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CHAPITRE XII

Matières organiques et inorganiques des engrais et des cultures. — Développement successif de la matière végétale. — Résidus des récoltes. — Matières minérales enlevées au sol.

§ 1 . — De 1» matière organique des eagrais et des récoltes.

On sait que Tatmosphère concourt avec les matières organisées répandues dans la terre à l'entretien de la vie des plantes, mais on ignore encore le rapport suivant lequel chacune de ces deux sources contribue à l'accroissement d'un végétal. Ce rapport permettrait cependant d'approfondir les deux questions vitales de la science agricole : la théorie de l'épuisement du sol par la culture, et l'étude des assolements.

Si dans un terrain on fait une suite de récoltes sans renouveler les engrais, on remarque que les produits "récoltés diminuent graduellement; et, à une certaine époque, si c'est une céréale que l'on cultive, le produit, qui dans le principe était de huit à neuf fois la semence, se réduira à trois et même à deux. Ainsi les récoltes diminuent la fertilité du sol, elles Tépuisent.

Depuis longtemps on a reconnu que les diverses espèces de plantes exercent une action épuisante très-

i46 DBS ASSOLBMBNTS.

différente. On admet même que, loin d'épuiser le sol, certaines espèces, comme le trèfle, la luzerne, etc., lui communiquent au contraire une nouvelle vigueur. On peut cependant poser en principe que tout végétal, sans exception aucune, appauvrit la terre dans laquelle il croit. Cet appauvrissement est toujours manifeste lorsque la plante, après sa maturité, est enlevée en totalité; mais l'épuisement est d'autant moins sensible que la récolte laisse dans le sol une plus grande quantité de débris. Ainsi, pour citer un exemple , le trèfle, après avoir donné deux coupes de fourrage , pourrait encore en fournir une troisième; c'est cette dernière pousse que l'on enterre ordinairement comme engrais, et avec elle se trouve enfouie une masse considérable de feuilles et de racines. L'amélioration que l'on procure au sol, par la culture du trèfle, rentre donc tout à fait dans ce que les agriculteurs désignent sous le nom de fumure par enfouissage en vert; méthode très-anciennement pratiquée dans le midi de l'Europe, et qui présente un avantage décidé là oii, en raison de l'abondance des terres à pâturages, on n'a pas un grand intérêt à transformer en chair les produits de la culture arable. L'amélioration du sol par le trèfle rentre tellement dans cette méthode, qu'il n'y aurait plus qu'épuisement si la dernière pousse était récoltée, et si l'on enlevait encore les racines. On voit donc que, par la culture du trèfle, on améUore le sol, en lui sacrifiant comme engrais une forte quantité de matière nutritive.

DES ASSOLEIIBNTS. 147

Thaer, en faisant toujours marcher de front k pratique et la théorie de Fart agricole, était, mieux que personne, à même de comprendre toute la portée de la question de Tépuisement du sol ; aussi chercha-t41 à la résoudre pour les cultures principales. Je n'ai pas à exposer ici la méthode qu'il a adoptée , puis*qu'elle est tracée dans son admirable ouirrage. J'observerai seulement que cette méthode se fonde sur un principe très-contestable, savoir : que l'épuisement occasionné par la culture est proportionnel à la quantité de substance nutritive contenue dans les récolte& Thaer admet , pour la valeur nutritive des plantes qu'il considère, celle déterminée par Einhof à l'aide de procédés fort imparfaits; mais cette détermination, faillie exacte t ne fournirait encore qu'une base erronée.

En effet, en adoptant le principe posé par cet illustr,e agriculteur, on reconnaît tacitement que toute la matière organique des plantes est originaire du sol. Le sol, sans doiite, contribue dans une certaine pro» poi'tion au développement des végétaux ; mais nous avons vu aussi que l'air et l'eau y prennent une part com.dérable. D'un autre côté, et en opposition aux idées dé l'école de Thaer, les physiologistes ont peut-être exagéré ce que les plantes soutirent à l'air atmosphérique. Ainsi y de Saussure estime que, pendant sa croissance , un tournesol ne prend au terrain qu'environ la vingtième partie de son poids, la plante supposée sèche. Le raisonnement qui a conduit ce célèbre physidogiste à cette conclu-

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sioD^ repose, d'un côté, sur la connaissance de la ma* tière extractiye du terreau, et de Tautre, sur la quantité d*eau que le tournesol absorbe dans un temps donné pour la déverser ensuite dans Tair par la transpiration(l). Mais, une observation de de Saussure lui-même, dans laquelle il a vu que des végétaux peuvent parvenir à maturité dans un terreau privé de son principe soluble par de nombreux lavages, tend à prouver que les racines exercent réellement une action absorbante sur la matière oi^anique solide (2) . Au reste , il est vraisemblable que de part et d'autre on s'est formé des opinions extrêmes. Les plantes soutirent probablement de l'atmosphère beaucoup plus que ne le supposent généralement les agriculteurs, et le sol fournit certainement à la végétation, indépendamment des substances salines et terreuses, une proportion de matière organique supérieure à ce qu'on pourrait imaginer d'après les supputations des physiologistes. 11 est même à peu près certain, d'après les observations que j'ai recueillies sur l'emploi du guano y pendant mon séjour sur la côte du Pérou, que la majeure partie des principes azotés des plantes a pour origine les sels ammoniacaux qui existent ou se forment dans les engrais (3).

