‹ Économie socialeChapitre 17 sur 49 · LA DISTRIBUTION DES RICHKSSBS · texte numérisé non relu

LA DISTRIBUTION DES RICHKSSBS

éloges, ne peut que se généraliser et devenir finale-* ment une règle, un trait de mœurs , une forme réglementaire de rindustrie, et remplacer en quelque sorte les avantages nombreux des anciennes corporations, des maîtrises et jurandes du moyen-&ge, sans en avoir aucun des inconvénients.

Il doit arriver dans Témancipation contemporaine 6u future des classes inférieures quelqiie chose d'analogue à ce que l'on vit au moyeu-4ge, lorsque les seigneurs, animés de la vie morale nouvelle communiquée par la prédication el les exhortations des saints et de l'Église, accomplirent eux-mêmes, de bonne volonté et par un acte très méritoire, Tafiran* chissement de leurs esclaves ou de leurs serfs.

Aujourd'hui et depuis deux cents ans, que de voix en faveur du pauvre, du salarié, du prolâaire ! que d'éloquentes et persuasives paroles sur l'^^alité des hommes, sur la fraternité, l'amour du prochain, le désintéressement, la générosité, le mérite des bonnes œuvres I....

Et Ton voudrait penser que les hommes opulents, les classes élevées restassent sourds à jamais à cette propagande, et qu'une sainte émulation ne prit pas un jour au cœur les chefs de Tindustrie et ne leur fît point hâter raffranchissement des ouvriers, ici en les associant à leur prospérité par une mise première de fonds , en leurs noms ; en les admettant comme cosociétaires dans leur industrie, en raison de leurs épargnes , de leurs propres mises et moyennant ample salaire ; là, ea leur facilitant Té*

CAPITAL^ TIAYAIL BT TALBlfT. 149

et l'instruction professionnelle ; partout en leur accordant une plus forte proportion dans le partage des bénéfices I

Ne peut - on pas espérer aussi que les gouver-^ nements eux-mêmes, exécuteurs des inspirations nationales, ouvriront un jour de nombreux atelio^s publics d'instruttion technique, des écoles d'arts et métiers où les jeunes générations, sans distinction de rangs, viendront s'initier gratuitement aux devoirs et aux fonctions?

Les mines de Littry, dans le Calvados; celles de CornouaiUes et les établissements de New-Lamark en Angleterre; celles de Harlz; les grandes manu-* factures de Lowell dans les États de TUnion améri* caine; la filature de Gisors, en France; les ardoisières d'Angers et maintes exploitations agricoles, maintes fabriques et usines, sont des produits déjà féconds de ce même esprit de charité , de haute prévision sociale ou d'intérêt bien entendu , qui désormais va devenir régnant, saisir, inspirer la haute industrie et les directeurs les plus puissants du mouvement inouï que les chemins de fer viennent communiquer au travail !

La plupart de ces établissements se distinguent par un élément d'avenir :

Dans les uns {à Litirjr), c'est l'aptitude et le zélé qui sont des titres à l'avancement^ comme on ferait dans un régiment pour les grades; c'est la hiérarchie de la capacité qui s'y organise timidement, mais avec honne volonté et inspiration louable.

150 LA msniBimoii ras mcBBSstt.

Stnâ 1m autres (ks ardoisières iTJngêrs), c'est iiti0 solidarité qui se noue entre les chefs mêmes des établissements concurrents , en vue de mettre fin à leur rivalité dépréciativei à leur production quand mimé : \om de faire tourner cette solidarité contre les ouvriers^ ou contre leurs autres concurrents^ en réalisant une coalition puissante qui équivale au mo* nopole, ils la réalisent au contraire pour rendre ces maux impossibles.

Dans d'autres (à Hartz) enfin, c'est une charité, un sentiment d'équitable distribution, qui va jusqa à faire peser les réductions nécessitées par les circonstances sur les traitements des chefs et des employés, à l'exclusion des salaires de l'ouvrier.

