DES TERRES
Sable calcaire
Sable siliceux
Gypse
Argile maigre
Argile grasse
j Terre argileuse
I Argile pure
t Calcaire ea poudre fine.
j Humus
I Terre de jardin
Terre arable d'HofiFwyl.
Terre arable du Jura. . .
VACVLTI
retrair la elulenr,
celle du sable calcaire
étaot de 100.
TIMM
^e NS cent, enbe*
de terre
■eltat à M refroidir
de 6So,K à tl«,l,
rair ambiant élanl
Les remarques générales que suggèrent ces expériences, sont qu'à volumes égaux le sable calcaire ou siliceux, comparé aux autres substances possède au plus haut degré la propriété de retenir la chaleur. Cette faculté explique la température élevée et la sécheresse que conservent en été les terrains sablonneux, même pendant la nuit.
C'est l'humus qui présente la conductibihté la plus grande.
Échauffenientdes terres exposées au soleil. — Il n'est personne qui n'ait eu l'occasion d'observer la forte température que les corps peuvent acquérir lorsqu'ils restent exposés à l'action du soleil. Il en est^ comme le sable sec, comme certaines roches colorées, qui deviennent brûlantes. C'est surtout par la chaleur solaire que le sol, au printemps, lorsqu'il n'est pas
encore ombragé par les feuilles , s'échauffe et perd l'excès d'humidité qu'il a reçu pendant l'hiver. Tous les agriculteurs savent combien cet échauffement est variable, même pour les terres les plus voisines. Une argile blanche, humide, s'échauffera beaucoup moins qu'un sol calcaire ou sablonneux, fortement coloré. Les différences que l'on observe dans la chaleur acquise par les terres dépendent : 1 "^ de Tétat de leur surface ; 2"" de leur composition ; 3"" de la quantité d'eau imbibée qui, par son évaporation, tend à abaisser la température ; 4"" de l'angle d'incidence des rayons solaires. Schûbler, à l'aide d'une méthode non irréprochable, mais qui trouve son excuse dans la difficulté du sujet, a mesuré les températures acquises par différentes terres sèches et humides, exposées au soleil, pendant le même laps de temps, et dans des conditions aussi semblables que possible. Les nombres obtenus sont consignés dans le tableau ci-joint :
Tableau.
DÉSIGNATION
DBS TBRRES.
TEMPÉRATURE HAXIHA
de U oooeha tqpèrieare,
la terapératare moyenne de Tair
ambiani étant 15^.
Terre homide.
Sable siliceux, gris iaunâtre. . . .
Sable calcaire, gris blanchâtre. .
Gypse clair, gris blanchâtre. . • .
Argile maigre, jaunâtre
Argile grasse
Terre argileuse, gris jaunâtre. . .
Argile pure, gris bleuâtre
Terre calcaire, blanche
Humus, gris noir
Terre de jardin, gris noir
Terre arable d'Hoffwyll, grise . .
Terre arable du Jura, grise
degrés cMitlg.
Terre tèebe.
degrés eentig.
En comparant les circonstances qui concourent à l'échauffemenl du sol par Faction solaire, on trouve que la couleur, Thumidité et l'angle d'incidence de la lumière sont les plus influentes ; elles peuvent occasionner des différences de température de 14"* à 15\ La nature de la surface , la composition des terres sont loin d'en faire naître d'aussi fortes. Mais, selon Schûbler, ces différences thermométriques pourront même s'élever jusqu'à 25% si l'on a égard à l'inclinaison du sol.
Les agriculteurs classent les diverses espèces de terrains d'après leur fertilité et suivant le genre de culture plus ou moins avantageux qu'elles sont aptes à recevoir. Dans la pratique, on a adopté deux grandes divisions principales : les terres fortes et les terres légères. Tout terrain appartient, en tout ou en partie, à l'une ou à l'autre de ces divisions.
Dans les terres fortes domine l'argile, dans les terres légères le sable. Les premières sont tenaces, peu perméables, d'une dessiccation lente; lessecondes sont meubles : elles se dessèchent promptement et demandent moins de forces pour être travaillées. Le terreau ajoute toujours aux qualités de ces deux terres, douées de propriétés aussi opposées ; mais son utilité se remarque surtout dans les sols argileux, dont il affaiblit l'extrême ténacité.
