‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 7 sur 155 · CONSIDERATIONS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS HISTORIQUES

La plupart des peuples modernes ont vu l’instant de leur maturité se hâter dans la même proportion que leurs villes avaient pu profiter davantage du travail préparatoire des Romains. L’Allemagne, à cet égard, ne vient pas seulement après l’Italie, mais aussi après la Gaule. En Allemagne même, les provinces autrefois romaines de la rive gauche du Rhin et de la rive droite du Danube ont eu pendant longtemps le pas sur les autres, non seulement de façon principale au point de vue de la civilisation, mais aussi à celui de leurs villes (1). Pour la question des origines de la personnalité politique des villes modernes, on ne doit pas, de façon trop exclusive, penser seulement à un germe unique. Le rattachement aux anciennes municipalités romaines qui, même pour l’Italie, l’Espagne et la France est sans grande signification (2), est certainement insoutenable dans l’Allemagne proprement dite, [bien qu’il ne faille pas perdre de vue que les villes du Rhin moyen, par exemple, doivent à leur époque romaine les bases de leur développement économique. Du reste, et précisément en ce qui a trait aux origines de l’organisation municipale, en dépit des recherches les plus approfondies, très vivement poussées de nos jours, on n’a pas encore obtenu l’unanimité de l’opi-

INTRODUCTION

Dion (3). Ces origines doivent être manifestement ramenées à la coopération de facteurs divers, de circonstances politiques, juridiques et économiques, et les mêmes causes n’ont pas exercé partout la même influence.] C’est aussi bien dans les communautés primitives agricoles et forestières {Feld-und Markgenossenschaften) (vol. 11, § 71 et sui\.), que dans 1 organisation de la cour de vassaux d’un grand seigneur ecclésiastique ou laïque, dans l’organisation publique de la justice avec ses échevins [et dans le principe de la libre union à des fins licites, dès le début adopté individuellement par les classes populaires urbaines dans leurs associations, que se trouvent les racines de l’organisation municipale]. C’est la fusion de ces éléments qui sert de base au caractère particuber des villes. [11 existe quatre qualités propres à la ville du moyen âge, par opposition au village : elle est premièrement une forteresse, comme déjà le Miroir de Saxe en fait la remarque (4) ; elle est secondement un lieu de paix, c’est-à-dire qu’elle est placée sous la protection particulière du Roi (5) ; elle est troisièmement un beu de commerce, c’est-à-dire qu’ebe jouit du droit de trafiquer, de Fusus negotiandi, usas mercatorius, de la potestas mercandi (6) ; enfin elle est quatrièmement une corporation de droit public, une véritable commune (7,8) (Varges).

(1) Dans un certain sens il existe aussi de très bonne heure,., en Allemagne, des villes. Ptolémée en dénombre, entre le Rhin, le Danube et la \istule, environ quatre-vingt quatorze (II, 11). D’après Saint Bomface (Epist. 49), Erfurt était /am olim urbs paganoriim rusticorum. Mais, en général, les Germains préféraient s’établir à côté des villes romaines et conquises (et détruites !) plutôt que dans ces villes elles-mêmes (Julien, Epist. ad Athen., 278 ; Ammien Marcellin, XVI,

2, 12 ; comparer Tacite, Gem., 16). D’après Arnold,’ parmi'

les villes allemandes, c’est à peine si l’on peut en faire remonter cinquante à l’époque romaine, et l’époque pré-romaine ne comprend presque que Worms, Mayence, Spire et Strasbourg. La Vita S. Annonis appelle Mayence la ville la plus illustre de l’Allemagne. Vers 1074, Lambert (p. 215) mentionne six cents mercaiores opulentissimi à Cologne. Pareillement, Ratisbonne, la ville allemande la plus peuplée, vers la fin du xi® siècle, d’après la Vita S. Eberard^ a été, en 1147, le point de départ de la croisade. Henri le Lion, par contre, a fait de Vienne son point de départ en 1172. Au xiv® siècle, Ratisbonne fut éclipsée par Augsbourg et Nuremberg, et Mayence par Francfort (\ oir Arnold, Gesch. der deutschen Freistaedte,ll, 159). Jusqu’au XIII® siècle, il est possible qu’effectivernent, les sept villes libres aient été les plus peuplées ; après elles vinrent Trêves, Augsbourg, Hambourg, Br'me, Lübeck, Magdebourg (Voir Arnold, II, 143 et suiv.). [Les chiffres de population exagérément élevés, admis autrefois pour les villes du moyen âge doivent, d’après les recherches modernes, être considérablement réduits. Cologne ne comptait pas, au xiii® siècle, plus de 40 à

50.000 habitants, et au siècle suivant, de 50 à 60.000. H est presque certain qu’il faut nous représenter la plupart des grandes places de commerce du xv® siècle comme de modestes villes moyennes de 10 à 20.000 âmes. Bâle avait, en 1446,

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