‹ Économie ruraleChapitre 7 sur 129 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

FANES par

■ICTAO.

GRAINE ptr

■KTABB.

POIDS

tout

de It récolte

RAPPORT de 11 fane à It

QUÂlXM.

A. Plâtré

A. Non plâtré. .

Différence...

B. Plâtré

B. Non plâtré. .

Différence. . .

La moyenne de ces deux expériences montre que la récolte de trèfle blanc non plâtré étant 100, celle de la sole gypsée est 225.

Les observations de M. de Yillèle complètent en quelque sorte celles de M. Smith en les confirmant. Elles ontété recueillies dans le midi de la France, près de Caraman (Haute-Garonne) . On les a entreprises au point de vue de la pratique la plus généralement suivie : celle du fanage du trèfle et du sainfoin ,

DES ENGRAIS MmÉRAUX. 37

dans des sols assez différents par leur nature. Les doses de plâtre ont varié, pour une même surface de terrain, dans le rapport de 8 à 3.

Les résultats obtenus se trouvent réunis dans le tableau suivant (1).

CULTUBBS COHPABÉIS DU SAINFOIN BT DU TRfeFLB PLATRA BT NON PLÂTRÉ, FA1TB8 PAR H. DR VILLÈLB.

NATURE de

LA TERRI.

Numéros des expériencM

Récblle sèche rar prairie pUtr par beciare.

Récolte lèche

sur prairie non

pUtrée par hecU

Excès de la réco plllrée sur U réc non plâtrée.

Valeor en argei de l'excès de foun

Valeur do plâtre enplo]

kil.

kil.

kil.

kil.

Légère, sèche.

Sainfoin.

SSOO

tsoo

exposée au midi; 2 pt 3 décim. de

Sainfoin.

SOO

profuadeur ; sur craie.

Sainfoin.

Forte, argileu- ■e, humide ; 5 dé-

Trèfle. . .

SOO

iOO»

ci mètres de profuDdeur ; sur

Trèfle...

glaise.

C'est un fait si frappant que cette action d'un sel minéral excitant la végétation de certaines plantes au point de doubler ou de tripler le produit de leurs récoltes, qu'on a dû s'empresser d'en rechercher la cause. Aussi les explications n'ont pas manqué ; elles sont nombreuses, mais si peu satisfaisantes, que je ne me crois réellement pas obligé de les mentionner toutes. J'insisterai particulièrement sur les théories

(1) Villèle, FeuiUe du Cultivateur, t. VUI, p. 0, an VII.

38 wsi, wsetÊéWi mmiSLAxxJL

proposais isiMcëssiieraelitij^^ E^ Davy éi fMÉ

Davy admet tout simpIeflÉeni que les plâqtwde» prairies adifîdellasr abv)rl)eiii le sul&le > dexhanx. Cet illustre chimiste dit positivenmeQtqu'iljaiiraiinGè^ de très-fortes proportions de ce sel dans les végétaux plâtrés aveb des cendres de tourbes riches en siilfate. Voici ses expressions : a Les cendres du sainfoin et a du trèfle m'ont fourni beaucoup de plâtre qui, pro^ « babteroeot, faisait partie de la f&re ligneuse de « ces plantes (1). »

Pour compléter la théorie de Davy, il est bon de faire remarquer que le gypse convient surtout aux plantes dont la croissance est extrémere^ent rapide^ et qu*en son absence le tissu végétal trouverait difficilement dans le sol les matières salines indispensables à sa constitution. Ajoutons avec Çbaptal que^ s'il est vrai que les substances salines sorit indispealubies à Toi^anisation des plantes , il ne Test pas moins, l'expérience le prouve, que ces substances ne sont absorbées que dajafi certaines limites, ta sel le plus favorable par sa nature deviendra tMftisible par sa proportion, si Feau qui humecte la terre en cootient une trop forte doae en dissolution. Ainsi, la plante périra si le ^ei est en excès ; elle laoguira si elle. a'en reçoit pas assez. Considérons mainteaaat que les sels n'agissent sur la végétatioa qu'autant qu'ils sont dissous, et Ton comprendra que

(1 ) Davy, CA(9U> agricole, t. I^ p. 76.

porterait à Fégard des plantes, comme se comportent, en général, les sels insolubles contenus dans le sol ou dans les engrais ; par exemple, le phosphate et le car^ bonate de chaux, portés dans les végétaux, à la faveur de Tacide carbonique dissous en faible proportion dans Feau. Mais tandis que ces faibles dissolutions, exposées aux alternatives les plus variables par Teffet des vicissitudes atmosphériques, sont hors d'état de suffire aux besoins d*unQ végétation rapide et vigoureuse, comme Test celle du trèfle et de la luzerne, la dissolution de sulfate de chaux, toujours concentrée au même degré, est, à toutes les époques, prête à fournir la substance minérale aux plantes, quelque prompte que soit leur croissance.

