‹ Economie pratique des nationsChapitre 58 sur 90 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La première assertion des partisans de la liberté absolue du commerce , c’est celle-ci : la concurrence étrangère ne détruira pas le travail national , elle ne fera que stimuler son activité et hâter son perfectionnement. Si l’importation des produits extérieurs faisait périr quelques industries débiles et mal placées , ces industries seraient à, l’instant remplacées par d’autres qui seraient plus profitables. Nous avons dit , en nous renfermant dans la discussion des vérités générales, que ce résultat pouvait être obtenu par certaines nations , qui avaient une supériorité incontestable dans un grand nombre de travaux industriels ; celles-là n’abandonnent que quelques productions peu lucratives , et elles peuvent donner plus de développement à celles qui leur procurent de plus amples bénéfices ; mais l’inverse arriverait pour les nations dont les productions les plus importantes sont inférieures à celles des

autres peuples. Leurs industries supérieures, si elles en ont, peuvent n’être pas susceptibles de prendre une extension suffisante , et les produits qu’elles seraient habiles à créer peuvent n’être pas acceptés par les peuples étrangers, en assez grandes quantités pour combler le vide qu’ont laissé dans le travail national les industries éteintes par l’introduction des produits étrangers.

Nous avons à voir dans quelle catégorie il faut ranger la France.

Pour éclairer notre décision nous avons à chercher si la concurrence extérieure empêcherait les industries françaises d’être conservées dans leur état actuel ; et si , dans le cas où de nombreuses productions seraient anéanties, il serait possible de leur substituer d’autres productions plus favorisées.

Nous nous occupons d’abord du premier point.

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