‹ Économie rurale (volume 2)Chapitre 66 sur 78 · Argile · texte numérisé non relu

Argile

Les considérations précédentes sont plus que suffisantes pour se former une idée précise de ce qu'il faut entendre par la composition des sols arables; néan-

(i) Schwerlz , Préceptes d'agriculture pratique^ trad. de Schaueobourg, p. 49.

moins, pour les compléter, je rapporterai les analyses de terres cultivables exécutées par divers chimistes, à une époque où Tod attachait une certaine importance à ce genre de recherches. De l'ensemble des recherches foites jusqu'à présent, il semble d'ailleurs résulter que les bonnes terres à froment contiennent généralement une assez forte proportion de carbonate calcaire; et la théorie, d'accord avec la pratique la plus judicieuse, tend à indiquer qu'il est avantageux de faire intervenir ce sel calcaire dans les engrais destinés aux terres qui en sont privées, ou qui ne le renfennent qu'à trop faible dose. Ainsi l'analyse d'une terre à colza des environs de Lille, par M. Berthier, a donné :

Silice 78,2

Alumine 7,(

Peroxyde de fer 4,4

Chaux 1,9

Magnésie 0,6

Acide carbonique 1,4

Eau 5.8

DBS SOLS. 623

faible, principalement dans les années pluvieuses ; les récoltes versent fréquemment avant la matu** rite (1).

Si la présence du calcaire est une garantie pour les récoltes en s'opposant au versage de la céréale, l'analyse faite par M. Berthier prouve néanmoins que le carbonate de chaux n'est pas indispensable, puisqu'en définitive on* obtient de beaux froments dans les terres des environs de Lille. Je citerai encore, à Tappui de cette opinion, l'analyse d'un sol des plus fertiles qu'il soit possible de rencontrer, je veux parler de la terre noire de TchonuÀ^ zem qui, au rapport d'un géologue des plus distingués^ M. Murchison, constitue la superficie du sol arable, compris entre le 54* et le 57* degré de latitude nord, occupantiarive gauche du Volga, jusqu'à Tcheboksar, de Nijni à Kasan, et couvrant encore un district des plus étendus, sur le côté asiatique des monts Ourals. M. Murchison croit que ce terrain est un dépôt sousmarin produit par l'accumulation de sables riches en matière organique. Le Tchornoi-zem est composé de grains noirs mêlés de particules sablonneuses; c*est le meilleur sol que la Russie possède pour le blé et les pâturages; il suffit d'une jachère continuée pendant une ou deux années pour lui rendre toute sa fertilité ; jamais on ne lui applique des engrais (2).

(i) Gordier, Mémoire sur VagrieuUure de la Flandre française^ p. 232.

(2) Murchison, BMiothèque universelle de Genève, t. XL1 V, p. 400, flouyelle série.

M. Payen a trouYé dans le Tchornoi-zem dessé ché:

Matière organique.. 6,95 (contenant 2,45 p. 100 d'azote).

Silice 71,56

Alumine 11,40

Oxyde de fer 5,62

Chaux 0,80

Magnésie 1,22

Chlorures alcalins. . 1,21

Acide phosphorique. trace

Perle 1.24

Bergman a donné pour la composition d'un sol fertile de la Suède :

Carbonate de chaux .... 30

Gravier 30|

Silice 26j Argile.

Alumine 14)

Plusieurs terres arables fertiles du Sénégal, desséchées à l'air et analysées par Laugier, dont la précision est si généralement appréciée, contenaient:

LOCALITES.

Raweï. Dottkitt. Oiague. Roto. If'lNck.

Sable siliceux et silice. .. . 87,0 72,0 89,0 78,0 91,0

Alumine 3,6 10,0 3,0 7,0 1,8

Oxyde de fer 3,4 8,0 3,6 5,2 3,0

Carbonate de chaux trace trace 0,5 trace 0,5

Matière organique et eau. 4,4 10,0 3,6 9,0 3,0

Perte 1.6 » 0,3 0,8 0,7

M. Plagne, qui a étudié les cultures de la côte de

Coromandel, divise les terres arables dont il a fait l'examen en argileuses, sablonneuses et mixtes. Sous ce climat, les sols argileux .Mint les! plus estimés par les planteurs; on les destine particulièrement à la culture du riz en paille {nelis). Pendant la plus grande partie de Tannée, ces terres sont irriguées. Les sok sdi>lonneux sont toujours arides, quand il n'est pas possible de les arroser, et c'est le cas le plus général ; on y cultive seulement, durant la safson pluvieuse, des menus grains et des légumes. Les sols mixtes conviennent aux différentes plantes : on doit Tes considérer comme les sols sablonneux, améliorés par une longue culture (1).

Composition des terres arables de Coromandel, desséchées au bain-marie.

rArgileuiCi. SablMMiitei. Mixtes.

Silice 22,0 82,0 64,0

Alumine.... 59,0 6,5 19,5

Carbonate de chaux 3,5 3,5 2,5

Oxyde defer 2,5 4,0 4,0

Phosphate de magnésie.. »|

Sulfate de chaux »1 ^'^ ^^•

Matière organique azotée. 5,0 » 7,0

Humidité et perte 8,0 2,0 3,0

Un examen comparatif de la composition des sols supposés secs, dans lesquels on cultive Tarbre à thé, en Chine et dans la colonie d*Àsam, a conduit M. Piddington aux résultats suivants :

(1) Plagne, ArmaUs maritimes et oofofiîalM, t. Ut, année 1825, p. 50.

dtUChiM. «TAmb (1).

