‹ Économie politique de la Suisse (volume 2)Chapitre 27 sur 32 · Eoutes · texte numérisé non relu

Eoutes

La Suisse possède un réseau complet et serré de routes bien entretenues, s'étendant non seulement dans la plaine, mais encore dans les hautes vallées et par dessus les chaînes. Ce réseau a été établi durant les 160 dernières années. Destinées à faciliter le commerce et les communications, les routes ont perdu graduellement de leur importance, depuis le milieu du XIXe siècle, par rétablissement des chemins de fer; aujourd'hui, elles servent principalement aux relations locales et, dans les montagnes, à la circulation des touristes. Le seul centre de séjour des étrangers qui, jusqu'ici, ait été privé de chemin de fer, TEngadine, est maintenant aussi relié à l'Europe centrale par le tunnel de TAlbula terminé en mai 1902.

Nous donnons ci-après un tableau du mouvement des voyageurs ayant utilisé les postes fédérales en 1901 pour franchir les routes alpestres les plus importantes.

A. Boutes ouvertes à la circulation Voyageurs Recettes

durant toute Vannée: fr.

Maloja et Engadine 42,241 208,889

Schyn et Julier 34,895 215,851

Albula (depuis Coire et depuis Thusis) 28,735 158,889

Oberalp (depuis Reichenau) .... 21,964 80,260

Flûela 14,027 99,179

Bernhardin 12,101 28,849

Furka . 12,028 104,635

Simplon 11,342 110,001

Bernina 11,105 47,072

Splugen 10,868 60,985

Landwasser . . > 5,583 11,741

Ofenpass 2,377 13,372

B, Routes carrossables seulement en été:

Grimsel 5,290 44,480

Klausen 2,460 14,391

Lukmanier 1,664 2,786

Umbrail 791 2,594

Total 1901 217,460 r203,554

D. Chemins de fer.

1. Historique. L'utilisation de la vapeur comme force motrice pour le transport des voyageurs et le trafic des marchandises (1829, locomotive de Stephenson; 1830, première voie ferrée en Angleterre [de Liverpool à Manchester] et aux Etats-Unis) se heurta, dès le début, en Suisse comme dans d'autres pays, à des préjugés fortement ancrés. On se contenta d'abord d'introduire la navigation à vapeur sur nos lacs. En 1835, lorsque la première voie ferrée d'Allemagne (Nuremberg-Furth) fut livrée à l'exploitation, les esprits commencèrent aussi chez nous, surtout dans la Suisse orientale, à s'occuper de la construction des chemins de fer.

Le chemin de fer Suisse dit du Nord, destiné à unir, par les vallées de la Limmat, de l'Aar et du Rhin, la Suisse orientale à Baie, et à opérer sa jonction avec les

lignes étrangères qui viennent aboutir dans cette ville, fut projeté en premier lieu. Après bien des difficultés, le tronçon Zurich-Baden fut inauguré dans le courant de Tété 1847. L'exécution complète du projet, et en général tous les progrès en matière ferrugineuse suisse, furent alors arrêtés par la crise intense qui se manifesta presque partout dans ce domaine. Le projet de construction d'une ligne centripète jusqu'au cœur de la Suisse et le percement du Bas- Hauenstein préconisés à Bâle furent remis à plus tard. L'attention publique était alors absorbée par les événements politiques, la Suisse se trouvant à l'aurore d'une nouvelle organisation fédérale. On s'attendait à voir les nouvelles autorités s'occuper énergiquement de la question des chemins de fer dans le sens de la nationalisation. Mais, contrairement à l'avis des hommes éclairés auxquels le Conseil fédéral s'adressa après avoir liquidé la question de la Constitution fédérale de 1848, l'Assemblée fédérale se prononça, en juillet 1852, d'après les principes de Manchester qui prévalaient alors, pour la renonciation de la part de la Confédération à l'établissement d'un réseau méthodique de voies ferrées, en abandonnant l'exécution et l'exploitation à l'initiative privée. Lorsque le Hauenstein fut percé, on établit les deux grandes lignes se coupant à Olten qui devaient être la base de tout le réseau suisse: 1® ^urich- Olten-Bienne, 2® Bâle-Olten-Lucerne et Olten-Beme. Dans la suite, les différentes lignes vinrent s'ajouter les unes aux autres. Si l'on ne travailla pas toujours sans plan, on tint cependant toujours davantage à satisfaire les intérêts locaux et cantonaux. En 1878, la faillite de la Nationalbahn provoqua la désillusion inévitable. Depuis lors, la spéculation s'est détournée des chemins de fer à voie normale du Plateau pour se lancer dans des entreprises de chemins de fer de montagne, mais là aussi le succès ne répondit pas toujours à l'attente.

La Suisse a fait des expériences coûteuses en matière de chemins de fer, mais elle ne semble cependant pas con-

^mÊÊÊÊm

Page 1