‹ Économie socialeChapitre 2 sur 49 · LA PROPRIÉTÉ ET L^HÉRITAGE · texte numérisé non relu

LA PROPRIÉTÉ ET L^HÉRITAGE

lition de tous ces droits d'étemelle tradition historique existe-t-elle absolument?

Dans cette question de la propriété se trouvent enveloppés trois points distincts :

1°. L'appropriation personnelle a^^o///e de tout ou partie des fruits de son labeur individuel, d'une part équitable dans les bénéfices de la production nationale à laquelle on a contribué^ ou la propriété indmduelle proprement dite ;

2**. L'appropriation individuelle et la disposition libre, arbitraire, absolue des instruments de travail ( sol, matières premières, bêtes de somme, capitaux producteurs en général ) ou le droit de propriété vulgairecaent dit;

3"". La faculté ou droit individuel également absolu de transmission des instruments de travail par la naissance ou le droit d'héritage individuel et/âviilial, transporté aux instruments mêmes de la richesse.

Quant à la légitimité de la propriété individuelle proprement dite , elle n'est pas douteuse.

Si tous, sans exception, suivaient ponctuellement les prescriptions de l'Évangile, il n'y aurait lieu aux distinctions ni du tien, ni du mieu : cbacun trcivaillcrait et produirait ni plus ni moins selon sa puissance, consommerait ni plus ni moins selon ses besoins et les ressources locales , éventaeltes de la communauté, ni plus ni moins. Nul ne serait dupe, car nul ne manquerait au devoir ni à la réciprooilë. Mais c'est là une hypothèse malheureusement loute

LA PBOrAiÊTB ET l'bBUTA6«. 3

graiuîte : si nous sondons la réaJicé, nous voyons 4ue l*homme est libre àe faire le bien et le msi ; que beaiieoHp d'hommes choisissent trop souvent le mal ; qu'ils s'^tbandrament , les uns frëquemmeot , les autKS parfivs à leurs psssions, à la paresse^ a la iiëbaucbe , à l'excès , auK coosommalioas superflues. Cette faculté du libre arbitre, ces fautes et les perturbations qu'elles «eiUent dans ia deMlnée /de totus, par le fait possible et vx^onlaire de diaoui^ veulent être modérées, enchaînées, détournées autant gffe riateUigenee sodale y peut voir. Car il n'est pas bon, ai pour l'individu, ni pour ia soqiélië entière, que les mcieux soîeni «encouragés , foi*tifiés dans 1^ mal par le support ^2£i»r/^f m^i»6 , aveugle et foUeme^ charitable des bons. Sans cela, il adviendrait cette immorajliié et cette duperie révoltante qu'une partie de la société, les meilleurs cçnsacreraient ^r acdviié à jiéberger, à nourrir, à entretenir l'être, piaécîsément ceHe des maus^aisy des paresseux, etc., et que le maâ triomf^rait à jamais sur la terrei.... Ce fait constant de la réalité sociale est capital, Ittinineux ; k»t il nous {)rouve d'abord non seule* ment la vanité , mais Timmoiialité de toute cçm^ munauté de biens et de jouissances qui ne serait p;is Jaculiatwe de la paît des coassociés ; car il nous montre pourquoi, qi^els que soient les |>ro{jvès futurs des mœu4*s et des institutions , et 4e ^kmi 4isage du libre arbitre dans la généralité des hommes , il y a toujours eu et il y aura toujours un éBoqlumeat, une rtmunéi^ation, «ne propriété individuelle, mobilîére,

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consommable^ spéciale , attachée à chaque fonction et dévolue à chaque fonctionnaire ; part de richesse dont le fonctionnaire pourra disposer selon son bon plaisir, qu'il aura enfin en toute propriété.

On le voit, si la propriété est le gage de la liberté de l'individu, elle est bien plus encore le gage de la société.

Là donc est le fondement, la cause profonde, le sens social de ce grand fait : le droit de propriété individuelle.

Toutefois, si nous affirmions sans restriction que rindividu peut disposer religieusement de sa pro*pnété selon son bon plaisir, c'est à dire , en user et en abuser^ nous altérerions les principes économiques qui découlent de la fraternité sur lesquels nous nous fondons. En théorie , ces principes sont et plus purs et plus sévères ; en pratique , ils sont indulgents : ils supportent l'imperfection, et comme dit saint Paul, ils se font tout à tout avec résigna^ .tion. C'est pourquoi saint Augustin laisse à chacun la libre disposition de ses biens; mais il soutient que le méchant (dans son langage, celui qui use mal de sa propriété) ne la possède fias justement, et qu'elle appartient de droit aux bons.

