DEUXIÈME PARTIE
Nous venons d’étudier les principes de la science économique dans leur abstraction. Nous avions à nous demander si la liberté du commerce, tant prônée par une école moderne, pouvait, sans dommage , être acceptée par tous les peuples, en quelque situation qu’ils fussent. Nous avons constaté que s’il est des circonstances dans lesquelles l’abolition des restrictions commerciales est la cause la plus certaine de la splendeur de certaines contrées; il est d’autres circonstances dans lesquelles la grandeur et l’indépendance des nations exigent qu’elles adoptent un système de douanes pour protéger leurs travailleurs ; nous avons énuméré les principales considérations qui font concevoir la nécessité de défendre la production nationale par des tarifs protecteurs. Maintenant nous devons rechercher quel est le régime économique qui convient à la France : nous devons demander si sa richesse s’accroîtrait par l’application du système de liberté absolue, ou si, au contraire , elle ne peut se conserver et s’étendre qu’à l’ombre d’une protection éclairée. Nous entrons immédiatement dans l’examen des faits qui doivent décider notre jugement.