‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 8 sur 155 · habitants ; en 1454, 8.000 ; Dantzig, en -1476, 15 à · texte numérisé non relu

habitants ; en 1454, 8.000 ; Dantzig, en -1476, 15 à

20.000 ; Dresde, en 1491, 4.889 ; Francfort-sur-Mein, en 1387, 9.632 ; en 1440, 8.719 ; Mayence, en 1450, 5.775 ; Meissen, en 1481, 2.000 ; Nurtmberg, en 1449, 20.186 ; Rostock, en 1387, 10.785 ; en 1410, 13.935 ; Strasbourg, en Alsace, en 1475, 20.722 ; Zürich, en 1357, 12.375 ; en 1410, 10.570 ; en 1467, 4.713. (Voir Bûcher, Die Beaœlkerung von Francfurt-a-M., 1886 ; jASTROw,Z)ie Volkszahl deutscher Staedte zu Ende des Mittelalters, 1888 ; Inama-Sternegg, Ueber die Quellen der hislor. Bevoelkerungsstat., dans la Statist. Monatschrift, 12, p.387 ; Du uème, Bevoelkerung des Mittelalters iind der neueren

Zeit bis Ende des 18 Jahrh. in Europa ; llandw. der Staatsw., 3® éd., 2, p. 882 et suiv. ; R. Hoeniger, Die Volkszahl deutscher

INTRODUCTION

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(1840) . HEont, op. U, p. 40 et suiv., 323 et suiv., 335 et

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I- und 13 Jarkrh. und ueber nicderdeulsche Kau/gildm, dans es . onats er. der A. Prciiss. Akadeinie der H’iss., 1879 p 4

et SUIV. ; 1^, p. 370 et suiv. ; voir aussi les traités pir lui laisses et édités après sa mort, par I.ikskcvvc, Die nje7-

ee h., Ce man. AhX. 13, 1-95, et Die niederdeuisehen Verehrsemnehlmgen nehen der al, en KautgUde, eodem. lib. 15

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Tne l’inn ’ «“'■'■lapement de la bourgeoisie, et où il souci e H " s''; ' “Sganisation des guildes.] .Artold, loe. 1879 r "“SLER, t/raprimg der deuteehen Slaedleaerfasmng,

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I 9/0 Weutsches Genossensch, i/lsrec, U, 186S et suiv

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questions fondamentales de l’histoire allemande de l’organisation municipale des villes ont été de nouveau reprises depuis le ebut par VON- IjELovv.Znr Entelehmg der deulschen Slaedie dans la Hnuor. Zeusehr., Neue Folge, 22, p. 193 et suiv., 23

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p. 193 et suiv. Il combat l’opinion de Nitzsch et il explique, avec Maurer, l’organisation municipale des villes en la faisant dériver de celle de la commune rurale (communauté forestière de village, Dorfmarkgenossenschaft) ; R. Sohm (EntsteJtung des deutschen Siaedtewesens, 1890), entend par territoire municipal celui dont l’étendue est soumise au Markrecht (droit forestier). Son opinion a été adoptée par Richard Deutsche

Rechtsgeschichte, 1890, et par Schulte, Ueber Reichenauer Staedtegründungen dans la Zeitschr.f. Geschichte des Oberrheins, neue Folge, 5, 1890. L’idée que la ville est issue de la guilde, principalement défendue par Liesegang, dans la Zeitschr. ./. Savigny-Sliftung, grosse Auflage, II, p. 1 et suiv. a été tout récemment réfutée par Hegel, Slaedie und Güden, 1891, et par VON Relow, Die Bedeutung der Gilden für die Entstehiing der deulschen Slaedie, dans le Jahrb. /. Aat., 3® Folge, 3, p.56 et suiv. ; Rich. Ch. Gross {The gild Merchant, 1890), qui fournit la preuve que les guildes de marchands ont été sans importance pour les origines de l’organisa ion municipale anglaise, prend également en considf'ration l’état de choses en Allemagne. Une opinion dirigée davantage vers la conciliation, mais qui a rencontré une vive résistance, aboutit en particulier à ce que l’on ne peut chercher l’origine de l’organisation municipale en ^Ulemagne dans une cause unique, non plus qu’expliquer par une source unique le développement de l’importance économique des villes. C’est ce qu’ont pensé des auteurs comme : Lamprecht, Uisprung des Bürgertums und des slaedtischen Lebens in Deiitschland , dans \di H istor, Zeitschr., Neue Folge, 31, p. 385 et suiv. ; C. Koehne, Ursp-ung der Stadtverfassung in TFor/H5, Speier, Mainz, 1890 ; Ina.ma- Sternegg, Ueber die Anfaenge des deutschen Staedtewesens,àsim la Zeitschr. /. Volksw., Sozialpol. und Verw., 1, p. 521 et suiv. ; WiLLY Varges, dans ses nombreux travaux parmi lesquels nous nommerons seulement ici : Zur Entstehung der deulschen Stadtverfassung, dans le Jahrb. f. Nat. ,3 Folge., 6, p. 161 et suiv., 8, p. 801 et suiv., 9, p. 481 et suiv., 12, p. 481 et suiv., et Verfassungsgeschichte der Stadt Halberstadt iin Mittelalter^

