‹ Économie rurale (volume 2)Chapitre 33 sur 78 · DES ARBRES · texte numérisé non relu

DES ARBRES

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M. de Gasparin estime qu'à Tâge de onze ans, un olivier resté à peu près improductif, coûte déjà au planteur 1 1 f. 26 c; et, qu'en tenant un compte exact des dépenses et des intérêts accumulés ^ la somme des frais y pour un arbre parvenu à sa trentième année, excède toujours la valeur du produit qu'on peut raisonnablement en espérer. Ainsi , le fondateur d'une olivette, sous le climat du midi de la France, se trouvera toujours dans une situation économique désavantageuse dont il ne pourra sortir que par une culture perfectionnée, mieux entendue que celle qu'on asui-

(1) De Gasparin, Mémoires d'Agrictdt., l. Il, p. 124.

ÉLABORES PAR LES PLANTES. 3i7

TÎe jusqu'à ce jour (1). Cependant, on peut dire en faveur de l'olivier, qu'il réussit dans des terrains impropres à toute autre industrie agricole. Un trou dans un rocher lui sufSt, si le climat est favorable, et s'il reçoit une dose convenable d'engrais. Mais la cause qui affaiblit réellement les avantages de la culture de l'olivier en France, c'est la sorte de périodicité des hivers qui le détruisent. Dans un intervalle de cent douze ans, de 1709 à 1821, les olivettes ont éprouvé trois grandes mortalités, leur durée serait ainsi limitée à environ quarante ans. En prenant vingt ans comme âge moyen dans notre climat, et en admettant un espacement de 5 mètres on trouve pour la production d'huile sur un hectare, 284 litres, ou 261 kil. Dans une condition plus favorable, celle oii les arbres d'une olivette auraient atteint leur trente-cinquième année, ce produit s'élèverait à 691 kil.

Le cocotier {lodaicea cocus nticifera) produit une grande quantité d'huile en exigeant le moins de travail possible ; déjà la culture de ce palmier s'accroît rapidement dans la province de Maracaïbo ; il vient très-bien dans les régions chaudes peu distantes des bords de la mer, là où la température moyenne se maintient entre 27^-5 et 25*'-6. On le retrouve encore sur le bord des grands fleuves, et c'est un usage assez répandu, que celui de mettre du sel dans le trou destiné à recevoir la semence. Lorsqu'il est transplanté loin du rivage, il se plait surtout dans la proximité

(1) De Gasparin, Mémoires à' AgricuU. y l. H, p. 429-

des habitations, ce qui fait dire aux Indiens que le cocotier aime à entendre causer sous ses branches. La vérité est que cet arbre recherche un sol imprégné de substances salines, et ces substances ne manquent jamais près des endroits habités par l'homme. À l'âge de quatre ans, ce palmier émet ses premières fleurs, il produit des fruits l'année suivante, et continue à fructifier jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. Les régimes portent communément 12 cocos, et on peut admettre qu'un arbre rend par année 50 noix dont on extrait 4 litres d'huile. Sur un hectare, on rencontre ordinairement 225 plants capables de produire par an 900 kil. d'huile (1). C'est très-probablement à ce chiffre que s'élève le rendement des palmiers à huile de la vallée du Cauca.

Les palmiers doivent donc être comptés parmi les plantes les plus productives en matières huileuses ; ce sont aussi celles dont la culture exige le moins de dépenses, et dont la récolte est la moins exposée. Certaines espèces fournissent des huiles comestibles d'un goût très-agréable ; toutes sont d'ailleurs fort convenables pour la fabrication du savon. À mesure que l'industrie agricole se développera dans les régions équatoriales, la production des huiles de palmiers prendra un accroissement rapide, qui influera nécessairement d'une manière fâcheuse sur la culture de Tolivier déjà menacée en Europe par l'envahissement du mûrier. L'extension prodigieuse que le commerce de

(I) Codazzi, Resumen de la Geografia de Venezuela, p. 133.

rhuile de palme a prise sur la côte d'Afrique, durant ces dernières années, tend à justifier cette prévision. Jusqu'en 1817, cette huile extraite en partie de Vêlais guinœensis^ était considérée comme article de droguerie. Ce fut à cette époque qu'un parfumeur de Londres imagina de la faire entrer dans la confection du savon de toilette. Depuis lors, elle est devenue la base d'un commerce d'échange d'autant plus profitable aux nations qui s'y livrent, que les achats se font toujours avec des objets manufacturés, comme des tissus, de la quincaillerie , des armes, de la pou* dre. On peut prévoir Taveuir de ces relations commerciales, quand on sait qu'en 1817, l'importation de l'huile de palme en Angleterre ne dépassait pas 72,000 kil., et que déjàen 1836 elle atteignait plus de 32 millions de kilog.

