‹ Économie socialeChapitre 37 sur 49 · RACES. * SS · texte numérisé non relu

RACES. * SS

natal, cttsi, oomme nous devons Tadmettre ici. Ton généralise un peu ces éiablisscments cosniopo* lites , il est impossible que de cette juxta-position et de cette fusion d'hommes ^ de races et de ciyilisation hétérogènes, il ne surgisse pas une résultante sociale nouvelle , sur laquelle se greffera tout un ensemble d'institutions , de mœurs , d'usages et de prédispo* sitîons insolites.

D'abord , le premier résultat du grand pèlerinage en wagons et en bateaux à vapeur des Européens en Asie et partout , ce sera la destruction successive des derniers vestiges des castes, du dogme de la dualité et de l'infériorité d'origine des hommes : car les voyageurs européens portent inscrit sur leur bannière : Unité de Dieu et d'origine ; ils porteront avec eux l'Ëvangile et leurs propres exemples : aussitôt commencera , par conséquent, le mélange, par alliances , des races indigènes jusqu'ici religieusement séparées, et, par conséquent, un mouvement d'égalisation et de fusion qui aboutira un jour au règne de liberté , d'égalité et de fraternité dont notre Europe offre déjà une consolante réalisation.

L'inégalité de fait entre les races existera longtemps encore ; et elle existe partout tant que de leurs croisements prolongés il ne résulte pas des générations i/ietf^^e^, des composés où s'équilibrent mieux les sangs inégaux, et dont, par conséquent, les inégalités naturelles d'aptitude et d'intelligence soient moins grandes ; car, en venant combler l'intervalle immense que laissent entre elles les inégalités

s 30 TOTAGKS COSMOPOLITES.

de deux ôu plusieurs races extrêmes, ces gënératièns intermédraires ou moyennes deTiennent un lien de cohésion et d'harmonisation entre toutes les popula** tions qui concourent à l'unité sociale : elles éga« lisent ou nivellent en rapprochant.

De même qu'entre deux individus i'itté^lité est d'autant plus grande que leurs facultés inlelleo* tuelles ou physiques , ou leur libre arbitre et leur moralité sont plus inégaux , de même il semUe en être entre les séries dindmdus ou mces* Sans doute, ce n'est point du tout une raison, dans un caa comme dans l'autre, pour que l'inégalité naturelle apparente ou probable se réfléchisse à priori^ dans les droits politiques ou devant la loi ; et il faut , il importe au dessus de tout que la morale commande la frat^nité et la liberté , quelles que soient la couleur de la peau, la largeur du crâne et l'ouverture de l'angle facial ; mais, pour que la dislance efFeotive soit moins grande entre des races physiologiqnement inférieures en un moment donné, il faut que les al*« liances, les croisements rapprochent les inter-» valles que la nature, l'organisation (primitive ou de fait actuel) semblent avoir mis entre elles : sans cela, bien que la raison et le devoir veuillent absolument qu'ils soient considérés comme frères , et émancipés comme tels par toutes les voies d'éducation et d'ins-* truction , de la part des races dites supérieures , néanmoins ils ne pourraient toujours pas dépasser le degré de perfectionnement que leur organisation ,

UAEMM. SSI

Mvtée à mmr^iroduciian pure ^ aemUe avoir laCal»^ ntenl limilë*

Pisécîsément , œ mélange, ces alliances, nnlld circonstance ne peut mieux les favoriser que la firopagation des moyens de transport qui versent sans eesse , avec une rapidité magique , chacun el tous sur tous les points du globe*

Mais ce n'est pas seulement en Asie où régnent ces castes, que les voyages , en déterminant le mélange des races, faciliterontl émancipation desclasses nombreuses, le régne de la liberté et de Végalilé r car le mélange des races en Europe, et par toute la terre, est loin d'être suffisamment avancé pourcon^ porter rétablissement facile et complet , désirable ou salutaire de Tégalité.

L'égalité, pour être désirable et licite, exige que chacun soit capable d'atteindre le degré de lumière, de moralité, de gouvernement de soî-mâine, et dç respect des lois fondamentales d'une société d'hom-* mes libres. Un forcené, un meurtrier n'a point droit à la liberté politique; une masse d'hommes grossiers et cruels n'auraient pas impunément des franchises chez un peuple avancé.

Si donc il était reconnu que , de fait, une certaine portion des populations d'un peuple libre usât mal de ses facultés , manquât d'aptitude et de force morale suffisantes pour avoir les prérogatives de citoyen, et que Ton vint à s'assurer que cette incapa-

«lié est Un l'ésultat de race, résultat qui serait lùî-méme Vcffet îent d'un anathéme et d'une ex-

332 TOTARBS GOSMOrOLiTIS.

cluskm déparia prononcée de temps immémorial et maintenue sur des populations nombreuses » ou de toutes les circonstances extérieures qui peuvent abâtardir et faire dégénérer le genre humain. «b, quoi de plus efficace que des préjugés de castes et d'inégalité d'origine ne vinssent pas davantage interdire le mélange , les alliances du sang supérieur avec l'inférieur !.•••

Or c'est à des degrés infinis , dans l'échelle des individus, des groupes de familles et de souches composant une société , qu'on retrouve ces différences spécifiques originelles , cette fatalité de races ou de complexion individuelle. On les peut très bien reconnaître dans les parties constituantes des populations européennes et américaines.