INTRODUCTION

dans la Zeüschr. d. Harz, Vereins /. Gesch., 29, p. 12 et suiv.^, 1896 ; enfin, principalement, avec beaucoup de bonheur dans l’expression, Keütgex, Untersuchungen über den Ursprung der deutschen StadU>erfassung, 1895. Les relations entre le marché et la ville ont été établies dans leurs détails par S. Riets- CHEL, Mark und Stadt in ihren rechtlichen Verhaeltnissen, 1897].

(4) [La ville est désignée du nom de castrum,castellum,munüio, veste, vesiung. Lè mot burg, ({ui est proprement l’ancien, mot germanique pour ville, signifie un lieu entouré, fortifié par des tours et des fossés. La ville est un endroit en état de se défendre, un boulevard {Bollwerk) contre les incursions ennemies qui menacent 1 Empire. Les habitants libres de la campagne eux-memes, qui sont obligés d’entietenir les fortifications de la ville par des prestations communes de travail et d’attelages, ont le droit (Recht) de se réfugier derrière ses murs avec leur famille et leurs biens meubles aussi souvent que le danger menace. Ce droit s’appelle le Burgrecht ; l’expression burgensis, plus tard borgere, pour celui qui en jouit, ne paraît s’être universellement accréditée qu’au commencement du xiiie siècle, lorsque les bourgeois furent séparés des paysans par la formation d un abîme de droit social sur lequel on chercha vainement à jeter un pont par l’institution des Ausbürger ou Pfahlbürger (bourgeois domiciliés à la campagne). Ces anciens habitants des villes sont essentiellement guerriers ; chez eux s’est conservé un reste de 1 ancienne armée nationale qui reposait sur le service militaire universel. Beaucoup de villes, par suite, ne paient aucun impôt, celui-ci étant originairement conçu comme remplacement de services de guerre non fournis. Seules, les villes plus récentes, qui étaient encore des villages lorsque l’impôt, dans l’étendue du territoire, fut édicté vis-à-vis de ceux qui ne fournissaient pas de services de guerre, durent se soumettre à son paiement. Comme le caractère des habitants, celui de la Aille est aussi d abord essentiellement guerrier. Bourgeois et chevaliers forment la nouvelle organisation de l’armée, les premiers comme troupes de forteresse, les seconds comme troupes de campagne de cavalerie. Voir Varges, dans le

Jahrb. /. Nat., 3 Folge, 6, p. 165-184 ; Keutgen, 38-62]..