Quand on arrive à discuter l'ayantage que présente telle rotation de culture sur telle autre , on trouve

(f) Saussure, Recherches chimiques sur la végétation^ p. 268.

(2) Saussure, Becherches chimiques^ page 471.

(3) Annales de Chimie et de Physique^ t. LXY, anDée[1837.]

presque toujours que la discussion roule sur une question d'épuisement. Pour faire comprendre corn* ment la théorie peut aborder cette étude, j'exposerai^ aussi brièvement que possible, le but et l'état actuel de l'art des assolements.

Là oii l'on peut se procurer en quantité illimitée les engrais et la main-d'œuvre, il n'y a pas nécessité absolue de suivre un système régulier de rotation. Quand on se trouve placé dans des conditions aussi favorables, on se borne à examiner quelle est, sous le rapport commercial, la culture la plus avantageuse que peuvent permettre le climat et la nature du sol. On a même peu à redouter que, par une culture continue, les champs viennent à s'infecter de plantes nuisibles, parce que, avec du travail, on remédie à ce grave inconvénient. On n'a pas à craindre davantage l'appauvrissement du sol, puisqu'on a recours à des achats d'engrais. Tout l'art de l'agriculteur se réduit alors à comparer la valeur probable de la récolte à la dépense en fumier, main-d'œuvre, etc. Une semblable culture peut, à la rigueur, se passer de l'entretien et de la propagation du bétail ; aussi doit-on la considérer, moins comme de l'agriculture, que comme une sorte de jardinage.

Mais dans la plupart des exploitations agricoles, et Ton doit nommer ainsi les établissements qui ne sont pas en situation de tirer les engrais du dehors, tout se passe différemment. Ici, on est assujetti à suivre un système ; et la quantité de produits qu'il est possible d'exporter chaque année se trouve comprise dans

150 DBS ASSOLEMENTS.

certaines limites qu*on ne dépasse jamais impunément.

Lorsque, par une culture rationnelle, on est arrivé à posséder des terres fertiles, il faut, pour entretenir cette fertilité, leur rendre périodiquement, après chaque succession de récoltes, des quantités égales d'engrais. En envisageant cette condition sous un point de vue purement chimique, on peut dire que le produit que l'on peut exporter, sans nuire à la fertilité du terrain, est la matière élémentaire organique et minérale contenue dans les récoltes, déduction faite de la même matière qui se trouvait dans les engrais. En effet, cette dernière, sous une forme ou sous une autre, doit retourner dans le sol pour le féconder de nouveau. C'est un capital que l'on confie à la terre, et dont l'intérêt est représenté par le produit marchand de l'exploitation.

Là où les terres sont étendues, les populations éparses, les moyens de communication difficiles, il est moins nécessaire de s'astreindre à une culture régulière. La terre donne toujours assez lorsqu'il s'agit de nourrir de chétives populations. Un champ produira des céréales, et, après la récolte, il sera rendu à la prairie pour une longue suite d'années ; c'est là le système pastoral dans toute sa pureté. C'est encore à cet état primitif de l'art agricole qu'il faut rattacher les plantations sur défrichements. Lorsque les arbres abattus ont été brûlés surplace, le sol donne pendant longtemps, et sansqu*il soit nécessaire de l'amender, des récoltes de mais, de froment, d'une richesse sur-

prenante, aux dépens d'une fécondité acquise par des siècles de repes.

Mais^ quwd l'accroifisement de la population eut donné aux tores ^ une plus grande iraleur, on de* manda au sol une plus grande quantité de produits. Les cultures imparfaites dont j'ai parlé derrinrent insuffisantes. On chercha à foire roTenir fréquemment sur les mêmes soles les céréales ; en un mot, la cul« ture des grains fut régularisée : l'art fit ses prernSere pas dans la Toîe du perfectionnement. C'estt de cette époque que date l'assolement triennal, système très* anciennement adopté dans le nord de TEurope, consistant en une jachère morte avec plusieurs labours pendant l'été, suivie de deux années de céréales. La jachère reçoit l'engrais nécessaire ^poui; réparer l'épui * sèment occasionné par les deux récoltes de grains ; aussi faut-il a?oir, lorsque l'on adopte cet assolement, une surface suffisante de prairies destinées à fournir le supplément d'engrais.

On a toujours considéré comme un grave inconvénient de l'assolement triennal la condition de laisser inculte le tiers de la surface du sol. Aussi chercha* ts^oa, à diverses reprises^ à supprimer la jachère. Ont était encouragé dans cette tentative par l'exemple de k culture continuellement productive des jardins (1).

D'un autre côté, on avait depuis longtemps fut la remarque qu il n'est pas avantageux de cultiver des céréales sans interruption, alors même que la fertiUté

(4) Tbaer, AgHeu^ure rcMotmée.

OU une abondance d'engrais permettent cette culture continue, à cause de la difficulté, souvent insurmontable, de détruire les plantes nuisibles. La jachère était reconnue, avec raison, comme le moyen le plus efficace et le plus économique à opposer à leur envahissement. Aussi, dans tous les essais tentés en vue de rendre la terre plus productive, on eut pour but principal d'utiliser Tannée de jachère, en introduisant dans la rotation une culture qui permit d'extirper les mauvaises herbes ; on nomma récoltes-jachères les produits récoltés sur la sole qui serait restée improductive. Les pois, les fèves, les vesces, furent d'abord les seules plantes substituées à la jachère.

