DE l'ÉCOIKIMIB DBS AKIMAUX
pirocurer, et qu'ils détériorèrent ainsi leur race, en faisant naître des animaux trop hauts sur jambes et à poitrine étroite.
M. Speneer adtnet^ iaveo tous les éleveurs^ que les qualités corporelles et constitutives sont presque toujours celles que possédaient les ascendants, et que, dans le plus grand nombre de cas, les qualités du père prédominent dans sa postérité, surtout chez la race bovine et les bêtes à laine. Ce point établi, il en résulte que le choix d'un bon mâle est une des prendières conditions de succès. Cependant, comme il ne faut pas s'attendre à rencontrer un étalon sans défauts, le meilleur, comme le remarque Spencer, est celui qui en possède le moins ; et le soin constant que doit prendre l'éleveur, c'est de ne pfas appareiller les animaux qui présentent des imperfections du même ordre. Il faut, autant que pos* sible, faire saillir une femelle tarée dans ses formes par un mâle doué au plus haut degré des qualités qui manquent chez elle. Toutefois, comme en thèse générale, la mère n'est pas sans influence sur la descendance, l'accouplement des animaux de même race est le moyen le plus sûr d'obtenir un accroissement de taille, lorsqu'il est possible d'assigner à la progéniture une abondante alimentation peu* dant toute la durée du jeune ^e. L'influence de la nourriture est tellement manifeste, que je vois dans nos envions du bétail issu des taureaux de Bechelbronn rester bien inférieur, par la taille et par
ANNOÉB A l'iMDUSTHIK AGR^GOiE. 455
les finîmes extérieures^ à celui (pn est élevé dans nos étables. ».
Au reste, le développement de la taille d'une race ne doit pas toujours être considéré comme un per* fectionnement, car une haute stature n'ei^t pas constamment l'indice d'une bonne constitution. L'amélioration danà les formes reconnues comme les plus avantageuses^ les plus productives, pour les circonstances de climat et d'alimentation où se trouve placé le troupeau, doit être le but essentiel de Fêleveur. Il importe par dessus tout de créer des ani-
maux robustes, et les tentatives c(ùe l'on a faites souvent pour accroître la taille des races originelles n'ont donné quelquef^s qu'une race mal conformée, moins rustique et plus sujette aux'épizooties.
Le degré d'amélioration d'une race originelle est bien évidemment subordonné à l'abondance et à la qualité des fourrages dont on dispose. Dans les pays montagneux, peu riches en pâturages nourrissants, il faut borner considérablement les prétentions à former une belle race ; et, dans une situation seniblable, on doit s'estimer heureux d'obtenir un bétail robuste dont la qualité dominante soit d- être peu exigeant sous le rapport de la nourriture, qui, penéant une grande partie de l'année, consiste en un herbage grossier.
Le bœuf (bos îaurus) est réduit à l'état de domesticité depuis les temps les plus reculés, et on ne peut que se livrer à des. conjectures plus, ou moins douteuses sur l'origine de sa race primitive. Il s'accou-
456 INB L'éCOlfOlUB MS ÀKIMAUX
tume avec une facilité singulière aux circonstances climatériquesles plusopposées. U se multiplie avecune rapidité prodigieuse dans les r^ons les plus chaudes des tropiques. Inconnu au nouveau continent avant l'époque de la conquête, il peuple aujourd'hui les steppes immenses des grands bassins de l'Orénoquo et des Amazones, et on le retrouve avec une égale abondance sur les plateaux les plus élevés et les plus froids des Andes, En Amérique, la race bovine habite jusqu'à la limite de la végétation, là où commencent les neiges étemelles; elle prospère partout où elle trouve de la nourriture, paraissant insensible aux plus grandes variations de température.
Le buffle {bos babulus) est, avec le bœuf ordinaire, le seul qui ait été dompté; il se plaît dans les r^ons chaudes. On suppose qu'il a été introduit en Italie vers le sixième siècle, et qu'il est originaire de l'Asie orientale. On retrouve le buffle en Hongrie, en Grèce, et, dans les contrées où il est connu, on Tuti* lise comme béte de travail et comme nourriture (1).
Pour la propagation du bétail, il convient de choi* sir des taureaux avec le plus grand soin. Selon Thaer, le taureau doit avoir un cou peu allongé et charnu, une tête courte, un front large et crêpé, des yeux noirs et vife, des oreilles longues et bien placées, une poitrine large, un corps étendu, des jambes courtes et en forme de colonnes (2). Un taureau bien
(1) ha^^Ccursd^Aç/ncuUurefi. U, p. 210.