(5) [Dans la ville règne une paix particulière, une paix perpétuelle, désignée des noms de Stadtfriede, Wichjriede, Burg~ friede (paix de la ville, paix du « vie » (lat. viens), paix du « burg ») ; plus tard aussi Marklfriede (paix du marché). Cette paix remonte au Roi. Elle défend par opposition à la Landfriede (paix du pays, paix publique, fr. paix de Dieu, trêve de Dieu), qui est instituée pour limiter la Fehde (guerre privée, guerre de clan), tout trouble de droit, mais d’abord seulement dans l’intérieur des murs de la ville ; elle est étendue ensuite au territoire municipal, puis finalement au pays tout entier. Le Weichbild (lat. viens, et Bild, image) ou Ortsbild (Ort, lieu), c’est-à-dire l’image du lieu, l’insigne, la bannière de la cité, qui est dressé en signe de paix sur une place de la ville, est le symbole de la puissance royale. On appelle, d’après lui, d’abord en Saxe et en Thuringe, la ville elle-même, un Weiehbild, c’est-à-dire qu’on étend le sens du mot au concept : Bildort, lieu de l’image, Koenigsort, lien du Roi. Le \\ eiehbild est d’abord l’espace compris à l’intérieur des murs de la ville, puis plus tard à l’intérieur du territoire municipal. Lors de la formation d’un droit municipal, ce droit, dans le langage populaire, fut désigné du nom de « vicbeld ». ^ oir Varges, op. eit., 6, p. 184- 194].

(6) [Si la ville, à ses débuts, ne se distingue que relativement peu du village, elle change de plus en plus son caractère p>rimitif à mesure que se développent à l’abri de ses murs l’activité, le commerce et le corps des marchands ; elle acquiert une physionomie particulière. A l’origine, il est encore vrai que 1 ensemble des besoins des habitants peut être produit dans la ville même, et l’on y pratique en conséquence l’agriculture et l’élevage du bétail. A côté poui-tant, dans les lieux de paix et de sécurité se font place le commerce et l’industrie. Il n est plus possible de produire soi-même tous les moyens de subsistance pour la population croissante. On offre alors aux habitants de la campagne qui apportent des vivres, en échange deceux-ci, les fruits du travail urbain, les produits des métiers»

INTRODUCTION

e trafic commercial à demeure, qui se développe de cette maniéré n est pas, au début, une institution spécialement urbaine Les couvents, les églises et les villages se voient aussi conférer le droit de tenir un marché hebdomadaire ou annuel. Ce n’est pas le marché qui a créé la ville, et la concession du mercatu, n a pas le sens do l’élévation d’un endroit au rang de ville .Mais on se convainc progressivement que le commerce et le trafic se font le plus convenablement derrière les murs d’une ville. A cet <^gard i] est possible qu’une ordonnance de Henri 1er l’Oiseleur portant que tous concilm et omnes coneentus et comina doivent’ etre tenus dans les villes, ait e.vercé une influence. Ile même principalement, la permission du Roi, plus tard celle du seigneur du pays et de la ville, d’exercer le commerce, l’octroi de pm ileges, ont etc pour le développement du trafic commercial une importance décisive. Merctttm, c’est désormais l’ensemble du trafic commercial des bourgeois qui s’accomplit dans la maison et dans la rue, mais auquel l’étranger, dans la ville meme, ne peut participer que comme acheteur. Dés lors pour accomplir correctement l’acte important de l’échange, à l’éoard duquel des deux côtés, aussitôt que l’on a affaire è des étrangers, la défiance prédomine, on a recours aux offices de personnes intermédiaires de l’autorité, de courtiers, de mesureurs de peseurs On fait de la Maison aux Marchands, de l’Entrepô (Aou/fciux) iTIutaIrum), le lieu de la commune activité. L’usage d avmir une Maison aux .Marchands est apporté par les négt ciants allemands même à l’étranger, à \ enise, Londres, Nowgorod etc. A cause du trafic marchand et commercial qui régné dans les villes, à cause du mercatus, ces villes sont désormais appelées des lieux de commerce, loei ntercatiotum, ou plus justement mcrcotns qui, avec le temps, devient le mot allemand .V„rki. Mark a donc d’abord le sons d’un lieu ■ il TCut aussi bien dire llandelsort, Kaufeta.lt (lieu de commerce, e marc an e). Ceux qui se livrent au commerce, les mercatares ou marchands, sont tous bourgeois. Ce n’est pas encore a une guilde particulière qu’est réservé le droit de trafic commercial et marchand. Voir Buecheh, op. ciL, p. 119 et suiv. ;

Varges, op. cit., 6, p. 185 à 207 ; Keutgen, p. 63-97].

