‹ Économie politique de la Suisse (volume 2)Chapitre 25 sur 32 · millions (1901: 40,e6; 1902: 52), les soieries pour · texte numérisé non relu

millions (1901: 40,e6; 1902: 52), les soieries pour

22.4 millions (18,8 et 23,^), les montres pour 4,<, millions (6,9 et 5,8), les fromages pour 4,5 (5,^ et 6,2), les couleurs pour 3,8 (3,ej et 3,93). Nos autres débouchés les plus importants sont: la France (1900: 68,^ resp. 88), l' Autriche- Hongrie (37 resp. 40), la Eussie (24,, resp. 25,,), l'Italie (27,e resp. 34,$), l'Extrême-Orient (16,5 resp. 17), les Indes anglaises (11,2 resp, 13,5).

H n'entre pas dans nos vues de supputer ici les différentes quantités de produits suisses que chacun de ces pays achète. Dans le chapitre IV, nous avons touché incidemment

à quelques-uns des points qui intéressent les principales industries. Qu'il nous suffise de rappeler encore que, par suite de la manière dont les Africains et les Asiatiques aiment à se vêtir, ces continents sont d'excellents débouchés pour les étoffes bariolées et légères, et de très mauvais pour les broderies et les rubans (il faut faire exception pour les colonies de Vlnde, tulle brodé de frises). Cependant, rinvasion des modes européennes est en train de modifier cet état de choses; c'est le cas en particulier au Japon. On pourrait faire la même observation pour ce qui concerne les fromages.

C'est par le commerce intermédiaire de l'Angleterre et de ses colonies que les produits de l'industrie suisse trouvent leur écoulement le plus facile. Le marché de ces colonies est ouvert au libre-échange, à peu d'exceptions près, comme celui de la mère-patrie. Aussi la Suisse sera-t-elle toujours, en ce qui regarde la politique coloniale, plutôt du côté de l'Angleterre et de l'Allemagne que de celui de la France, de la Eussie ou des Etats-Unis qui monopolisent le marché de leurs colonies au profit de leurs propres négociants par des mesures rigoureusement prohibitives.

9. Consulats, Le commerce d'exportation de la Suisse s'est développé par ses propres moyens et il dépendra toujours aussi de l'énergie et de l'intelligence de chaque négociant ou entrepreneur d'affaires en particulier. Le service consulaire de la Suisse ne peut être, en aucune manière, comparé au système bien organisé des consuls de carrière des autres pays. Nos consuls honoraires sont presque tous des négociants. C'est en cela que réside leur force et en même temps leur faiblesse. Si, d'une part, ils sont mieux au courant de la situation commerciale que les consuls de carrière, d'autre part, leurs propres intérêts les empêchent souvent de faire en temps voulu des rapports complètement désintéressés. Les essais que la Suisse a faits en installant des consuls de carrière à Buenos-Aires et à Yokohama ont été satisfaisants à maints égards. Il est certain que

la question de personne joue un grand rôle dans ce domaîne-là.

La politique du commerce d'exportation de notre petit pays visera toujours à nous placer dans les mêmes conditions économiques et légales que les autres pays avec lesquels nous sommes en concurrence. Nous ne demandons rien de plus. Partout où cela nous sera accordé, le commerce de la Suisse saura vaincre tous les obstacles et lutter avec ses concurrents, nonobstant les efforts qu'ils pourront faire pour l'évincer.

