UL UL
utr. Utr.
40,39 de laiU 40,04
528 DB l'écokohie des anixaux
Il ressort évidemment de ces deux séries d'obser- Tations que le sel n'a pas eu d'effet utile. Junon» en consommant plus de fourrages sous l'influence du sel, a même donné moins de lait.
HH. de Béhague et Baudement sont arrivés à des résultats entièrement conformes- à ceux que je viens d'exposer; ils concluent de leurs expériences, faites sur trois vaches, que le sel a été sans influence sur la lactation.
A parité des circonstances , l'engraissement peut avoir sur la laiterie quelques avantages; ainsi on rentre plus promptement dans ses avances en engraissant qu'en entretenant des vaches laitières pendant toute l'année. Le capital employé dans la première opération est réalisé au bout de quatre ou cinq mois, tandis que celui employé à produire du lait se trouve dans un roulement continu.
La quantité de nourriture nécessaire pour porter à point le bétail qu'on engraisse, ne varie pas moins que celle qui est requise pour assurer une abondante pro* duction de lait chez les vaches. Ainsi , la grandeur des individus, leur âge, leur race et la proportion de chair et de graisse que Ton veut développer chez un animal, exigent des doses variées de fourrage* L'âge surtoutesl à considérer, car, en soumettant un animal jeune à l'engrais , on forme à la fois de la chair et de la graisse. C'est toujours ce qui arrive lors de l'engraissement des bœufs de deux ans, des porcs
ANNEXfe A L^INDUSTRIB AGRICOLE. 529
de dix à onze mois ; Faccroissement de poids vmmty dans ces conditions d'âge, n'est pas dû uniquement à la graisse accumulée. Chez un individu dont le système musculaire est complètement formé, il y a tout lieu de croire que l'accroissement de poids, conséquence du régime de l'engraissement, est dû au développement du tissus adipeux. C'est encore une faculté que donne la pratique, que celle d'apprécier la disposition des animaux à prendre de la graisse. Lorsqu'on a pour objet la production de la viande, on doit préférer des sujets jeunes dont la croissance est rapide. Ceux chez lesquels les forces digestives prédominent ont généralement une lai^e poitrine, un corps volumineux et arrondi, des côtes bien arquées ; les os sont petits, les membres courts, le cou peu allongé et épais ; la peau douce , flexible , moelleuse au toucher, elle doit être mince et très mobile sur les côtes ; la queue peu fournie , des fesses peu fendues et bien charnues, caractères dont l'ensemble se résume en disant que le sujet est bien cuhité. Le regard est vif et assuré, les cornes minces, blanchâtres et (yresque transparentes. L'animal doit avoir été châtré alors qu'il était à la mamelle.
Un fermier anglais, Robert Bakewell, est parvenu, après des essais nombreux dirigés avec une haute intelligence , à créer une race de bétes à cornes et de bêtes à laine particulièrement propre à l'engraisse* ment. Le principe fondamental que Bakewell a établi, comme conséquence d'une longue expérience, est que la petitesse des os, une peau mince et une forme
930 DB ijÈc&mmvR dbs animaux
de eorpâcyUodriquç indiquent,. chez les aaimaux^ la faculté de prepdre promptement de la graisse, en consommant une quantité de nourriture cottiparaticernent peu considérable; Les caractères les. plus saillants qui se montrent dans la race créée par BakeweU, désignée communéjnent sous le nom de race de Dishieyy sont :
l"" L'animal bas sur jambes;
T L'épine du dos droite, et le dm- large et plat ;
3^ Le corps fiNrrondî, presque cylindrique ,
4* La poitrine large (1).
On considère un bœuf comme ayant eu une rapide croissance quand, parvenu à T&ge de trois ans, il pèse 462 à 4t8 kilog. La fàcUité de s'engraisser jeune est aussi une précieuse qualité que l'on aime à rencontrer dans le bétail destiné à la boucherie; Téleveur rentre plus tôt dans ses déboursés. Sinclair pense qu'indépendamment d'une bonne constitution, cette faculté provient principalement d un caractère doux, et, comme la docilité est le plus souvent un effet des premiers soins qu'il reçoit, il convient de rendre le jeune bétail très^faniilier«*
Les différentes races de bétes à cornes ne donnent pas toutes de la chair de même qualité, et cela indépendamment de l'âge. Les viandes réputées supérieures ont un goût très-prononcé* et caractéristique après la cuisson ^ la graisse doit être uniformément répartie entre les fibres des muscles,
(1) De Dombasle, Annales de Roville, 2« livraison, 1825.
