BE l'^cohomib des animaux
çoivent du lait en abondance que pendant deux ou trois semaines ; ils s'accoutument promptement à se nourrir avec deTherbe. Dans les climats très-chauds, le lait n'est pas d'ailleurs très-abondant chez les vaches, et après le part, il décroît beaucoup plus rapidement que dans les régions tempérées. C'est à la valeur du lait, au parti qu'on en tire pour la préparation du beurre et du fromage, qu'il faut attribuer l'usage, assez général en France, d'envoyer les veaux à la boucherie dès leur plus jeune âge, lorsque, par exemple, étant en bonne condition de gras, ils pèsent 5,0 à 60 kilog. Cette circonstance s'oppose sans aucun .doute à la production de la viande dans un pays où<d&jàelle n'est pas suffisamment abondante. Car, cottiBie ie remarque M. Ernest Perrault, si l'on abat en France deux millions de veaux de 40 à 50 ki* log. , où peut oarapter que les 9/ 1 0" sont abattus avant qu'ils soient parvenus à l'âge de un mois. Or, d'après ce que nous avons constaté sur leur croissance, àl'âge de deux mois leur poids s'élèverait à 70 ou 80 kilog; on voit par là qu'en prolongeant de trente ou quarante jours leur existence, la viande produite en plus dépasserait 60 million^ de kilogrammes, si cette production pouvait se faire avec avantage par l'éleveur (1). Il ne s'ensuit pas cependant^ comme semble le penser l'habile agronome à qui sont dues ces réflexions, que cet accroissement de viande ajouterait à la masse de la
(1) Ernest Perrault de Jotemps, Journal d'agriculture praiiqnêt U y y p. 30».
ANNEXÉS A l'industrie AGRICOLE. 467
nourriture produite par l'industrie agricole du pays. Je ferai observer, en effet, que pour produire environ 1 kil. de veau en poids vivant, il faut consommer, d'après les données adoptées ci-dessus, 10 kil, de lait; or», il est évident que 600 millions de litres ou de kilogr. de lait représentent une valeur nutritive certainement supérieure à celle de 60 millions de kil. de veau en poids vivant. Si la production de la chair pendant le deuxième mois de l'alimentation du veau avait lieu avec une nourriture autre que le lait qui est déjà lui-même un aliment très -précieux, avec du fourrage par exemple, la question changerait de face, et il est certain qu'alors il y aurait tout avantage pour la population à ce que l'éleveur produisit une plus grande quantité de chair. Cela est si vrai, si parfaitement senti, que tous les efforts pour perfectionner l'élève du jeune bétail ont constamment été dirigés dans la vue d'économiser la consommation du lait; l'intéresssant travail de M. Ernest Perrault, auquel je vais emprunter quelques résultats, n'a pas été entrepris dans un autre but.
M. Perrault s'est proposé de rechercher, par des expériences directes : 1° Si la quantité vraiment considérable delait qu'on destine communément àl'entrttien des veaux est réellement indispensable, et s'il est possible de la réduire sans affecter les jeunes animaux d'une manière désavantageuse ; 2^ si l'on peut remplacer une une partie du lait par une infusion aqueuse de foin. Cette infusion, prônée à diverses époques, M. Perrault la prépare en versant sur 1 ki-
468 DE l'économie des animaux
log. de foin 20 litres d'eau bouillante. Il est permis de penser que ce thé de foin ne possède qu'un trèsfaible pouvoir nutritif, et que c'est probablement exagérer sa valeur en supposant, comme je le ferai, que les 20 litres de cette infusion équivalent comme aliment au kilog. de fourrage employé pour les obtenir.
Les observations ont porté sur trois veaux pris après le sevrage.
À a été nourri pendant 94 jours à la ration ordinaire.
B a eu une moindre proportion de lait, et, à partir du quarante-deuxième jour de sa naissance, il a reçu une ration croissante de nourriture solide.
C a pris, durant l'expérience comparative, 267 litres d'infusion. J'estime cette boisson à 13 kil. de foin. La ration de lait a cessé quarante-huit jours après le sevrage.
Les deux veaux B et G sont restés à leurs régimes respectifs pendant 95 jours.
L'allaitement des trois sujets soumis à l'expérience a duré 1 8 jours, pendant lesquels on a estimé que chacun d'eux a prisa la mère 198 litres de lait. Voici les quantités et la nature des aliments consommés.
Tableau..
ANNEXES A l'industrie AGRICOLE.
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470 DE l'écoxohie ues animaux
Il eût élé à désiret- que ces trois veaux eussent été pesés iramédiatement après la terminaison des expériences. Il n'en a piiaùté ainsi, el, à cause de cette omission, les résultats obtenus n'ont pas toute la précision désirable. Cependant, d'après des observations antérieures, M. Perrault suppose que :
loLcToau A, élevé au lait pur, pesait
à sa naissance. 40 kil.
A l'àgc de 452 jours 350,B
Accroissemenl en \>(iuh 3(0,6
Augmentation |)nr jour. ..... ~ t),6ft
2" Le veau B, éloté avec la ralion.do
laii réduite, (lesailà sa naissance. . . 38 kil. A rdgeiic 221 jours 183,75
Accroisseraent en poids.. .... Hii,7B, [liirjourO.ÔS
3° Le veau C, ajant reçu du thé de
foin, pesait k sa naissance 4G kil.