M. Liebig a imaginé une théorie ingénieuse. U admet, avec de Saussure, du carbonate d'ammoniaque dans l'atmosphère, et, par suite, dans les eaux pluviales.Ce faitposé, l'influence du plâtre résiderait dans la faculté que possède ce sel de fixer l'infiniment petite quantité d'ammoniaque introduite dans le sol par les eaux pluviales, s'opposant ainsi à la volatilisation qu'elle ne manquerait pas d'éprouver pendant la dessiccation du terrain. En effet, le carbonate d'ammoniaque dissous dansTeau de pluie se trouvant en contact avec le sulfate de chaux , il doit s'opérer une double décomposition, dont le résultat est du carbonate de chaux et un sel fixe d'ammoniaque, le sulfate. Ainsi, suivant M. Liebig, pour peu qu'il y ait d'ammoniaque dans la pluie, elle se fixera dans un terrain plâtré. J'établirai bientôt que les choses ne se passent pas de

cette manière quand la terre est meuble et humide ; mais en admettant même qu'il en soit ainsi , on peut sedemander si Tammoniaque condensée par ce moyen doit suffire pour procurer des effets de végétation aussi prononcés que ceux que Ton observe sur les cultures favorisées par le plâtre.

M. Liebig fait remarquer que, un kilogramme de sulfate de chaux, une fois transformé en sulfate alcalin, introduira dans le sol une quantité d'ammoniaque équivalente à celle que pourraient y apporter 6,250 kil. d'urine de cheval. En suivant ce raisonnement dans sa dernière conséquence, il esf facile de prouver, en partant de la composition du foin telle que je l'ai établie, que deux kilogrammes de plâtre, en fertilisant une prairie par cette voie, augmenteraient d'environ 100 kil. de fourrage sec le produit de la récolte.

Je crois d'abord qu'il est convenable de porter la question sur un autre terrain, parce qu'il est prouvé, comme nous l'avons vu^ que le gypse n'améliore pas sensiblement les prairies naturelles. Je puis affirmer, de mon côté, que sur les presque nous cultivons, nous n'employons pas la moindre quantité de gypse, l'expérience ayant positivement démontré son inutilité dans cette circonstance. Mais on peut appliquer la supputation précédente aux prairies artificielles. Dans le cas le plus général, le trèfle éprouve de la part du plâtre une amélioration que personne ne conteste.

Nous récoltons en moyenne 5,000 kilogrammes

de Irèflfi qec yar hectore plAttfàé Oa suppose com^ munèipent^e par le plàtr^ la réeoLki tai dbafalée* Il résulterait de cette suppo^tion « qu'une surfau^e d'un hectare qui n^aurait pas reçu de g^pae ne ntt^ drait plu& que ^,^0,kM. ide .trille, feçw Ler tièfle fané provenant delà plante, laiidiétf tu flelir cem^ tient eiAYiroq.9 pour lOa d'amte^Les î^âOD kil: de fourraga gagnéstpai? rintenreotiim du plAbre enren-fermeront par (i^onséquent 50 kil.éqiiivataat À 61 Idl. d'ammoniaque, ou à 140 kil. decarbonaie ammo* niacal* Telle est, dans Thiypeithèse que ikeûs diëcutùnft> la quantité d'aaimoii|aqitia'qii6 le. plâtre doit colemr aux eau}i pluviales tombéesi$ur un hectare^ pour deve«nir apte à fournir Tairale à:la plua value delà récolâe* En Alsace, dejpuis le moment do plâtrage du trèfte en avril, jusqu'en juillet^ époque de la coupe, iiLoi» be, sui^antM.Herrenschneider, 24 centimètres d'eau^ soit, sur la surface d*un hectare de trèfle, 2,400,000 kil. Si Tazote de la plus value de la récolte a réelle^ ment son origine dans la pkiie, Teau tombée doit contenir en poids environ i/ 17000 de carbonate d'ammoniaque. Il est douteux qu'il existe dans les eaux pluviales une semblable proportion de set ammorniacal ; et cependant cette proportion devrait être bien plus forte encore, puisque nous avons supposé que la pluie pénétrait en totalité dans le soi. La vérité est qu'une grande partie de l'eau tombée n'im^ bibe pas la terre quand celle-ci est déjà suffisamment humide ; elle coule à la surface du terrain lorsqu'un temps pluvieux se maintient pendant plusieurs se*