ANNEÎÉS A l'iNDUSTBIB AGEICOLB. S31
de manière à leur donner une apparence marïïrée (1).
Dans l'engraissement du bétail , il importe peutêtre plus encore que dans Talilnentation ordinaire , que là nourriture soit distribuée avec régularité; unfe litière abondante sur laquelle Tanimal repose mbllëmenty une' grande propreté , sont des soins qui concourent à rdndré Tèngrais facile. L'étiablë doit être peu éclairée, éloignée du bruit ; en un moi, 11 faut réunir toutes les conditions qui provoquent' ie^ betes au sommeil.
L'&ge auquel le bétail s'engraisse le plus aisément est celui dé sept à huit ans. Les animaux au-dessous de cet âge, sont cependant susceptibles d'acquérir un haut degré d'embonpoint ; mais ils exigent et plus de temps et plus d'aliment (2), par la raison qu'ils forinenl encote de la chair.
Dans l'engraissement d'hiver , que, dans certaines contrées on fait exclusivement avec du foin, un bœuf, poussé à 340 kil., quand il est rationné avec 18 kil. et demi de ce fourrage , augmente par jour de près de 1 kilog. (0*,93) (3). .
Selon M. Low, un bœuf d'environ 350 kilog., consommant par setnaihe 1,015 kil. de turnéps, s'il profite bien, gagné en poids dans le même espace de temps 6^,35. Admettant pour l'équivalent du
tumeps 676 (4), oh trouve que la ration de foin
(1) Sinclair, Agriculture pratique et raisonnée, 1. 1, p. 182.
(2) Thaer, Prir^dpes rai^tUs d^agricfultvre^ l. IV, p. 362.
(3) Siaclair, Agriculture pratique et raisormée^ t. I, p. 359.
(4) Je prends l'équivalent de rutabaga.
532 DE l'ÉGONOUIE DBS ANIMAUX
par jour devient 21%4) ayant produit 0^,91 d'accroissement.
D'après les renseignements recueillis dans les provinces rhénanes par M. MoU, un engraissement entrepris sous l'influence d'un régime représentant 5 kilog. de foin pour 100 kilog. de poids vivant, procure à l'animal une augmentation du tiers de son poids en trois ou quatre mois (1).
J'ai hâte d'ajouter à ces données générales quelques faits précis. En dernière analyse, ce sont les seuls être acceptables par la science agricole.
Dans une série d'expériences, H. Robert Stephenson s'est proposé de comparer les progrès de l'accroi^ment de poids che? les bétes à cornes soumises à des régimes alimentaires différents (2). M. Stephenson, admettant que les animaux consomment une quantité de nourriture proportionnelle à leur poids lorsqu'ils sont à peu près dans les mêmes conditions, a dû diviser son bétail en plusieurs lots, formés chacun par des animaux de poids peu différents. On a pris des bœufs de deux ans, élevés dans la même ferme, entretenus de la même manière. Je résumerai ici une observation dans laquelle les observations ont porté sur trois lots de six bétes chacun. Le poids en vie de chaque lot a été constaté avant et après l'expérience dont la durée a été de 119 jours. Le premier lot a consommé des tumeps, des na-
(i) Moll, Journal (^agriculture pratique, t. V, p. 520.
(2) Hoberl Stephenson, JourtuU d'agriculture ffraUque, 1. 1, p. 73.
ANNEXÉS A l'industrie aorigolb. 533
Têts blancs, des tourteaux de graines de lin, des fèves et de l'avoine, et pendant les vingt-quatre derniers jours chaque béte a eu, toutes les vingt -quatre heures, 9"',o8 de pommes de terre.