Toute disposition des choses sociales qui interdit de fait, à qui que ce soit, la possibilité de s'enrichir, les moyens de travailler, qui lui refuse une fonction et un émolument, une place dans l'atelier social , une part suffisante dans la production et par suite le savoir et la dignité morale , est donc un mal.

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une imperfection relative devant le principe de la fraternité , imperfection que chacun doit aider à faire disparaître dans la mesure des mérites qu'il ▼eut avoir devant Dieu.

Il serait également inique de refuser légalement et systématiquement à^ chacun d'aller à la fonction où l'appellent son aptitude , sa science^ et principalement son dévouement à l'intérêt général , ses vertus civiques.

Par conséquent , dans l'économie sociale, nulle carrière, nulle position ne sauraient être syslématiquement immobilisées de naissance, arbitrairement dévolues par la loi ou par les chefs. C'est pourquoi la hiérarchie cléricale calholique fait, en principe, acception non pas de la naissance, mais unique-* ment des mérites, du dévouement, de la valeur in-* trinséque des individus ;

C'est pourquoi elle prend ses chefs jusque chez les pâtres;

C'est 'pourquoi enGn, elle n'immobilise et n'inféode aux individus ni fonctions, ni bénéfices, et qu'elle les exalte ou les abaisse selon leurs faits et gestes.

La mission d^un pouvoir social chrétien est en conséquence de s'eflbrcer, autant qu'il est en soi , d'écarter i mpa rtia lemen t tous les obstacles de l'ordre ar& Jiciel que les passions des forts édifient éternellement contre les faibles, les obstacles de Tordre d'iniquité; et de laisser chacun soumis aux chances que lui imposent, d'une part la fatalité, de l'autre sa propre

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volonté; d'une part ses triples inégalités naturelles de capacîiéi d'intelligence et de force | de Vantre^ ses inégalités volontaires et effectives de vertu et de mérite.

Hors de là , il n'y aura plus, contre le développement et la destinée de chacuti, que ces autres chances que l'on peut nommer du hasard^ parce qu'elles favorisent ou contrarient la fortune de l'homme, sans qu'on sache comment ni pourquoi, sans qu'on puisse s'y soustraire absolumeiil , et parce que cette énigme ne s'explique que par ce mot : fatalité.

Ainsi donc ^ on ne saurait nier à personne le droit absolu à une part équitable dans le^ fruits de son labeur, ni lui ôter la possibilité de travailler afm de produire ces fruits nécessaires à son existence.

Mais pour ce que cette appropriation individuelle est éternellement légitime et inhérente à la liberté, l'appropria tioh individuelle absolue des sources mêmes du travail et de la richesse l'est-elle égalemeht?

Que dirait celui qui nous lit, si tout à l'heure les propriétaires actuels du territoire français allaient se concerter pour refuser la vente des produits do ce territoire dont ils disposent en toute souveraineté au dire des partisans du droit imprescriptible et absolu d'user et d'abuser de son bien , de sa terre? Si même ils allaient s'imaginer de laisser leurs champs» leiit^propriété^bnc/éré?, incultes, en friche, etdéfendre même à l'herbe d'y pousser et à Thumanitéaffamée d'y brouter pour tromper sa faim et ses angoisses! Sans

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doute eeffe hypothèse n'est pas prohiible , mats enfin elle n'est pas non phis impossible, et si elle est pos« sible, elle pronre l'absurdité, la monstruosité, l'iniquité d'un pareil principe, et elle démontre, victorieusement que ce prétendu droit imprescriptible ressort d'un droit plus haut : le salut de ious; le droit à la liberté, à l'égalité et les exigences de la fraternité.

On s'est malheureusement habitué de nos jours, à considérer la propriété des instruments de truifail en général, comme un droit imprescriptible îndii^i-^ duel qui nous vient par droit de premier occupant, par le fait de la possession ou de Yacquisiiion lé-gale , etc. ; et l'on trouve fort légitime que la terre, par exemple, soit inféodée aux mains d'un très petit nombre de possesseurs , usant et abusant de leur chose, sans égard obligé aux nécessités de la communauté nationale , ayant le droit et pas le devoir ; tenant ainsi en leur puissance la prospérité matérielle de 33 millions d'hommes, pouvant, à la rigueur, commander la disette ou l'abondance, et changer à leur gré les conditions de la production , de la consommation et de la distribution des richesses.

Par suite de cette préoccupation funeste de l'époque, on est également disposé à voir, dans la faculté de transmission héréditaire des instruments de travail, un autre droit non moins imprescriptible de l'individu, auquel le législateur ne peut toucher que par abus.

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Pourtant il y a quelque chose de plus haut que le iJroit absolu do posséder et de transmettre héréditairernent; il y a le devoir bien plus absolu de remplir les charges qui sont les conditions implicites de toute possession et de toute transmission.

