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EFFETS DU LIBRE-ÉCHANGE SUR LA DISTRIBUTION DES RICHESSES EN FRANCE

Nous avons vu que la concurrence générale force chaque nation à se livrer exclusivement à certaines productions ; la conséquence immédiate de ce fait , c’est de faire passer les produits dans les mains d’un ordre spécial de producteurs, de ruiner et de faire disparaître tous ceux dont le travail n’a pas les conditions qui font vivre sous le régime de la liberté, d’enrichir ceux qui peut-être concourent médiocrement à la prospérité, à l’indépendance nationale. Cette distribution forcée de richesses peut être absolument contraire aux nécessités politiques et sociales d’une contrée. Nous avons développé cette pensée d’une manière générale ; il s’agirait maintenant de rechercher si , sous ce rapport , les intérêts les plus essentiels de la France peuvent être froissés; mais déjà nous avons dû entrer dans ces considérations. La distribution des richesses étant réglée d’une manière presque immédiate par la

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production , en traitant de celle-ci , nous n’avons pu nous empêcher de parler du mode de répartition des produits ; c’est surtout en nous occupant de l’influence du choix et de la rémunération du travail que nous avons reconnu la nécessité de favoriser certains travailleurs et de leur assurer une part plus ou moins considérable des fruits de leurs peines. Nous ne pourrions donc , sans faire un double emploi , reprendre ici ce sujet. Nous rappellerons seulement les faits principaux qui sont relatifs à la distribution. Deux grandes nécessités pèsent sur notre pays. D’abord sa constitution démocratique exige que la propriété soit répartie entre de nombreux citoyens : en l’absence de tout élément aristocratique qui puisse faire contre-poids aux émotions populaires, il est indispensable de constituer une masse compacte de citoyens ayant assez d’aisance pour acquérir une solide instruction , ayant assez de fortune pour être intéressés à l’ordre. Ensuite la situation continentale de la France lui impose l’obligation de maintenir sur son territoire une population robuste, habituée aux rudes travaux, capable de fournir les éléments d’une nombreuse et vaillante armée. Pour satisfaire à ces deux nécessités , la loi doit favoriser la division des propriétés , la petite culture qui en est la conséquence ; les vastes domaines , les cultures qui emploient peu de bras compromettraient le salut de notre pays. Or , les faits prouvent que si la liberté absolue du commerce était introduite dans notre législation , la France devrait changer son système politique et ses méthodes agricoles : elle ne pourrait soutenir la concurrence qu’en constituant de

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