EFFETS DE L'ÉCHANGE SUR LA RICII. NATIONALE
pas de satisfaire un cosmopolitisme plus ou moing sincère ; il est une nécessité qui asservit tout à sa loi, qui fait plier toutes les doctrines, qui est plus impérieuse que toutes les exigences: c’est celle de ne pas arrêter le développement de la richesse nationale. Il ne suffit pas de favoriser quelques classes de citoyens d’une contrée par les transactions commerciales ; il faut qu’en résultat d’autres classes ne soient pas plus appauvries que les autres n’ont été enrichies; il ne faut pas que l’échange, qui fait le bien de celui-ci, fasse éprouver un plus grand mal à celui-là ; il faut, qu’en compte final, un peuple trouve un avantage réel et général dans la liberté pour qu’il décrète la liberté.
Dans l’état des sociétés , quand le genre humain est partagé en nombreuses nations distinctes , étrangères les unes aux autres, rivales, ennemies même, quand toutes s’observent avec une jalousie inquiète, et que chacune craint les entreprises de ses voisines, quand la conquête est encore dans le droit des gens et, qui pis est, dans la pratique quotidienne, quand la première nécessité de chaque association est d’assurer son indépendance en développant sa force, la grandeur de la nationalité est l’obligation la plus sainte et la plus profondément sentie de tous les citoyens.
Évidemment la condition première , le devoir suprême imposé aux théories économiques, c’est de conserver, de consolider, de développer la puissance nationale , c’est de contribuer à la prospérité , à la grandeur des vastes associations qui forment les peuples.
11 ne suffit pas qu’une transaction soit jugée utile par
kk ÉCONOMIE PRATIQUE GÉNÉRALE.
celui qui la fait, il faut qu’elle satisfasse au bien-être public, qu’elle ne compromette pas les intérêts du corps politique , car c'est sa puissance qui donne garantie à tous les intérêts.
Il ne suffit pas d’avoir des biens , il faut la force de les conserver ; il ne suffit pas des biens matériels , il en est d’autres qui sont plus précieux : les souvenirs, la célébrité, l’indépendance, la grandeur intellectuelle, et les liens de parenté, de voisinage, de pays sont plus chers et plus sacrés que les choses qui satisfont les besoins physiques : or tout cela est renfermé dans la nationalité, dans l’idée et l’amour de la patrie.
Le patriotisme est un sentiment profond qui ne peut s’éteindre en nous , qui avons une origine commune , qui avons les intérêts, les affections, les besoins d’une même race , qui avons le même sang , la même langue et partant presque les mêmes idées ; nous formons une association à laquelle nous voulons et nous devons tout sacrifier, il y a pour nous communauté d’illustration , d’adversité, de bonheur. Nos pères ont vécu ensemble, ils ont travaillé , ils ont combattu , ils ont souffert sous les mêmes lois et pour les mêmes lois, sur le même sol et pour le même sol ; ils nous ont transmis , comme un héritage qui doit rester indivis ou s’anéantir, et leur gloire militaire, et leur gloire littéraire, et leur gloire industrielle et scientifique, leur nom , leur nom auquel se rattachent tant et de si grandes choses, tant d’actes héroïques dont le souvenir est encore une défense , leur nom que l’humanité révère comme celui d’un peuple généreux qui s’est dévoué au progrès de l’humanité : c’est là notre