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A. DÉVELOPPEMENT POLITIQUE DES VILLES

(14) Voir Roth von Schreckenstein, Patriziat in den deutschen Staedten, 1850, p. 261 et suiv. Au premier rang des combattants les plus actifs des corporations se trouvaient le plus souvent les riches et nombreux tisserands en laine, ainsi que les énergiques bouchers. [Dans le Conseil de la ville de Francfort-sur-Mein, dont l'existence est établie depuis 1220, figure depuis la seconde moitié du xiii^ siècle une banque d'artisans dont les membres cependant n'exerçaient, en réalité, sur le gouvernement de la ville, qu'une très faible influence (Voir Em. Fromm, Frankfurts Textilgewerhe im Mittelalter, 1897, p. 2, 39)]. A Strasbourg, en 1332, les « bourgeois honorables » se liguèrent avec les artisans contre les seigneurs. Beaucoup de nouvelles corporations se fondèrent qui, réparties antérieurement entre les charges municipales des canonniers {Konstafel : constabularii, connétables) avaient constitué pour elles une sorte de clientèle. Toutefois, le Conseil, constitué d'une façon mixte de membres des trois États, se démocratisa de plus en plus sous l'action des artisans guidés par quelques patriciens. Il y avait, en 1332, à côté des Konstafler seulement, dix membres des corporations, en 1334 déjà vingt-cinq, en 1349, vingt-huit (Hegel, Str. Chroniken, II, 958, 963). La discorde entre les patriciens fut la cause principale de leur abaissement (Koenigshoven, Chroniken, p. 304 et suiv.). Depuis 1419-1422, la proportion de deux artisans contre un patricien, etc., domina dans le Conseil. A Spire, dès 1304, « pour savoir comment les anciens gouvernaient pour le bien de la ville », le Conseil avait été formé de onze patriciens et vieux-bourgeois, et de treize membres des corporations ; la guilde protectrice des Hausgenossen y renonça en 1349 à tous ses privilèges et devint une corporation ordinaire. A Augsbourg, le Conseil étroit comprenait originairement quinze patriciens, tandis que tout le surplus de ceux-ci et le Conseil étroit constituaient le grand Conseil. Depuis 1368, le Conseil étroit fut formé des chefs des dix-huit corporations auxquels s'adjoignirent encore un député de chacune des onze grandes, ainsi que quinze « bourgeois » choisi par ces vingtneuf membres corporatifs. Les deux bourgmestres, les quatre

architectes, les deux chanceliers, les- six maîtres des comptes, étaient élus par ces vingt-neuf membres seuls, mais également dans le sein de l'un et l'autre État. L'opportunité d'une telle constitution fût démontrée, non seulement par son introduction pacifique, mais encore par son maintien jusqu'en 1548, ainsi que par la grande prospérité de la ville à cette époque : rappelons les Fugger, Weiser, les Holbeins, Burgkmayr, Amberger, Peutinger, etc. A Nuremberg, où le gouvernement des corporations, institué en 1348, ne tarda pas à avorter, le Conseil s'entendit, en 1378, pour accueillir dans son sein huit députés des corporations ; il sut cependant les maintenir à l'écart d'une participation effective à l'administration. Le mépris violent professé par Celtes à l'égard de la plèbe {De orig. Norimb., 134) caractérise cette « Venise allemande ». [En opposition avec ce qui se passa dans la plupart des autres villes allemandes, il advint qu'à Osnabrück et à Münster, et peut-être d'après leur exemple, également à Riga et à Revel, les plus notables corporations d'artisans formèrent une guilde générale. Le rôle de celle-ci à l'intérieur de la communauté municipale fut des plus importants. Son comité fut représenté par les chefs élus de corporation, par les « Maîtres de guilde » {Gildemeister). Ces derniers, d'ailleurs, font partie du Conseil et sont, pour toutes les résolutions importantes, convoqués à ses délibérations. Dans ces villes, il n'est jamais question, ni dans les chroniques, ni dans les documents, d'un soulèvement des artisans contre le Conseil. Pour Münster, voir Tophoff, dans la Zeitschrift für çaterlaendische Geschichte, 1871 ; Fr. PHiLiPPi,i)ie aeltesten osnabrückischen Gildeurkunden, 1890, p. iv-viii ; Stieda et Mettig, Schrägen der Gilden und Aemter in Riga, 1896, p. 143 ; VON NoTTBECK et Neümann, Gcsch. und Kunsidenkmaeler der Stadt Reval, 1896, p. 76).]

(15) Sur l'entrée de Calvin a Strasbourg dans la corporation des tailleurs (Voir Henry, Leben Calvins, 104). A Florence, en 1282, on en arriva au gouvernement complet des corporations : les prieurs des corporations réunis sous un gonfalonnier formaient la signorie. Les sept corporations supérieures étaient :

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