Parmi tous ces spécimens vivants de l'économie intérieure des établissements industriels à venir, que les modernes expédients tendent à multiplier , il n'en est point de plus frappant que celui des fila** tures de cotonnades de Lowell dans l'état de Massachussets, aux Ëtats-^Unis. Sur 6,000 ouvriei*s qu'elles emploient , 5,000 environ sont de jeunes filles livrées à elles-mêmes très loin de leurs familles. Elles sont logées dans de vastes et élégantes maisons que chaque société a fait élever dans ce but autour de l'établissement principal. Des directrices sont préposées à la gouverne de la maison. On retient pour leurs émoluments une faible somme sur les salaires hebdomadaires de chaque ouvrière. Ces di^ rectrices sont responsables de la conduite des jeunes filles devant la Compagnie, laquelle se donne mis

CàFDTALj TB4TA1I. BT TAUEIfT. ISf

aion de oontrôle sérieux^ eta formulé un régl»»> ment sirictement observé. L'un de ces règlement!» rédigé en 1833j qui offre le résumé complet de ceux des autres compagnies » porte en substance robljgalîon, pour toute personne employée par la société y d*être assidue à sa fonction pendant les heures de travail; de la remplir dés qu'elle s'en est chargée par choix , ou d'y tendre de tous ses efiTorts ; de pratiquer la tempérance et la vertu,, et les devoii-s d'une sociabilité avancée ; la paresse» l'intempérance, la négligence des pratiques religieuses, la passion du jeu ^ sont des causes de renvoi ou d'exclusion. Les spiritueux , les jeux du liasard , sont défendus dans les établissements de ces compagnies. Chaque ouvrière est tenue d'habiter dans les appartements de la Compagnie^ qui rend responsables respectivement les directrices ou les locataires de la propreté et de la bonne tenue des maisons, de la ponctualité et de la qualité des repas ; dulxHi ordre, de l'harmonie, de la conduite des jeunes filles* Ce sont enfin des pensions/ des collèges pour la jeunesse ouvrière , pour Vindus** trie : les directrices en sont les Monômes, et les membres de la Compagnie, les prouiseurs et les censeurs.

Ces règlements vontjusqu'àoontenirdesallocu-* tiens sur la nécessité de l'obéissance et de la sobordi* nation, qu'ib regardent comme compatibles avec la véritable liberté,

La fermeture de ces maisons ; qui ne se louent

152 LA DISTRIOmON DBS lll€BBSSBS.

qa'aux ouvriers de la compagnie, est fixée tout particulièrement à dix heures.

Des articles spéciaux déterminent en outre les attributions du personnel de l'administration : surintendants, sous-directeurs, employés, surveillants, gardes-magasins, pompiers, etc.

La combinaison que nous avons indiquée, tout en améliorant le sort des classes ouvrières et en les satisfaisant à souhait pendant un long temps, aura pour résultat :

1^. D'intéresser vivement les ouvriers à la prospérite de l'établissement, puisque, selon que le produit total augmentera ou diminuera, il en sera de même proportionnellement de la part éventuelle de chaque ouvrier dans les bénéfices nets* Donc, l'intérêt de l'ouvrier sera enfin d'accord avec celui du capitalistes-entrepreneur, ou de la société par actions.

2^. Chacun s'ingéniera à trouver des procédés plus expéditifs, plus économiques, et à prévoir tout genre de perte et de gaspillage, attendu encore que sa troisième part éventuelle, subordonnée à l'abaissement du prix de revient, en sera affectée en bien ou en maL

S"". Et il est encore pirobable qu'a côté de ces trois parts qui décomposent le salaire, et qui sont affectées au travail, il y en aura une supplémentaire pour V habileté, pour le tiUent : elle serait distribuée sous la forme de prime d'encouragement, ou plutôt en établissant de petites nuances de grades entre les fonc- |ions, comme maître-ouvrier, sous^maftre ' et contre-mai tre ; ou si l'on veut, en formant des divisions

TAAVAlt rr TALMT. 153

analôgiies à caporal en premier el en second ^Joun» rier, sergent^ sergent-major^ chef d escouade, ^^^ ; et en affectant à ces emplois, donnés au mérite, au saToir-faire ou à la Tigilanoe, un petit émolument ou part proportionnelle, déterminée de manière à vivifier l'émulation, non seulement dans la quantité , mais dans la qualité, dans le fini de là production, dont toutes les parties se perfectionneront ainsi indéfiniment.

Ces bénéfices de Touvrier (et en général de toute fonction), proportionnés à Tœuvre, sont de fNiissants motifs d'animation , capables d'enfanter des prodiges d'activité et de perfection.

Dans les mines de Comouailles , par exemple , où quelque chose de semblable existe, il en ressort un excellent effSet. Presque toutes les parties de la production de ces mines se paient à forfait : les prix sont déterminés d'avance d'après les données souvent renouvelées de l'expérience ; on établit un tarif analogue au dews de nos entreprises d'ar^ chitectes ou d'ingénieurs. C'est au mineur , alors, i tirer ce qu'il pourra de la veine qu'il s'est chaîné d'exploiter ; plus il retirera de métal , plus il gagnera. Cet espoir lui donne une ardeur et une habileté extraordinaires. De leur côté, les propriétaires des mines n'en obtiennent pas moins d'avantages.