Cependant, on ne tarda pas à s'apercevoir que les récoltes-jachères occasionnaient une très-sensible diminution sur le produit des grains. Pour remédier à cet inconvénient, il fallut avoir recours à un surcroit d'engrais ; mais comme la production de l'engrais est toujours limitée dans un établissement, il s'ensuivit, ou qu'il fallut réduire la surface cultivée, ou bien lui affecter une certaine surface de prairies. Néanmoins, ces récoltes produisirent un résultat très-avantageux, en ce qu'elles permirent de tirer du terrain une plus grande quantité de produits dans un temps donné, sans qu'il en résultât d'inconvénients sérieux pour la culture des grains. Aussi l'usage d'utiUser la jachère se propagea de jour en jour, et fut bientôt presque généralement adopté.

L'introduction du trèfle dans la culture ordinaire

DES ASSOLEUEMTS. 153

vint apporter de grandes modifications au système des récoltes-jachères; on crut même, pendant un instant être arrivé à un point de perfection tel, qu'on l'envisageait comme la limite de l'art agricole (1). Ce fut lorsqu^on eut reconnu que le trèfle, que Ton cultivait seulement dans quelques enclos, pouvait être semé au printemps dans une céréale et occuper l'année suivante la sole de la jachère de l'assolement triennal. Le trèfle, loin d'épuiser la terre, lui procurait une nouvelle dose de fertilité, et la céréale qui lui succédait donnait une récolte abondante. On conçoit aisément tous les avantages que l'on était en droit d'espérer, en substituant à la jachère improductive la culture d'une plante qui, sans appauvrir le terrain, produisait une quantité considérable de fourrage excellent, et permettait ainsi d'entretenir un plus grand nombre d'animaux. On allait même jusqu'à assurer que cette plante purgeait les champs des herbes nuisibles.

Il ne fallut que quelques années d'expérience pour se convaincre que le trèfle ne présente pas tous les avantages exagérés qu'on lui attribuait. On constata qu*en faisant revenir ce fourrage après trois ans sur la même sole, on s'exposait à le voir manquer. Schubart lui-même, le défenseur le plus zélé et le plus éclairé du trèfle, modifia ses idées en présence des faits, et limita le retour de la prairie artificielle, d'abord à la sixième, puis à la neuvième

(1) Tbaer, Affrieuliureraisannée.

154 DBS ASSOLEMSNTS.

année. Schubart finit également par reconnaître que le trèfle ne détruit pas les herbes qui infectent les céréales ; il fut conduit, en conséquence, à cultiver des plantes sarclées sur la sole de jadière.

Les différents essais tentés depuis l'époque mémorable de l'introduction du trèfle dans la grande culture, ont conduit naturellement au système d'as* solements alternes généralement adopté aujourd'hui. On est même arrivé à ce résultat, beaucoup plus avantageux que ne l'espérait en dernier lieu le comte de Schubart, que le trèfle peut revenir tous les quatre ou cinq ans sur la même sole.

L'impossibilité de remplacer la jachère de l'assolement triennal par le trèfle, fut présentée comme une nouvelle preuve du principe admis depuis un temps immémorial par les agricnilteurs, de cultiver successivement sur la même sole des plantes d'espèces différentes, et de ne ramener les mêmes espèces qu'à des intervalles plus ou moins grands , la terre donnant, dans l'opinion commune, des fruits incomparablement plus beaux, lorsque les mêmes récoltes ne se succèdent pas immédiatement (1).

On a cherché, à diverses époques, à expliquer la cause qui oblige à ne pas cultiver continuellement la même plante sur le même terrain. On se demanda d'abord si les espèces végétales ont besoin d'une nourriture particulière, spéciale ; mais on vit bientôt qu'il n'en est pas ainsi, et que les organes tirent les sucs

(1) Thaer, Jgricultwre raisonnée.

nécessaires à chtque plante, des substances qui concourent à la nutrition des yégétaux en général. En effet, les plantes les plus opposées par leurs caractères botaniques comme par leurs propriétés, celles qui sont alimentaires comme celles qui sont yénéneuses au plus haut degré, peuvent yi^re et prospérer sur la même motte de terre, aux dépens d'un engrais commun. De plus, ces plantes s'enlèvent réciproquement leur nourriture, ce qui n'arriverait certainement pas, si chacune de ces espèces exigeait des éléments de nutrition différents (1).

Une fois qu'on eut admis que les organes des plantes élaborent une nourriture commune des sucs nourriciers dérivant des engrais, on imagina que les végé^ taux d'organisations diverses ont, en raison de l'extension et du développement plus ou moins considérable de leurs racines , la faculté d'aller chercher, à différentes profondeurs, la matière nutritive contenue dans le sol. On expliquait ainsi comment un végétal, à racines longues et pivotantes, peut, en succédant à une céréale , utiliser l'engrais situé dans les parties inférieures de la couche, de terre arable. Il est possible que, dans certaines circonstances, il se passe une action de ce genre ; mais cette explication ne saurait être généralisée.