(2) Tbwr, PrHieipes rfàsmnés éTagrieidtur^, I. IV, p. 2M.
àmmxto A VusmmBa agricole. 457
confonné. powrait suffire à soixante-dix ou quatrevingts vaches, si les époques du rut étaient réparties également dans le cours de l'année. Comme il n'en est pas amsi, Thaer estime qu'il faut porter à vingt le nombre de vaches qu'un taureau peut servir.
La vache est de toutes les femelles celle qui donne du lait en plus grande abondance ; sa mamelle, extrêmement développée, est pourvue de quatre tétines, bien qu'elle ne mette au monde qu'un seul petit à la fois. On a cherché à reconnaître chez les vaches des signes déduits de la conformation qui indiqueraient une bonne laitière, chaque éleveur semble s'être fait une règle à cet ^ard ; mais les caractères signalés comme les plus certains se trouvent fréquemment en défaut. Ce qui parait le mieux établi, c'est la qualité fondée sur l'origine. En* général, une vache issue d'une mère saine et de bonne race, abondante en lait, sera elle-même une laitière productive. J'ajouterai que, parmi les vaches que j'ai eu l'occasion d'observer, celles qui ont eu peu de tendance à engraisser, tout en conservant un vif appétit, m'ont paru donner du lait en plus grande abondance et pendant un temps plus prolongé.
L'âge auquel il est convenable de faire saillir les génisses dépend de la manière dont elles ont été nourries et du degré de croissance qu'elles ont acquis. Des jeunes bêtes de bonne race qui ont reçu une alimentation très-abondante ^ et auxquelles on a donné tous les sdns d'entretien si favorables au développement, sont laites à recevoir le taureau v^sPépo-
458 0B L'Éeoimini ms AUnEàtm
q«6 où elles aceofripHnent leur deuxiànve attnée ; nous faisons saillir la plupart de nos génisses lorsfu'ettes o(Dt atteint l'âge. de dû^mit mois, il éontiênt ^ml^ leurs de se guider sûr le tempéramMi, en ôbsertant fiéquemment si elles entrent en chaleur. Qiiand œ signe se manifeste a[vec une certaine éneigie, il ne faut pas hésiter, quel que soit leur âge, à lesJiwer au mâle ; autrement, aiflsi qtie j'ai eu rocctaièw de ToIh ser?er, le désir du rot ne revient plus ; la génisse prend de la graisse et refuse alors constamment le taureau. La règle. à suivre, pour ne pas amoindrir les qiMdités de la race que Ton possède, est de lure aocoupler les génisses alors seulement qu'elles sont arrivées ou peu éloignées de leur croissance complète. Cest d'i|illeurs vers cette épo^poe que se fait sentir, chez les jeunes animaux, le désir de Taccouplement.
S'il ne survient pas de nouveaux indices de chaleur durant les trois ou quatre semaines qui suivent raccouplement, c'est une présomption en faveur de la; grossesse. Une vache porte pendant quarante se* maikies environ; généndement le part â lieu de 877 jours à 299 jours après la conception. I>es gestations extrêmes observées la plus courte a duté 240 jours; la plus longue 391 jours (i).
On peut nourrir le veau, soit en le laissant téter, soit en lui faisant boire le lait. ' '
On Msse ordinairement téter cinq à six seinaines
s veaux que l'oii veut élever avec ^ soin; mais il
(i) Tesftier, ilimofos dêXagricMvire frnntaiu, t. R^ 2« dérie.
