A. DÉVELOPPEMENT POLITIQUE DES VILLES
"les médecins, les juges et les notaires ; les épiciers, les merciers, Jes tisserands en soie ; les changeurs ; les pelletiers ; les tisserands en drap ; les marchands drapiers à l'intérieur ; les marchands drapiers à l'extérieur. Les quatorze corporations inférieures étaient : les bouchers, les cordonniers, les forgerons, les fripiers, les maîtres d'école, les marchands de vins, les aubergistes, les graissiers, les tapissiers, les armuriers, les serruriers, les charpentiers, les corroyeurs, les boulangers. A côté de ces corporations en existaient encore beaucoup de plus petites : les tisserands en laine, par exemple, en comptaient vingt-cinq ; mais elles étaient politiquement représentées par les chefs des premières. A Cologne, où le gouvernement des corporations s'installe seulement entre 1369 et 1395, on compte vingt-deux corps de métiers. Les patriciens s'affihèrent aux cinq corporations marchandes. Les corporations d'artisans formaient le surplus et comprenaient : les tisserands en laine, les orfè\Tes, les pelletiers, les forgerons, les brasseurs, les ceinturiers, les pêcheurs, les peintres, les tailleurs de pierre, les boulangers, les bouchers, les tailleurs de drap, les cordonniers, les potiers d'étain, les tonneliers, les tisserands en lin, les armuriers. Dans le Conseil, sur trente-six membres, les tisserands en laine en élisaient quatre, les onze corporations premières nommées, chacune deux, les dix dernières chacune un. La corporation de la Richerzeche recou\Ta, en 1382, ses rentes et redevances, mais non ses anciens droits politiques. Le registre d'assermentation de 1395 ne la mentionne plus (Voir E>>en, Gesch. von Koeln^ II, 484). Cette constitution démocratique s'est conservée jusqu'en 1796.
(16) En Ba%nère, il n'a pas existé de gouvernement des corporations ; en 1369, toutes les corporations d'artisans furenfc même « dissoutes ». En Autriche, il n'en a pas existé davantage, et en Silésie fort peu. A Breslau, les corporations succombèrent en 1420 ; à Iglau, en 1392 (Voir R. Maurer, Gesch. der I^uer Tuchmacherzunft., 1861, p. 8-12), dans les pays des Ordres prussiens enfin, en 1385. En Brandebourg et en Pomé- ..•ranie, elles se développèrent tantôt favorablement comme à
Stendal et à Perleberg, tantôt défavorablement, comme à Salzwedel et à Anklam. [Stettin est demeuré à peu près totalement épargné par les luttes acharnées au sujet de la constitution municipale. Depuis le début du xv® siècle au plus tard, le Conseil avait pris régulièrement l'habitude de provoquer sur les questions d'intérêt général touchant les lois, les impôts, la politique, etc., l'avis des anciens des marchands et des métiers (Voir 0. BLUEMKE,Z)te Handwerkszünjte im mittelalterlichen St. 1884, p. 18 à 25)]. A Lübeck, de 1408 à 1416, le Conseil se composa pour moitié de membres des corporations, [mais les efforts des villes amies, combinés avec ceux d'une Commission envoyée par l'Empereur, parvinrent à réinstaller l'ancien Consei! (Voir Wehrmann, dans la Hansische GeschichtsbL, 1878, p. 113, 1884, p. 62)]. Brunswick abolit, en 1381, le gouvernement des corporations, après huit ans d'affiliation à la Hanse.
(17) En dehors de la proscription de nombreux patriciens, on mit encore, dans beaucoup de villes allemandes, par esprit démocratique, obstacle à l'accroissement de leurs forces : il leur fut défendu d'accueillir dans leurs « salles de cabaret b- (Trinkstuben) les notables des corporations, ou de conclure des mariages mixtes, entre les deux états (Voir Maurer, II, 608).
(18) Voici un fait bien caractéristique du moyen âge : le popolo minuto cherchait à s'élever en face du popolo grasso, en général par la fondation de corporations nouvelles. Dans un esprit contraire, il fut défendu, à Bologne par exemple, aux loueurs de chevaux, aux cochers de louage et aux cireurs de bottes, de s'organiser corporativement (Voir Hullmann, Staedtewesen im M ittelalter, lll,33S). Il y eut des soulèvements populaires terribles, comme celui des Coimpi à Florence, en 1378 : on exigea alors entre autres un délai moratoire de deux ans pour toutes dettes au-dessus de cinquante florins d'or ; les biens des ennemis de la plèbe furent brûlés ; par contre, tout pillage fut puni comme un vol. L'histoire des villes^ en Allemagne, ne présente avec ces excès que de faibles analogies. Pour une comparaison avec Lübeck, voir Pauli, Lübecks Zustaende im Mittelalter^ 11,53. Ici encore cependant, depuis le