Il y a Tobligalion , la charge^ le but social avant l'appropria tiou, avant les avantages et la jouissance privés. Alors on s'explique comment Thistoire nous montre le droit de propriété et d'héritage soumis aux mûmes variations que toutes les choses sociales qui persistent, au même progiès qui se manifeste dans le mouvement général de l'humanité.

Les considérations de premier occupanl, de con«quêtOy de possession par transmission légale, |)ar la vente et l'héritage, etc., peuvent bien rendre raison du Jaity de ia nécessité sociale et politique contin-* gentc et variable, mais non du droit imprescriptible et absolu.

Tout dépose dans le passé que ce règlement de la propriété et de la ti*ansmission dépend en conséquence intimement des croyances et des mœurs primitives d'un peuple, des idées que l'humanité entretient à telle époc|ue de son développement, sur Dieu, sur la nature, sur Thomme, sur la diversité d'origine des races agglomérées ou associées. Et ici, comme dans le règlement des autres avantages matérieU, on ne comprend rien, si on ne Tenvisage comme la traduction sociale de l'état moral et intellectuel des peuples (1).

(1) Voir la Note l à la fin lUi Volume.

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Ce n*e«t qu'en partant de celte manière d'envîsaf];er le droit d*appropria(ion individuelle et rhcritage, qu'on s'explique rhistoiredela propriété : l'exclusion des femmes et des esclaves, le droit ou la défense de tester, le droit ou la défense de répudier la succession paternelle, ou de faire des donations; la pro-priété PUBLIQUE des chemins et des cours d'eau, les expropriations pour cause et utilité publique, et les lois agraires, et le droit d'ainesso, et toutes les inégalités entre héritiers; et l'année jubilaire de Moïse, et la liberté laissée aux chefs suprêmes des civilisations primitives de disposer des proprîélés de leui'S sujets. Tandis qu'au point de vue du droit naturel des philosophes du xvni" siècle , au point de vue de la pro|)riété égoïste et du prétendu droit imprescriptible d^user et d'abuser, il n'y a plus, dans tous ces faits de l'histoire, que contradictions et tyrannie exécrable; l'humanité en masse n'est plus qu'une race lâche et imbécille qui se laisse exploiter sciemment par quelques bourreaux. En effet, et parmi nous, par exemple, si c'est un droit imprescriptible de l'individu sans limitation aucune, pourquoi nos codes, pourquoi tant de dispositions légales pour limiter, étendre le droit de succession à telle personne, à tel sexe, à telle ligne, ù tel degré? pourquoi surtout , l'expropriation pour cause d'utilité publique? Il fut un temps, en France, où chaque seigneur, maître jaloux dans son domaine, oi'eût pas souffert qu'on le dépossédât d'une motte île terreau nom de l'intérêt général, et la France était sans che-

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mins ni grandes routes. Aujourd'hui , pour cause d'utilité publique , le gouvernement procède à l'expropriation publique de portions considérables de terrain, et la sanction de l'opinion préteappui à la loi; qu'est-ce à dire, si ce n'est que le princi pe poséci-devant est obéi, accepté, pratiqué par le peuple français?

S'il fallait des autorités de tous les temps et de tous les pays pour donner créance à nos affirmations, nous devrions citer tout ce qu'il y a de lumières dans la science et dans la religion ; nous pourrions remonter à la Genèse, ce grand livre des civilisations primitives, et invoquer ces paroles de Moïse : Dieu dit : La terre ne se vendra point à perpétuité, parce quuLLE EST A MOI : Car vous êtes comme des étran-^ gers à qui je la ^oue. Et nous prouverions que ce principe d'économie sociale hébraïque est infiniment supérieur à tout ce que nous enseigne notre science sociale moderne. Bossuet aussi, nous viendrait en aide; car il fait découler de toute autre part que de la source vulgaire le droit de propriété^ et en général tous les droits : il dit expressément qu'ils doivent venir de I'autorite publique. La première conclusion à tirer de ce langage, c'est que si l'autorité publique, appuyée sur l'opinion nationale, venait à décréter une combinaison et une disposition plus économiques de l'appropriation des instruments de la richesse et du travail, il serait du devoir de tous de la regarder comme légitime, et de s'y conformer. Or, l'opinion publique varie avec le sas^oir public, et l'autorité avec l'opinion : et le sas^oir des peuples

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avecréclucation^ avec le génie de ses grands hommea^ avec Tinstinct général, avec la vie universelle*

