‹ Économie ruraleChapitre 106 sur 129 · I.OÎ · texte numérisé non relu

I.OÎ

Au point de vue de la matière azotée, ou doit considérer dansles aliments consommée deux destinations

640 bel\tio:ï entbe la coîisomm. des foubr. essentiellement distinctes. Une partie du fourr^ devient de l'engrais; de cette fraction, rien ne reste dans l'orçanisrae de l'animal , toute la matière azotée, avec ies phosphates, les sels qui l'accompagnent ordinairement, passe au fumier. L'aulre partie, que j'ai déjà eu l'occasion de désigner somle nom de fourrage supplémentaire, acquiert généralement, par le fait de sa transformation en chair, en lait, en laine ou en force, une valeur supérieureàcelle qu'elle aurait sur le marché ; c'est à ce supplément qu'appartient l'azote des aliments qui, ne se retrouvant plus dans les déjections, figure dans l'un dei précédents tableaux , comme exhalé ou assimilé. Prenons pour c:icmple une ration de 16 kil. de foin donnée à une vache rendant 8 kil. 54 de lait, dans lesquels il ya46gr. d'azote; de plu«,daDsrBcte respiratoire , 27 gr. d'azote sont dissipés: en toutTS gr. représentant la matière aniraalisée de 6 kil. 35dè foin dont les éléments azotés ne concourent en rien à la production de l'engrais. La ration se décompott donc en deux parts: la plusforle, pesantO kil. 65doiit les principesaniraalisésvontau fumier; l'autre, du poiè de 6 kil, 35, dont les mêmes principes sont en gramh partie utilisés dans la lactation. A ce compte, ces 8 kil. 35 de fourrage auront fourni 8 kil. 54 de lait. 8f !a presque totalité des éléments azotés de la ratioB eussent passé dans les déjections, si la vache o'eâlptt rendu de lait, et en supposant encore qu'elle n'eût pK augmentée en chair ou en graisse, les 16 kil. de foin auraient fourni l'équivalent de 9 kil. 65 de fumierwf.

I ue lumieri*!. i

ET LA PRODUCnON DU FUMlSa* 641

au lieu de 5 kil. 55 qu'on obtient dans le cas de la lactation. Pour savoir si les 6 kil. 35 de fmn sont [dus avantageusement utilisés comme producteurs de lait, que comme producteurs de fumier, toute la question se réduit à comparer la valeur de 8 kil. 54 de lait à celle des 3 kil. 65 d'engrais sec : or, la réponse ne sau-^ rait être douteuse; car il est évident que la ration que j'ai nommée supplémentaire, donnant dans Fexempli que j'ai choisi, 135 kil. de lait pour 100 kiL de foinp uc saurait être employée d'un mode plus profitable.' Mais, objectera-t-on , est-il suffisamment démontré* que les 8 kil. 54 de lait sont attribuaUes aux 6 kil.Sft de foin, que l'on considère comme ration supplémentaire? En d'autre terme, qu'arriverait-il si Ton retranchait ce supplément de fourrage des 16 kil. de foin employés à l'alimentation de la vache? Voici ce qui arriverait, la ration étant alors réduite à 10 kil. 38 de foin : la vache pesant 600 kilog., ne recevraitplus que 1. kil. 73 de foin pour 100 kil. de poids vivant, régime insuffisant pour une laitière ; elle cesserait bientôt de donner du lait, ou si elle continuait à en produire encore, son poids diminuerait nq^idement, jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à un certain état de maigreur^ alors la lactation s'arrêterait, et la vache se maintiendrait dans cet état : à la vérité, presque tous les principes animalisés de ses aliments passeraient au fumier, mais elle ne donnerait plus aucune rente , comme il arrive toutes les fois qu'un animal est mis à la ration d'entretien , c'est-à-dire lorsqu'il est à un régime juste suffisant pour entretenir la vie , mais

peids^if, dam lequel nous admet On a constaté, en comparant la aient 4 la composilion des dé filé o» dissipé en 24 heures , D'après MS résultats, laquant cette dose d'aiote est Ikil. 89 <!

se décompose ainsi :

Fftin 211,44 dont les principes animal '!'■ ' ik,8e dont les mêmes princip j ' lion de poids »ivant.

