‹ Économie politique populaire [microform]Chapitre 2 sur 25 · BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

BOULEVARD SAINT-GERMAIN

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Le mot d'Économie politique populaire, placé en tête de ce volume, indique la nature des sujets qui s’y trouvent traités. C’est aux intérêts populaires, c’est à la condition des classes laborieuses que tous se rapportent. Ils ont pourtant une portée moins spéciale. Telle

, est l’étendue des questions que soulève aujourd’hui la

î condition des masses, qu’on ne peut s’en occuper sans être entraîné à l’examen des principes fondamentaux sur lesquels l’ordre social repose. C’est ainsi qu’il suffit de jeter les yeux sur les titres de ces conférences populaires pour se convaincre qu’elles offrent un intérêt général. Dans une société où la loi du travail est la loi de tous, et où toutes les classes comme tous les intérêts sont unis par les liens d’une solidarité indissoluble, personne ne saurait se considérer comme étranger à ces questions : la propriété , le capital, la monnaie, les machines, l’invention, le crédit, le luxe,

VI PRÉFACE

l’impôt, le rôle des campagnes et celui des villes, le salariat, l’association, l’instruction.

Outre le caractère économique, de tels sujets présentent aussi un caractère moral. Assurément l’économie politique a son ordre particulier de vérités. G est à les rappeler que je me suis appliqué constamment dans ces entretiens. Mais ce serait une grande erreur de croire que ces vérités pussent devenir profitables sans que les hommes s’en mêlent. Ils peuvent les faire tourner à leur préjudice ou à leur avantage indifféremment. Tout dépend de l’usage plus ou moins intelligent et plus ou moins moral qu’ils font de leur liberté. D’où on doit conclure que c’est à cette liberté qu’il faut faire appel. On verra que je suis loin de dédaigner, dans les questions d’intérêt populaire, l’aide fraternelle des classes aisées et le juste concours de la commune et de l’État. Mais c’est ailleurs que je place la source la plus indispensable et la plus féconde des progrès; je la vois dans la responsabilité personnelle. Hors de la réforme individuelle, il faut le rappeler aujourd’hui plus que jamais, .mr jamais peutêtre on ne l’a oublié d’une façon plus systématique, on ne saurait espérer aucune amélioration sociale profonde et durable. Le mot de liberté retentit de toutes parts, accompagné de ce commentaire, que le peuple veut être majeur; rien de plus louable assurément; nous demandons seulement qu’on se souvienne qu’un peuple majeur n’est pas uniquement un peuple légalement libre, mais un peuple qui sait se servir de sa

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