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518 tm l'égonomib dbs AmuAUX
Comme résultat de ce travail, on trouve qu'après le part, en^ moyenne, une vache a donné 2,293 litres de lait pendant 310 jours de traite; son produit moyen de chaque jour a été par conséquent de 7,4 litr.
On a dû remarquer pour Gitana et Galathée, que le maximum de rendement s'est manifesté pendant que ees vaches étaient soumises à la nourriture d'hiver, et que la diminution du lait a continué rapidement en mai, juin, juillet et août , malgré le trèfle vert qu'elles recevaient à cette époque.
Les observations de 1842, que j'ai rapportées précédemment, ont donné un produit moyen par jour de rendement, sensiblement plus élevé, 8,3 litres. Mais les observations faites dans une année entière, sans tenir compte de Fëpoque du vêlage, sont par cela même affectées d'une certaine irrégularité. D'autres circonstances, par exemple, qui eussent fait que dans le cours de Tannée il se fût trouvé un plus grand nombre de vaches arrivées à la période de leur minimum de produit, auraient certainement abaissé le chiffre moyen qu'on a obtenu. A mon avis, la méthode la plus convenable pour fixer le produit moyen d'une vache est de jauger le lait qu'elle rend dans l'intervalle écoulé d'un part à l'autre. C'est pour ^ ce motif que j'adopte 7,4 litres de lait par jour pour le rendement moyen d'une vache de la race de Schv^itz, recevant 15 à 18 kil. de foin toutes les vingt-quatre heures. J'admets aussi qu'une vache, après avoir fait son veau, donne du lait pendant 310 jours.
On cite souvent des rendements en lait véritable^
ANNEXÉS A l'iNPUSTHIE AG&IGOLE. 519
ment prodigieux, et dénature à faire nattre quelques soupçons sur la véracité des personnes qui les mentionnent. Selon certains auteurs, il est des vaches qui donnent r^lièrement et pendant plusieurs mois 25 à 30 litres de lait par jour. Un agronome d'une exactitude incontestée, M. Grud, rapporte que des vaches, remarquables d'ailleurs par leur taille, ont atteint 40 litres. Thaer va plus loin encore, en assurant que des personnes dignes de toute croyance ont vu, dans d'excellents pâturages, certaines vaches donner au moment de la plus grande production, de 42 à 47 li-« très (1). Ces rendements excessifs ne sont en effet que momentanés, et il parait qu'il est peu d'étables où on ait eu l'occasion de les observer. Nos vachers m'ont souvent entretenu de ces sortes de phénomè*nes; mais depuis que l'on jauge avec précision les produits de la laiterie,, je n'ai rien vu qui pût me faire croire à leur réaUté. Des vaches ont bien rendu, pendant quelques semaines 15 à 18 litres de lait ; mais il y a loin de là aux quantités qui m'ont été indiquées.
Toutefois, une vache, nourrie surabondamment dans un herbage de bonne qualité, donne des produits considérables. C'est le cas en Normandie. Ainsi une cotentine du poids de 545 kilog. a fourni, pen-^ dant le mois de :
Lait. litr.
Mai « • . , 043 Htr . par jour 20,74
(1) F. M. Maison rustique du i9« siède, t. Hl, p. 59.
i 520 DE L*ÉC(mOUIE DES ANIMAUX
Juin..*. 584 49,47
f Juillet.. 547 17,65(1]
La Vache a été traite trois fois par jour; malgré [ cette forte quantité de lait, elle n'a pas maigrie ; à la
fin de juillet, son poids était de 543 kilog. Dans le Bessin et le Gotentin, où sont placées les I plus belles vacherie^ de la Normandie, le lait est des-
I tiné à la préparation du beurre, et, durant les mois
i de mai, juin et juillet, saison du plus fort rende*
I ment , on estime qu'une vache en donne par jour
De tels produits, sont nécessairement la conséquence d'une forte consommation d'aliments ; en effet, une tache du Cotentin dépouille par jour une surface d'herbe de 80 centiares; en d'autres termes , un hectare fournirait, en une coupe , la nourriture de 125 vaches. — M. Durand évalue à 30 kilog. le foin que mange une bonne laitière ; encore faut -il pour l'entretenir pendant quelque temps dans un rendement de 20 litres de lait par jour, sans qu'elle perde de son poids, substituer à une partie du fourrage sec des aliments aqueux, tels que la betterave. Ces données établissent qu'en Normandie , une vache laitière reçoit quelquefois , comme ration, 5"^,5 de foin pour 100 kilog. de poids vivant.
Une nourriture abondante est indispensable pour que les vaches puissent donner d'abondants produits;
(i) Jaugeage fait par M. Durand deCaen.
ANNEXÉS A l'industrie AGRICOLE. 521
mais on exagère souYent outré mesure l'influence que la nature particulière des. aliments peut exercer sur la section du lait. Chaque cultivateur semble en quelque sorte prendre à tâche de prôner une espèce de fourrage. Suivant l'un, la carotte posséderait la précieuse faculté d'augmenter la production du lait ; selon tel autare, ce serait la betterave. Chaque racine , chaque tubercule a trouvé des apologistes. La vérité se rencontre au milieu de toutes ces opinions extrêmes, et j'ai l'intime con* viction que tous les fourrages qui entrent habituellement dans la ration des bétes à cornes sont aptes à produire d'excellents effets quand on les administre en quantité suffisante, quand on ne se méprend pas sur la valeur de leurs équivalents. Je ne crains pas d'affirmer que Topinion de la plupart des agriculteurs repose sur des observations tout au moins incomplètes.