Le second lot a été nourri comme le premier, avec cette différence qu'il n'a point reçu de tourteaux, et que, durant les vingt-quatre derniers jours, la dose de pommes de terre a été réduite à 4^,54.
Enfin, le troisième lot n'a reçu que des racines pour nourriture.
Le poids moyen des bœofs était de :
l*' lot ayant rengraissement. 507 kil.
V lot 462
3* lot. 361 .
Voici le poids et la nature des aliments consommés par chaque béte pendant les 119 jours :
Tableau.
534 DE l'^ONOHJB DBS ANIMAUX
«UHKNTS COIISOUMÉS, PAR CnkQUE TÈŒ, EH 119 JOURS. ,y
ANTIEXÉS A/ L'^flDUnNOBnJlèBIGOlE. 9S9'
. L^ peséçs ont ifidiq ué^ pew l'aoei^ûssâmrat «de* pp^ç^ pédant l'engraissepieQt, le$ nombre» 8«iy|UAta :
* AMToiitemèot
Augmentatloo en chiir et ^reiaie
par tète par jour
en 119 jours. et par tAle.
. I ' kit klL
l"lol 112,5 0,94
«• lot ' *i05,3 " 0,89
3« lot 61,2 0,45
Suivant les comptes présentés par M. Stephenson, le kil . de poids en vie serait revenu : . .
Pour le 1" lot, à Ifr.OOc. ,
Pour 1e2* lot, à 0 84
Pour ie3^ loi, à,w..... 0 88
On voit dmrementi qiieileiot dont 4a ratioYi était la plus abondante, celle dans laquél]|e il ^qtrait le plus de principes azotés, de viande^ a produit le plus de poids vivant dans un temps donné, eLque le lot qui a reçu le moins de nourriture a éprouvé une moindre augmentation en chair et engraisse; ces résultats étaient faciles à prévoir. On reconnaU ^ outre qqe, proportionnellement à la valeur nutritive consommée, l'accroissement du poids vivant a ^té plus fort chez les deux lots qui ont pprçu Iç moii\s de qçurriture. Ainsi, nous trovvQus^que s^ir le premier lot^ )e plu$ abondamment nourri, 100 kilog. dç foin ont donné 4^,, 4. de potdfi^ vivant, tandis, que la même quantités de fo^urr^ge ejç^ a,pyp|4\iit ,5,^. et 5,3 isur je mfmA et le troisième alimentés ..av.eo le pliKS de parcir monia; ce fait s'expU^ie. tout naturellement. Passé
536 DE L*<G0N01IIB I»8 AHUfAUX
une certaine limite^ plu8 un animal reçoit de nourriture, plus est petite la fraction assimilée dans Toi^anisme. Aussi les nourrisseurs ont^ls reconnu qu'il n'est pas toujours avantageux de pousser les animaux à l'engrais au delà d'un certain point d'obésité; l'excès de poids qu'on obtient à l'aide d'une nourriture en quelque sorte exagérée ne compense plus les dépenses; c'est ce que confirmeraient encore au besoin les expériences de M. Stephenson, car elles conduisent précisément à la même conclusion.
En cherchant l'augmentation réalisée par 100 kil. de poids en vie, pendant l'engraissement^ on a :
i^ lot. lOO.kil. ont gagné en i 19 jours, 22^2 2« lot. id. id. 22,8
3« lot. id. id. 14,1
L'engraissement du bétail à Tétabie est rarement fait avec du trèfle, dé la luzerne en vert ; cependant, avec ce régime, les animaux engraissent avec rapidité. Dans le cas où le vert relâche trop, on donne une fraction de la ration en nourriture sèche. Vers la fin de l'engraissement, on administre ordinairement du tourteau délayé ou des grains concassés, mais ces additions ne sont pas indispensables, elles sont toujours coûteuses, et j'ai vu plusieurs fois des vaches entièrement au trèfle vert à discrétion acquérir un embonpoint remarquable, bien qu'on n'ait pas cessé de les traire.