Les terres fortes participent des avantages et des inconvénients particuliers à l'argile : elles absorbent beaucoup d'humidité, résistent à la sécheresse , et retiennent avec énergie l'eau indispensable à l'existence des plantes. Le terreau qu'elles contiennent, ou les engrais qu'on y répand dans le cours de la culture, s'y conservent longtemps, préservés qu'ils sont de l'action trop active des agents atmosphériques, et le pouvoir fertilisant de ces matières est rarement interrompu par une dessiccation trop forte. Cependant par des temps extrêmement pluvieux, ou dans les années d'une sécheresse extraordinaire, les avantages que je viens d'énumérer disparaissent. Par des pluies trop abondantes, trop fréquentes, les terres argileuses deviennent démesurément humides ; souvent même elles se délayent complètement. Par une dessiccation trop prolongée, on les voit au contraire durcir, au point que les plantes ne peuvent plus les pénétrer ; elles se gercent, se fendillent profondément, et les racines périssent faute d'être convenablement abritées. J'ajouterai que la gelée occasionne des effets
DBS SOLS. 617
tout aussi désavantageux ; de sorte que les sols très-ar^ gileuxéprouTentlamème influence fâcheuse de lapart de deux causes diamétralement opposées : la grande chaleur des étés et le froid intense des hivers.
Dans un semblable terrain, les travaux deviennent quelquefois inexécutables, soit que, transformé en une boue liquide, les chariots n'y puissent plus circuler, soit par Tadhérence de la pâte argileuse, qui, s'attachant à la charrue^ à la herse, empêche toute manœuvre; ou bien encore par la dureté, comparable à celle de la pierre, que prennent les terres fortes à la suite de sécheresses prolongées.
Les terres légères accumulent rarement un excès d'humidité ; aussi elles redoutent les sécheresses. Les cultures y sont infiniment plus faciles et occasionnent peu de dépenses; la végétation est plus hâtive, mais l'engrais moins profitable que dans les sols argileux, parce que les eaux pluviales le dissolvent et Ten traînent.
Les défauts de ces deux espèces de terrain sont de nature à se compenser, à se neutraliser, et c'est du mélange de ces sols extrêmes que résultent les terres reconnues comme les plus favorables à la culture.
En soumettant à l'analyse mécanique un grand nombre de terres labourables, en étudiant en même temps les cultures les plus convenables à ces terres et leur fertilité relative, Thaer etEinhoff nous ont transr mis des résultats qui peuvent servir de base à la clas^ sification pratique des sols arables (1).
t (i) Thaer, Principes raiionnés â^agricuUuft^ t. H, p. ii5.
618 WS 80LS.
Un sol ai^eux proprement dit contient ordinairement 40 pour cent de sable. Si le sable y. entre pour une proportion moindre, les récoltes y sont déjà très* casuelies, et sa ténacité deyient telle qu'il exige date les façons une dépense de forces considérable. Ge sol argileux, lorsqu'il renferme une quantité suffisante d'humus et qu'il est conyenablement amendé, peut être considéré comme une assez bonne terre à froment. L'oi^e réussit mieux que le froment quand le contenu en sable descend à 30. Au-dessous de ce nombre, on a un sol propre à l'ayoine. La culture du froment est encore possible dans les terres ayant de 40 à 50 pour cent de sable ; passé ce terme, dans les sols à 50 ou 60 de sable, il est plus ayantageux de cultiver de l'orge. Ge terrain ne tombe pas en poussière par des labours réitérés, comme il arrive à celui qui est plus riche en principe siliceux, et il ne se durcit pas à la suite des sécheresses, comme les terrains plus argileux, parce qu'il retient encore assez d'humidité. Il convient également bien au trèfle, aux tubercules, aux racines pivotantes, et à plusieurs plantes commerciales, comme le tabac, le colza, le lin, etc« Il est presque toujours abordable aux charrois, circonstance qui permet d'apporter le plus grand soin dans les cultures.