Nous avons entrepris, à Bechelbronn/, une suite d'expériences pour examiner si réellement la nature spéciale des aliments consommés par les vaches influe d'une manière appréciable sur la quantité et sur la constitution chimique du lait. Ces recherches ayant été dirigées dans un but purement pratique et dans l'intérêt de notre laiterie, nous nous sommes limités à étudier l'action des fourrages que nous donnons ordinairement aux vaches.
Le régime alimentaire varie nécessairement avec les saisons ; mais, chaque tête reçoit chaque jour pendant de l'année l'équivalut de .15 à 18 kilog. de
522 DE l'ÉGONOIOB DBS ANIMAUX
ibiu de prairie ; le foin en nature entre d'ailleurs constamment et pour une forte proportion dans la ration, lorsque les bétes ne sont pas entièfement au yert. En hiver, ce fourrage est associé à des bette^ raves, des pommes de terre, des navets ou des topinambours. Au printemps, le foin est remplacé graduellement par du vert.
La composition chimique du lait a peu varié durant . le cours des expériences. Pour le caséum^ les différences trouvées dépassent rarement un centième. Les proportions de la substance grasse offrent, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, des variations assez brusques qui paraissent indépendantes des circonstances diverses dans lesquelles les vaches ont été successivement placées.
Voici les résultats :
COMPOSITION DU LAIT OBTENU SOUS L*1NFLUENCB DE DIVERS RÉGIMES ; LA VACHE RATIOUNÊB avec l'équivalent de 15 KiL. DE Fom.
ALIMENTS
Foin . ,
Foin; trèfle en vert..
Trèfle en verl
Trèfle en verl
Trèfle en verl
Foin ; pororo.delerre Pommes de terre....
Belteraves ,
Navets
i opinambours
joiin.
Ca«éiim.< Beom. Laetin».
Bao.
En définitive , ce travail a établi que la na*
ANNEXAS A l'iNDUSTBIB AGRICOLE. 523
ture des aliments consommés n'elerce pas une in<^ fluence biëiiF marquée sur la quantité et la constitutiob chimique du lait (je ne dis pas sur la qwâUéS^ si les Taches reçoivent les équivalents nutritifs de ces différents aliments. J'insiste sur ce point, car il est de toute évidence que si le poids des différentes ra« tions u'était pas calculé d'après celui des équivalents, on observerait des variations dans la quantité ; mais alors cesvariations auraient pour cause l'augmentation ou la diminution de la matière nutritive administrée. Les vaches réduites à se nourrir presque unique-* ment avec de la paille pendant l'hiver, cessent de produire ; et Ton comprend qu'on attribue le retour et l'abondance du lait aux fourrages verts du printemps, tandis que cet effet est dû, à n'en pas douter, à l'augmentation réelle de la ration alimentaire.
Dans les établistements oii un bon système de culture permet d'assurer au bétail, dans toutes les saisons, une nourriture saine et sufifisante, les produits d*hiver de la laiterie , s'ils diffèrent de ceux de Tété ou du printemps, ne présentent, en tout cas, qu'une différence bien moins sensible qu'on le suppose communément. Je suis, d'ailleurs, persuadé qu'on estime trop bas la valeur nutritive des fourrages verts, et qu'en réalité, lorsque le bétail mange du trèfle ou de la luzerne non fanés, il est beaucoup mieux nourri que dans les circonstances
S^il est vrai que le {dus ou le moins d'abcmdance du it dépende surtout de la qvahtiK réelle d'aliments
524 DE l'écohoiub des animaux
eonsommés par les vaches, il n'en est plus ainsi de la qwdité. On ne saurait nier que le lait du prin • temps j émanant de fourrages veris , ne soit plus agréable au goût, que le beurre n*en soit plus délicat. L'herbe contient certainement des principes fugaces que dissipent la dessiccation et la fermentation des foins ; ainsi, dans les pâturages, on signale quelques espèces founagères, possédant la propriété d'aromatiser le lait.
En recherchant quel est la quantité de lait résultant de la consommation de 100 kilog. de foin par des vaches bien nourries, je trouve :
litres.
Moyenne de notre éiable 45,3
Yaches oolentines, maximum de rendement. . 64 Selon Pabst, rendement moyen 37
La vacbe ne d^nne pas seulement du lait, elle forme encore de la chair, c'est-à-dire le veau, mais il est imposssible d'évaluer séparément ce que chacun de ces deux produits prend à la ration.
M. A. DatUy a constaté que dans le domaine des Trappes , près Versailles , les vaches de trois à quatre ans, dont les veaux sont enlevés deux jours après la naissance, rendent en consommant 100 kil. de foin :
Lait 40 litres.
Chair Tiyanle. i ktl.
Pour la même consommation, les mêmes vaches^ auxquelles on laisse le& veaux jusqu'à ce qu'ils aient quarante jours, produisent :
ANNBXÉS A l'industrie AGRICOLE. 525
Uil 30 1ilr.
Chair viranle. 2 kil.
On a prétendu que l'usage du sel marin rendait plus abondante la sécrétion du lait. J'ai fait des expé* riences y dont les résultats ne sont rien moins que favorables à cette opinion, soutenue, comme tant d'autres, sans être appuyée sur des observations précises.
Junon, n"" 25 de Tétable, avait vêlé le 8 janvier. — > A partir du 20 février, elle a été mise au foin, donné à discrétion, mais sans sel ; ensuite elle en a reçu 1 00 grammes par jour.
Cette vache ayant été reconnue comme étant faible mangeuse, et, par cela même, assez mauvaise laitière, on a mis en observation Cordula, n. 18 de l'étable.
Voici le détail des deux expériences :
Tableau.
DE l'ÉCOMOMIB des ANIMàUX
JVNOll : POIDS, 416 KILOGRAMMES.