OPPOSITION CONTRE LES MACHINES
(1) Pendant la guerre de Trente Ans, après la perte des animaux de trait, une grande partie des transports dut être effectuée au moyen de brouettes (Kius, dans Ilildebrands Jahrb 1870, I, p. 33).
(2) Vers 1856, à Glascow, un fileur de coton pouvait difficilement, dans les anciennes fabriques, gagner plus de 20 shillings par semaine, dans les nouvelles pourvues d’une machinerie meilleure, il surveille, au lieu de 500 broches, 1.500 à 2.000 et se fait jusqu’à 35 shillings (NewMAnen).
(3) Aux Pays-Bas, la Belgicæ descriptio de Guicciardini, p. 55, mentionne comme très répandu le travail d’ènfants de 4 à 5 ans. En Angleterre, sous Charles II, l’antipathie des ou- \Tiers drapiers de Norwich contre leurs patrons se manifesta violemment et même par des chants populaires. Les enfants de 6 à 10 ans auraient gagné dans ce pays, à tricoter des bas,
12.000 livres sterling par an en plus des frais de leur propre entretien (Chamberlain, Présent State of England, 137 ; Ma- CAüLAY, Ilist. oj England, ch. iii).
(4) Dans les fabriques de lainage, les mauvais traitementis |
infliges fréquemment a 1 enfance le sont par les fileurs vis-à-v-s J
des rattacheurs, justement parce que la tache des premiers 5
n’est pas tracée de façon invariable par la machine. Ils se produisent surtout lorsque les fileurs veulent rattraper le temps 4
perdu au cabaret en exécutant à toute vitesse un travail dé- :
sordonné. Dans la région de l’Angleterre dénommée Black- Country (le pays noir), on rencontre peu de machines, et pourtant le pire travail des femmes et des enfants (ScHERZER,TTeZïindustrien, 1880, p. 281 et suiv.). Il est question de la misère et de l’abrutissement des femmes de cette contrée dans l’ouvrage de Disraeli, Sybil.
(5) On cite des machines à peigner le lin, dans la ville'württemburgeoise d Urach qui, d’ordinaire inutilisées, ne servaient qu’à ce but (Voir Zeitschr. /. Staatsw., 7, p. 101).
(6) Selon Villermé, il existait dans les fabriques de coton françaises un cube d’air par ou\Tier : de 20 à 68 pieds cubes
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pour les filatures ; de 17 à 26 pour les tissages ; de 16 à 30 pour les salles d’impression. C’était certainement plus que pour une grande partie des ouvriers de métier ou travaillant à domicile
(I, c. 147 et suiv.).
(7) Il est des cas où des ouvriers ont une affection telle pour leurs machines, qu’ils déplorent les négligences de réparations et le mauvais graissage, à la façon dont une mère se plaint de son impuissance à procurer un remède à son enfant malade (Brassey, Work and Wages, 150 et suiv.). Sur les avantages et inconvénients des machines quant au relèvement de la condition ouvrière (Cpr. v. Mangoldt, Volkswirtschaftslehre,
(8) Garnier {Eléments, 114) fait déjà, à l’encontre de Sismondi, qui préfère un pays peuplé d’hommes à un pays plein de machines (dans le même sens, G. Forster, Morgenb., 1818, n® 228), la remarque suivante : les machines ne consommant point de matières nécessaires à la vie, le manque d’hommes dans le dernier pays ne pourrait être que la conséquence d’une répartition défectueuse.
(9) [C’est une idée que Werner von Siemens particulièrement a exprimée dans ses Lebenserinnerungen (1892, p. 284). 11 y expose que la répartition des forces et la baisse nécessaire du taux de l’intérêt réduisent de plus en plus la prépondérance des grandes fabriques sur le travail isolé. Les conditions que les machines de faible force doivent remplir pour influer sur le relèvement du métier sont ; bon marché pour une puissance de 1 à 4 HP ; facilité d’être montées partout ; inexplosibilité et exemption d’une autorisation de police ; construction la plus simple possible pour ne pas rendre nécessaire un personnel instruit à les diriger ; pas d’incommodité pour les voisins provenant de bruit, d’odeur, de malpropreté, etc. ; emplacement restreint.' Répondent à ces exigences les moteurs actionnés par l’eau (machines à pression hydraulique et machines à colonne d’eau), les moteurs à gaz, à pétrole et à benzine. Leurs rendements différents sont indiqués par l’échelle ci-dessous.