En prenant pour unité la surface d'un hectare, je trouve qu'en moyenne

Les plantes oléagineuses printanières donnent 360 kil. d'huile.

Les plautes oléagineuses d'hiver 600

L'olivier (midi de l'Europe) 600

L*olivier (France) ,. . . . 428

Les palmiers (Amérique) 900

De* halles essentielles*

Les végétaux aromatiques doivent leur odeur à des principes volatils. Â cause de plusieurs pro* priétés communes qui les rapprochent des huiles grasses, comme l'insolubilité dans l'eau, la solubilité dans l'éther et dans l'alcool, l'inflammabilité, on désigne ordinairement ces principes par le nom

d'huiles essentielles, d'essences. On les rencontre dans toutes les parties des végétaux ; mais dans telle plante, l'huile réside principalement dans les fleurs^ dans telle autre elle abonde dans les feuilles, dans l'écorce, etc. Il arrive quelquefois que les diverses parties d'une même plante contiennent des huiles de différente nature ; ainsi on retire de l'oranger trois huiles distinctes, selon que l'on traite les fleurs, les feuilles ou le zeste du fruit. Dans certains cas, le principe volatil est si bien emprisonné dans les cellules végétales, que la dessiccation ne le dissipe pas. Dans d'autres, comme dans la plupart des fleurs, l'huile se forme à la surface, et elle se volatilise immédiatement après sa formation .

Les huiles essentielles sont moins volatiles que Teau, cependant elles se vaporisent avec la vapeur aqueuse; aussi c'est par la distillation qu'on les extrait ordinairement. Dans ce but, on met la plante avec de l'eau dans la cucurbite d'un alambic, et Ton distille. Les vapeurs formées se condensent dans le réfrigérant et les liquides se rendent dans le récipient ; l'essence, en raison de sa moindre densité, occupe la partie supérieure de l'eau. Pour extraire des huiles très-peu volatiles, il convient d'augmenter la température pendant la distillation ; à cet effet, on place dans l'alambic de l'eau saturée de sel marin, dont le point d'ébuUition s'élève ainsi à ilO^". On obtient par ce moyen une plus grande quantité de produits volatils dans un temps donné.

Pour extraire l'essence des fleurs odoriférantes qui

ne retiennent l'huile que faiblement^ on forme des couches alternatives de fleurs fraîches et de ouate de coton imbibée d'huile grasse. Dès que l'huile fixe a absorbé l'huile volatile, on renouvelle les fleurs; et quand l'on juge qu'elle est saturée, on distille la ouate avec de l'eau pour en séparer l'essence.

Il est quelques huiles volatiles qu'on peut extraire par la pression ; telles sont celles de citron et de bergamote. L'essence mélangée avec le suc de l'écorce s'écoule et surnage sur le liquide exprimé.

Les principes volatils des plantes présentent des propriétés physiques assez variées. Généralement ils sont liquides, plus légers que l'eau; cependant il en existe dont la densité est supérieure; d'autres sont solides, comme le camphre. Sous le rapport de leur composition, on divise les huiles volatiles en trois catégories : 1" les huiles dans lesquelles il n'entre que du carbone et de l'hydrogène ; 2° les huiles oxygénées ; 3° les huiles essentielles sulfurées. Indépendamment du soufre, l'essence de moutarde contient encore de l'azote.

Les huiles essentielles finissent par s'altérer au contact de l'air ; elles fixent de l'oxygène, et plusieurs d'entre elles s'acidifient. Les huiles volatiles obtenues d'une même plante renferment souvent deux principes distincts qu'il est possible de séparer par une distillation ménagée; l'un de ces principes est un carbure d'hydrogène, l'autre une huile oxygénée (1).

(i) Gerhardt et Cahours, Annales de Chimie et de Physique, l. I, p. 60, 3« série.

COMPOSITION DBS PRINCIPES

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