Toutes les objections qu'on pourrait puiser dans les sentiments de famille^ dans Tégoisme et les passions humaines portent a faux ; puisqu'il n'est nullement question pour nous, ni pour l'histoire , ni pour la science sociale la plus avancée de décï'éter la communauté de biens et de jouissances, d'abolir le droit absolu à la propriété individuelle proprement dite : nul doute, les sentiments de famille sont in-* destructibles et légitimes au Jond^ mais dans la forme, ils sont progressifs; ils se modiiieût, ils s'humanisent à mesure que le savoir humain s'augmente. C'est pourquoi , il est une foule de moyens de les satisfaire : c'est à chercher de plus en plus la meilleure combinaison économique capable de les concilier avec la liberté ei la propriété povïl tous^ que s'ingénient la science et la pratique instinctive ou em« pirique des nations. Dans ces limites, il est vrai qu'il faudra toujours que ces sentiments-là soient satisfaits; et certainement l'avenir garde des combinaisons, une économie sociale qui y auront égard, qui concilieront de plus en plus les exigences foncières de ces sentiments avec les exigences plus hautes de la civilisation, c'est à dire qui donneront satisfaction aux affections familiales de tous, et non point seulement de quelques uns, du plus petit nombre, comme de nos jours.

Il faut donc bien distinguer : ce qui est en question, ce n'est pas s'il y aura héritage dans la famille.

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du père aux enfants, etc. , ni s'il y anra proprîëté individuelle quelconque; mais s'il y aura appropriation individuelle , arbitraire et absolue des sources vives de la richesse, des instruments reproducteurs, des moyens du travail, qui sont le sol et toutes les matières premières , tout ce mobilier de la production sans la disposition sociale duquel il est impossible aux populations prolétaires de s*assurer l'existence, la lumière, le savoir, la liberté. Il s'agit de savoir s*il y aura pour un plus ou moins grand nombre le droit d'user et d'abuser à tout jamais de ces moyens de conservation générale nationale; et, quant à riiéritage, si ce droit s'étendra à tout jamais à ces mêmes instruments, conditions ou sources extérieures de toutes richesses matérielles par le seul fait de la naissance, et s'il ne se bornera pas de plus en plus à l'héritage du seul capital mobilier laissé par le mourant.

. Or, quatre points sont prouvés par l'histoire universelle : le droit d'appropriation et de transmission individuelles des instruments de la richesse varie du tout au tout dans son objet, dans son intensité, dans son étendue. Il ne s'applique pas nécessairement aux mêmes valeurs ni aux mêmes personnes; et il est successivement amoindri, restreint, à mesure qu'avancent les siècles; il y a plus : tout dans le passé et dans le présent semble tendre à la socialisation des instruments de travail, c'est à dire à dégager le sol et les matières premières de la suze-

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raineté et de l'infëodation individuelles j en les constituant insensiblement propriélé commune, indivise, inaliénable, sociale et collective.

On s^achemine vers cet état de choses lentement^ indirectement^ par la voie tortueuse et inconnue de la fatalité, par la force des choses ; on s'y achemine par la religion, par la politique, par la pratique économique, par les modifications du mécanisme in« dusiriel; et l'on aboutira par toutes ces routes à des institutions qui organiseront la socialisation, la formuleront et la décréteront loi sociale, article fondamental de la charte économique future.

C'est surtout des influences indirectes d'une sorte de fatalité providentielle à laquelle tous concourent presque à leur insu, qu'il faut attendre le bon mé« nagement de ces choses; et, par exemple, si nous nous bornons aux influences purement économiques du siècle, et en particulier à nos véhicules matériels et aux tendances des sociétés par actions, nous sommes frappés de la continuité intelligente avec la^ quelle les voies et moyens du mécanisme industriel aboutissent petit à petit à cette grande fin, la socialisation des instruments de travail en général. Ainsi il est certain que , grâce aux influences que nous étudions, l'appropriation des inslruments de travail et des sources premières et vives de la richesse, et l'hérédité parle sang, auront de moins en moins dans l'avenir les inconvénients qu'on peut y découvrir de nos jours ; car si les proiHÎélés des

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réunions par sociétés en actions^ que nous avons fak 'eonnaitrei ne sont par elies-mémes des prévisions dépouillées de toute valeur^ à mesure que ces sociétés perrectionnées se muUipIieront^ Thérilage sera un capital monétaire^ un coupon d'action ^ une rente, une valeur mobilière et non une terre, non un établissement industriel tout entier ; le sol ne sera donc plus menacé à tout jamais d'entrer jusqu*à Tinféodation dans les mains du premier venu, incapable de le faire valoir : alors il n'y aura donc en danger d'être gaspillée que la richesse amassée pour le moment et non la richesse à venir, non les instruments producteurs primitifs eux-mêmes, la force fécondante delà aature, laquelle v^ut pour obéir une main puissante et éclairée qui la gouverne.