(7) [La ville se complète peu à peu dans ses institutions essentielles. Sa population se compose des manants du domaine seigneurial et des éléments extérieurs de la communauté seigneuriale, soit administratifs, soit purement agraires, soit commerçants et industriels. Désormais, le Landrecht (droit général du pays, droit commun) n’y est plus tout à fait à sa place. Aussi y aspire-t-on à VExemtion vom Gau (exemption du district), qui institue pour la ville et son territoire une circonscription judiciaire spéciale et crée un Stadtrecht (droit de ville,, droit municipal) à elle propre. Ce Stadtrecht s’est manifestement développé d’une façon très individuelle. Selon que la ville devient un centre d’industrie ou de trafic commercial, selon qu’un état purement agraire s’y maintient ou qu’elle rétrograde vers cet état, selon que les éléments d’une classe de fonctionnaires y persistent ou y disparaissent, le Stadtrecht se forme différemment. A partir de ce moment, les habitants de la ville veulent avoir un tribunal qui leur soit propre, et qui vient se placer à côté du Landgericht (tribunal du pays, tribunal régional). Le Stadtgericht (tribunal de ville) est issu du Grafschaftsgerichi (tribunal de comté) et n’est, en premier lieu, destiné qu’aux paysans. Lorsqu’il n’existait pas de droit public, on créait un nouveau tribunal do ville, ou bien le Burding, c’est-à-dire la Bürgerschaft (la bourgeoisie) s’emparait, ainsi qu’il en a été à Brunswick, des attributions de la justice publique. Ces événements, qui se placent vers l’an 1200, marquent la fin du développement des villes au point de vue qui nous occupe (\Arges, op. cit., 6, p. 207-214 ; Keutgen, p. 10-97).]

(8) *[Voir les auteurs suivants : K. Lamprecht, Deutsche Geschichte, III, IV ; von Inama-Sternegg, Deutsche Wirtchafisgeschichtcy III, 1, 2, 1899-1901 ; A. Oncken, Geschichte der Nationaloekonomie, t. I, 1902 ; von Below, Das aeltere deutsche Staedtewesen und Bürgerlum, 1905 ; H. Preuss, Z)ie Entwickelung des deulschen Staedtewesen, I, 1906; H. KoetzsciiKE, Deutsche Wirtschajts geschichte bis zum 17 Jahrh. {Grundriss der Geschichtswissenschaft, II, 1), 1908].

INTRODUCTION

Le développement politique des villes a été, en petit et dans un moindre espace de temps, la reproduction régulière des phases présentées en grand par celui de l’Etat.

Les débuts sont donc assez rigoureusement monarchiques. Ainsi les privilèges d’immunité, par exemple, accordés par les empereurs de la dynastie d’Otlion, favorisèrent l’unité de la ville justement en ce qu’ils conférèrent à l’évèque, etc., outre son autorité d’autre part, la puissance publique administrative sur les habitants libres (1). Aux xiie et xiiie siècles, la fondation de villes a souvent été pratiquée comme une spéculation par des entrepreneurs nobles, dans le but d’obtenir sur elles les droits d’autorité et d’impôts à titre de récompense héréditaire, pro labore locationis (2). Cette haute puissance monarchique, dont l’archevêque de Cologne Hanno (1056-1075) offre un exemple, a été de la part des villes les plus puissantes l’objet de longues luttes pour s’en délivrer. Elles ont d’ailleurs souvent employé dans ce but des moyens pacifiques, en achetant au seigneur suzerain ses droits, l’un après l’autre (3-4). Les empereurs ont, en la circonstance, observé la plus inconséquente attitude. Henri IV voyait dans la fidélité des villes son principal appui contre le pape et les princes (5). La dynastie des Hohenstaufen a, par contre, reporté sur l’Allemagne sa haine contre les villes italiennes. Elle a peut-être préparé par là, dans sa cause la plus profonde, la ruine de sa puissance impériale, sans parvenir à beaucoup plus que

d empecher le complet achèvement de l’évolution républicaine des villes allemandes (6).