Une autre explication de la nécessité de l'alternance des récoltes est fondée sur le rôle que l'on fait jouer à l'excrétion des racines, excrétion que l'on

{{) Tbaer, Agriculture roUonnée.

i56 PGS ASSOLEMENTS.

compare à la matière excrémentitielle des animaux.

L'excrétion des racines, observée d'abord par Brugman sur le viola arvensis (1), a été confirmée par des observations plus récentes de M. Macaire. Ce physio* logiste obtint la matière exsudée de certaines plantes en tenant leurs racines dans Teau, et ce qu'il y a de surprenant, c'est qu'il lui a été impossible de reconnaître la même matière dans du sable siliceux , au milieu duquel on avait fait croître certains végétaux (2). Ce dernier fait est entièrement conforme à ce que j'ai reconnu dans une suite de recherches sur la végétation ; je n'ai pu trouver de traces bien perceptibles de matière oi^anique dans du sable qui avait servi de sol, pendant plusieurs mois, à du froment et à du trèfle ; résultats de nature à faire douter encore du fait même de Texcrélion des racines qu'on a constaté en tenant les racines plongées dans Teau, excrétion due, peut-être, à un état morbide de la plante.

Quoi qu'il en soit, c'est en admettant cette excrétion, que MM. de Humboldt et Plenck ont expliqué la cause des attractions et des répulsions de certaines plantes (3). Plus récemment , de Candolle a reproduit cette idée, en la présentant comme la base d'une théorie des assolements. En supposant, en effet, que l'excrétion des racines représente les excréments des végétaux, on conçoit assez bien que ces excrétions, une fois déposées dans le sol, peuvent être tout aussi

(1) De Candolle, 1. 1, p. 248.

(2) De Candolle, t. Il, p. i497.

(3) De Candolle, t.UI, p. 1474.

nuisibles à la plante qui les a produites que le seraient à un animal ses excréments, si on les lui présentait comme aliments. Par contre, en changeant d'espèces dans la culture, la plante nouvellement admise dans le sol profitera des excrétions de la récolte précédente en les absorbant comme nourriture. Cette ingénieuse hypothèse ne me parait pas reposer sur des observations assez nettes. Elle pèche par sa base, en ce que le fait de Fexcrétion des racines ne semble pas suffisamment établi. D'un autre côté, et en l'admettant même comme parfaitement démontrée, il est bon nombre de faits qui viennent établir que beaucoup de plantes peuvent continuer à végéter dans un sol chargé de leurs matières excrémentitielles. La culture des céréales, par exemple, peut, à la rigueur, se suivre sans interruption : c'est, au reste, ce qui a lieu dans l'assolement triennal. J'ai vu, sur les plateaux des Andes , des terres à blé donnant annuellement, depuis plus de deux siècles, de bonnes récoltes de grains. Le mais se reproduit continuellement sur le même terrain sans le moindre inconvénient, c'est un fait bien connu dans le midi de l'Europe ; et sur une grande partie de la côte du Pérou, la terre ne produit pas autre chose depuis une époque bien antérieure à la découverte de l'Amérique. La pomme de terre peut aussi revenir toujours sur la même sole. Â Santa-Fé, à Quito, les cultures de ce tubercule se suivent souvent sans interruption, et nulle part on n'obtient de produits de meilleure qualité. L'indigo, la canne à sucre, doivent se ranger dans la même catégorie. En

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Europe, le topinambour revient constamment à la même place, et tout le monde sait qu*une luzernière se maintient en état de production pendant plusieurs années (1). Il faut bien admettre que, si toutes ces plantes donnent réellement lieu à des excrétions radiculaires, ces excrétions ne sont pas de nature à entraver la marche de la végétation des espèces qui les ont sécrétées.

Mais l'objection capitale que l'on doit faire à Thypothèse de de CandoUe, c'est qu'il est très-étonnant qu'une matière organique soluble^ comme l'est celle des excrétions , ne se putréfie pas lorsqu'elle est déposée dans un sol humide; il est, en uç mot, fort difficile de supposer qu'une semblable matière puisse résister^ comme on le prétend, pendant plusieurs années, à la décomposition que subissent toutes les substances organiques, soumises à l'influence réunie de la chaleur et de Thumidité.

Que la nécessité d'alterner les cultures ne soit pas aussi absolue que bieauGoup d'observateurs le prétendent, lorsqup surtout on a de l'engrais et de la main*

(1) A celle lisle« je puisajouler, d'après les recherches réoenles de M. Braconnol, le laurier-rose à fleurs doubles el lepapaver sonh niferum. Ce célèbre chimisle termine son Mémoire par les réflexions suivantes : a Les expériences que je viens de présenter ne sont pas favorables, comme on le voit, à la théorie des assolements, fondée sur les excrétions des racines. Ces excrétions, si réellement elles ont lieu à l'état normal, sont d'ailleurs si obscures et si mal connues, qu'il y a lieu de présumer que c'est à d'autres causes qu'il faut avoir recours pour parvenir à expliquer le système général des rotations.» (Recherches sur rinflucnce des planlcs sur le sol, An^ nalesde Chimie et de Physique, t. LXXll,.p. 27.) . .

BBS ASSOLBHENTS. <59

d'œuTre à sa disposition , c'est ce qu*on admettra volontiers. Cependant, il est hors de doute qu'il est certaines plantes qui ne peuvent se reproduire avantageusement sur le même terrain qu'à des époques plus ou moins éloignées. La cause de cette exigence de la part de certaines espèces végétales est encore enveloppée d'une profonde obscurité, et les théories proposées pour l'expliquer sont tout au moins incomplètes.