Ainsi, sans aller plus avant, nous pouvons cona- <ater ce earaciére de plus en plus social du principe 4ierhéi*édité : d'abord dans l'antiquité égyptienne et indienne, héiîtage des fonctions, du sol , en un mot substitution entière du fik au père ; droit d'aînesse joint à l'esclavage d'un ^nd nombre, exclusion 4e la majorité des enfants des familles libres quant auK bienfaits de la propriété foncière; puis, après maiiUes •et maintes modificaCionsqui pivotent toujours surcette base indienne et égyptienne, chez les peuples ultérieurSy sauf celui de Moïse qui^stle plus avaBcé(4nodificationsqui toutes, néanmoins, réalisent des étais 4e propriété et d'«sclavage préférables el progresaids, <en ce <|ue la propriété est acces^le à un pbis gracid nombre); puis, disonsHious, se commeneeiit avec le

christianisme le partage égal et Taboiidon de l'a«clavage (i), et, dès cette époque , s'opère gndaetlement l'accession d'iia nomhce de plus ea plus grand d'iadividus au privilège de la pmpriélé 4u sol et des valeurs iQobiliéres, et le droit d'héritage Tient juaqu a ucfm de {rfns e& plus disséminé sur «fi graad nombre de 4éles« Voîci maînlenant que, par (es combinaisons nées et à naître de nos puissantés influences , la propriété individnelle abaque et riiéritage promellent de ne plus porter que sur un capital , sur une part iodiWae du 9o\ socialisé, et de se pouvoir réaliser volontairement en un capital mobilier, monétaire, ou en BM marchandise équivalente à la portion indivise; et, par conséquent, voici queVacoomplit insensiblement, mak fatalement, raffranchiaBanent du sol quant au di^oit individuel et absolu -d'user, d'abuser et de transmettre.

Ainsi se trouvent toujours respectées, en définitive, les exigences essentielles et légitimes de l'individu et de la société; mais ainsi, également, w trouvent toujours aplanies les difficultés que les tiroits acquis ou certainesdispositiQns traditionnelles peuvent apporter par leur immobilité. Le fond reste; et la forme s'évanouit pour faire place à des combinaisons qui permettent mieux iin nouvel ackemifiement de tous à un plus grand bien-être, à rindë-

(1) Dès le VIF siècle et le viii« , on a des exemples nombreux de ce partage égal dans les bmilkes en Europe.

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pendance matérielle, et finalement à toutes les ]i* bertés.

Cependant , parce que tout est successif et non instantané en ce monde , à plus forte raison dans le monde social ou collectif; parce que les ténèbres de l'ignorance se dissipent très lentement ; que l'iniquité des uns y les vices des autres ^ les imperfections de tous viennent compliquer les choses; parce que le progrès et Tharmonie dépendant de raccord de toutes les volontés, de Tassouplissement de toutes les passions qui s'agitent dans la société, il faut se garder de vouloir bon gré mal gré ia satisfaction intégrale et générale de tous les besoins , la reconnaissance de tous les droits au même degré et le même jour.

Maisaussiyà cause de cela même, les améliorations de ce genre ne peuvent rester confiées au hasard , au caprice des influences privées; abandonnées aux prétentions égoïstes des droits acquis : car c'en serait fait jusqu'à la consommation des siècles : le pouvoir social , la loi , les irisfitutions doivent intervenir pour dégager et sanctionner les éléments progressifs qui surgissent dans le mouvement des idées, dans les faits, et qui cherchent à se faire jour à tout prix. Ainsi les institutions ne doivent point mettre d'entraves à la création des richesses, mais elles doivent en mettre à leur concentration ou à leur absorp-* tion, en réglant rusjigc des instruments de cette richesse. La puissance sociale doit s'enquérir de la route que prennent lesreveuus; dleduit s'assurer si

LA PMOPMIVTB ET L^HKMITAOE. 17

par hasard la presque totalité n*est point, en définitive, transportée dans les magasins et les coffresforts de quelques uns, tandis que lé résidu seulement s'en va par portions infiniment exiguës dans la demeure des peuples.

Toutefois les améliorations de ce genre ne peuvent s'accomplir que concurremment avec celle des mœurs , des croyances et des relations industrielles; c'est donc principalement au temps ^ combiné avec les efforts faits pour améliorer Téducation du genre humain, quMl faut demander la transformation ou Tamélioration du régime de la propriété, car à mesure que Téducation s'avance, à mesure les institutions se conçoivent, s'organisent et se consolident dans le sens de la socialisaUon de ces instruments.

Un changement à vue , en choses si graves , est chimérique ou impossible.

il est bien vrai qu'à toutes les époques de rénovation et de progrés, la propriété a été vivement attaquée, remise en question, mais c'a été sans que jamais ces attaques aient abouti à l'ébranler définitivement.

