrent toujours plus importants et plus indispensables, les pouvoirs de l’Etat cessèrent de prêter main-forte à la jalousie des ouvriers manuels. Au début du xix^ siècle, en 1811 et 1816, le gouvernement anglais a souvent, lorsque la jacquerie des liiddiles avait détruit quelque machine do .nouvelle invention, payé sur la caisse de l’Etat de quoi la remplacer (3). Cette jalousie se fit sentir longtemps encore par des persécutions privées et même par des soulèvements. Citons comme exemple, en Angleterre, encore en 1853, le fait que Icsamalgamated engineers (les mécaniciens fusionnés) se concertèrent pour cesser le travail, afin de limiter eux-mêmes l’emploi des machines dans la fal)rication de celles-ci (4).
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(1) En Saxe, la haine populaire fut très vive et s’accompagna d’écrits injurieux contre l’Électeur Auguste qui avait adopté un procédé nouveau de fusion permettant d’économiser le bois (Falke, Gesch., 192). Les fileurs de laine de Somerset présentèrent, en 1776, une supplique pour interdire 1 emploi de la Mule-jenny. Un peu avant, Lawrence Earnliam avait inventé une machine à filer, puis l’avait lui-même détruite pour ne pas faire tort aux ouvriers (Held, Soziülc Gesch.^ 590-
(2) [On a souvent affirmé que, vers la fin du xvi® siècle, à Dantzig, il avait été inventé un métier à rubans contre lequel se tourna la colère du Conseil de ville. C’est une légende qui n a pas résisté à la critique moderne. Le métier à rubans, dit métier à la barre, est issu vraisemblablement d’une transformation du métier primitif poussé à la main que les Hollandais, à la fin du xvi® siècle, avaient apporté en Angleterre {Dntch loom, métier hollandais). Karmasch conclut d’un brevet délivré, en 1745, à John Kay et Joseph Stell, que ce sont ces personnages qui ont transformé le métier poussé à la main en métier à la barre. L’interdiction du métier à la barre, plus justement que du métier poussé à la main, se trouve dans l’Édit impérial du 19 février 1685, qui en défendit l’emploi dans tout l’Empire allemand. Elle fut renouvelée par Charles VI, le 9 février 1719. A Leyde, le métier en question lut, à la suite d’une révolte des naveticrs, interdit par le Conseil de ville, tandis qu’en 1623, 1639 et 1661, une ordonnance des États Généraux l’autorisa, quoique de façon restreinte. Cologne défendit le métier à la barre en 1676 et la Prusse l’autorisa à partir de 1/28 (C. Ergang, op. cit., p. 148-149)]. L’Électorat de Saxe le permit seulement, en 1765, pour les passementiers. Lorsqu’en 1589, M. Lee inventa la machine à tricoter les bas, la princesse électrice Élisabeth s’y montra opposée, parce qu’elle ôtait le pain à de nombreux individus (W. Folkin, Hist. of the machine wrought hosiery and lace-manufactares, 1866). En France, Henri IV protégea l’inventeur ; après la mort du roi, les tricoteurs à la main le réduisirent, derechef, à la misère. La Hol-