Ce système de participation dans les bénéfices, proportionnée à l'œuvre, a été introduit avec succès, plus récemment^ dans les mines de plomb de Skipson,du Yorkshire, de Cumberland et du Kentshire :

154 LA wmrïïiwnon 01» miCHflSM».

et MA8 doute il deviendra gtoëral ; il aéra dësirë par tous lee mineurs et tou3 les propriétaires des autres nations qui en apprendront La supériorité pour les deux ordres d'intérêt de maître et d ouyrier (i). C'est encore sur la même base que se ùàt la répar* tition du bénéfice entre les équipages des b&timents baleiniers et les armateurs anglais, sur les côtes mé^. ndionales : la moitié du produit de la pèche au filet appartient au propriétaire du bateau et du filet ; l'autre moitié se réparti! par porticms égales entre ceux qui les utilisent» moyennant qu'ils aident à la réparation du filet avarié*

Les sociétés coopératms^ telles qu'elles s'organi^ saient primitivement» c'est à dire moins l'élément monastique ou la communauté de biens (qui ne peut jamais être qu'un cas exceptionnel» ni être praticable au delà d'un très petit nombre d'individus également exceptionnels)» ces sociétés peuvent avoir encore quelques chances de propagation dans les rangs des petits capitalistes entre eux; mais cette séparation des diverses classes de la société» d'éducation et de for^ tunes différentes, oppose de grands obstacles au suo« ces de ces associations. Les sociétés par petites et par grandes actions tout à la fois» gérées avec Tinter^ vention de simples ouvriers» de capitalistes^uvriers et de capitalistes uniquement actionnaires» sont in-« Animent supérieures» en ce qu'elles répondent mieux à la réalité» aux besoins» aux ressources des classes nombreuses» et aux conditions fondamentales de li«*

(1) Toir la Ifole 3 k h fin da Volume.

CàntAh, TBATAa IV TAUDfr. iS5

ÏMfrté et de looomobilité de» personnes et des intéféts*

L'une des oombinaisons le plus complète, le plus: désirable, parce qu'elle suppose le rappel des prolë«taires des villes dans les campagnes, et la naturalisation de rindustrie manufacturière dans les vil-^ lages et dans les contrées inertes et abandonnées, serait celle qui comprend rexploitation simultanée des « industries agricole, manufacturière et domestique , et qui consisterait, pour chaque sociétaire, dans l'apport d*une mise de fonds proportionnée à ses re^ sources. L'ensemble de ces mises composerait le fonds social arec lequel on achèterait le terrain , les instruments de travail ; avec lequel on construirait les bâtiments, etc.

La propriété individuelle seiaiit représentée par des actions hypothéquées sur les terres, sur les pr(^ duits, et généralement sur toutes les valeurs que posséderait la raison agrico^manufacturière : car lassociation tout entière serait considérée comme commanditée par chacun des associés, pour le mon^ tant de sa mise, ou plutôt die serait la fermière générale des biens et des valeurs sur lesquels elle opé» rerait , ou qu'elle ferait valoir. Presque tous les associés seraient actionnaires pour un capital quelconque; quelques luis, cependant, n'apporteraient que leur travail ou leur habileté ; mais n'importe; car il y aurait dividende fixe et proportionnel pour chacune de «s trois mises, et tous seraient producteurs, associés et oopartageants.

156 LA DISTftlBDXIOlf OBS RIGHBflSBS.

Un actionnaire ou ses héritiers pourraient donc toujours facilement se dégager d*une telle association, et transporter leurs actions, leur capital dans une autre : il suffirait d'un simple transfert du grand livre de la première sur le grand livre de la seconde.

Ce qu'il y aura probablement de plus général dans ces combinaisons 9 et ce qui leur sera commun, ce sera la décomposition du dividende total de la ri«cbesse produite, ou des affaires entreprises et consommées, en trois parts bien distinctes, selon le capital^ t habileté et le tras^ail; en d'autres termes, ce sera la décomposition entre le capitaliste, Tentrepreneur, les administrateurs et les employés subalternes, et le corps en masse des ouvriers. Quelles seront les trois fractions précises de ce partage ? D'après quelles bases et dans quelle proportion seront*elles successivement modifiées? et dans quel sens, au profit de quel élément : l'intérêt, le salaire ou l'habileté? Nul ne peut le dire; mais il est probable que cette fixation se fera routinièrement et ^rof^o mor/b; que rien ne sera systématisé à cet égard, du moins, avant que les mœurs et l'opinion générale européennes ne l'aient systématisé elles-mêmes, à leur manière, par des us et couiumes, qui, ayant acquis force de loi, permettent et rédament un jour de substituer au droit parlé et pra^ tiqué la fonnule impérative du droit écrit : ce qui nous semble moins probable.