Un plus grand mouvement dans les relations des diverses populations d'un même empire, une transposition , un déplacement plus fréquent dans les masses , et puis l'intervention de nouvelles races ou composées de races étrangères par les voyages , détermineraient donc probablement une plus grande diversité ou inégalité d'organisations; le même moule s'appliquerait donc moins disproportionnément à plus d'individus.

Or ce sera encore là un résultat certain de la propagation des forces et des moyens économiques et accélérateurs.

Il est bien digne de remarque que, dans les pays où le r^ime des castes est plus ou moins en vigueur.

màCMê. 3S3

c'est là ausai où les inégalités de races sont les (dus frappantes.

Rendre ces in^litës de races le moins grandes possible y par le mélange plus Sicile et par les croisements des différents peuples entre eux et les différentes classes d*un même peuple i c'est donc travailler à la destruction des castes, au régne de la liberté etdcTégalité, à la parenté du genre humain.

Or 9 nous Tavons dit, les voyages , les chemins de fer , la presse , la morale européenne , et principalement tout ce qui éclaire , enrichit et moralise le grand nombre , ont ce but et cet effet devant eux.

Quand Christophe Colomb eut découvert l'Amérique f Tesclavage des nègres amena leur croisement avec les Espagnck, et finalement toutes les variétés nègres vinrent se mélanger et se nuuier avec toutes les variétés blanches.

Ces alliances donnèrent naissance i une race d'hommes, ou, si Ton veut, à des populations qui tenaient des dispositions natives des deux races. Or on ne peut dire où omduisent de pareils événements. Et, de fait, de nos jours les produits métis sont très nombreux entre les deux races eitrèmes : la racecaucasique et la race nègre.

A plus forte raison donc , ils le seront un jour entre ces mêmes races et les races intermédiaires, lorsque les chemins de fer et les bateaux à vapeur les auront mises en contact comme les colonisations ont mis ces deux-ci.

Ces mélanges, ces croisements, ces populations

334 VOYAGES COeMOPOLlTES.

moyenties méiistes , vont se Multiplier à l'infini par tout le globe , entre toutes les races qui le pMpIfMC. • C'est ici un spectacle inouï , le point lie départ de transformations sociales toiprëvues. Est-ce le début de la décadence des races inférieures ? Les raees primitires et leurs caractères spécifiques disparat*traient-^its du monde arec elles ? ou , est-^ee la crëa- 4MD d'une nature inlernKédiaire , de nuanèes noni«breuaes entra les r^ces déjà connues^ nuatices qui «uraient pour fin de remplir les intervalles trop «tendus qni séparent les nuances primitives ou pas^ sent pour tdles ?

A nos yeux, ce grand hit des croisements servira ^somme de conducteur an fluide moral de l'égalité > de la fraternité par toute la terre; il servira à éta-* blir entre nn homme et un autre , depuis^ la' plus haut en génie , en beauté , en force, jusqu'au plufc dépomllé de ces dons, «ne diffërence telle , que 4'inégalité individuelle physiologique , politique et iociale,{quoiq«e partout, ne sera plus;nullepart<lana l'application , on deviendra insensible ^ pro^been proche pour chacun de ceuit cpit la svbîtoMt. . . Une chose est certaine , 8»r laquelle aOM fan«* dons notre espoir et notre prérieioo : c'est qu'à «^ snre que le croisement s'opère entre les diverses ^mces^qni composent la population d'un pays , l'é*^ galité s'y £ait jour et les institutions la consao^nt. fians dooie, e^te simultanéité n'est pas lacoiooidenee de cause à effet; il intervient avanttout, et comme xuise initiale, dans ce fHrogrés, que^nne chose de

plvft 4|u'un arotteneiit pbysioklfl^que. Ily a Y^émexA Wkwd, \a libre arbitre de rbenuM , la religion^ les iBstUutiom» etc.) mais enfin celte simultanéité est :UD fbit, étdana tous les cas on ne saurait mjécon*naiine rélément- phyûotogique de Torgaaisatiou»

Si Von se laissait séduire par l'analogie^ on serait conduit à croire que la supériorité de {HToduit qu'on olitîent dans le croisement des espèces animales d'un Oirdire inférieur à la nôtre existe ^ ou s'obtiendra par le erojeement dans les races humaines*

I^es: agronomes sont parvenus à améliorer sin^ gulièrementles espèces ebeyalines et, en .général, les vajriiit4s d'animaux domestiques. Nul ne. peut aliirmer encom qœ le mélange libre des raeM bumaua^f» donne un résultat aiwdogue : la scienoe et: Tétude des races sont encore trop incertaines pov autpriser ime pareille coMlusion^

. Mais oe 4|ui ne .semWb pas dûiaaeux I o'eat que ces mélanges ne peuvent être oiiganiquement , ni iotel** lectuellement indifférents , ni politiquement par suile.