ANNBIÉ8 ▲ l'iNDUSTRIB AfiRICOLE. 4ttO
arme ipieiquefois que trois, semaines aq^ès4eur nfb-. sinbe, la ration de lait qu'ils reçoivent de la mèm n'ert plus suffisante; il faut alors un supplément dé nourriture : on leur d6nne de la farine de céréales ou de tourteaux^ délayée dans de l'eau tiède. Le tourteau est très-eonvenable^ car en raison de la forte furoportion de caséum, de la matière huileuse et dès phosphates qu'il contient, la boisson qu'il fournit se rapproche du lait par sa composition. D'ailleurs, c*est vers cette même époque que le veau commence à jouer avec le foin, et il est bon d'en mettre constam» ment à sa disposition, en cherchant les parties les moins ligneuses et les plus succulentes de ce fourrage; > Quand le veau ne doit pas téter, on l'éloigné de la mère aussitôt après sa naissance. Il boit sans difficulté^ si on a le soin de tenir dans sa bouche un dcûgt mouillé de lait. Dans les premiers jours, on étend le lait avec un peu d'eau chaude pour lui donner là température qu'il a lorsqu'il sort du pis. Pair cette méthode, il est possible de faire des économies qu'on réaliserait difficilement en laissant téter. Souvent on commence à rationner le lait;dès les premiers moments : mais ce n'est pas ^aiiisi que font ks éleveurs pntendus. M. Grud laisse b6ire aux veaux autant de lait qu'ils peuvent en tensommer pendant les pnH «tiers huit jours* A partir de cette époque, ils refoi^ vent 3)65 lui; de lait^ mêlé avee autant de petitWt éonton n?apaiâ séparé ito senû; puis il les rièirai à sqpi 'siémmies* '•.'-'î-^r ■'■ ^ 1 *"•■;.: -'i
^ DepuisTàge de Bw£aiite-dix jours jusqu'à la fin 4a
480 BB jJtconoÊta ms aximaux
sa première année, un ^eau oonsomme aviron le quart de la ration d'une vache adulte : soit à 3 kil* de foin par jour. La deuxième année, la ration est de 6 kil. de foin ; la troisième année, 9 kil. Ce qui précède doit s'entendre de veaux élevés avec parcimonie* Dans les meilleures vacheries de la Suisse, on procède autrement. Pendant les six premières semaines, le veau reçoit à peu près tout le lait qu'il peut amsommer sans faire d'excès. Â un mois, il mange de la recoupe de foin et de racine, ou mieux encore, si la saison le permet, du trèfle ou de la luzerne qu'on lui donne à discrétion jusqu'à ce qu'il ait atteint soixante-dix jours. A cette époque et avec cette nourriture, le veau est à peu près deux fois aussi grand et aussi pesant qu'un individu du même âge élevé avec économie. Durant les 25 jours qui terminent la première année, l'animal est rationné avec 4 kil. de foin. Dans la seconde année, cette ration est portée à 8 kil., et à deux ans accomplis une génisse, élevée avec ce régime, peut, comme je l'ai déjà fait obsi&t^ ver, devenir laitière.
À Bechelbronn, nous procédons à peu près de la mémemanière àl'élève dubétail. Les veaux tètent jus^ qu'à ce qu'ils aient atteintl'àge de six à sept semaines; on leur donne le pis le soir et le matin; ce qu'ils laissent est recueiUi. Par de nombreux jaugeages du produit de nos vaches, nous avons trouvé qu'en moyenne un veau jNrend, dans les 42 jours d'allaitement^ environ 300 litres de lait. Cette proportion, quiotciUe entre 7 et 8 litres par joiur, s'est trouvée confirmée par
Kl * >
A L IMDinmiB A6KIG0LB. 461
des pesée» directes faites sur un veau avant et après qu'il eAt tété. Levait pris immédiatement après la naissance ne s'élève pas, à la vérité y à cette quantité'; cependant elle est encore assez forte.
Un Teau nouyellemenl né, qui pesait 49,50 le 18 mai, a pesé, après a^oir tété 51,0
Lait pris pendant le repas 1,5 pour 1 jour 3 h
Le même veau, treize jours après» le
31 mai, pesait 59,5
Après avoir tété 63,2
Lait pris pendant le repas 3,7 pour 1 jour 7,4 L
Trois semaines après la naissance, les veaux ont du foin de qualité choisie ; ils en consomment trèspeu d'abord, mais ils s'accoutument assez promp* tement à cette nourriture pour qu'elle leur suffise lors du sevrage; il peut arriver cependant qu'au moment du changement de régime l'animal perde de son poids; mais bientôt l'accroissement reprend sa marche progessive. Si, d'ailleurs, l'on remarque que le veau soufire trop du sevrage, ou bien si l'on juge sa constitution délicate, on continue à lui donner, chaque jour et pendant quelque temps, un ou deux litres de lait étendu d'eau, qu'on affaiblit graduellement à mesure que l'animal accepte plus facilement le fourrage.
Quand on élève avec une grande parcimonie, on sèvre le veau lorsqu'il a 25 à 30 jours, en le rationnant avec du lait additionné d'eau. On arrive ainsi à ne dépenser, pendant le cours de l'allaitement, que
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1 50 à 200 litres de lait ; mais si l'on considère le ré^ Biiltat, on trouve le plus souvent que l'on a fait unp éconon>ie mal entendue.
