PRODUITS
Excréments secs. . .
Lait
Urine (extrait) . • . .
Sortis
Entrés
DifTérence pour 4 j.
Différence par jour.
kil.
SCSSTAHCn
minéralet cootenuei.
gr-
SILIGB.
gr.
AOSB
pboiphor.
gr-
CBAUX.
gf.
Nous trouvons, pour l'acide phosphorique et la chaux assimilés, dans un jour, 16 gr. et 43 gr. Ici encore la chaux est supérieure à ce qu'elle devait être pour constituer, avec. l'acide, le phosphate des os.
De ces recherches, bien insuilisantes sans doute^ il résulte cependant que, dans la nutrition d'un veau ou d'une vache saillie^ il y a une partie des substances minérales provenant des aliments, dé«* finitivement fixés pour concourir à l'accroissement ou à la formation de i'individu. Chez un animal adulte, \l était à présumer que cette fixation définitive de principes inorganiques n'avait point lieu, ou qu'elle était bien moins considérable, et qu'on de^ Trait retrouver dans les déjections et les sécrétions tout l'acide phosphorique, toute la chaux, etc., qui avaient été introduits par lesaliments. C'est, au reste, ce que confirme l'expérience faite sur un cheval, et dans laquelle les substances minérales rendues ont balancé les substances minérales reçues. Toutefois^ de ce que les matières inorganiques expulsées journellement de l'organimie sont à très-peu près égales en quantité, et semblables par leur nature à celles des aliments consommés, il ne faudrait pas en con^ dure qu'un individu adulte pût se contenter d'une nourriture qui en serait privée. Comme la matière organique, une fraction de la matière inorganique des plantes s'assimile d'abord dans l'organisme, et entre pour un certain temps dans la constitution d'un être vivant, avant d'en être rejetée. Nul doute qu'un animal dont le régime alimentaire n'aurait pas, par exemple, une quantité suffisante de chaux, d'acide phosphorique, etc., n'éprouvât des symptômes fà^ cheux qui se termineraient évidemment par la mort, si un semblable régime était continué. C'est ce que
348 DE l'alimentation des animaux
prouvent des expériences très-intéressantes, dans lesquelles M. Chossat a nourri des granivores avec un aliment riche en principes azotés et féculents, en acide phosphorique, mais ne renfermant pas une dose convenable de chaux. Durant des recherches antérieures, cet habile physiologiste avait eu loccasion de s'assurer du besoin qu'ont les pigeons de joindre une certaine quantité de matière calcaire à celle qui se trouve naturellement dans leur nourriture habituelle. Depuis, M. Chossat a nourri des pigeons uniquement avec du blé, dans les cendres duquel , comme nous lavons constaté , il entre beaucoup de phosphate de magnésie, des sels de potasse et fort peu de chaux. Ces animaux se trouvaient d'abord très-bien de ce régime, ils commençaient par engraisser. Au bout de deux ou trois mois cet état prospère cessait ordinairement, l'animal buvait avec fréquence; les fèces devenaient molles, diffluentes ; le poids du corps diminuait, et l'animal succombait entre le huitième et le dixième mois, à la suite d'une diarrhée que M. Chossat attribue à l'msuffisance de principes calcaires; accident qui se présente chez l'homme, particulièrement lors du travail de l'ossification. Mais le résultat le plus saillant de ces expériences, c'est l'altération du système osseux. La privation prolongée de substances calcaires a fini par rendre les os des pigeons tellement minces, que même pendant la vie ils se cassaient avec la plus grande facilité. La conclusion à tirer de ces observations, c'est que les sels calcaires dépo-
ses dans le système osseux sont réssorbés, et que cette résorption a lieu quand l'animal ne trouve pas dans Taliment qu'il reçoit une quantité suffisante des éléments ou de l'un des éléments des os (I).