Quoi qu'il arrive, ces proportions dans les trois parts de dividende seront variables selon les lieux.

CAPITAL^ TRAVAIL BT TALKNT. 157

sdon les genres dUndustrie, la forme de raseodatioB eC l'importance des établissements. Il ne fautaocn*nement s'attendre qu'elles s'établissent mathématiquement et pour chaque individu dans chaque cas possible; elles se feront en bloc^ par approximation instinctive déduite de rà<-peu-prés d'une expérienee multiple. On tâtonnera^ on C(msultera les exigences des temps, des lieux, les prétentions des populations, les résistances des classes supérieures, les gains relatifs des entrepreneurs, l'état florissant de l'établissraient ou de la contrée, etc.

Et quand un certain diapason général seia résulté de ces tâtonnements et qu'un certain nécessaire nouveau , plus généreux et plus confortable sans wak doute que celui de nos jours, sera reconnu et santv tionné par l'opinion et par Thabitude, poiur chaque état, pour diaque classe d'ouvrier, pour chaque genre d'industrie, enfin pour la masse aitiére du peuple; alors les variations de Tofre et de La demande redeviendront le criierium des vtiiatioos non plus du salaire minimum qui sera prafaablçmmt Jixe^ mais de ces deux ou phisteura parts éventaellfs que nous avons suposées.

Toutef<m, jamais une base de distributioii ri* goureuse et minutieusement déduite d'un procédé de calcul officiel ou philosophique des bénéfices de la richesse, pour chaque individu, ne sera adoptée; elle est absolument impossible, attendu qu'après tout un tel procédé ne peut avdr sa base lui*mAaie que dans les sentinmils sociaux, dans le dqgré de

156 LA Mfinisimoji du eighbmbs.

câyîiMfttÎQii» dans rélémeat moral, coaune nous Tar ^WM dk; élëaentqui, de sa nature, est d'autant jphis vaiiafelB que c'est lui qui met et maintient à ioujours le mourement et le progrés dans l'humamté.

Les comJwnaiBons qui précèdent sont certaine^ vêêsdê asseESupérienresà tout ce qui existe pour que i'on désire qu'elles captivent et entraînent l'opinion; (ot serait un progrés inespéré, immense. Cependant, •nous l'avons déjà dit, l'intervention du capital dans les éUridendes est une porte par où s'échapperont encore, comme d'une nouvelie boite de Pandore, tous les maux, toutes les inégalités de richesse, dln- •dépendanee et de liberté ; a cause de cela, en ne peut idsoe s'empêcher d'amfaîtioBner davaptage, et de -««monter, josqu'aux témérités de Tutopie pour tran«- «dier /enfin le nseud gondien de l'association*

Or, voici un moyen réellement radical (c'est à idveqHiooupenit le mal àsarac<>ie)etle plus réaliaable des moyens radicaux. Ge moyen nons l'avons «n^commrun avec heaiieoup d'esprils; il tient de Tu^ t^pBe,.noMle oonfssisns, car il exige delà fonlephis ^fuffifismpettt IttHninemfnten espémr d'apiés l'cxr périence des siècles : mais dn «mîns il tottcke dfi 4bigfl la dlifienlté et il raifiNmte. Nous fe répétons, ifest sorlmt d'eux-mêmes qsnies praUtairesdoifveQt sÉCtndrplenr a&anofaissflmentréel la'iine se&it pas des efforts et des sacrifices 8igi}a les dans leurs rangs, •'ils ne s'âgénient point, ils rotsmfaeront dans h fléfae {iodale, industrielle e( agricole*

Nous avonadéjà i« le mai ipm leur caMaitia préo

CAwiTàJL, mpràSL n taimt. 160

MAoe d«ii miërmédiaires parasites éuk^ ki prodiM>tien^ hi oonsomiMlMii H la drcokitMm : or îk ne penmit «'en affirudur qu'en se oonstitoint à côlé d'eux et sans eux en «ocâéUnreMNmierSy en ratstm MhittrieUe et eominercialey dont le fonde aoeial se* mit înaiiénabley ^t, par «onsëquent, o& le ts/fM eerail eocialîsé^ TintërAt «nrianti ; ou U n'y aurait plus que des wsCraments de tratail et des êomrces de richesse inmofaîlisés en maimnorte dans la pepsonne cpUeetive, afaetnissi dans la raieon seeiale pcrpëtuelle; où il n'ymnit plus enfin que deslnn vaiileura en présenee d'un aisUer de prodnolkMi, ^i*igmêH selon leur ùmwtf Tivant de ce irsfnrii, n'ai*tendant rien ni du capital , ni du talent personnel. €e capital serait eonstitoé, ime fois pour SaMes/par rapport tel quel et gratuit de diaqae mtei^ifcnanty otse benifienît de Tadditîon annuelle d'une préleséeMr les béoéfiossapris déduction foile du Isire indÎTid^el, proportionné an eeul tratoùl.