Dans les terrains donnant par le lavage 60 à 80 pour cent de sable, la réussite du firoment n'est plus assurée. A 70 de sable, il cesse d'être propre à la culture de cette céréale, à moins de précautions toutes particulières; mais il est convenable à lorge, et c'est
DSS SOLS, 619
surtout dans un semblable terrain que les récoltes de seigle ont le plus de succès.
Un sol avec cette dose de sable est toujours d'un travail aisé, bien quMl soit plus sujet à être envahi par les mauvaises herbes qu'une terre décidément argileuse. Les engrais y sont promptement détruits, par la raison que j'ai déjà donnée : aussi convient-il de le fumer souvent, en administrant moins d'engrais à la fois.
Un terrain à 75 pour cent de sable est qualifié par Thaer de terrain à avoine. Jusqu'à contenir 85 pour cent de sable, on le considère comme propre à cette céréale ; ce terme dépassé, on ne doit y semer que du seigle ou du sarrasin, si toutefois il a reçu une dose suffisante d'engrais. Les labours réitérés que Ton est obligé de donner à ce sol sablonneux, pour extirper les herbes nuisibles qui s'y développent abondamment, peuvent le rendre tellement meuble, que le seigle même n'y réussisse plus. Le mieux alors, pour le consolider, est de lui donner du repos en le mettant en prairie.
Il est très-difficile de tirer un parti quelconque, du moins dans nos climats, d'un sol dans lequel il existe 90 pour cent de sable ; dans un temps sec, c'est un véritable terrain mouvant. Gomme nous l'avons déjà établi, le calcaire peut remplacer dans le sol le rAle que joue le sable ; comme lui, il tend à détruire le lien qui unit si fortement entre elles les particules de l'argile ; mais il parait qu'en outre le calcaire , surtout lorsqu'il est dans un grand état de division,
contribue réellement à ramélioration des terres. Le tableau suivant contient les résultats obtenus par Thaer et Einhoff. Je crois devoir observer que, d'après ce qui a été dit plus haut sur la difficulté du dosage de l'humus, cette matière est évidemment portée beaucoup trop haut dans plusieurs de ces analyses, qui mériteraient d'être faites de nouveau, en em* ployant les procédés actuellement en usage.
DÉSIGNATION
Anrile avec humus
Id
Id
Terre maroeuse
Terre légère, a?ec humus. .
Terrain sablonneux, humus.
Terrain argileux
Terrain marneux
Terrain argileux
Terrain glaiseux
GUise
Terrain glaiseux
Glaise sablonneuse ....!...
Id
Sable arrileux
Terrain sablonneux ! .
Id
Id
DÉNOMINATION csmui.
Riche terre à froment. . .
Id
Id
Id
Terrain de prairies
Riche terre à orge
Ronne terre à froment. .
Terre à froment
Id
Id
Id
Terre à orge de 1** daase Id. de S* classe.
Id. id
Terre à avoine
Id
Terre à seigle
Id
Id
Id
Ml
SO
SS
OB
Schwertz a résumé, au point de vue pratique, les opinions de Thaer sur la valeur des différents terrains. Admettant aussi, qu'il est convenable de juger le sol d'après ses produits, il adopte également, comme échelle de comparaison, la culture des céréales, en prenant pour termes extrêmes le froment et le seigle : le premier réussissant dans les mauvais terrains argileux, le second végétant encore dans
les sols Sablonneux les plus médiocres. Dans ces terres limites, le froment et le seigle viennent fort mal, à la vérité ; mais entre ces deux extrêmes se trouvent comprises toutes les variétés de sols qui résultent de la fusion des terres les plus fortes, les plus tenaces, avec les terres les plus légères, depuis l'argile la plus consistante jusqu'au sable mouvant. Dans ces sols mixtes, de qualités intermédiaires, le froment et le seigle s'avancent graduellement ]'un vers l'autre, en recrutant l'orge, l'avoine, le sarrasin, jusqu'à ce qu'ils se rencontrent au milieu de l'échelle, dans un terrain neutre, qui permet la culture de toutes les céréales. Schwertz dispose son échelle de la manière suivante (1) :