ORGANISÉS
J'ai rassemblé^ dans un tableau, les données que nous possédons sur la constitution chimique des substances employées comme engrais, dérivant des corps oi^anisés. Dans les colonnes de ce tableau on trouve l'humidité, l'azote, l'acide phosphorique, contenus dans 100 kil. de matière. U eût été à désirer qu'on y rencontrât les proportions des autres éléments minéraux, comme la potasse, la chaux, la magnésie; car, lorsqu'il s'agit de substituer un engrais à un autre, il conviendrait que la substitution eût lieu pour chacun des principes constituants. Mais il n'y a encore qu'un très-petit nombre d'analyses; et j'ai dû me borner, pour les substances minérales, à présenter, quand cela a été possible, la proportion de l'acide phosphorique ; les combinaisons de cet acide, étant avec la matière azotée putrescible, les principaux agents des fumiers. On a ainsi les données nécessaires pour calculer les équivalents des engrais, sous le rapport de l'azote et des phosphates.
Ces équivalents sont rapportés au fumier de ferme.
Le fumier des exploitations rurales est sujet à d'assez grandes variations dans sa composition ; et cela se conçoit, puisqu'il est plus ou moins avancé en décomposition, plus ou moins chargé d'humidité. Il provient aussi de fourrages et de litières de natures distinctes, bien qu'en général il ait pour origine la paille, le foin, les racines et les déjections des ani* maux. On comprend donc que la perfection d'une table des équivalents dépend, en partie, de la multiplicité des analyses de fumier. Or, voici les seules données que nous possédions aujourd'hui pour déduire une composition moyenne.
1*" Fumier de Bechelbronn, Alsace.
^ Fumier d'une ferme anglaise.
3* Fumier d'écurie, dont on a dosé l'azote et l'humidité.
V Fumier d'écurie de la ménagerie.
J'ai donné, dans un des précédents chapitres, quelques détails sur la composition de ces engrais.
5" Fumier de la ferme de Grignon, près Versailles. En en rapportant l'analyse, j'ai élevé des doutes à l'occasion de la forte proportion d'azote indiquée par M. Soubeiran. J'ai soupçonné que le fumier examiné était d'une nature exceptionnelle. Afin de lever ces doutes, j'ai eu recours à l'obligeance de M. Bella père, directeur de l'école régionale de Grignon, en le priant de vouloir bien remettre au Conservatoire des arts et métiers un fort échantillon de fumier, à l'état où on
le porte sur les terres. J'ai immédiatement reçu une caisse de fumier mélangé^ que l'on peut considérer comme l'engrais normal obtenu et employé à Grignon.
Ce fumier m'a paru plus fait que celui de Bechelbronn : les pailles y sont bien distinctes^ et disséminées avec assez d'homogénéité dans la masse. Il est alcalin, et fait effervescence par l'action des acides. Â froid, la potasse y développe une faible odeur ammoniacale ;
Le fumier a d'abord été haché très-menu : on a procédé ensuite à son examen.
100 parties soumises à la dessiccation à la température de 120 degrés, dans un appareil traversé par un courant d'air qui se rendait dans une liqueur acide titrée, à donné 0,06 d'ammoniaque appartenant à du carbonate, et 58, 53 d'eau.
De la matière desséchée, correspondant à 1 00 parties de fumier normal , on n'a pu retirer aucune trace d'ammoniaque : il n'y avait pas de sels ammoniacaux, autres que le carbonate dosé. M. Houzeau a ensuite déterminé les cendres, leur composition et l'azote de la substance organique.
6*" Fumier du Jardin-des-Plan tes. Le fait de l'absence de l'ammoniaque dans le fumier de la ménagerie du Jardin-des-Plantes, m'a porté à faire examiner un autre fumier du même établissement, formé par la réunion des pailles de litières et de déjections d'herbivores. L'amas, où l'on a pris Féchantillon, était en pleine fermentation; car la température développée, s'élevait à 56 degrés environ ; il se dégageait
d'abondantes vapeurs. Par le procédé indiqué ci-dessusy 100 parties de ce fumier ont, fourni :
Ammoniaque à l'étal de carbonate 0,10
Ammoniaque à Télat de sels fixes 0,04
Ce fumier avait une odeur fétide ; des pailles nombreusesi longues, fines, et peu consistantes. Il faisait effervescence par les acides ; aussi possédait-il une réaction alcaline assez prononcée. La composition des trois fumiers récemment examinés est exprimée ainsi :
Ammoniaque à l'état de carbonate..
Ammoniaque à l'état de svis fixes. . . .
' Acide phospborique
I Chaux
I Magnésie
I Ox>»le de fer
Matières ^ lulfalet elehlorurea alcalins
(acide carbonique sable, argile, silice matière organique . Kau