On trouve, dans ce second e supplémentaire de la ration d'e 100 Wl. de Mn, un accroissen kil. 3.

Lorsqu'il s'ajit du cheval, la doit être appréciée en force, sommant ^ kil. 50 de foin (î) reçoit dans ses aliments, des pr l'azote est 139 gr., tandis que !

r 1 „,„ 415 »r. l,a différ

ET lA PEOUUCnOM DU FuviiR. . 643^

animalttés sont perdus pour le fumier ; mais c'est à celte fraction de la ration que Ton doit attribuer it force dépensée par l'animal. À la perte pour les engrais, il faut ajouter la p^rte accidentelle provenant de l'absence des attelages que nous avons évaluée^ d'après l'observation/ au quart de là totalité du fUmier, ou si l'on veut, pour simplifier, au quart de l'azote retrouTé dans les déjections ; on a alors 28 gr» d'azote pour r^ présenter la perte accidentelle, et ^ gr» de la même substance comme l'équivalent de la totalité des friih cipes azotés et phosphatés distraits des engrais. Ces 53 gr. d'azote étant contenus dans 4 kiL 98 de foîn , c'est cette quantité de fourrage, ne concourant plus à la formation du fumier, qui est soldée par le travail du cheval pendant un jour. Ainsi, en pratique, dans l'économie d'une ferme, il y a lieu de croire ^'en r*F> tour de 100 kil<^. de foin p^u pour les e^igrais, M obtient du cheval 24 journées de tcavaiL

En discutant de la même manière ce que produisent les rations supplémentaires consommées par les porcs, les bcBufe , les oiseaux de basse cour, on arrive à ce résultat, que le fourrage de la ration supplémentaire, ajouté à celui qui est indispensable à la [Hroduction de l'engrais, acquiert généralement par levait de sa transformation en forces ou en matières exportables, une valeur bien supérieure à celle qu'il aurait eu sur le marché. Cet excès de valeur atténue les pertes que le cultivateur éprouve sur le bétail qu'il est obligé d'entretenir pour se procurer des fumiers, lorsque comme cela arrive fréquemment en France , cet entretien

644 EELATION ENTRE LA GONSOMM. DES FOUER.

obligé est une opération désavantageuse en ellemême.

En réfléchissant attentivement sur les faits qui viennent d'être exposés, on sera convaincu^ contrairement à l'opinion commune, que le bétail n'est pas un producteur, mais bien un destructeur d'engrais. En effet, nous savons que les déjections d'une vache ne contiennent plus, à beaucoup près ^ les éléments utiles du fumier qui préexistaient dans le fourrage; et Tanalyse chimique indique quelle est, dans diverses circonstances d'alimentation, la nature et les éléments de la quantité qui, arrêtés au passage, entrent dans le corps de l'animal pour ne plus en sortir. Ce n'est pas à dire cependant que, dans le cas même où l'étable ne donne aucun bénéfice, il devienne préférable d'employer directement le fourrage comme engrais, parce que l'expérience démontre que la fraction d'aliment assimilée par le bétail acquiert une valeur telle, qu'il y a un gain évident à favoriser son assimilation. Quant à l'autre fraction de la nourriture échappée à l'assimilation, elle donne en principes fertilisants précisément ce qu'elle donnerait si, au lieu de la soumettre à l'action digestive, on lui faisait subir la fermentation putride , ou bien encore si on l'incorporait immédiatement au sol. Je raisonne ici dans la supposition oii les déjections rendues parles animaux sont recueillies avec le plus grand soin ; s'il en était autrement, si la déperdition était considérable, il pourrait être préférable de transformer directement le fourrage en engrais. On a dit que les produits de la digestion qui

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