Un des avantages marqués de la culture alterne, c'est de cultiver périodiquement des plantes améliorantes. C'est en faisant alterner, autant que possible, ces plantes avec les cultures qui épuisent le sol, que le cultivateur répare, en partie du moins, les pertes éprouvées par le terrain. Ce qu'il convient de chercher dans un assolement, c'est un système capable de produire le plus de matière végétale avec le moins d'engrais et dans le plus court espace de temps possible. Or, on ne peut réaliser un tql système qu'en cultivant, dans le cours de la rotation , des plantes qui puisent considérablement dans l'atmosphère.

En théorie, l'assolement le plus avantageux est celui dont la quantité de matière organique produite dans le cours de la rotation excède le plus la quantité de matière organique introduite dans le sol à l'état d'engrais. Ce qui revient à dire que le meilleur assolement est celui qui prélève le plus sur l'air. C'est du moins ce que l'analyse formule ; mais dans la pratique il n'en est pas absolument ainsi. C'est moins la quantité de matière organique produite en sus de celle

160 DES ASSOLEMEirrS.

contenue dans les engrais , que la valeur de cette même matière, qui intéresse la spéculation agricole. La matière organique en excès qu'il importe de déyelopper^ comme la forme sous laquelle elle doit se produire, dépend nécessairement des localités, des exigences du commerce et des habitudes des populations : considérations qui toutes demeurent en dehors des prévisions théoriques. Mais un point sur lequel la théorie ne saurait transiger avec la pratique, est celui par lequel elle établit que, dans aucun cas, il n'est possible d'exporter plus de matière organique et minérale, et particulièrement plus de matière organique azotée, que l'excès en sus des mêmes matières contenues dans les engrais consommés dans le cours de Tassolement. En agissant autrement, on diminuerait infailliblement la fertilité normale du sol.

Cette condition, posée comme limite infranchissable de l'exportation d'un établissement rural, autorise à critiquer les idées qui surgissent presque toujours lorsqu'il s'agit de méthodes nouvelles à introduire dans la pratique. La fabrication du sucre de betteraves en offre un exemple. L'agriculture européenne retirera probablement certains avantages de cette nouvelle industrie; mais on exagère souvent ces avantages, en établissant, comme ne craignent pas de le faire quelques personnes, que chaque exploitation agricole pourra retirer le sucre des betteraves cultivées actuellement dans les rotations adoptées, sans nuire au rendement du domaine ; de sorte que

.DES ASSOfJBMENTS. 161

le sucre, déduction faite des frais d'extraction, sera une nouvelle rente qui viendra s'ajouter à la rente ordinaire. Là me parait être l'erreur.

Si dans un domaine on récolte annuellement cent mille kilc^ammes de betteraves pour l'entretien du bétail, on se trouvera dans la nécessité de diminuer le nombre des animaux, si les racines sont destinée^ à la fabrication du sucre. La matière oi^anique du sucre extrait de la betterave est autant de nourriture enlevée au bétail. Soutenir le contraire, serait soute-> nir également que les pommes de terre récoltées sur un hectare de terrain, et qui passent par l'alambic avant d'être fourragées, peuvent nourrir autant d'à*-» nimaux que lorsqu'elles sont consommées directement. C'est aussi ce qu'ont soutenu plusieurs cultivateurs; mais aujourd'hui le contraire n'est contesté par personne. Les principes organiques de la pomme de terre, transformés en alcool, sont évidemment perdus pour la nutrition.

Ceci ne veut pas dire que la fabrication du sucre indigène, la distillation des tubercules, soient des opérations moins avantageuses que la propagation et l'engrais du bétail. Cette discussion est uniquement pour rappeler qu'il n'y a qu'une quantité limitée de matière qu'on puisse avantageusement exporter d'un établissement agricole. C'est à la localité, à la position commerciale à décider si cette matière doit s'ex* porter à l'état de sucre, de céréales, d'alcool, ou de viande.

Ce que je viens de dire parait être en contradiction

manifeste avec les idées^ généralement reçues. On pense en efiét que Thidastrie suerièrey loin de lui nuire, favorise auccmtraSre la propagation^du bétail: Il tésolte méme^de l'enquête pairlemenlaire ouverte à ce siljet^ en'1836, que dans certains domaines où Ton a'mtrodiiitfextraction du sucre/ im à vo augmenter le nombre des ammaux : les- «faiflres rapportés dans lès réponses provoquées par l'enquête sont, je n'en douté pa^, exacts^ mais il coiivient de remarque^ qtfe cette Augmentation du bétail est due biéfn pluà à un perfectionnement dans la culture qu'à la fabrication du sucre proprement dite. Dans des établissements où Von suivait encore Tassolement triendal avec jachère, on a introduit un assolement de quatre ou cinq atts, avec ti^ëfle et récolte sarélée; il n'est pas surprenant qù-on ait obtenu, Indépend&miUënt de îà betterave , utid augmentation considérable dans le^ produite. L'introduction d'une ^le de 'Cétte f acine, là où elle n'était pas admise, est déjà tiïie fmpot*taiMë amélioration. Mais .dans les paysî]ui 9otttau niveau des progrès agricoles, là où les assolements lés plus productifs sont suivis depuis longtemps, Texti'aktio]) du suère ne' saurait apporter les changements , si éxtraordinairement avantageux, signalés dans l'enquête. Si à Bèchelbronn on trouvait Un jour, et ce jour paraît fort éloigné, qu'il fût convenable d'extraire le sucre des betteraves que l'on y récolte, il faudrait certainement diminuer le nombre du bétail, ou bien annexer à l'exploitation de nouvelles prairies. Ainsi,' dans mon opinion, c'est indirectement, et en répan-

