INDUSTRIES DE LUXE. PRODUITS ÉTRANGERS
^ouve fondée sur l'emploi de forces naturelles dont on ne savait primitivement se servir que pour des amusements. L'art de préparer les sorbets à la glace en est un exemple et les Chinois, de même, n'ont longtemps fait usage de la poudre à canon que pour des feux d'artifice. Les montres ont commencé par être des jouets (Beckmann, 4, p. 200, 1, p. 313). En Perse, les télégraphes, les machines à vapeur, etc., ont été importés tout d'abord, non pas en raison de leur utilité, mais à titre d'amusement pour le Shah (Brugh, Reise^ 2, p. 301).
(8) Citons dans cet ordre d'idées l'industrie de la mosaïque à Rome et à Florence, celle de la verrerie à Venise. La chose est très frappante pour les travaux du cuir à Fez.
(9) L'industrie de la vallée de la Wupper a commencé par le blanchiment du fil de Hollande, depuis le xv« siècle. Successivement ensuite y sont apparus le retordage et la rubannerie, puis, en 1736 les siamoises, en 1750 les t^ies de lit, les rubans dits fleurets et les étoffes moitié soie ; en 1775, les soieries, et enfin, depuis 1784, la teinture des andrinoples et la construction des machines. [Voir E. Gottheiner, Studien über die Wuppertaler Textilindustrie^ 1903 ; A. Thun, Die Industrie am Niederrhein ^ 1879].
(10) Tandis que, par exemple, la draperie ne pouvait se maintenir à Bâle, une industrie importante d'apprêts et de teinturerie de draps bruts continuait de subsister, liée d'ailleurs à la richesse en capitaux, à l'essor commercial et à la culture générale bâloises.
La classification des branches de l'industrie peut être tentée, en partant de points de vue très différents. C'est ainsi que le technicien prendra la nature de la matière brute à travailler ou les procédés qui, pour chaque genre' de travail, sont les plus importants. On peut distinguer des industries mécaniques et des industries chimiques, seloa
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que la forme ou la substance du produit naturel brut se trouvent modifiées. On ne manquera pas de remarquer que beaucoup d'industries appartiennent aux deux catégories,, notamment la fabrication du verre (1). Le statisticien ou le directeur d'une exploitation industrielle emploieront, comme point de départ, la nature différente des besoins sociaux auxquels les industries doivent satisfaire. C'est ainsi que l'exposition de Paris, en 1878, comprenait neuf groupes et vingt subdivisions. [Les recensements industriels dans l'Empire allemand ont séparé, en 1895, vingt-et-un groupes, et, en 1907, vingt-trois, avec 128 classes et 330 espèces (2)]. L'économiste devra, en outre, tenir compte de beaucoup d'autres points de vue, et ainsi par exemple, desdegrés divers suivant lesquels l'industrie emploie, pour mettre en œuvre la matière première, le travail et le capitaL. Il parlera de son « intensité », en distinguant derechef, entre celle du travail et celle du capital (Vol. IL § 23). Il considérera l'augmentation de valeur apportée au produit brut, la fixation ou non de l'industrie aux lieux de ses débouchés (3); l'importance des besoins sociaux auxquels elle pourvoit ; la position économique et sociale qu'elle procure à celui qui l'exerce, et notamment aussi quelle proportion de la jpopulation participe activement et passivement à chacune de ses branches, etc. Toutes ces circonstances, en partie d'une complication extrême, sont aussi soumises, selon les temps et les lieux, à des modifications telles, que ce serait peine inutile de chercher une classification économique des industries susceptible de s'appliquer partout. [De sérieuses difficultés se sont produites pour trouver lors des recensements industriels, une répartition adéquate à leurs fins (4).l
§ 13. CLASSIFICATION DES BRANCHES d'iNDCSTRIE 13T
(1) Karmarsch, dans son Handbuch der mechanischere Technologie^ examine successivement le travail des métaux, du bois, la filature et le tissage, la fabrication du papier, et enfiit la verrerie et la céramique.
(2) Voici ces groupes : horticulture artistique et commerciale,, industries de l'élevage et de la pêche ; — mines, fonderies, salines et tourbières ; — industrie de la pierre et des carrières ;
— travail des métaux ; — industrie des machines, instruments,, appareils ; — industrie chimique ; — industrie des produits, accessoires forestiers, matières éclairantes, savons, graisses^ huiles, vernis ; — industrie textile ; — industrie du papier ;.
— industrie du cuir et matières analogues ; — industrie du bois et des matières à sculpter ; — industrie des aliments et subsistances ; — industrie du vêtement ; — industrie du nettotoyage, etc. ; — industrie du bâtiment ; — industrie polygraphique ; — industrie artistique ; — industrie commerciale ; — industrie des assurances ; — industries des transports, des. hôtels et des débits ; — industrie de la musique, des théâtres et des spectacles {Stadt, d. D. R., 213 (1910).
(3) En conformité de ce point de vue, Rau, dans son ou- XTSige Ueber Zunftivesen (p. 152 et suiv.) a donné une excellenteclassification des industries.
(4) [Le premier recensement industriel accompli sur le territoire du Zollverein allemand avec le concours de tous les États, a été opéré en 1801. Lors du recensement effectué quinze ans auparavant, en 1846, le Württ emberg, seul parmi les pays appartenant au Zollverein, avait refusé son adhésion. Le recensement industriel de 1846, qui n'avait à l'origine en vue que lea fabriques et les petites industries exploitées selon le mode de celles-ci, mais fut étendu, en définitive à l'industrie tout entière, contenait deux tableaux. Le premier était relatif aux arts mécaniques, aux établissements et entreprises du commerce littéraire, à l'industrie commerciale, à la navigation, au transport des personnes et des marchandises, aux hôtels et débits, aux ou^Tie^s et gens de maisons. Le second présentait, en sept groupes comprenant 195 classes, les établissements et
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entreprises de fabriques. Le recensement industriel de 1861, <iui fut entrepris partout avec les mêmes formulaires, contenait trois tableaux : un pour les artisans et les industriels, s'occupant principalement de pourvoir aux besoins de la consommation locale ; un pour les fabriques et les établissements industriels travaillant principalement pour le commerce de gros ; un enfin pour les industries du commerce et des transports, des hôtels et débits, des établissements et entreprises du commerce littéraire. Parmi ces trois tableaux, le premier comprenait 16 groupes avec 122 classes ; le second, 10 avec 165 ; le troisième, 5 avec 21. Pour l'Empire allemand, il a été procédé à ces recensements industriels aux dates des 1®^ décembre 1875, (rattaché au recensement de la population), 5 juin 1882, 14 juin 1895 et 12 juin 1907 (rattaché à un dénombrement général des professions). Les constatations ne furent pas chaque iois renfermées dans des limites précisément identiques aux précédentes et la classification elle-même fut modifiée. Le recensement de 1875 distingue 19 groupes comprenant 92 classes, 141 types et 3.000 dénominations diverses d'industries. Celui de 1882 adopta à ces égards les chiffres respectifs de 24, 96, 348 et 6.459. Enfin, celui de 1895, sépare 21 groupes, 109 classes et 263 espèces d'industries. Les exploitations industrielles ellesmêmes s'y trouvent réparties en petites et en grandes, selon qu'elles occupent les premières, de 0 à 5 ouvriers, les secondes plus de 5 {Statistik des deutschen Reichs, vol. 24, 25. Neue JFolge, 6, 33)].