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fr., somme à peu près pareille à la somme

de 273,000,000 fr., excédant de l’exportation industrielle. La différence tient à ce qu’on n’a pu faire exactement la séparation entre les matières indigènes et exotiques. On voit donc qu’il y a équilibre, et que le commerce extérieur ne change pas les rapports des produits échangeables entre l’agriculture et l’industrie; on voit aussi que c’est avec raison que les matières premières exotiques ont été défalquées du produit industriel, elles ne font que remplacer les marchandises qui ont été exportées et qu’on a considérées cependant comme pouvant être vendues par l’agriculture; elles viennent donner à l’industrie la possibilité de payer la valeur des produits qu’elle demande à la prodution agricole.

•Il est donc évident qu’il y a corrélation entre les chiffres des diverses productions , et cette corrélation entre des évaluations faites d’après des données différentes est un argument puissant en faveur de leur justesse approximative.

Indépendamment de cette corrélation générale , quelques faits pourront prouver indirectement que l’approximation qui a été présentée est fondée.

Nous avons vu que

Le produit de l’industrie en y comprenant les matières pre-

mières qu’elle crée, s’élève à. 3,l7l,000>000 fr. Le produit commercial à. . . . 450,000,000

Le produit agricole à 4,922,000,000

Le produit gouvernemental à . 1,025,000 000

Total 9,508,000,000 fr.

La population s’élevait, en 1835, à 33,426,000 âmes ; c’est donc pour chaque individu un revenu de

286 francs par an, ou 0,95 par jour de travail, qu’on porte au nombre de 300. Le chiffre du produit gouvernemental est porté dans le chiffre total du revenu, puisque dans la population sont compris les producteurs gouvernementaux. Il e9t bien entendu que, sur la part qui leur est attiibuée, tous les producteurs quelconques ont à payer le service gouvernemental, comme ils doivent payer leurs aliments, leurs vêtements, etc. & on ne portait pas le produit gouvernemental dans le produit total, celui-ci descendrait à 8,543,000,000 francs; le gain annuel de chaque individu s’élèverait à 255 par an , le gain de chaque jour à 0,85,

Ce chiffre est-il au-dessus ou au dessous de la réalité î M. Charles Dupin professe que ce revenu ne s’élève approximativement qu’à 0,62 par individu , et Voici d’après quels calculs il arrive à ce taux. La population se compose de

Un quart d’hommes adultes;

Un quart de femmes adultes ;

Une moitié dont l’âge moyen est l’adolescence.

L’homme gagne en moyenne 1 fr. 25c.

La femme gagne moitié, soit. . . . » , O 62 L’adolescent gagne le quart, ou 0" .31 , soit pour deux Ô 62

Total pour 4 personnes. . . 2fr. 49 c.

Soit pour chacune 0,62.

M. Michel Chevalier , dans le discours d’ouverture de son cours ( Moniteur 1841, n° 346), porte ce chiffre à 0,67.

Ces chiffres paraissent évidemment au-dessous de la réalité par les raisons suivantes.

D’abord le prit de journée d’un homme adulte dépasse maintenant 1,25; on peut admettre 1,50. S’il y a des salaires plus bas, il en est qui sont infiniment plus élevés, et si les gains des femmes et adolescents sont élevés en proportion , on arrive à une moyenne de 0,75 ; quelques économistes l’élèvent à 0.80 en raison des faits qui viennent d'être énoncés. Mais ce n’est pas tout : le calcul précédent est fait pour exprimer le gain du simple ouvrier ; le propriétaire du sol où du capital employé en industrie, l’entrepreneur des travaux agricoles ou le fermier, le négociant , le manufacturier, le commerçant , le spéculateur, ont une part plus grande que la moyenne des journaliers. Celle-ci doit donc se trouver relevée; il ne faudrait que l’augmenter de i/!\ pour dépasser le chiffre de 0,95 que nous avons posé.

Voici d’autres considérations qui indiquent que ce chiffre est approximativement vrai.

Le taux des contributions de toute nature nous fait arriver à une évaluation pareille à celle que nous avons admise. Le chiffre du budget est bien précis ; nous avons vu que pour 1835 il s’élève à la somme de 1,025,000,000 fr. (1) , c’est un peu moins que 1/7 du revenu agricole , industriel et commercial : or tout le monde s’accorde à dire que les charges publiques enlèvent cette part au produit général. La terre paye cette quotité, et toutes les autres facultés productives.

(1) Pour 1848, le chiffre du budget des dépenses est de l,5ûù. 000,000 fr.; mais une somme considérable, fournie par des recettes extraordinaires, est consacrée aux travaux extraordinaires. D’ailleurs, le reveuu agricole et industriel est bien augmenté depuis treize ans.

tous les produits consommés payent également dans cette proportion.

Enfin le commerce extérieur fournira quelques aperçus dont peuvent être tirées des déductions qui ne manquent pas de force. Le mouvement de notre commerce spécial , celui qui représente l’exportation de nos propres produits et l’importation des produits étrangers, est encore connu par des chiffres précis; il s’élève en 1835, pour l’exportation , au chiffre de 520 millions ; pour l’importation, au chiffre de 577 millions (1). C’est en moyenne 548,000,000 fr., ce qui donne 1/15 du chiffre que nous avons attribué au revenu total de l’industrie et de l’agriculture. 11 n’y a personne qui pense que l’exportation enlève plus de 1/15 du total de la production industrielle; par conséquent on ne peut se tromper en trop en regardant le total du produit comme quinze fois plus grand que la partie exportée.

Tous concourt donc à faire penser qu’on ne s’éloigne pas de la vérité en portant le revenu annuel de la France à la somme de 9 à 10 milliards.

(1) Le chiffre de l'exportation s’élève pour 1848 4 la

somme de 856,200,000 fr.

Celui de l’Importation à .‘ ......... . 848,100,000

Moyenne de l’exportation et de l'importation 852,150,000

Cette moyenne dépasse de 316,000 OOO fr. ou de 3/5 celle de 1835; si toutes les productions de la France étaient accrues dans la même proportion. son revenu total serait aujourd’hui de 15,071,800,000 fr. Mais on ne pourrait admettre ce chiffre sans commettre une erreur considérable , parce que le prix des marchandises est généralement diminué : les évaluations de la douane sont au contraire restées les mêmes; conséquemment U y a une notab'e réduction i opérer sur le chiffre donné par l'administration comme représentant la valeur des marchandises exportées cl importées. Les quantités de ces marchandises se sont accrues , mais leur valeur est fort loin de présenter un accroissement proportionnel.

Il serait important que les données approximatives qui ont servi à le former devinssent plus rigoureusement exactes. Ce travail ne peut manquer d’avoir un grand intérêt. Mais si les éléments qui sont maintenant à notre disposition sont trop incomplets pour faire connaître sûrement le chiffre absolu de la production , ils sont suffisants pour fournir une base acceptable, et pour faire apprécier la valeur relative de nos divers genres de production.

Récapitulons donc les faits que nous venons d’exposer, donnons la valeur de chacune des productions qui constituent la richesse nationale et prenons soin , après avoir exprimé les résultats généraux, de présenter la valeur proportionnelle de chaque produit.

La production commerciale s’élève à. . . .

Le service gouvernemental à

La production industrielle à .

La production agricole à

Total. . . .

450,000,000 soit 4,75p. °/0

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