h aristocratie des villes devenues indépendantes (7)

reposait sur la supériorité naturelle des bourgeois solidement établis sur une propriété foncière véritable, encore organisés en grande partie en un corps spécial, et en possession de vieilles libertés. A eux s’étaient joints volontiers les serviteurs les plus élevés de l’évêque, etc., pour laisser au-dessous les manants de souche ancienne ou plus tard immigrée. Tout droit personnel aspire au moyen âge à devenir héréditaire. Il en est donc ainsi de la reconnaissance des mérites acquis à ces éléments aristocratiques, en raison de la délivrance de la ville en général et, en même temps, de la masse inférieure de sa population (8). Cette tendance a été, au point de vue économique, très fortifiée par l’exercice presque exclusif des professions urbaines les plus distinguées, telles que le haut commerce, le travail des métaux précieux, etc., auquel se consacraient les patriciens (9). C’est précisément à l’époque aristocratique qui suit le milieu du xiie siècle, que se produit l’essor grandiose de l’économie sociale en Allemagne, essor dû aux villes, à leur négoce, à leur industrie, ainsi qu’au mouvement de leur population (10).

Les tendances démocratiques ultérieures, dont l’importance en Allemagne date principalement des débuts du xiv° siècle (11), s’expliquent au point de vue économique par la force croissante des artisans. Elles se manifestent de préférence sous la forme d’une lutte des corporations contre la classe souvent oisive des gentilshommes, ou même contre celle des marchands. Fréquemment soutenus par la haine des patriciens que professent les éléments monarchiques encore existants (12), sous la conduite parfois de chefs tyraniques (13), les artisans surent obtenir dans bien des villes, ■qu’une partie des places de conseillers fût dévolue aux représentants corporatifs, ou qu’en face d’un Conseil étroit, fût érigé un grand Conseil, composé de ceux-ci (14). Bien

INTRODUCTION

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des cités connurent même la démocratie complète du gouvernement des corporations. Toute la puissance politique passa à celles-ci et les patriciens, pour garder leurs droits politiques, durent en former une particulière ou s’affilier à une autre déjà existante (15-16). [La durée de leur participation au gouvernement municijial ne fut toutefois définitivement acquise aux corporations que dans des cas assez rares]. Le développement Sans ménagement aucun des principes égalitaires de cette démocratie rapprochait particulièrement d’elle trois éléments corrupteurs : pression pleine de défiance et de jalousie sur les anciennes classes nobles (17) ; formation d’un prolétariat issu des couches inferieures, désorganisées et aigries, de la masse populaire détenant le pouvoir (18) ; enfin, conséquence de ces deux premières, une fois le désordre et l’agitation devenus insupportables, apparition de personnalités de césarisme ramenant le calme grâce à la perte de la liberté politique. En Allemagne, où la guerre des villes de 1388 arrête la croissance de celles-ci en face du souverain, où la guerre de 1449-1450, marque même le début de leur décadence (19), la démocratie des villes ne pouvait pas évoluer dans le sens de corruption ci-dessus. IVous trouvons donc ici, pour l’espace de deux générations précédant la Réforme, une tranquillité prospère dans la vie des cités. Dans celles mêmes ou avait été institué le gouvernement des corporations, nous restons toujours en présence d’un Conseil en possession de l’autorité et de charges officielles, préparant l’avènement du fonctionnarisme. Puis, une fois cette prospérité disparue, au lieu d’un césarisme indigène ou d’une domination étrangère, comme en Italie, nous ne rencontrons encore la plupart du temps, que la subordination à la puissance •

du souverain, revêtue peu à peu de toutes les attributions de l’Etat.

(1) Eichhorn commet donc une erreur en tenant l’organisation des villes vers la fin du x^ siècle pour un élargissement et, par là même, un adoucissement du droit seigneurial.

(2) L’activité la plus considérable à ce point de vue a été celle de la dynastie guelfe et de la dynastie de Zaehringen. [Voir R. SCHROEDER, Deutschc Rechtsgeschichte, 2e éd.,p. 600, sur les fondations de villes en général, et H. R. Kotzschke, Dos UntcmchfncrtuTn in der ostdcutschcïi Koloniscition des ^littdcdtcrs^ 1894]. Il en a été semblablement de toute la colonisation allemande dans le nord-est. La logique de beaucoup des mesures alors adoptées est démontrée par la similitude avec ce qui s’est passé lors de la fondation d’Odessa en 1794 : exemption pendant vingt-cinq ans d’impôts et de logement militaire, dotations importantes en biens-fonds ; affectation de 10 0 /O du produit des douanes au port lui-même ; immunité en ce sens que la ville et son territoire étaient placées sous l’autorité immédiate de l’Empereur, du Sénat et des ministres.

