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CHAPITRE II emplaceme:«! des branches particulières

DE l'industrie

Les lois naturelles qui déterminent les emplacements convenables pour les branches particulières de l'industrie, n'offrent pas seulement au point de vue théorique la clef -de l'histoire et de la statistique tout entière de celle-ci. Elles servent encore au point de vue pratique, aussi bien il orienter les industriels, qui entreprennent de lancer quelque chose de nouveau, qu'à diriger, en la matière, la politique de l'Etat. En général, une industrie dont les débouchés ne sont pas limités aux lieux même de sa situation, sera le plus avantageusement installée là où ses pareilles ont accompli le plus de progrès. En effet, c'est en cet endroit que l'on peut admettre la présence des plus grands avantages naturels ; c'est là que la population possède l'adaptation la meilleure, c'est là aussi que l'on trouve d'ordinaire les dispositions les plus favorables à l'avancement des arts. C'est pourquoi le simple fait de la prospérité d'une branche de l'industrie à une certaine place constitue une maison décisive pour y attendre la continuation de son essor, même au cas où le motif initial qui l'a attirée serait venu à

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disparaître. La fabrication florissante de l'agate à Birkenfeld reposait à ses débuts sur la présence fréquente de pierres d'agate dans le voisinage ; pourtant, depuis 1834, la plus grande partie de la matière première est tirée du Brésil (1). Nous rattacherons à ceci un fait fréquent : une industrie prospère peut être contrainte par un accident quelconque d'abandonner le lieu primitif de son installation ; elle ne recherche pas alors comme emplacement nouveau le meilleur au point de vue absolu ; elle choisit, au contraire, celui qui se trouve le plus à proximité de l'ancien et offre avec lui le plus d'analogie, sans être cependant frappé des mêmes désavantages, ayant imposé son abandon. Au moyen âge, en Flandre, les manufactures lainières ont ainsi émigré, à cause des troubles intérieurs, de Bruges vers Gand, puis de Gand vers le Brabant ; les industriels protestants, persécutés à Cologne se sont réfugiés à Elberfeld et à Crefeld ; les huguenots tisserands en toile, etc., de Normandie et de Bretagne ont passé en Dorset et en Sommerset ; les drapiers hollandais écrasés d'impôts sont venus s'installer à Limbourg, Liège et Aix-la-Chapelle. Citons encore les fabriques nombreuses de Mulhouse, du Württemberg, du Vorarlberg, etc., qui furent fondées avec des capitaux suisses ; les fabriques de drap prussiennes dans les parties occidentales de la Russie, et celles belges transportées, après 1830, dans le Brabant septentrional hollandais.

Lorsque V organisation du travail se trouve, pour un motif quelconque, encore peu développée dans une industrie, celleci doit chercher son emplacement principalement ä proximité d'avantages de consommation. Si cette organisation du travail est plus avancée, c'est la proximité d'avantages de production, (lui sert de raison décisive. Cette loi correspond au fait que, dans les débuts de toute économie sociale, la

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prépondérance est acquise à la production des consommateurs eux-mêmes ; plus tard seulement, lorsque l'organisation du travail se perfectionne un peu, c'est l'acceptation des commandes qui prédomine ; enfin, à un degré de civilisation supérieur, les entreprises, au sens propre du mot, jouent d'ordinaire un rôle d'importance toujours croissante et s'établissent de plus en plus à leurs propres risques (Vol. I, § 195). De nos jours, nous ne considérons l'offre et la demande que comme deux aspects différents de la même transaction. Mais, à un degré de civilisation inférieur, le sentiment du besoin précède régulièrement et dépasse en intensité celui du superflu. La spéculation qui prévoit le besoin latent, qui cherche à le susciter, qui possède en attendant assez de capital pour patienter sur l'écoulement de ses produits, ne se rencontre la plupart du temps qu'aux degrés de civilisation supérieure (2).

(1) G. A. NoEGGERATH, Die Achatindustrie im oldenburgisdien Fürstentum Birkenfeld, 1876.

(2) Comparer Röscher, Studien über die Naturgesetze, welche den zweckmaessigen Standort der Industriezweige bestimmen, dans la Cotta^sche Vierteljahrschrift, 1865, II, 2, p. 139 et suiv., et dans les Ansichten der Volks\virtschaft, II, 1 et suiv. Voir antérieurement Bielfeld, Institutions politiques (1760), I, 13 ; Soxnenfels, Grundsaetze (1765), 11,131 et suiv., 159; Büesch, Geldumlauf (1780), V, 26 et son bel ouvrage: Schrift über die Hamburger Zuckersiederei (1790) ; Chaptal, Sur le perfectionnement des arts chimiques en France (1808), sect. 3.

La première moitié de la loi que nous venons de citer se vérifie à tous les degrés très inférieurs de la civilisation. Les débuts les plus anciens de l'industrie travaillant pour

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