Ce MMided^nsBOCÎalion oôrvespond su syalèsM »» S décrit au chapitre de l' Associalion syeiéuiailiqne •: il -pourtmit s'taSrodnire en a^enltare oonme en mamdadMPe et dans la Tente; nma il y a cette grande différence, qu'on trouveinit bosneoup d'ouvriers dqs fnasnfadnpes, ainsi que oda a iiea diiqne jour eh An(;leterre, qui apporteraient <n don défimiif loor areoir péenniaire dans la oMioranlMié, tandis que ce «enât mervcâle qu'un paysan apportât ainsi son Aanip, son ëlaUe, eie. Gomme en le nsk» «B plan d'nssopaiion ne conqprend que les^onvrien;

160 LA OUTAIBCTION DIS EIGBBttES.

mais il est évident que^ s il n'y est pas meatioD des capitalistes bourgeoi^^ c!est uniquement parce qu'on n'espère point qu'ils se décident à un sacrifice tel que celui d'aliéner brusquement et à jamais leur capital. -. Il ne faut pas se. le dissimuler, celte combinaison, pour prendre et durer, présuppose un haut degré de moralité dans la multitude et. le dévouement des générations prolétaires actuelles ; car pour ce qui est de celles qui naîtraient dans un tel milieu, sans le sourvenir décourageant des droits Mquis du capital dans le milieu actuel, elles trouveraient juste et naturel que chacun travaillât pour vivre, et védit en rmson de son travail; tant il est vrai qu'en bien des choses il ne s'agit que .du pr&nier pas.

Nous ne saurions donc trop le conseiller aux ou*vriers de bonne volonté et aux capitalistes assez généreux, assez grands et religieux, assez désireux de la [dus solide gloire pour promouvoir la plus féconde transformation qui puisse s'opérer dans les relations des hommes, et décider l'ère la, plus mémorable qui ait jamais été.

11 est d'ailleurs à considérer que l'intérêt bien mk^ tendu des capitalistes peut être d en agir ainsi, et de prendre ce rôle avant un demi-siècle, pour peu que les évèneoients y aident. Disons mieux, cette améUoration est plus proehaine qu'on ne pense; et il est de l'intérêt pressant des chefs de l'industrie d'en prendre l'initiative et de la r^lariser je ne dirai. pas à lenr profit exclusif, mais de teUe sorte qu'ils conservcni la pi*^ndérance salutaire qu'ils devraient

CAFlTALj TRAVAIL ET TALKMT. 161

se plaire à exercer partout où il y a un bienfait na« tional à opérer, un progrés décisif à faciliter, un mouvement général des esprits à traduire en institutions et en actes; car elle peut se faire hors de leur sphère d'influence et leur tourner à préjudice. On conçoit, en efiet, que la réunion intelligente des ouvriers qui ont des épargnes, et l'esprit d'association qui se développe singulièrement chez eux et qui leur suggère des sacrifices et un dévouement insolites, leur permettent d'organiser entre eux des foyers de productions dont les débouchés seraient assurés par la consommation même des coassociés ; on en a déjà de nombreux exemples en Angleterre, en Amérique et même en France. Il y a, d'ailleurs, dans tous les rangs, dans la bourgeoisie, dans les débris de l'ancienne aristocratie, dans les hommes aisés récemment sortis des rangs des ouvriers, bon nombre de philanthropes entreprenants, novateurs, qui se font une gloire, sinon un devoir religieux et un point de reconnaissance de venir puissamment en aide aux premiers essais qui s'annonceront indubitablement- Estait politique poiir les bourgeoisies de laisser se développer et grandir un nouiféau monde industriel à côté dn kur, des producteurs qui auraient sur elles l'avantage d'un mécanisme et d*un personnel de tra«» vaiHeurs tellement supérieurs dans leurs osuvres et dans leurs ressources, tellement unis par la solidarité de fortune , qu'ils opposeraient sans cesse leurs efforts d'ensemble à la concurrence individuelle de

Vindustrie vulgaire ?

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