TRAVAIL BU BOIS ET DES METAUX COMMÜ>^S
ouvriers du bois étaient si nombreux, qu'ils jouèrent un rôle jusque dans les guerres vénitiennes (Filiasi, Saggio sulVantica commercio dei Veneziani, vol. I ; Deppixg, II, p. 297 et suiv.)
(6) La raffinerie, pour toute la région du Rhin, a été longtemps presque entièrement concentrée en Hollande, et pour celle de l'Elbe, à Hambourg. [Aux environs de 1690, il pouvait y avoir à Hambourg quelque 8.000 personnes vivant du commerce du sucre, de la raffinerie et des métiers en dépendant. En 1784, il existait 365 raffineries ; en 1790, il n'y en avait plus que 298 ; mais en 1807, leur nombre était remonté à 428, occupant de 1.500 à 1.600 individus. Mais ce ne fut qu'une amélioration passagère. (Comparer Amsinck dans Aus Hamburg Vergangenheit, le Folge (1886), 225, 226, 227)]. Lorsque les systèmes douaniers des pays .de l'intérieur vinrent opposer une barrière à ce cours naturel des choses, la raffinerie des pays du Rhin reflua en majorité vers Cologne, celle des pays de l'Elbe vers Magdebourg, par conséquent ainsi vers les points les plus rapprochés possibles de la côte. En France, les raffineries de sucre colonial sont principalement importantes à Bordeaux et à Marseille. En Angleterre, les fabriques de sucre se rencontrent surtout dans les villes par excellence importatrices du produit brut, comme Londres, Southampton, Plymouth, Bristol, Liverpool, Leith et Hull. La fabrication du sucre de betterave offre, quant au choix de ses emplacements, beaucoup de ressemblance avec la distillerie de l'alcool : elle est contrainte d'avoir sa matière première à proximité, et elle suppose aussi un développement remarquable de l'agriculture et une industrie assez active. Il faut noter, en outre, sa répercussion extrêmement énergique sur l'agriculture. En France, la fabrication du sucre de betterave est presque entièrement limitée à la région du Nord-Est. Le tabac d'Amérique a été, autrefois, l'objet d'une industrie considérable, surtout en Hollande ; elle existe aujourd'hui à Hambourg et à Brème, qui sont les places principales pour son importation brute en Allemagne, et se rencontre aussi en Mecklenbourg, en Oldenbourg et en Prusse Rhénane. En Espagne, avant la Révolution française, le tabac se tra-
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vaillait à Séville, entrepôt du commerce avec l'Amérique. En Angleterre, la filature du coton [(von Schulze-Gaevernitz, Der Grossbetrieb, ein wirtschaftlicher und sozialer Fortschritt, 1892)], est presque entièrement concentrée dans le voisinage de Liverpool et de Glasgow, c'est-à-dire des ports les plus favorablement situés pour le trafic avec le principal pays de production du coton brut ; la proximité de l'Irlande et de ses richesses en lin s'ajoutait à cet avantage, en raison de ce qu'avant l'introduction des machines à filer le coton en Europe, on ne pouvait y donner aux tissus de coton la force nécessaire qu'au moyen d'une chaîne en fil de lin. Enfin, les environs de ces ports abondent encore extrêmement en autres avantages de production, grâce ù leurs mines de houille et à leurs forces hydrauliques : la petite rivière de l'Irwell, qui traverse Manchester, fournit la force motrice à environ 300 fabriques. En France, avant la Révolution, l'industrie cotonnière se groupa principalement dans les régions de Rouen et de Montpellier, c'est-à-dire près des lieux de débarquement de la matière brute de l'Amérique et du Levant. En Espagne, l'industrie s'est portée sur la côte orientale de la péninsule. En Suisse, les filatures existent surtout en Argovie, où des forces hydrauliques très nombreuses s'associent à une population très dense de tisserands à •domicile ; en outre, la situation est favorable à l'arrivée de la matière première, à cause de la proximité de l'endroit où la voie fluviale par excellence, le Rhin, quitte le territoire de la Confédération. Des raisons analogues ont fait qu'en Prusse, en 1861, sur 398.071 broches fines, 239.423 appartenaient à la province rhénane. La Moravie qui, en matière de tissage, se montre l'égale de la Bohême, ne possède presque pas de filature, parce qu'elle est placée désavantageusement pour recevoir la matière première. Avant la Révolution, la France ne possédait do savonnerie importante qu'à Marseille, à cause du voisinage, de l'huile d'olive et des plantes soudières de l'Europe méridionale ; depuis la découverte de la soude artificielle, ces raisons ont été remplacées par la proximité du sel marin et du soufre de la Sicile. Il en a été de même de Trieste, et, en Espagne, des