Un pigeon consomme par jour 30 grammes de froment, donnant à l'état normal environ 0,63 gr. de cendres, dans lesquelles l'analyse indique : acide phosphorique 0,296 gr., chaux 0,018 gr. Cette quantité de chaux serait donc insuffisante pour entretenir dans son état normal le tissu osseux. J'ai cru devoir insister sur les considérations précédentes, parce qu'il est possible de les faire intervenir dans les apphcations. Il est bon qu'un éleveur, un nourrisseur sache l'influence que les substances minérales exercent dans l'alimentation. Ainsi, pour les animaux en pleine croissance, il ne faut pas négliger de s'assurer si le régime substantiel qui leur est admi* nistréest, en outre, capable de nourrir le système osseux. Peut-être qu'en dirigeant l'alimentation du jeune bétail ou des jeunes chevaux, de manière à réduire ou à exagérer l'introduction de certains éléments inorganiques à l'aide de la nourriture, on parviendrait à faire subir à une race telle ou telle modification. Peut-être aussi les règles empiriques recommandées pour diminuer la charpente osseuse du bétail, pour faire prédominer le tissu musculaire ou le tissu adipeux, sont-elles fondées sur les pro-
(1) Ghossat, Comptée rendus de rAcadémie des Sciences^ t. XIY, p.48i.
350 DE l'alimentation des ANlItfAUX
portions d'acide phosphorique, de chaux^ de magnésie, etc., contenues danslesdiversrégiraes.On trouvera probablement un jour que l'art de Backwell s'explique par la composition des cendres des fourrages.
Le froment n'est pas le seul grain alimentaire dans lequel la chaux soit quelque fois en quantité insuffisante; le maïs en renferme moins encore (1) ; et, si celui qu'on récolte sous les tropiques laisse des cendres tout aussi pauvres en principe calcaire, on s^expliquerait bien difficilement comment ce grain convient si bien à l'alimentation. J'ai nourri des mules employées à de rudes travaux, et j'ai vu élever et engraisser des porcs uniquement avec du maïs* Il est vrai qu'il est impossible d'affirmer que des animaux qui ne font pas le sujet d'observations spéciales, ne prennent pas d'autres aliments; c'est aussi une habitude chez beaucoup d'entre eux de manger de la terre, et cette habitude, nous la retrouvons chez des peuplades indiennes, non pas toujours, comme on Fa affirmé, pour tromper le sentiment deMa faim
(1) De la cendre de maïs, analysée dans mon laboratoire par M. Lelellier, conlenait :
Acide phosphorique 50, 1
Acide sulfurique trace
Chlore trace
Acide carbonique 0,0
Chaux..' i^3
Magnésie n,0
Silice 0,8
Potasse 30,8
100,0 Ce maïs a laissé i,l de cendres pour 100.
dans des temps de disette, mais par suite d'un goût particulier que les missionnaires appellent un goût dépra^é^ etqui, depuisque je connais la composition des cendres de maïs, txb me semble plus mériter autant cette épitliète(l). Au reste, les sels calcaires et alcalins nécessaires à l'alimentation ne proviennent pas exclusivement de la nourriture. L'eau ingérée par les animaux en fournit une quantité qu'on ne doit pas. négligei'y quand on cherche à apprécier, dans leii^r ensemble, les matériaux de la nutrition. Ain^y .un. cbeval^ une vache, en buvant dans un jour de 16, à 50 litres d'eau, prendraient, s'ils étaient abreuvés avec une source aussi' pure que l'est celle du puits artésien 'de Grenelle, 2,3 gr. à 7 gr. de sels dans * lesquels dominerait le carbonate de chaux. Une eau moins pure apporterait une proportion de sels bieiï plus élevée; la Beuvronne, par eKeaipIe, enfijurafmit, 4ans les*mémés cireonstaqcesi, d grammes et 26 grammes, dont la moitié serait du carbonate calcaire. Oe sont là des minima, car il s*agit ici d'eaux filtrées. Les eaux troubles tiennent souvent en suspension une quantité de matières terreuses supérieure à celle qui est* dissoute; c'est ainsi qu^^dans uneexpérien^ faite sur une vache laitière, j'ai constaté que les substances minérales prises à l'abreuvoir s'élevaient à 50 grammes par jour. Toutefois, il est douteux que, même dans le cas le plus
(i) Dans plusieurs bourgades indiennes, j*ai vu châtier des enfauls qui avaient été surpris mangean t de la terre.