dant les bonnes méthodes de culture, que la fabrication du sucre indigène favorise la propagation du bétail ; et il faut convenir que ce n'est pas lé moindre des services que cette belle industrie est appelée à rendre à l'agriculture. *

Dans la définition que j'ai donnée du cours'de tè^' coite le plus avantageux, considéré sous Je rapport théorique, on a pu comprendre comment Tétude des assolements est liée à la question de l'épuisement du sol. Pour discuter la valeur respective de divers assolements, il faut, d'après la théorie, comparer la quantité de matière organique conteaue dans uDe.suitQ de récpltes à celle de l'engrais consommé, pour ie$< obtenir. », ,1

Dans un domaine bien dirigé, et dans lequel oasuit depuis de longues années un système invariable de culture, on est à même, san& aucun doute^-de recueillir des données suffisamment exactes pouF jeter du jour sur cette discussion^ et décider quelle esty pour un cas particulier de climat et de terrain, la rotation qui produit la plus forte proportion de matière organique en sus de celle qui est coptenue dans les engrais employés.

C'est ce que j'ai fait pour le domaine de Bechel-bronn^ en déterminant par l'analyse la com|)ositioa des engrais et des récoltes. J'avoue qu'avant de me livrer à ces recherches, j'ai été arrêté un instant' par le travail matériel assez rebutant que j'avais à exécu- ' ter; mais je n^ai pas hàsité, lorsque j'ai compris qu'indépendamment de la question importante qtie

j'avais en vue, mes analyses présenteraient encore la composition élémentaire des aliments végétaux les plus usités.

Depuis fort longtemps on a adopté à Bechelbrona l'assolement de cinq ans. La rotation est la suivante :

i^ année. Pommes de terre ou betleraves fumées.

2« — Froment semé en automne de la première année; trèfle

intercalé au printemps.

3* — Trèfle, deux coupes; enfouissage de la dernière coupe. 4« -^ Froment sur trèfle rompu ; récolte dérobée de navets. 5« — Avoine.

La récolte d'avoine terminant la rotation est généralement assez faible (1). Le sol est alors revenu à peu près au point de fécondité où il se trouvait avant la fumure, et on sait par expérience qu'il n'y aurait plus possibilité d'en tirer une récolte avantageuse.

Je procéderai maintenant à l'analyse des différentes substances qui entrent dans la rotation, en indiquant en même temps le produit moyen par hectare.

PoBUBcii de terre.

Dans les terres un peu fortes de Bechelbronn, un hectare produit en moyenne 12,800 kil. de tubercules, semences déduites (2). Ce résultat est inférieur à ce qui est généralement donné pour l'Alsace, où l'on

(i) Depuis quelques années on donne à cette dernière sole dV voine un supplément de fumier.

(2) Dans ce qui suivra, les produits des recolles seront toujours donnés après déduction des semences, et telles qu'ils étaient à Pépoque déjà éloignée où ce travail a été fait.

DES ASSOLEMKNTS. 165

porte, comme nous Tavom vu^ la récolte de 19 à 20^000 kilogrammes. Les fanes de pommes de terre sont laissées sur le terrain.

Une pomme de terre a été coupée en deux^ afin dç soumettre à l'analyse une partie proportionnelle de la pelure qui recouvre ce tubercule. Cette moitié pesait 21^,710. Desséchée à Tétuve de manière à pouvoir se réduire en farine, elle a pesé 18''',745. Par une dessiccation absolue faite dans le vide sec à la température de 1 1 0^9 on trouva que 1 de tubercule devient sec 0,241 ; 1^'',0 de tubercule a laissé cendres 0,03».

Le résultat moyen pour Tazote est 1,2. En 1836, j'ai trouvé azote 1,8. Cette différence assez considérable provient peut-être de ce que les analyses que je viens de rapporter n'ont pas été faites immédiatement après la récolte. Il se peut aussi qu'elle soit due en partie aux influences météorologiques. Pour me convaincre qu'elle ne provenait pas d'une erreur d'analyse, j'ai examiné de nouveau la pomme de terre de 1 836, conservée à l'état de farine : elle a donné 1 ,8 d'azote. J'admettrai donc dans la pomme de terre desséchée 1,5 d'azote.

Carboae ....

Hydrogène..

Oxygène....

Azote

Cendres ....

J'ai analysé le grain récolté en 1837.

1 de froment, desséché à 110<> dans le vide sec, s'est réduit à 0,855 ; 1 de froment sec a laissé cendres «,0243.

Composition.