C*est qu'au fond, ce n'est pas le droit individuel que les masses contestent ni qu'elles ont jamais con«* testé; c'est ce droit rendu à jamais exclusif et transmis par le fait de la naissance : c'est le monopole; c'est rinféodation du sol et des autres instruments de travail à un petit uonibra sans égard aux nécessités du 11. 2

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grand nombre ^ et aux exigences impérieuses de la fraternité.

En effet , on conçoit à la rigueur que ce besoin de propriété, ce désîr, à force d*atlenle et de dé-^ ception, égare non la conscience, maïs la volonté des patients ; et qu'ils en viennent à tourner la question et à interpeller le droit et les titres les plus avouables.

Telle est la seule interprétation qu'il faille tirer des attaques passagères dirigées à diverses reprises contre la propriété, par les déf tenseurs des peuples, depuis cinquante ans. C'est ce même sentiment généreux, mais confus et aveugle, qui animait leS tribuns, et les Gracques en particulier; c'est là le secret fondement qui a donné crédit par toute la terre aux velléités des lois agraires', et c'est aussi la conscience plus claire, dans la majorité, du droit éternel de la propriété individuelle et de l'itisuffisancG de ces moyens > qui en a empêché ou la réalisation ou la durée.

Souvenoiis-ilotls donc bien qu'une organisation du travail qui n'admettrait plus Tappropriation in-» dividuelle des instruments de travail ou du moins la libre et absolue disposition des valeurs mobilières qui les représenteraient, ni Vintérêt du capital^ suppose dans la multitude des peuples un haut àer* gré de moralité et de dévouement : avant doac d^ tenter la réalisation d'un pareil régime» il faut le rendre possible; il faut discipliner en con^équeiico

LA PEOPEUCTÉ BT L^flBRlTAGS. 19

les géoëratioMi ce qui ne peut être que Tœuvre lente des siècles.

Oti rien n'est encore préparé, ni les intelligences, ni les cœurs I ni les institutions, ni ceux qui réclament ni ceux qui refusent* La fraternité est loin d'être même le principe et le but des pouvoirs constitués, en général. Au lieu d'une hiérarchie de set'- TÎces où chacun trouve sa place et fonctionne avec harmonie et entente, vous voyez toutes choses livrées à la concurrence^ au hasard; et chacun craindre aveô raison de voir ses enfiants conGés à la providence d'un tel dieu* — Il ne saurait donc être ici qtiestion de notre part que d'avertir et non de me^ nacer ) que de montrer la tendance et d'engager à l'accëlé^ri aGn d'épargner à tous la douleur et le combat | maîë tiuUeœént de risquer de compromet^ Ire le progrès eli le précipitante

De toutes ces tonsidérations il résulte que la question de Tintérèt du capital | de la propriété et do capital lui^ménlei ^st une question de mci*alité généi*ale t selon que le* hommes se guident par le mobile de l'intérêt , ou par celui d'un dévouement et d'ukie charité voisins de la plus entière abnégation , il y a solution différente et opposée*

Ici noUs rencontrons les objections qu^on peut opposer avec avantage aux réflexions de cet ordre; et nous tenons à les enregistrer comme pièces do procès*

Supposez que k masse des hommes n'ait que l'intérêt pour guidci Évidemment Tabolitio^ de l'in^

vTi

20 LA PROPRIÉTÉ ET l'hÉRITAGE.

tërét (lu capital ne peut être le résultat que de Tinterdiction légale^ que de la force. Or, même alors , cela n empêcherait pas rintérêt de sedonner, comme le prouve bien la perpétuité de L'usure de nos jours, malgré la défense des lois; car l'intérêt de l'emprunteur lui suggère de solliciter les prêts et de les obtenir moyennant intérêt clandestin ; mais dans Thypothëse qu'il n'y ait plus de demande, ni possibilité défaire fructiGer son argent, le capitaliste le tiendrait dans son coffre, ce serait un capital dormant , et ceux qui voudraient le faire valoir seraient privés d'instruments de travail qui cependant seraient là inutiles. Et la société, la richesse, seraient privées d'un grand moyen de développement : elles resteraient stationna ires, tout tournerait à cons^ tituer une aristocratie de richesse oisive, et à immobiliser la classe dépourvue décapitai, dans la misère et dans ses conséquences : l'émancipation graduelle du grand nombre serait impossible.