Saicé et gable. '....:.. :;":..."... 76,0 84,8

AlnmiiM....> 9,0 4,9

Ox7<leââfer 9,9 7,0

Phosphate étsulfoM de chaux... 1,0 traces.

■■dintitgui^ie. 1,0 1,5

Euu. 3^ a,»

Humpbri Davy a trouvé! à différents sols cultivés de rAnglëteire les compositions inscrites dans ce tableau (2).

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Une terre fertile, destinée à la culture du lin. en Hollande^renferme sur 1 00 parties, après dessiccation :

028 OIS BOiâ.

potasse 0,68

Soude 0,31

Peroxyde de fer 6,05

O^de de mangaDèse traces.

Alumine 5,63

Chaux 3,04

Hagnéùe ■ 0,(0

Acide fiuirurique 0,02

Acide phosphorique 0,16

Chlorure de sodium 0,33

Hatiëres organiques et eaa (1). 5,84

Argile 17,08

SaWe.: ■■ 60.96

Nous devons à M. de Gaspario des recherches sui quelques sols calcaires du midi de laFrani» ; les terres soumises à l'examea avaient été préalablemenl desséchées à la température de 40*. L'humus a été dosé par différence, après l'avoir dissous à l'aide d'une forte solution alcaline. Cette métiiode, recommandée par Einhoff, laisse beaucoup à désirer sous le raf^rt de l'exactitude- Elle ne donne pas la matière organique insoluble dans l'alcali (2).

Le sol dit terre franche de Clamarty recherché par les jardiniers de Paris pour faire la base de leurs diverses compositioaSy contient :

Argile sablonneuse 57,0

Argile fine 33,0

Gros sable siliceux 7,4

Graviers calcaires 1,0

Carbonate de chaux diyisé. ... 0,0

Débris de végétaux 0,5

Terreau 0,5

Un élément important dont il faut tenir compte dans l'appréciation de la valeur des terrains, quelle que soit d'ailleurs leur nature particulière,est l'épaisseur du sol arable. En ouvrant une tranchée dans un champ cultivé, on distingue à la première vue la profondeur à laquelle descend la partie du sol désignée communément par le nom de terre végétale; c'est une couche souvent imprégnée d'humus, et généralement plus meuble que le sol qui la supporte. Ué*paisseur de cette couche est extrêmement variable ; ordinairement elle est de 1 6 centimètres ; elle se tient généralement entre 8 et 35 centimètres, et c'est uniquement dans des circonstances que l'on doit considérer comme exceptionnelles que cette épaisseur at-> teint jusqu'à 1 mètre et plus. Tels sont certains amas de terre v^étale accumulée par les eaux, ou bien encore le sol si épais et si riche en terreau que l'on observe fréquemment dans les forêts vierges de l'Amérique équatoriale. La profondeur de la terre végétale chaînée d'humus est toujours une circonstance

Q3Q DBS soa.

If^taim^^irÂei^^ilimlàY^ la

jours assez pour profiteo de* la>riekefite(>4u^Ml^fi6^ rieur, le cultiy$iteur peut, par des lal^pup profonds, ramener ce m1 vers la sur&ice, et tle laice concourir efficacement à la fertilitédttiei'rain. Indépendamment de ces avantages, Une terre, vi^gétale épaisse est bien moins exposée aux inconvénients de l'fatimidité et de la sécheresse i l'eau absorbée, ï'épàrtie sur une plus grande masse, ne reflue pas, comme cela arrive dans le3 .sol§ d,e peu de prpl(oodeiif:> elle re^ en réserve

pow .servir dans la saisom sèche. .

.la çoAiche i^r l^qv^ll^ repose . la tAnre ii^ètale e^ |6|SpK^$oi; ileyiJiopoflaiit^de l'enKnwâr^ <br: les qualités)' et .poT/^nséquent Ravaleur "duterrûa en cidtifre^ opi ^j^)«p^ ufiecertMitieli^aJtipn mec. la j^ture^JJ^.pjropFÂ^ésiJertK^te Q9Uf^9W«Hi4ÎMeiito^ If^sr^v^nt/Siff49u( dwA leS'CfflitfWiBonliGigi^^ lat^nstituUoD miQéffaieid^s<MK-6(de6tla«|fQl^Jqulâ celle du soli et.k^ifféPeQcpiquec^ircijpeiitpiiér* çfiijtjBr». prpyie^t pnocipaleo^iit de^.la; présenoei'du tei^^^ et ;de >L'état< plus meuble résultatolt delà. vé* gétation, durtraivail et des influences Mmo^hèriijpies. Par dei^ labours profonds exéd^utés avec prodence, lon i^%we0t«J'^ipsj^ur delà terreerable auX'dépéds.du «MM-sol; et, quand les engf a» sont aboûdatotsv l'opération aaarehe avec assez de rapidité. Toutefois, il est avéï^éque par l'introduetion d'une certaine, quantité de la couche inférieure, le terrain 'perd momentamé* ment de sa iertiUté, et que dans les oonditiods ordi-

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