Carbone 46,10

Hydrogène... 5,80

Oxygèoe 43,40 '

Azote 2,29

Gendres 2,43

Le produit moyen en froment, à Bechelbronii, varie de 1 8 à 19 hectolitres par hectare ; cette variation dépend de la plante sarclée qui ouvre la rotation. Après les pommes de terre, on récolte en moyenne 17 hectolitres; après les betteraves, 15 hectolitres; sur trèfle rompu, 21 hectolitres. L'hectolitre pèse 79 kilogrammes.

Paille de froment.

J admets que le rapport du produit en grain au produit en paille fraîche est : : 44 : 100.

1 de paille nouvelle, en se desséchant complètement dans le vide 1 1 T, devient 0,740; 1 de paille sèche a laissé cendres 0,0697.

Composition. l. ■ II.

Hydrogène... 5,41 5,21

Oxygène 38,79 39,09

Azote 0,35 0,35

Cendres 6,97 6,97

JE>«S AflSOUMBIITS. i07

Une paille de céréale n'a pas la même coastitHtioii sur toute sa longueur. Les parties lesplusTiq^Nrochées de Tépi sont bien plus riches en azote que celles fH^^ cées près des racines. On a soumis à Tanalyse de la paille hachée menue ^ provenant d'une botte qu'on avait fait pass^ d'abord par le hache^paille.

Trèfle rovfpe.

Le trèfle se plait dans les sols ai^ileux ; il réussit généralement dans les bonnes terres à froment; dans les terrains légers et sablonneux, il se déchausse et gèle fréquemment ; pour fecititer son développement, on lui donne ordinairement la protection d'une cnitre plante, qui lui sert d'abri pendant sa première pousse. C'est pour cette raison qu'on intercale le trèfle au printemps dans la céréale ^mée'pré(^dett|j* ment en automne. On répand communément 12 à 15 kilog. de semence par hectare. On commence à couper le trèfle de deuxième année lorsqu'il entre en fleur; quand on est décidé à le faner, oti peut choisir une époque déterminée pour le faucher ; mais, dans le cas le plus fréquent, où ce fourrage est consommé en vert, la fauchaison commenoe bien avant la floraison de la plante : c'est une nécessité qui naît stirtoVit de la difficulté que présente le fanage. Eh effet, pendant la dessiccation du trèfle, on est exposé à perdre une partie des feuilles et de la fleur; en outré, cette dessiccation exige toujours un temps assez considérable, et par cette raison on court la chance die voir le produit avarié par l'arrivée de la pluie ; le

fenage devient alors à peu près impraticable. Schwertz a proposé de sécher le trèfle sur des espèces de bà-* tons de perroquets implantés dans le sol. Ces supports ont environ 2 ",50 de hauteur, et peuvent être chargés de 100 kilog. de fourrage vert, coupé depuis vingt-quatre heures et déjà flétri. Cette méthode, que j'ai vu pratiquer dans le grand-duché de Bade, m'a paru bonne; mais je l'ai trouvée trop dispendieuse par la main-*d'œuvre qu elle exige et par la dépense première des perches. Schwertz estime que 100 kilog. de trèfle vert donnent 22 kilog. de trèfle fané. Le rapport du fourrage vert au fourrage sec varie d'ailleurs avec l'âge de la plante et les circonstances météorologiques sous lesquelles elle s'est développée. Voici le résultat de quelques expériences que j'ai faites sur le fanage du trèfle :

17 mai, 4 >^ coupe avant la floraison* 1,000 k.oDt donné fané 2i2k.

3 juin, l'" coupe, en fleur, id. id 283

. $ juin, !'• coupe, eo fleur (autre localité), id 305

28 juin. 2* coupe, en fleur, id. id 290

août, 2* coupe, en fleur, très-ayancé, très-ligneux, id . 360

Le produit moyen de ce fourrage fané est, à Bechel* l^ronn, de 5,100 kilog. par hectare.

La réussite du trèfle est d'une si grande importance dans une rotation où il entre une sole de ce fourrée, qu'on ne saurait prendre trop de précautions pour l'assurer* Le trèfle manque le plus souvent par deux causes : par Teflet destructif des gelées qui ont lieu lorsqu'il est sorti de terre, ou par une grande séche-resse, qui empêche sa germination. Les cultivateurs

DBS ASSOLEMEirrS. 169

ne sont pas d'accord sur l'époque la plus convenable à laquelle on doit le semer ; les uns sèment dans les premiers jours du printemps, les autres beaucoup plus tard. Les deux méthodes peuvent conduire à un bon résultat ; tout dépend des circonstances météorologiques. En semant de très-bonne heure, on a plus de chance de rencontrer de l'humidité dans la terre, mais, par contre, les jeunes plants sont plus exposés à souffrir de la gelée. Le mieux est de semer aussitôt que possible, et, si cette semaille ne réussit pas, on en fait une seconde.

Dans les étés très^secs, la seconde coupe de trèfle manque ordinairement. La plante reste petite, rabougrie ; les diverses phases de la végétation s'accom* plissent cependant^ et l'on fait alors une récolte de graine.

En <846, par un été très-sec, et après avoir eu en première coupe, sur 6 hectares 90 ares, 361 quin* taux de trèfle fané, nous avons obtenu, en laissant mûrir la seconde pousse, 7**^, 66 de graine, soit 1 *'^,11 par hectare.

1 de foin de trèfle , après dessiccation complète, a pesé 0,700; 1 de foin sec a laissé cendres 0,078.

Compotitioa. I. II.

