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VI. Industrie du fer et construction de machines

De même qu'à Baie et à St-Gall, l'industrie de la construction des machines n'était primitivement à Zurich qu'une branche accessoire de l'industrie textile. On chercha d'abord à se rendre indépendant de l'Angleterre d'où nous tirions tous nos métiers mécaniques (1807). Bientôt on se mit à la construction d'autres machines, et aujourd'hui, il n'y à guère de branche de la mécanique ou de la construction technique qui ne soit pratiquée avec succès en Suisse. L'Ecole polytechnique fédérale à Zurich, les technicums de Winterthour, Bienne, Berthoud, Genève et Fribourg, de même que de nombreuses écoles professionnelles peuvent revendiquer l'honneur d'avoir provoqué ce développement si réjouissant. L'industrie de la construction des machines prend le rang de cinquième grande puissance dans les industries de la Suisse. Ses exportations se sont élevées de 20 millions en 1892, à 50 millions en 1900 et à 83 millions en 1908, ce qui, du reste, ne constitue que la forte moitié de la production totale. L'extension qu'a prise cette industrie depuis 1892 .a suivi une marche parallèle aux progrès réalisés dans les domaines de l'hydraulique et de l'électricité. Consulter à cet égard le tableau suivant, exprimant les valeurs en millions de francs.

Exportation totale Augmentation

dont:

Machines à vapeur, turbiues,

etc ' 7,7 16,, 31,85

Dynamos 1,8 12,7 19,G5

+ 19n + 41,83 = 67 % de l'augmentation totale.

Mais les importations ont suivi une marche ascendante proportionnelle; de 16,8 millions de francs en 1892, elles ont progressé à 41, 5 millions en 1899 et à 57 millions en 1907.

L'exportation totale de 1907 au montant de 83 millions de francs se répartit, selon les débouchés, de la manière suivante: Italie 19,4, Allemagne et France, plus de 15 millions chacune, Autriche-Hongrie 6, Russie 5 millions. L'Allemagne occupe le premier rang pour les importations (42 millions à peu près sur un total de 57 millions).

A raison de 160 millions valeur de la production, plus 57 millions valeur des importations, moins 83 millions valeur des exportations la consommation indigène de la Suisse aurait été de 134 millions de francs en 1907.

L'industrie de la construction des machines n'est pas restée confinée dans ses anciens foyers, Zurich, Winterthour et Ruti. Abstraction faite de St-Gall et de Bâle dont il a été fait mention plus haut, c'est en premier lieu Baden en Argovie qui est devenu depuis vingt ans le siège d'une fabrication de premier ordre de dynamos et de turbines à vapeur. En outre il faut citer Arbon, Uzwil, Frauenfeld, Schaffhouse, Kriens et Genève. Nous relevons spécialement: les machines à broder des fabriques de St-Gall et de Thurgovie, les machines textiles des cantons de Zurich et de St-Gall, les machines à coudre de Lucerne, les machines à tricoter de Couvet, les machines-outils d'Oerlikon, de Zurich, de Bâle, de Schaffhouse et de Landquart, les machines pour la minoterie de Zurich et d'Uzwil, les machines pour l'industrie du papier de Zurich et de Kriens, les pompes de Bâle et de Winterthour, les machines pour bateaux de Zurich, Winterthour et Baden, les locomotives de Winterthour et d'Olten. L'automobilisme a pris pied dans la Suisse française (Genève, Nyon, Neuchâtel, St-Blaise) et dans le Nord-Est à Zurich, Altstetten, Wetzikon, Frauenfeld, Tâgerwilen, Arbon, ainsi qu'à Bâle.

Pour la construction de machines et d'appareils électriques il faut citer en premier lieu Baden, Oerlikon et Bâle, et en seconde ligne Winterthour et Genève. A cette industrie puissante se rattachent comme accessoires les matériaux

d'isolation de Pfyeffikon, de Rapperswil, d'Oerlikon, etc., les câbles de Cortaillod et de Cossonay, les commutateurs de Seebach, les accumulateurs d'Oerlikon, les lampes à incandescence de Zoug, Zurich, Aarau, les appareils de chauffage électrique de Wœdenswil et de Liestal.

Dans beaucoup d'usines on fabrique des objets et ustensiles en fer se rattachant, d'après leur nature, à la grosse mécanique ou à l'industrie des machines. Citons, outre les établissements métallurgiques de L. v. Roll dans le Jura bernois et le Jura soleurois (siège à Gerlafingen, succursales à Choindez, Rondez, Balsthal et Berne), la construction de chemins de fer industriels à Aarau, les fonderies de Schaffhouse, Aarau, Olten et, du reste, de la plupart des grandes fabriques de machines. Dans cette même catégorie rentre la construction des installations pour chauffage central à Winterthour, Ostermundigen, Baie et Aarau, celle de fourneaux à Sursee et à Baie, la construction de ponts de fer à Baie, Kriens, Naefels, Brougg, Doettingen, Nidau, St-Blaise, et, en connexité avec cette branche, nombre d'autres constructions en fer à Seebach, Berne, Bâle, etc., et enfin la construction de wagons à Neuhausen et à Schlieren.

Dans un sens plus large, on peut faire rentrer ici la fabrication d'ouvrages en fer et autres métaux à Zoug, Ruti, Schaffhouse, Neuhausen, Brougg, Berthoud, Oberburg, Worb, Sissach, Bâle, Delémont, Soleure, Bienne, Vallorbe, etc., et enfin les usines v. Moos à Emmenweid près de Lucerne.

Les usines de laiton à Reconvilier fournissent à l'horlogerie suisse des parties ébauchées, celles de Dornach produisent des parties de machines. Bâle est la première place en Suisse pour les appareils en cuivre tant forgé que fondu. On produit des objets en aluminium principalement à Binningen près Bâle et à Gontenschwil.

Les ateliers de mécanique de précision à Schaffhouse, Zurich, Aarau, Bâle, Neuchâtel et Genève exportent annuellement pour 3 millions de produits. Dans la Suisse française,

la fine mécanique est intimement liée à l'industrie prédominante, à l'horlogerie. Partout où l'industrie de l'électricité s'est implantée, la fine mécanique a pris un nouvel essor que la propagation de la photographie a encore contribué à renforcer dans une certaine mesure. Baie fabrique des lentilles et des appareils d'optique que l'on exporte dans le monde entier.

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