Dans tes pays à pâturages, Féconomie du bétail
ANimSte A L'imUSTRIB AGRICOLE. 537
offre de grands avantages, mais Tengraisseraent rapide ne peut avoir lieu que dans les herbages les plus fertiles. Telle prairie suffisante pour l'élève ne convient plus autant au bétail fait. Un herbage doit être situé dans un pays bien arrosé ou rarement exposé aux grandes sécheresses, là oh le climat n est pas excessifs où la température des étés, comme celle des hivers, reste fixée dans des limites moyennes. Telles sont les conditions dans lesquelles se rencontrent certains pâturages de l'Angleterre ; en France, ceux de la Normandie, de la Bretagne. La Suisse, la Hollande, une partie des provinces baignées par le Rhin, etc., offrent aussi de riches et magnifiques herbages. Dans de semblables situations, la spéculation agricole doit être, et est en effet presque exclusivement tournée vers l'économie du bétail. Aussi, là où il est possible de former de vastes prairies, on commence à comprendre que c est faire une fausse application de la science agricole que de vouloir y maintenir ou y introduire le système de culture alterne perfectionnée. A mon avis, il n'y a pas de rotation, quelque bien entendue qu'on la suppose, qui puisse soutenir la comparaison, sous le rapport des produits, avec un herbage bien entretenu etfavorablement situé. La raison en est facile à saisir, et elle se déduit des principes mêmes que nous avons posés en traitant des assolements. L'objet qu'on se propose dans un bon système de culture, est de faire produire à la terre la plus grande quantité possible de matières oi^^aniques dans un temps donné. Mais dans un tel système on est li-
miié par Iç diiiKaty puisqu*on> est oUigé de d{gpo9nr les cultuFes de telle façon, que les plantes de la rotation parviennent à leur complète maturité'; il arrive donc, quoi qu'on fasse, que la terre reste sans produire ou produit très-peu pendant un certain. nomtwe de jours, vers la fin de l'automne, au conunencement du printemps et durant l'hiver. Dans les herbages, la végétation est continue, l'hiver même ne l'interrompt pas complètement ; elle s'anime durant les.jours de soleil ; aile commence au printemps lorsque la tempe* rature moyenne est à quelques degrés au-dessus de 0, et marche sans interruption jusqu'au retour de la saison froide* Oa peut donc assurer que . dans le même temps, un herbage fourni, sur une surSetoe donnée de terrain^ plus d'aliments que toute. aulre> espèce de culture^ Il est vrai que les fourrages ne sopt pas destinés- directement à la neurviture de l'homme, mais ils* y concourent néanmoins en servant à la produclioi;i du lait, à l'élève et à l'engraissement du bétail ; iqu'on ajoute à l'avantage d'un^ végétation pour aiitsi dire permanepte, celui non moins gr^nd .d'uD6 main 4'<3^yre;.jiofi^iment moins coûteuse.,.et par dessus tQiftc€|tt& sécurité d'olj^tenir une révolte; qijie^i^e .don^ei^ pas toujours ;. les terras aral^esr ..', • ..i ■ ■ ^•'- j . • . •
Sur les bords de l'Elbe, en Hollande, dans les envi-» roDS d'ArnliQiifif (Oni^sgetpÂturer dapç^.l^ praifies pendant une anQjée> et l'on £ait faucher l'année sui^ vante, aii^ alt^urn^utjtvswent. lâei . bétail est r pourri à l'étable met- du foin pendant l'hiver. On le conduit
sur les herbages çn mai. Dans les contrées basses, on ar^onnu qu'il, faut, pour engraisser un grand bœuf, une surface ^e pré d'environ 83 ares, sur laquelle il pâture pendant cinq à six mois (1). Dans les fonds de première qualité, près de Dusseldorf, on suppose que reugratsseiQQQt d'une vadie exige i 5 ares de pàiu-* rage (2).
