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Alors un tarif exceptionnel est accordé à la Belgique, et la progression des importations est rapide et continue.
286 éCONOMIB PRATIQUE DE LA FRANCE.
Toiles. Fils.
En 1843, elle importe 10,307,000 fr. 4,166,000 fr.
Qui peut nier, après ces résultats , l’influence de la protection sur l’industrie nationale? Qui peut nier l’imminence du danger que la libre concurrence ferait naître pour nos principaux produits ? ils seraient détruits sans compensation. Les nations avec lesquelles s’opèrent nos principales transactions commerciales se sont chargées de nous le prouver ; elles nous ont bien fait comprendre qu’il faut que nous nous tenions sur nos gardes , si nous ne voulons voir leurs produits obtenir la préférence, sans que les nôtres puissent trouver un placement plus large chez elles.
Une autre expérience, la plus décisive et la plus cruelle de toutes, a été faite par la France, dans l’espoir de multiplier ses relations avec deux grands peuples commerçants; elle a démontré , tout à la fois, que lorsqu’on est inférieur dans un travail, si l’on renonce pour lui à la protection, il est annihilé, et que l’on espère vainement des dédommagements : l’infériorité d’un côté ne se compense pas nécessairement par la supériorité d’un autre côté. Pour faciliter leurs rapports, la France et les États-Unis, ont, en 1822, fait un traité par lequel les navires américains, important en France des marchandises américaines , sont reçus aux mêmes conditions que les navires français important les mêmes marchandises ; par réciprocité, les navires français, important des marchandises françaises aux États-Unis, sont traités avec la même faveur que les Américains.
Ce que nous avons fait pour l’Amérique en 1822 , nous l’avons fait pour l’Angleterre en 1826. Qu’ont produit les traités que nous avons signés avec ces deux grandes puissances, dont la marine marchande a d’incontestables avantages sur la nôtre? Notre navigation a été de plus en plus déshéritée, et nos ventes, nous l’avons vu, loin d’être proportionnellement accrues, s’amoindrissent.
En 1822 , les transports maritimes du commerce français , non compris le commerce colonial entièrement réservé à la marine nationale , étaient effectués , l’importation et l’exportation réunies ,
tonneaux.
Par 17,374 navires jaugeant 1,351,000
Parmi ces ( 6,804 étaient français, ils jaugeaient. . 570,500
navires , ( 10,560 étaient étrangers, ils jaugeaient. 781 ,368 C’est-à-dire que les navires français employés par notre commerce était dans la proportion de 39,15 p. 100
Et leur jaugeage dans celle de 42,25 p. 100
Tandis que le nombre des navires étrangers
étaient de. 60,85 p. 100
Leur jaugeage était de 57,75 p. 100
En 1826,lecommercedelaFranceemployait tonneiux.
15,252 navires jaugeant 1,452,381
Parmi ces i 6,022 étaient français, ilsjaugeaient 476,027 navires, ( 10,230 étaient étrangers, ils jaug. . 976,354
La marine française
emploie donc encore 39,48p. lOOdes navires ,
Mais elle n’entre plus
que pour 33,46 p. 100 dans le jaugeage,
Tandis que la marine
étrangère prend. . 60,52 p. 100 dans le nombre des navires, Et 66,54p. 100 dans le jaugeage.
En 1826, une nouvelle concession est faite par la
France ; elle accorde à l’Angleterre la faveur qu’elle avait concédée h l’Amérique. Depuis ce jour la part proportionnelle qu’elle prend dans les transports maritimes devient de plus en plus petite. De sorte qu’en \ 845 les transports maritimes de la France occupent :
tonneanx.
26,508 navires jaugeant 3,032,000
Parmi cesf 9,012étaientfrançais,ilsjaugeaient 858,000 navires, ( 17,586 étaient étrangers, ils jaug. . 2,174,000 C’est-à-dire que les navires français sont dans la proportion de i ... . 33,88 p. 100
Mais leur tonnage n’est plus que de 28,29 p. 100 Tandis que les étrangers prennent 66,12p. lOOdcs navires, Et ■ 71,71 p.lOOdu lonnage(l).
(1) Le tableau suivant montre comment marche cette dégradation.