(3) Il a été d’une importance particulière que les impôts, les services de guerre fussent réclamés par l’État, non plus d’une manière immédiate aux bourgeois pris individuellement, mais seulement à la ville en tant que collectivité : ceci se constate déjà par exemple à Nüremberg en 1219 comme un droit d’origine ancienne {ut si dominas imperii steiiram exiget, non particulatim, sed in commuai quilibet pro posse persolvere debeat : Gaupp, Stadtrechte, I, 173, 178). En Angleterre aussi, l’indépendance des villes commence notamment par leur prise à ferme personnelle {firma burgi) des impôts dus au Roi.

(4) Si l’on songe combien, de nos jours, la ville où réside un prince important est enviée à raison de ce privilège, il est caractéristique de voir, à la fin du moyen âge, les villes démolir le château de leur suzerain, ou, comme par exemple, à Lünebourg, construire pour la résidence de ce dernier, un château

dépourvu de cuisine (Voir Havemann, Braunschw-lüneb. Gesch., I, 611).

(5) Privilège de Worms de 1704. C’est pour cette raison qu’Arnold estime que ce ne fut pas Henri l'Oiseleur (919-

Roscher 2

H INTENTIONAL SECOND EXPOSURe'

32 INTRODUCTION

des cités connurent même la démocratie complète du gouvernement des corporations. Toute la puissance politique passa à celles-ci et les patriciens, pour garder leurs droits politiques, dûrent en former une particulière ou s’affilier à une autre déjà existante (15-16). [La durée de leur participation au gouvernement municipal ne fut toutefois définitivement acquise aux corporations que dans des cas assez rares]. Le développement sans ménagement aucun des principes égalitaires de cette démocratie rapprochait particulièrement d’elle trois éléments corrupteurs : pression pleine de défiance et de jalousie sur les anciennes classes nobles (17) ; formation d’un prolétariat issu des couches inférieures, désorganisées et aigries, de la masse populaire détenant le pouvoir (18) ; enfin, conséquence de ces deux premières, une fois le désordre et l’agitation devenus insupportables, apparition de personnalités de césarisme ramenant le calme grâce à la perte de la liberté politique. En Allemagne, où la guerre des villes de 1388 arrête la croissance de celles-ci en face du souverain, où la guerre de 1449-1450, marque même le début de leur décadence (19), la démocratie des villes ne pouvait pas évoluer dans le sens de corruption ci-dessus. Nous trouvons donc ici, pour l’espace de deux générations précédant la Réforme, une tranquillité prospère dans la vie des cités. Dans celles mêmes où avait été institué le gouvernement des corporations, nous restons toujours en présence d’un Conseil en possession de l’autorité et de charges officielles, préparant l’avènement du fonctionnarisme. Puis, une fois cette prospérité disparue, au lieu d’un césarisme indigène ou d’une domination étrangère, comme en Italie, nous ne rencontrons encore la plupart du temps, que la subordination à la puissance * du souverain, revêtue peu à peu de toutes les attributions de l’Etat.

|] (1) Eichhorn commet donc une erreur en tenant l’organi-

• • sation des villes vers la fin du x® siècle pour un élargissement

i et, par là même, un adoucissement du droit seigneurial.

. (2) L’activité la plus considérable à ce point de vue a été

celle de la dynastie guelfe et de la dynastie de Zaehringen. [Voir R. ScHROEDER, 'Deutsche Rechtsgeschichte, 2® éd.,p. 600, sur les fondations de villes en général, et H. R. Kotzschke, Dos UnîcrïichniBTtixiïi ift der osldcutschcft dColoHisutioH des ^ïittélçdters 1894]. Il en a été semblablement de toute la colonisation allemande dans le nord-est. La logique de beaucoup des mesures alors adoptées est démontrée par la similitude avec ce qui J s’est passé lors de la fondation d’Odessa en 1794 : exemption

, pendant vingt-cinq ans d’impôts et de logement militaire, do-

tations importantes en biens-fonds ; affectation de 10 0 /O du produit des douanes au port lui-même ; immunité en ce sens que la ville et son territoire étaient placées sous l’autorité im-

médiate de l’Empereur, du Sénat et des ministres.