352 DE l'alimentation des animaux
favorable, la chaux apportée par la boisson suffise pour alimenter le système osseux d'un animal en voie de croissance ; mais, chez les adultes, la résorption des éléments des os parait s'effectuer avec une telle lenteur, d'après les recherches de M. Flourens, qu'on trouvera probablement qu'il ne faut qu'une dose fort limitée de principes calcaires pour réparer les pertes qu'elle occasionne.
J'ai fait voir qu'un veau âgé de six mois reçoit avec son fourrage une quantité d'acide phosphorique qui répond à 36 grammes de sous-phosphate de chaux (phosphate des os) . Un veau de quelques semaines, en consommant par jour environ 10 litres de lait, prend 52 grammes de substances minérales, dans lesquelles il entre 24 grammes de sous-phosphate calcaire.
L'importance de l'intervention des principes inor* ganiques des aliments étant admise, il convient de tenir compte de ces principes dans la composition d'un régime alimentaire. C'est dans ce but que j'ai cru devoir réunir les quantités d'acide phosphorique et de chaux comprises dans les aliinents dont les cendres ont été analysées. Â l'aide de ces
données, on voit de suite la proportion de phosphate des os que peut contenir une ration.
TàmjÊkV*
ANNEXES A LA FEBHB. 353
lOOO parties d*slluent«àl*état normal eaatleuHCHti
.cst.-ch'
3!,)l 33,7 fl,6 7,7
I2,ri
3,37 4,03 l,fH 1,07 1,01( 0.4G
5,rii
to.o+
Tryne fané
Paille de fromeal..
Paille d'aïoine
Pommes de terre.
Itulloravcs
To|)inanibours ....
J'ai fait figurer l'azote dans ce tableau pour monlier la relation qui existe entre la proportion de cette substance et celle de l'acide pbospborique ; géoéralemcnt les substances alimentaires les plus azotées sont aussi les plus riches en acide, ce qui semble indiquer que dans les produits de l'organisation végétale, tes phosphates appartiennent aux principes azotés, et qu'ils tes suivent jusque dans l'organisation des animaux.
On peut, à l'aide de cette table, se former une idée assez exacte de ta quantité de phosphate de chaux contenue dans un régime. Prenons pour exemple la ration donnée au cheval, dans laquelle la moitié du foin a été remplacée par des pommes de terre, un des aliments les moins riches en chaux , et nous trouvons dans :
354 DE l'aLIMBUTATIOII .DBS ANIMAUX
Wl. gr. gr.
Foin i2,l acide phosphor. 4i,l chaux. i2i,0
Pommes de terre.. i4»0 15,4 2,4
Nombres qui répondent à 1 24 gr. 2, de phosphate des os et 55 gr. 7 de chaux libre.
Dans la ration normale, un cheval de labour reçoit à Bechelbronn :
k«>. gr. gr.
Foin 10 contenant acide phosphor. 34 chaux. lOO
Paille.... 2,5 4 11
Avoine... 3,2d 15,5 4
Soit 117 gr. 6, de phosphate des os et 51 gr. de chaux libre.
J'ai constaté que trois jeunes poulains en pleine croissance, pesant chacun environ 170 kil., consomment par jour:
kil. gT« gr.
Foin 9 contenant acide phosphor. 30 chaux. 90
Avoine... 3,29 15 3,8
qui représentent 09 de sous-phosphate de chaux. Comme conséquence du rapport existant entre l'azote et l'acide phosphorique d'un aliment, il arrive que les équivalents nutritifs renferment à peu près le même poids d'acide phosphorique, de sorte qu'en introduisant dans une ration une proportion convenable de foin ou de trèfle, fourrages abondants
ANNEXÉS A LA FEIMB. 355
en chaux, on est toujours assuré d'administrer un régime convenable au développement du système osseux, quelle que soit d'ailleurs la nature des aliments qui complètent la ration.
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DE L AUHBinàTIOK DES ANtHÀUX
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