Carbone 47,53 47,19

Hydrogène... 4,69 5,39

Oxygène 37,96- 37,66

Azote 2,06 2,06

Cendres 7,76 7,76

ItfaTeto.

On cultiva le navet ein récolte dérobée , wsai ce

produit est-il fort chanceux. On tente la culture sur la sple de froment qui a remplacé le trèfle.

Lorsqu'on cultive le navet en première sole fumée, le produit est considérable ; dans quelques localités, il s'élève à 7 à 800 quintaux métriques. En récolte dérobée, nous n*obtenonsen moyenne que 180 quintaux métriques par hectare ; celte récolte est casuelle : on ne la compte que pour une demi*récolte dans les produits de Tassolement; soit: 9,550 kilog.

La feuille du navet n'est pas considérée comme un bon fourrage, nous la laissons sur le sol ; néanmoins, comme elle entre quelquefois dans l'alimentation, il m'a paru utile de connaître le rapport existant entlre le poids des feuilles et celui des racines.

De 100 kilog. de navet avec feuilles, j'ai retiré : '

Racines 66 kilogr.

Feuilles 33

Le navet est la plus aqueuse des racines que j'aie encore examinées. Un segment de navet pesant 88 «'•,610, desséché à Tétuve, s'est réduit à 7»'-,130. Par une dessiccation complète, 1 de, navet a pesé 0,075; cette racine contenait par conséquent 92,5 'd'eau; 1 de racine desséchée a laissé 0,0758 de cendres.

PSS ASSOLBMENTS. iH

Composition. I. 11.

CarboDe 42,80 42,93

Hydrogëoe... 5,54 5,61

Oxygène 42,40 42,20

Azote 1,68 1,68

Cendres 7,58 7,58

Cette céréale ferme la rotation. Nous récoltons en moyenne 32 hectolitres par hectare , au poid& de 42.kQog. 1 d'avoine desséchée complètement pèse 0 J92 ; 1 d'avoine sèche a laissé cendres 0,0308.

Compoiition. I. II.

Carbone 50,32 51,09

Hydrogène... 6,32 6,44

Oxygène 37,14 36,25

Azote 2,24 2,24

Cendres 3,98 3,98

Paille d'ATolae,

La paille d'avoine est évaluée à 1,800 kilog. par hectare. 1 de paille devient, dans le vide sec, 0,713 ; 1 de paille sèche a laissé 0,0509 de cendres.

Composition. l. II.

Carbone 49,93 50,25

Hydrogène... 5,32 5,48

Oxygène 39,28 38,80

Azote 0,.38 0,38

Cendres 5,09 5,09

llettormTes eluampétr««. ,.^.

En première sole fumée; le produit moy«ii, en het-

teraves, est à Bechelbronn de 263 quintaux métriques par hectare. Les récoltes les plus mauvaises ne descendent pas au-dessous de 125 quintaux, et les meilleures ne dépassent pas 400 quintaux. Ces résultats, comme j'ai eu l'occasion de le faire remarquer, diffèrent sensiblement de ceux qui sont obtenus dans diverses localités. Nous avons vu que Schv^ertz et Thaer portent cette moyenne à 360 quintaux métriques. Mœlinger , d' après une moyenne de dix ans, adopte 271 quintaux. A Roville, M. de Domhasle donne 1 75 quintaux comme moyenne de sept années. Jusqu'à ces derniers temps, les feuilles de betteraves n'étaient pas données au bétail ; on les laissait sur le terrain. Un morceau de betterave pesant 56 ''',240 s'est réduit à 7 ^ ,320 après une dessiccation faite à l'étuve. Par une dessiccation complète à 110% 1 de racine est devenu 0,122; 1 de racine a laissé cendres 0,0624.

CompoiitioD. I. II.

Oxygène 43,58 43,33

Azote 1,66 1,66

Cendres 6,24 6.24

Le seigle est rarement introduit dans la rotation suivie à Bechelbronn. On y estime son produit à 23 hectolitres quand il a reçu un supplément d'engrais. L'hectolitre pèse 73 kilog. J'ai adopté^ pour le

DES ASSOLKMENTS* 173

seigle, le rapport du grain à la paille :: 45 : 100. 1 de seigle desséché à HO"" a pesé 0,834; 1 de seigle sec a laissé 0,0237 de cendres.

CompotittoD. I. tl. III.

Carbone 46,a5 45,72 46,38

Hydrogène... 5,38 5,70 5,74

Oxygène 44,2i 44^52 43,82

Azole i,69 4,69 4,69

Cendres 2,37 2,37 2,37

Paille de seiffle.

i de paille desséchée complètement a pesé 0,813 ; i de paille sèche a donné 0,0368 de cendres.

CompositioB.

Oxygène 40,56

Azote 0,30

Cendres 3,68

Pots jADBes.

Récoltés sur sole fumée, ils ont produit 14,2 hectolitres par hectare, au poids de 78 kilog. l'hectolitre. 1 de pois a pesé, après complète dessiccation, 0,914; 1 de pois secs a laissé cendres 0,0314.

Composition. I. II.

Carbone 46,06 46,94

Hydrogène... 6,09 6,24

Oxygène 40,53 39,50

Azole 4,18 4,18

Cendres 3,14 3,14

DES ASSOLKIIKMTS.

SUBSTANCKS.

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