(3) II a été d’une importance particulière que les impôts, les services de guerre fussent réclamés par l’État, non plus d’une manière immédiate aux bourgeois pris individuellement, mais seulement à la ville en tant que collectivité ; ceci se constate déjà par exemple à Nüremberg en 1219 comme un droit d’origine ancienne {ut si dominas imperii steuram exiget, non particulatim, sed in communi quilibet pro posse persolvere debeat : Gaupp, Stadtrechte, I, 173, 178). En Angleterre aussi, l’indépendance des villes commence notamment par leur prise à ferme personnelle {firma burgi) des impôts dus au Roi.

(4) Si l’on songe combien, de nos jours, la ville où réside un prince important est enviée à raison de ce privilège, il est caractéristique de voir, à la fin du moyen âge, les villes démolir le château de leur suzerain, ou, comme par exemple, à Lünebourg, construire pour la résidence de ce dernier, un château

dépourvu de cuisine (Voir Havemann, Braunsckw-lüneb. Gesch., I, 611).

(5) Privilège de Worms de 1704. C’est pour cette raison qu’ Arnold estime que ce ne fut pas Henri I®r l'Oiseleur (919-

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iS •

INTRODUCTION

936), mais bien plutôt les Empereurs Saliens (1024-1125), lesvéritables fondateurs des villes en Allemagne : ils ont surtout encouragé l’émancipation du joug des évêques (Voir Gesch. der Freistaedte, I, 141,148 et suiv.). En Italie, le principe que celui qui veut dominer une classe doit élever les classes à elle inférieures, conduisit la Papauté à favoriser les \Tlles, tandis qu’en Allemagne, le nom, venu d’Italie, des consules, garda longtemps auprès des évêques un son révolutionnaire (Voir Eichhorn, op. cii., II, 171 et suiv.).

(6) La pensée de la dynastie de Hohenstaufen est exprimée très clairement par Otto de Freisingen dans sa Vie de Frédéric Barberousse (II, 13), où il fait aux Italiens le reproche qu’eux-mêmes inferioris conditionis juvenes vel quoslibet contemiibilium etiam mechanicharum artium opifices, quos cetaræ gentes ab honestioribus et liberioribus studiis tanquam pestent propellunt, ad militiæ cingulum assumere non dedignantur. Frédéric I®*^ défendit en 1158 tous conventiculas et conjurationes in civitatibus et extra, et inter cwitatem et civitatem, et inter personam et personam, seu inter cwitatem et personam, Frédéric II ordonna, en 1232, dans une pensée de réaction rigoureuse, sicut temporibus retroactis ordinatio cwitatum et bonorum omnium, quæ ab imperiali celsitudine conferuntur, ad episcopos pertinebat, sic eamdem ordinationem, ad ipsos et eorum officiales... perpetuo volumus pertinere.

(7) L’étendue de cette indépendance est attestéq par la formation smtout aristocratique de Cologne, grâce à son antique corporation de la Richerzeche. Cologne conclut, en 1206, une alliance avec le Roi (Voir Ennem et Eckertz, Urkden, II, 26).

(8) Depuis le début du xii® siècle, non sans luttes très vives, le principe prévaut que les serfs, par le seul fait de leur établissement dans la ville pendant l’an et jour acquièrent la liberté. C’est ce qui a été expressément reconnu par Rodolphe I®*" dans la Paix publique (Landfriede) de 1281. Pour l’abolition du servage dans les villes de la Thuringe dès le xii® siècle, voir Boettiger, Saechs. Gesch., 1, 177. En Flandre, au cours du xiii® siècle,.

voir Warnkoenig, Fl. Staats-und Rechtsgesch., III, 1, 17.

(9) Sur la manière dont les guildes de patriciens se constituèrent peu à peu en castes héréditaires séparées, voir Gierke, Genossenschaftsrecht, I, 343. Le développement s’est opéré d’une façon beaucoup plus normale, partant plus favorable à la persistance de l’aristocratie, à Cologne. La fraternitas mercatorum y devint, dès le xii® siècle, un moyen principal d’élever les capitalistes et les commerçants au niveau des propriétaires fonciers et de leurs libertés antiques. Dans la corporation de la Richerzeche vinrent se fondre les aristocraties terriennes et d’argent. Voir Ennen, Gesch. von Koeln, I, 532, 547, 687.