Mais , même dans l'hypothèse de la suppression de rintérêt du capital, ce serait peu, trop peu: on ne serait guère plus avancé; car , tant que le capital serait reconnu , et que la distribution des richesses serait inégale , c'est à dire tant qu'il n'y aurait pas communauté de biens, égalesjouissances , il y aurait toujours des riches et des pauvres relativement , et Ton ne voit pas ce qu'aurait gagné la disposition des choses. Ceux qui auraient amassé davantage étant rémunérés davantage, pourraient également se livrer à loisiveté, avoir plus de luxe, plus d'orgueil;

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et ceux qui auraient peu^ auraient en moins la possibilité de se faire commanditer^ d'exercer à leur profit leur capacité. Les capitaux dormiraient à leur préjudice.

Il faudrait donc entrer plus avant dans la voie ouverte, il faudrait abolir la propriété: et la propriété abolie, c'en est fait de la liberté; car cela suppose l'intervention souveraine d'un théocratie infaillible, absolue, donnant à chacun suivant qu'elle en juge et veut disposer ; ou, il faut que ce soit le résultat de la quasi-perfection de chacun et de tous , qui leur fasse considérer la vie comme un sacrifice, comme un dévouement perpétuel et entier à ses semblables ; et toute fonction, toute position, comme une charge, un devoir, mais non comme un avantage personnel.

La propriété et l'hérédité dans notre état imparfait, sont donc des gages de liberté , d'activité et d'émulation. Si on ne les a pas. Tune par soi-même, et l'autre par la transmission héréditaire paternelle, on ne peut les avoir que par la .volonté, le choix, l'arbitraire des hommes chefs-suprêmes, et l'on tombe dans l'investiture gouvernementale théocratique, dans l'infaillibilité papale temporelle ; et l'on se crée un autre mode de possession et de transmission où il y a également lieu à tenir compte des passions, des injustices et des autres imperfections humaines; sans compter que la liberté spontanée et l'énergie sont perdues, et que les hommes sont en lisières comme des enfants.

22 LA PROPRIÉTÉ ET l'hÉRITAGB.

L*institulion de la proprîëlé et de l'hdrîlage sera doqc absolument ndeessaire de cette nécessité qui fait loi, et qui en est positivement une pour Thu-^ manité, tant que la perfection morale évangélique pç sera point vivante dans tous les cœurs ^ et pratiquée dans tous les actes privés et sociaux.

Sans cela y en effet, où est le gage de la vigilance, de Témulation , de la liberté, du sacrifice de chacun, de Tintérêt individuel à Tintérét général? où celui de Tordre, de la paix, de Tharmonie, de l'accumulation^ del^ création même de la richesse?

Il a été dit que la force des choses , dans le monde éconopiique, menait à la baisse progressive de l'intérêt, et qu'on arriverait insensiblement, mais fatalement, à son anéantissement complet. Et cette prévision reposait sur ces considérations : à mesure que l'industrie 3e développe, et que la richesse ou les capitaux s'accumulent, surabondent , il y a plus d'pffres sans une demande parallèlement croissante ; donc il y a baisse naturelle et nécessaire : il y a concurrence pour le placement.

M£(is on a négligé de faire intervenir dans la solution deux éléments essentiels du problème. I"". On a publié que les désirs de l'homme croissent en raison des moyens de les satisfaire; que l'homme qui devient plus riche dépense davantage. 2''. Qu'à ine9ure que l'iudustrie se développe et conquiert le globe et les lois de la nature, les entreprises augmentent ; des dérrîchements s'opèrent , des colonies vont au loin se fonder i que de nouveaux objets vien«

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nent augmenter la variëCé et l'exeellencc de la consommation, et que cela suppose des demandes réité* rëes y successives^ éternelles de capitaux , et qu'à des offres plus nombreuses répondent en général (les temps et les événements considérés sur grande échelle), et en définitive, des demandes toujours croissantes.

Si donc la disparition de l'intérêt du capital a lieu un jour, ce ne sera point pour les motifs indiqués; ce sera bien plutôt, et uniquement peut-être, par l'effet des sentiments sociaux, des idées et des mœurs. Car il y a ici cercle vicieux : on attribue les vertus ou la moralité à l'influence des faits matériels. C'est la baisse de Tintérèt qui va tuer l'oisiveté et la cupidité; qui va rendre Thomme moral; maison oublie que c'est Tépuration de la volonté morale, opérée par l'inoculation des sentiments sociaux, qui tue l'intérêt lui-même et qui en a opéré l'abaissement graduel ; qu'enfin les idées et les sentiments impri-* ment l'impulsion initiale aux faits de Tordre économique qui semblent le plus posséder des propriétés actives, indépendantes de l'influence morale.