BBS ^mOE/LlS MOrtlLAra. 48

mainas. Axi roste» il asliiqpowibl^id'é^ahieri.ikiéiiiê

dans le toi, et; il esi ip»%mm\)d^lMk i0.:9»hrxB&t nneiàéfi t«iit sait pw fnitoi^Q.âu i:$#pwtieindtanl^eiik» Irereaw abaor^ p^r les. pl»nt<Q^^«ellieqpi fi'évapom

dir8cteTOent«aiiftUwfpr^J«uns,oimn^j ; .tii wi. . Maj& ^ admettait lodnef que Q9. sd^A rée]^«fnj^

raiiuii0iuaqu€r de la pluie; q^i,, par V.i,a^en[«aU<«i d» plaire, occasionne V^^^oiâfemept de récof^^ .siicoi)^ sîdérable que l'oa obtient ajors sur le$ cultures de trèfle et de luzerne, il resterait encore à expliquier pourquoi, les circonstances méléonologiques restant i^ales^ les mêmes effets, ou tout au moins des effets proportionnels, ne se produisent pas sur les prairies naturelles couvertes de graminées, sur les plantes sarclées ou sur le froment. Enfin, l'objection la plus grave qu'on puisse présenter contre cette théorie, se fonde sur ce fait parfaitement constaté, que le plâtre A'exerce une action véritablement utile sur les prairies artificielles^ qu'autant que le terrain sur lequel on l'applique contient une proportion convenable d'engrais organique azoté. Dans un sol médiocrement fumé, le gypse n'apporte aucune amélioration sensible, et» coaame l'a dit un homme ajant une longue expérience : c'est perdre ses peines et sçs frais que de plâtrer des fonds maigres et appauvris (1). Il semble cependant que, si le plâtre fixait réellement du suW

(4) Cnid, Écofiorme tihèariquiit ei pratique êe l*Agr%eulhire, t. I,

iwais.

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fate d'ammoniaque dans la terre par suite de son ac* tion sur les eaux pluviales, le sel ammoniacal une fois introduit dans le sol devrait agir indépendamment et sans le concours d'un autre engrais. Il agit réellement ainsi, isolément, pour son compte, quand il existe. C'est ainsi, par exemple, que M. Schatten* mann a vu une culture de 30 hectares de prairies naturelles améliorées par l'emploi du sulfate d'ammoniaque. On le voit, si la théorie de M. Liebig est vraie, les observations des praticiens sont nécessairement inexactes.

On n'a véritablement aucune raison pour élever des doutes sur le sens des résultats constatés par les cultivateurs. Cependant, afin de mieux baser ma conviction, j'ai cru devoir ajouter quelques expériences à celles que Ton possédait déjà, en étudiant, en dehors de toute idée hypothétique, l'action du plâtre sur les plantes sarclées et sur les céréales.

Ces expériences ont été faites sur des terrains présentant pour chaque culture une surface d'environ 4 ares. Toutes les précautions ont été prises pour rendre les observations comparables. Ainsi, chaque culture était partagée en trois zones contiguês égales : la première zone A a toujours reçu du plâtre à raison de 4 hectolitres par hectare ; la seconde zone B, et la troisième zone C, n'étaient pas plâtrées. Chaque zone a été ensemencée avec des quantités égales de grain, ou repiquée avec un même nombre de plants. A etC étaient les surfaces dont je me proposais de comparer les produits, et la zone intermédiaire B se trouvait un

DES ENGRAIS MINIÊRAUX. 45

terrain neutre, placé uniquement pour ne pas laisser en contact immédiat la surface plâtrée avec celle qui ne Tétait pas. Dans les recherches entreprises pour examiner l'effet des engrais, il est bon d'adopter une semblable disposition .

En 1842, j'ai essayé l'action du plâtre sur le froment venu dans trois conditions différentes de soles : 1" sur une sole de trèfle retourné; 2° sur une ancienne sole de betteraves ; S"" sur une ancienne sole de pommes de terre.

Le plâtre a été répandu le 19 mai; à cette époque, les champs de blé présentaient une assez belle apparence. La récolte a eu lieu du 21 au 26 juillet.

Voici les résultats obtenus, rapportés â une surface de 4 ares.

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