(10) Scl.molier, dans son discours de rectorat à l’Université de Strasbourg, place cet essor des xii^ et xiii^ siècles relativement au-dessus de celui des xv® et xvi® siècles et de celui du XIX® siècle. C’est au xiii® siècle que les villes parviennent à exercer une influence décisive sur l’économie sociale en Allemagne ; c’est à cette époque seulement que la maison de ville se différencie essentiellement de la maison de campagne. Comme aux xviii® et xix® siècles, la floraison poétique du moyen âge est suivie alors également d’une époque d’essor économique considérable, mais en même temps de jouissance matérielle (Voir ScHMOLLER, Strassburger Tacher und Weberzunft, p. 407 et suiv.).

(11) En Italie, la scission de l’aristocratie en Guelfes et en Gibelins fut naturellement très favorable à la démocratie dont elle aida de bonne heure l’ascension. A Milan, les boulangers, bouchers, etc., se réunirent, dès 1198, en une Credenza di S. Ambrogio, avec une maison commune et une tour leur appartenant en propre. Ils formèrent ainsi un Tiers État en face des chevaliers et des vieux bourgeois (Hegel, II, 267). Le dualisme de l’ancienne et de la nouvelle commune aboutit, en 1258, à cette organisation, que tous les offices, jusqu’à celui de trompettes, furent partagés également entre les deux. La lutte entre Louis de Bavière et le Pape fut plus importante : les évêques et les moines mendiants se combattirent l’un 1 autre, et pendant dix-sept ans, de nombreuses villes ayant

INTRODUCTION

gardé fidélité à l’Empereur furent mises en interdit. Toute querelle entre le gouvernement ecclésiastique et le gouvernement laïque est profitable à la démocratie, voire même à l’anarchie. [La ville où pour la première fois sur le sol allemand éclata une sanglante guerre civile entre les artisans et le patriciat doit, sans doute, avoir été Cologne, en 1259. De semblables agitations peuvent avoir eu Ulm, Fribourg-en-Brisgau, Worms pour théâtre ; nous voyons, en effet dans ces villes, dès le xiii® siècle, les artisans participer dans une mesure éminente au gouvernement municipal. Partant de là, le mouvement peut s’être communiqué aux villes de l’Allemagne <lu Nord. A Brunswick, par exemple, en 1272, les guildes laissent paraître l’intention de supplanter le Conseil. En 1287, à Rostock, un maître artisan semble avoir été passagèrement membre du Conseil. Le mouvement a été plus accentué au xiv® siècle, car l’agitation s’étendait en tous lieux ; à Strasbourg et Mayence, à Constance et Fribourg, à Hambourg et Lübeck. (Voir les auteurs suivants : Stieda dans le Hda>b. der Staatsw., 3® éd., vol. VUI, p. 1095- 96 ; Mascher, Dûs deutsche Gewerbewesen, 1886, p. 187-239)]. La rage avec laquelle la lutte fut plus^tard menée est démontrée par ces faits, qu’à Magdebourg, en 1302 dix « anciens » {Altermaenner) des corporations furent brûlés vifs, et qu’à Cologne, en 1371, on exécuta trente-trois tisserands.

(12) En Allemagne, l’exemple le j>lus remarquable de ce fait a sans doute été le despotisme passager de l’archevêque de Cologne, Conrad de Hochstaden, en 1260. Il amena la proscription de beaucoup de patriciens comme suite à leur triomphe, dû surtout à la coopération des artisans irrités. Il en a été semblablement à Brême, en 1366.

(13) Ezzelin de Romano a été un mélange remarquable de royaliste et de démagogue. Jacques et Philippe Artevelde l’ont surpassé. Il n’était pas rare de voir des patriciens ambitieux se faire les champions des corporations, tels, par exemple, les Auer à Ratisbonne (Gemeiner, I, 534-544), les Stolzhirsch à Augsbourg (Von Stetten, Gesch. der Geschl., p. 380 et suiv.), les Overstolze et les Rodenkirchen à Cologne.

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