On dit aussi que le capital acquis, ne fructifiant plus par l'intérêt, chacun devrait vivre du fruit de son travail, que l'oisiveté serait ainsi impossible; mais ces conséquences-là ne peuvent résulter que de Fabolition de l'héritage, de celle de l'accumulation du capital et de la propriété, et tout moyen d'existence repose alors sur une fonction à laquelle sont attachés des émoluments fixes,

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indépendants de Tactivité et des efTorts faits pour s'enrichir; ce qui revient toujours à supposer Thumaniié au sommet des perfections morales j ou la toute-puissance absorbante d'un gouvernement spi-» rituel et temporel imposant sa volonté de fer. Que si Ton s en tenait a la seule abolition de Tintérôt, chacun aurait droit de faire passera ses enfants son capital amassé. Donc ceux-ci pourraient, un certain temps, vivre dans l'oisiveté; chacun même, après avoir amassé un capital, pourrait se livrer <i Toisivelé jusqu'à ce qu'il fût dépensé, et tous les incon-* vénients de l'état actuel de la propriété individuelle libre, recommenceraient et se perpétueraient, sauf toujours le frein moral.

Chacun doit être Tinstrument de son propre sort dans les limites du possible; et de sa volonté humaine unie à la volonté collective dans le respect de la loi de.Jraleniifé. Le dévouement, qu'on a raison de donner comme la pierre angulaire et la clef de voûte de Tédificc social , serait toutefois insullisant s'il n'était secondé par la volonté individuelle, par l'intérêt bien entendu , par la poursuite incessante des biens que tous envient; si chacun, tour à tour, venait à se reposer sur les efforts d'autrui. Pour se passer de l'institution de la propriété, nous le répétons, il faut le dévouement et la perfection fraternels non seulement d'un plus ou moins grand nombre, mais de Timmense majorité; ou tout périclite.

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Tant que les hommes voudront leur part de richesse selon leur travail , il faudra hien la leur donner. Quand ils seront assez élevés en moralité pour ne songer qu'à leur prochain^ et qu*ils ne demanderont rien pour eux, il sera inutile de la leur refuser ou de la leur donner.

Les institutions! on les déferait, si les volontés n'étaient pas assouplies d'avance au sacrifice. Ce qui importe, ce n'est pas de retirer bon gré mal gré à rhomme sa propriété , c'est de le moraliser, d'épurer sa volonté, d'éclairer assez son intelligence, de l'animer assez au dévouement , et de lui faire assez aimer Dieu et son prochain, pour être avec sa propriété comme s'il n'en avait pas quant à luimême; pour qu'il en dispose au pi*ofiX d'autrui, pour qu'il accomplisse enfin le renoncement à sa propre félicité tant que celle de ses frères n'est point assurée.

Mais jusque là, impossible de forcer les hommes à une solidarité de frères et de vrais chrétiens, impossible d'espérer qu'il y ait égalité de jouissances et de fortunes. Si donc ils s'associent, aucune force sociale ne peut encore aujourd'hui empêcher que les uns n'aient plus , les autres moins, dans la mise et dans les bénéfices. On ne supprimera pas la Jiction du capital productifs ni les dividendes auxquels il est accoutumé. Ce qui est possible dés l'instant, et ce qui résultera de plus en plus de la propagation des machines et des chemins de fer, c'est la rareté des crises commerciales, des pertur-

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bâtions politiques^ du chômage des travailIetirSy enfin c'est l'ordre et l'économie des classes prolétaires ; car alors on aurait beaucoup fait pour le bien-être des masses, si Ton parvenait à leur offrir un tra? vail non interrompu. De quoi s'agit-il , après tout, pour être juste et pour éviter l'utopie? d'offrir à tout homme de bonne volonté la possibilité de faire son chemin^ ou au moins de se mettre comme les mieux partagés sur la grande route de l'aisance et de l'avancement.

D'après cela , il est sensible que l'essentiel pour l'instant n'est pas de supprimer législati^ement^m le capital, ni l'intérêt du capital, car encore une fois on n'y réussirait pas sans l'appui d'un peuple de sainis; mais de faire que chacun avec de la volonté (dn travail, de l'activité, de l'ordre, de la prévoyance et de l'économie) puisse acquérir un capital, et l'augmenter graduellement; car tous étant admis aux avantages de l'intérêt du capital, il n'y a plus alors d'inconvénients pour personne dès qu'il y en a pour tous; et l'on maintient ainsi l'étemel mobile individuel : l'émulation dans Vacti vite, dans Tordre, dans l'amélioration et le développement intellectuel, moral et physique de son être; chacun alors peut être l'enfant de ses œuvres libres.

Celui qui veut prêter l'usage de ses instruments de travail gratuitement en a le mérite devant la société et devant Dieu , et si l'éducation toute persuasive, la foi religieuse et les progrès de Topinion, concourent à généraliser ce sentiment et cet acte de

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