10. Expositions. Les expositions universelles et les expositions générales d'une branche spéciale offrent des occasions propices de mesurer sa propre force avec ses rivaux. Malheureusement, les pays organisateurs de ces joutes cherchent de plus en plus à mettre leurs produits en relief et à refouler dans l'ombre leurs concurrents étrangers gênants. Quand il s'agit d'affronter la lutte, chaque industrie en est à se demander si elle peut en courir les risques, si elle a lieu d'espérer que de nouveaux preneurs lui seront acquis ou si elle doit se contenter de la clientèle qui lui est assurée. Et d'autre part, n'y a-t-il pas un certain danger à se tenir éloigné de toute lutte, à rester passif? L'Exposition universelle de Paris en 1889 a été un triomphe éclatant pour l'industrie suisse des machines qui s'est distinguée par une exécution des plus minutieuses, par exemple pour les locomotives. Si cette industrie a pris dès lors un développement si considérable, on peut l'attribuer en partie à cette joute pacifique. L'exposition du bétail bovin suisse n'obtint pas le même succès ; les résultats n'en furent pas du tout satisfaisants. L'influence de l'Exposition universelle de Chicago (1893) sur l'industrie suisse a été nulle. Il est vrai que notre participation y fut bien faible. Nos principales industries (horlogerie, broderies, soieries, machines) ont consolidé leur bonne réputation à Paris en 1900, et maintes industries secondaires, celle des substances alimentaires par exemple, ont eu l'occasion de se faire

estimer à leur juste valeur. C'est grâce à cette Exposition que les chiffres de nos exportations en France et dans d'autres pays se sont maintenus malgré la crise intense qui sévit en Europe durant ces dernières années.

11. Le commerce intérieur d'autres Etats, surtout celui de pays plus grands, surpasse de 10 à 20 fois les affaires avec l'étranger. Le nôtre n'accuse pas une proportion aussi forte, vu le développement extraordinaire de notre commerce extérieur ; il représente cependant une valeur de plusieurs fois supérieure à celle de nos transactions avec l'étranger. Son organisation occupe de plus en plus les esprits. C'est que des entreprises commerciales coopératives travaillant pour le compte du consommateur, et aux risques et périls de celui-ci, barrent la route aux petits métiers et au petit commerce. Depuis quelques années, ces sociétés de consommation ont pris une grande extension. Pour défendre leurs intérêts, les petits commerçants sortent aussi de leur isolement et se groupent en corporations. Dans cette lutte de classes, la victoire restera, pour chaque cas particulier, au parti qui saura gagner le consonmiateur en lui offrant le plus d'avantages réels. Du reste, la question des transactions intérieures ne met pas les moyens d'existence de la nation en jeu comme le commerce extérieur; il s'agit plutôt ici de la résolution d'un problème de politique sociale.

12. Education commerciale. Les consuls et les subventions aux expositions contribuent sans doute aux progrès du conmierce, mais la Confédération et les cantons cherchent encore à le favoriser en stimulant l'éducation commerciale. Il existe en Suisse de nombreuses écoles de commerce fondées et entretenues tantôt par des cantons, tantôt par des villes ou encore par des particuliers. En 1902, les autorités fédérales ont alloué des subventions pour un montant de 265,000 fr. à 20 de ces établissements ; la contribution des cantons et des communes, etc., à ces mêmes écoles s'est élevée à 530,000 fr. La Société suisse des Commerçants

ne contribue pas peu à faire progresser les études commerciales. Au commencement du mois de mars 1903, cette utile association comptait 63 sections avec écoles de perfectionnement, soit un total d'environ 12,500 membres dont 9000 appartenant à l'association centrale. La Confédération a versé à cette société, en 1901/02 (exercice du 1er mai au 30 avril), 116,432 fr.; les subventions des cantons, des communes et des particuliers se sont élevées à environ 115,000 fr. En 1902, il a été alloué à 17 autres sociétés ou établissements poursuivant un but analogue : 14,800 fr. par la Confédération, 24,800 fr. par les cantons, communes et particuliers. Les dépenses totales d'après lesquelles sont calculées les subventions aux 20 écoles suisses de commerce se sont élevées, en 1902, à 930,000 fr., celles de la Société suisse des Commerçants (1901/02) à 311,600 fr., celles des 17 autres sociétés et écoles de perfectionnement à 42,000 fr.

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