Durant leur allaitement, les veauiont uue.croissance très-rapide. Les seules données expérimentales, parvenues il ma connaissance, sur l'augmentation du poids des veaux pendant leur première jeunesse, sont celles recueillies par MM. Perrault de Jolemps, dans leur domaine de la Feuiilasse. Je réunirai ces oltservations à celles que j'ai eu l'occasion d'enregistrer à Bechelbronn, où, par une coïncidence heureuse, nous entretenons, comme à la Feuiilasse du bétail de la race de Schwitz : les poids des veaux pesés A leur naissance,
A lu Feuiilasse, ont él<i aa.Okilog.
as.o
3fi.7S
Poids moyen . . . 3 j,5S
A Beclielbronn, né en mai *9.S0
en Kvricp. ... 4fl,ft"'
en février.... 41,0
en avril *S,S
en juin 44,0
ea Diai....'..i 4^0 i
foids moyen U,S '•■
M. Eniesl Perrault est arrivé aux résultats suivants surl'açcroissementdu poids des veaux pendant les premiers joui-s de rallailement {!). , ,^3, .,;»-,, ,4
(I) EmeaPerraull de JoJeuips, Journal dr Bixio, t.V, p. 311.
ANNBXife A L'iNDUBiaU AGRICOLE.
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OC
464 DB L'iCONOmS MS AMOIAinL
Un yeau de la Feuillasse (a» 20), qui
pesait à sa naissance 46 kil.
a pesé, à rage de 19 jours 68,75
Augmentation de poids en 18 jours. . • 22,75, par jour 1,2G
Sur neuf veaux élevés pour la boucherie, la moyenne de Faii^mentation par jour, pendant un allaitement de 22 jours, a été de 1^, 26.
On déduit pour l'augmentation du poids des veaux de la Feuillasse, pendant leur nourriture au lait, le nombre moyen de 1^,24 pour chaque jour, pendant lequel, suivant M. Perrault de Jotemps, chaque veau consomme 11 litres de lait.
À Bechelbronn, j'ai obtenu des résultats qui s'approchent beaucoup de ceux de la Feuillasse ; on a
vu que,
ui.
Un veaupesantàsa naissance 40,50
a pesé, i 3 jours après 63,20
Augmentation en 12 jours 13,70, par jour 1,14
Un yeau né le 12 février, a pesé 40,00
Le 30 mars 78,00
Augmentation en 46 jours de nourriture
au lait 38,00, par jour 0,83
Le même veau, sevré, a pesé le 21 ayril
au matin 88,00
Augmentation en 21 jours 10 par jour, 0,47
On voit qu'à partir du moment du sevrage, Tac^ croissement cesse d'être aussi rapide ; le passage de l'alimentation au lait à une nourriture sèche est une époque critique durant laquelle, comme je l'ai déjà fait observer, un jeune animal perd quelquefois de son poids.
ANNEXÉS A l'industrie AGRICOLE. 465
Kresenz, né le 27 juin, a pesé à sa kîi.
naissance 44,0
Onze jours après 55,0
Augmentation 11,0 par jour 1 ,00
A Vêige de 37 jours, il a pesé 85,5
Augmentation en 26 jours 30,5 par jour 1,17
Six jours après 92,0
Augmentation en 6 jours 6,5 par jour \ ,08
Un autre veau pesant à sa naissance 40,0 a pesé à 4i jours, âge du sevrage. 86,0
Gain 40,0 par jour 0,98
Mes observations donnent pour l'accroissement moyen par jour et pendant l'allaitement l'^.OS
Selon les pesées de M. Perrault, on a 1^ 24.
On peut donc admettre qu'un veau en buvant en 24 heures 9 à il litres de lait, croit en poids, pendant le même temps, de 1*", 13.
On comprend facilement que dans les localités où le lait a une certaine valeur, l'élève des veaux do • vienne assez dispendieux pour qu'un cultivateur n'ait aucun proGt à s'y livrer, surtout s'il prolonge l'allaitement pendant trois ou quatre mois, comme cela arrive dans certaines contrées. Rien ne peut . justifier, à mon avis, une semblable consommation de lait, si ce n'est une production de viande particulière pour la boucherie. Quand on a eu l'occasion d'observer Y élève pour ainsi dire naturel, dans les steppes de l'Amérique méridionale, on reste convaincu qu'on peut former un bétail robuste sans user d'une telle prodigalité. Dans les troupeaux do ces immenses pâturages, les jeunes animaux ne re-