Dans la iTallée de l'Âuge, en Normandie (3), les bœufs sont mis directement à l'engraissement sur les prairies désignées sous le nom d'herbages. Un herbage^ jdemandë uii sol riche, frais, capable de conserver Thumidilé, et par suite de retenir ces dépôts d'eau ou mares qui sont . autant d'abreutoirs. Sous > ce rapport , la bonté d'un herbage dépend évulemment de la nature du soushsoI. Le terrain coiisiste eo; une épaisse couche d'hunius, reposant ^ sur de l'argile ; aussi, est-il exltrètoement rare que l'humidité vienne à manquer à la végétation du gazon, ^est au printenips, que le&hepbagers vont au moigre/T c'est à dire* que les «péculaleurs achè* tent dans les paiys où Von fait l'élève, les anittiâBxi maigres pour les installer dans les pâturages depuis le commencement deîi mars {usqu'à la fin de mai. Au commencement dû 'pHntemt>s," l'herbe est parfois insuffisante ; dans ce Ç9^, Jft ^aiil r^pf J 4^ ^|a .cpffive supplément de nourriture, et l'on diminue graduelle-
(1) Thaer,-fWiie^ rèiémitèêê d^agricultuté, t. IV, p. Me.
(2) MoJI^ /oufftâi if âtjPfiM^
(3) V/ms Dabois, Annaies de l'Agriculture française, t. XXIX, p. 169,H* série.
540 DK l'ëconomib des amhaux
ment cette ration supplémentaire, à mesure que le vert croit dans la pâture. Le paccage est dans la plus grande activité au mois de mai, et il est ordinairement terminé à la rai-juin.
En moyenne, dans l'engraissement tel qu'il se pratique dans la vallée de l'Auge, M. Dubois trouve, en prenant les résultats obtenus sur des biens de localités dilTéreutes, que ta chair nette d'un bœuf maigre étant :
de 215ldl.
devicDl après reDgraissemenl 347
Gain moyen en chair nette pur li^le. 132
L'engraissement de certains individus est souvent prodigieux; comme résultat extrême, M. Dubois cite des bœufs cotentins qui ont pesé, gras, SOO kitt^,; un d'eux est même parvenu au poids énorme de i,2S0 kilog.
La hauteur des bœufs engraissés dans les herbages de l'Auge varie de 1 m., 62 à 1 m., 16 (mesurés sur les hanches). Quand ils sont bien gras,
ils reodeni : 260 h 460 kil. de quartiers. 33 à S3 de cuir.
4S à 68 demif.
On engraisse dans les fonds de :
Première qualité, sur 23,43 un gros bœuf. DeuiiËine id. 39.04 un bceur moyen.
Troisième id. 31,23 un petit bœuf.
M. Dubois ])orte îa nourriture consommée en vert
AimBXÉs A l'industrie agricole. 541
par un bœuf pendant les huit mois d'engraissement à l'équivalent de 3,000 kil. de foin sec ; c'est du moins ce que produirait la surface d'un pré capable d'assurer l'engraissement d'une pièce de bétail. On trouve ainsi, qu'en moyenne, la ration perçue en fourrage vert équivaut à 12 k., à de foin par jour ; cette ration paraîtra faible, et elle le serait en effet si les bœufs ne séjournaient pas aussi longtemps dans les herbages. Au reste, M. Dubois fait remarquer qu'à rétable, avec un régime composé de 5 à 6 kil. de tourteau de graine de lin et de 12 kil. de foin, un bœuf engraisse suffisamment en soixante et dix jours, en prenant une qualité à peu près égale à celle qu'il acquiert dans les herbages. Ce fait n'a rien de surprenant, car le tourteau a une valeur nutritive trèsélevée, et, de plus, il apporte chaque jour enviroQ un demi-kilog. de graisse.
Dans rOlt-Frise, où les pâturages jouissent d'une grande réputation, les résultats sont comparables à ceux qu'on obtient dans la vallée de l'Auge. Un bœuf de 350 à 45U kU. est poussé à 500 et 750 k. dans un herbage de 25 à 30 ares (1).
Dans TAuge, l'engraissement s'effectue, même pendant l'hiver, sur des bœufs admis dans ies pâturages depuis le 15 septembre jusqu'au 15 novembre. Ces animaux y passent la saison froide, mais chaque tète reçoit par jour de 6 à 12 kilog. de foin, jusqu'en avril, époque où l'herbe devient suffisante pour les
(1) /otimol d^agricuUuref année 1837.