A rage de 101 jours ii'i
Accroissement enpoids 77, parjourOJftS
De ces faits, M. Perrault conclut que l'accroisafrment en poids a été sensiblement plus rapide chez le veau qui a reçu du thé de foin dans son alimentation quccbezies individus nourris soitau lait pur, soit au lait réduit. Toutefois, la différence o!)sel•^'ée est dans l'ordre des variations que l'on obtient en observant sur des animaux soumis au même régime.
II convient de ramener les aliments consomniés dans ces expériences à une nourriture normale, le foin.
le saisirai cette occasion pour montrer comment il faut procéder pour établir l'équivuleut absolu du lait,
ANNEXÉS A l'industrie AGRICOLE. 471
c'est-à-dire la quantité de lait en nature, sans adjonction d'un fourrage supplémentaire, pour remplacer 100 kil. de foin ;
L'équivalent du lait, déduit du contenu en azote est 189.
Aliment azoté. Matières grasses. noD-azoi^. .
Dans 100 de foin... 7,2 3,8 44,4''
Dans 189 de lâil. . ." 7,2 7,9 6^,8 • ^' :
Différences 0,0 + 4,4 — 37,6
Ainsi, il y a dans l'équivalent du lait 4,1 de graisse de plus et 37,6 d'aliment non azoté de moins que dans 100 de foin; ces 37,6 considérés comme aliment respiratoire représentent 15,8 de carbone (1), et comme les corps gras valent un poids de carbone égal au leur, il s'ensuit qu'en retranchant de 15,8 les 4,1 de beurre en excès dans l'équivalent du lait, il reste; en définitive, 11,9 pour le carbone exprimant l'aliment respiratoire qui manque dans ledit équivalent.
Recherchons maintenant^ avec les mêmes données, la valeur du lait comme aliment respiratoire, en l'exprimant en carbone.
100 de lait contiennent : ' ''
(i) Je rappellerai ici que comme aliments combustibles ou respiratoires, nous avons admis, d'après la composition élémentaire que 100 de:
Albumine "= 65 de carbone.
iOO de matières grasses '= 100 id.
lOQde sujcroiamidon.. 7= 42 id.
472 DB l'économie des animaux
Caséum 3,8 = carbone 2^5
Sucre de lail.. 3,6 i,5
Beurre 4,2 4,2
Or, puisque iOO de lait ont une valeur combustible représentée par 8,2 de carbone, il en résulte que, pour suppléer à Taliment respiratoire exprimé par 11,9 de carbone et qui manque dans l'équivalent, il faut 145 de lait. On arrive ainsi à ce résultat que pour remplacer 100 kilogr. de foin.
On a : équivalent diaprés l'azote 189 kil. de lait.
Supplément comme aliment respiratoire. ... 145
Equivalent absolu 334
On trouve ainsi que ;
kU.
A a consommé en 1 1 2 jours 478 de foin. B — en 113 jours 446 id.
G — en 113 jours 368 id.
La ration minime à laquelle M. Perrault est arrivé dans ses recherches, comme suffisant à l'entretien des veaux, diffère peu de celle que noi cV^nnons à Bechelbronn, et cependant nos produits ne paraissent nullement inférieurs à ceux de la Feuillasse; on en jugera par les données suivantes, choisies parmi celles que l'âge des animaux rend comparables aux résultats B et C.
Sophie a pesé à sa naissance • 45,8 A rage de 102 jours 127,0
Augmentation 8i,5, par jour 0,80
ANNEXÉS A l'industrie aorigole. 473
Ce Teau a coDSommé : lait 300 lit. pesant 31 1 k.=foin. 93
Foin en nature 246
Rosa a pesé à sa naissance 44 kil.
A rage de 239 jours 215
Augmentation il{ par jour, 0,72
Le veau a consommé : lait, 300 lit. pesant 311 k.-=foin, 93 kil. Foin en nature 806
On Yoit que, sans faire intervenir l'infusion de foin, en nourrissant au lait pendant sept semaines environ et en donnant du fourrage le plus lot possible, nous obtenons des résultats tout à fait comparables à ceux rapportés par M. Perrault.
J'ai dit que c'est pendant l'allaitement que l'accroissement en poids du bétail est le plus rapide. A mesure qu'un animal approche de son complet développement, son poids, dans une même période de temps, augmente avec plus de lenteur ; mais d'après les faits, d'ailleurs très-peu nombreux, que j'ai recueillis, cet accroissement serait assez uniforme jusqu'à ce que la croissance soit achevée. Dès lors le poids de l'animal semble rester stationnaire s'il reçoit pour nourriture la ration d'entretien ; du moins les variations que l'on remarque sont purement accidentelles et finissent par se compenser. Un animal adulte, lorsqu'il ne prend pas une graisse surabondante, acquiert ainsi un poids normal qu'il conserve pendant une certaine période, jusqu'au moment bù commence la décrépitude.
474 DE l'économie des AMMAUX
Il n'est pas sans importance de connaître la progression croissante des animaux ; c'est un critérium qu'un éleveur ne doit pas négliger parce qu'il lui permet de juger si son bétail est suilisamaient nourri, si les domestiques soignent convenablement l'étable . Un vacher consciencieux est sans doute un agent précieux dans une ierme ; mais plus je m'occupe de Vélève. plus je me convaincs que l'agent leplus sûr, le plus tidèle, est la balance. Il faut peser souvent pour se rendre un compteesact de l'état de l'étable. Jeïais présenter les obsei-vatioiis que j'ai faites sur l'accroissenient du poids des bûtes à cornes, tout en regrettant de n'avoir pu réunir des données plus norabreuses.
ANNEXÉS A l'iNDOSTBIE AGRICOLE.
DÉ8I«irATI0R des