542 • se' L^lSCOTOHIË DES ANlUi^Ui
nourrrr; ces bœufs sont ordiriah'emôtiti gras et pro près à la venle- en juillet. * .m
Nul doute qlie mêttie en hivferîl ne se produise de rfaei4)e dans les prairies. J'ai déjà fkit observer que ies graminées croissent par une température assez basse) puisqu'elle est seulement de quelques degrés au-Mlefisud de ^: C'est ce qu'on remairquk d'ailleiirs pour le frométit et pour le seigle^ durakit les hivers pèti rigoureux. Sur les plateaux très élevés des Andes, et je puis dter la métairie d'Ahtisana^oii voit deb trbupeaux pàterer dftns dès savannes téiUjours vei^ dôydntès,^ont'la température imoyentife' et presque constante, est 46 5 à 6 degrés. Le&hitëi^'^eu rigoureux des'ptfys berbagers s'approchent iie cette con^ ditlôn. ' • » ' ' »' . ' r. î > ,
Mtis les Obâk^vations dé M. Dubois iur* l'engrais* sèment dans les herbages de la vàlMëcl'Aâgé/ l'accroissement du poids du bétail est expriihé en chair nette. On nomme ainsi' la viande de boucherie que Von peut retirer d^uhé plèée de bétail; ottia désigne aussi parte nom de ^quartiers, parce qu'éti découpant les animaux abattus, on les divise ordindit^ment en ^tlâtttie. lièi {Parties les plus recherchées cdtnrae nour- TilUre s6nt lès quartiers de derrière ; ils' pèsent un peu moins que ceux de devant, bien que ^lus l'animal est Men en chair et en gt*aisse, moins là différence est sensible, 'i * On s'est appliqué depuis longtemps à i-ècherchier le rapport qui existe entre le poids d'un animal vivant et la quantité de chair nett&^oû JJoidfe de boucherie.
ANNEXâB A l'INDISTRIB A6RIC0LB. 543
qu'il donne après l'abattage; ifest^i-dire après qu'on en a ôté la tête, les ayant-membres, le suif, la peau et les entrailles. Ces différentes parties composent, par leur réunion, ce qu'on appelle les issues. On conçoit que la perfection d'un animal engraissé pour la boucherie réside dans ce que , après son abattage, le poids des parties destinées à la nourriture de l'homme s'approche le plus possible du poids vivant ; et l'on devine aisément que le rapport du poids vivant au poids de boucherie doit varier avec l'état d'embonpoint des animaux, leur âge et leur race.
Procter Anderson a trouvé que, pour un bœuf qui n'est pas absolument maigre,
iOO de poids vivant donnent. . . . 53,5 de chair nette. Pour un bœuf un peu plus gras. 55,0 id. Un bœuf complètement gras. . • 6i,2 id. (1).
M. Layton Coke admet :
Pour un bœuf maigre. . . . 60,0 id.
Pour un bœuf ordinaire.. 65,0 fd.
Pour un bœuf gras 70,0 id. (2).
D'après un grand nombre d'expériences faites sur des animaux âgés d'environ deux ans, et qui se trouvaient à peu près dans les mêmes conditions, M. Ste« phenson a pu déterminer avec exactitude le poids de la chair après la mort. Cet éleveur s'arrête aux rapports suivants, pour 100 de l'animal sur pieds :
(i) Thaer, PHwdpes raisonnes d: agriculture, t. IV, p. 355. (2)Quetelet, Annuaire de f Observatoire de Bruxelles y année
544 DB l'économie dks amuàux
Chair nelte 37,7
Suif 8,0
La peau N,9
EDtraillesetdépouilles.. SS {<)■
La chuir nette et les issues ont aussi Été déterminùes avec précision sur une vaclic abattue ea présence de M. Mallo. La vache était grasse et de la race do Durliam. Sun poids vivant 68U kilog. On a obtenu :
Les ((eux quartiers de devant pcEanl. 184,5 i
Les doux quartiers de derrière 192, S)
Lu cuir 28, U
Liîsuif ... 31,0
Le sang SO.O
Tille, avant- membres, entrailles, elc. . . 173,5 680.0