Quel sens social ont donc les x^^fifB ? €ert^s ^ \ en l'abseiiee de données encore assess poai^ve^ p et lors<que cetia question esl entourée de lant 4: obscurité , Bons n'irons pas oenclttce, comme on Ic; fait de nos jonra, du développement historique des isaoes à leur organisation, d'une manière absohie; e^ dans tous les caSy noos. croyons pouvoir affirmer à priori que jamaîiioD ne pourra tirer, des apparents physîûlo^ giques des individiiB au des races , d«(| préy^sion^

de développement moral et intellectuel , auxquelles serait accordée une valeur scientifique et sociale par Topinion ou le pouvoir public. On attendra toujours, pour conclure sur la valeur d'un individu ou d'une collection d'individus vivants , leura actes , leur développement y leurs services, leura mérites dans le temps et dans Tespace.

Une science absolue de la valeur des races et des individus par les protubérances, par l'angle facial, la couleur de la peau, etc...; un diagnostic exlérieor infaillible I!t Mais où donc irait se réfugier le libre arbitre et la moralité humaine !...

Cela admis , il est bon cependant de demander à rhisCoire quels faits progressifs ou sociaux le mélange des races parait avoir constamment accompagnés, et de chercher à en formuler les résultats identiques. Mais cette tache ne nous est point ici échue : il nous suffit de quelques considératicms sur les causes finales de ces diveraités.

Les races , les variétés, les espèces , les genres , ne sont pas autre chose que des composés , des groupes plus ou moins nombreux d'individus ayant plus particulièrement les mêmes aptitudes, les mêmes prédispositions intellectndles , morales et physiques. Or, si Ton jette un regard un peu large sur les eau* ses finales des variétés, des différences, de la multiplicité des caractères individuels , c'est à dire des capacités^ des talents, des vocations et des goùtSi on

BAGKS. 337

ne peut s'empêcher de croire qu'ils sont là dans le grand mécanisme de la société, de Thumanité , de l'univers même, comme les notes de la gamme dans l'harmonie des sons; ils sont là ^ dis-je ^ comme des pièces , des ressorts obligés et préétablis dans les desseins du Créateur, pour répondre aux divers besoins , aux divers buts , auxquels il appelle successivement l'humanité dans sa carrière sociale. C'est par eux et pour eux que la division du travail est possible , que les attributions diverses et les fonctions de la société sont toietej recherchées, trouveront toutes des facultés spéciales qui leur correspon* dent. A chaque caractère spécial individuel correspond donc une fonction spéciale individuelle; mais cette fonction devant se répéter partout , dans les lieux et dans les temps divers , il doit aussi , aux groupes de fonctions identiques ou similaires, correspondre des groupes de caractères identiques ou analogues; etcomme Thomme aperçoit encore des analo* gies entre les groupes de caractères ainsi qu il en a aperçu entre les groupesde fonctions, il dàsse lesdeux parts, les espècesou variétés sous un genre ^ et ilappelle lesgroupesd'individusàcaractéreidentiqueunéroc^. Ne nous étonnons donc pas plus de l'inégalité intellectuelle ou physique des races que nous ne nous étonnons de celle des caractères individuels , et de même que nous laissons les caractères librement se développer, les individus prendre rang eux-mêmes dans la société par leurs propres efforts, se faire leur destinée selon leur énergie virtuelle et propre ,

BM VOYAGES 006liOPOLIT£S.

selon leur tctivité , leur volonté , et les chances fortuites fatales , laissons aux races la libre faculté de pe classer dans la grande hiérarchie des fonctions , des supériorités et des puisances , des lumières et des mérites ; on peut presseintir altxrs le sensécono^ jnîque des variétés ^ des différences d^hafaitudes et dégoût parmi lesracQS et les individus.

CSe sont ces variétés inhérentes à la diversité na-* turelle fondamentale et providentielle des caractères et des races dans l'ensemble de l'humanité qui rendent possible la variété des rièhesses créées par le travail de l'homme; sans cela, pouiiN{uoi tant d'uti- UtéSi pdur^uoi tous tes raffinements , ces objets que les uns Mtidierit à ud très haut prix , . andis qde les autres y qaontrent une complète indifférence; ces nuances infinies dans la forme, dans la couleur, etc.?

Dans les choses morales , dans les rappoi*ts fonda-* mmtauxy il y va de la vérité , il y va de l'ordre , de la paix, de rextslenee des sociétés. Elles ne se forment ,.iie se consolident et ne se perpië tuent que par une communauté de sentiomats , une uniié de principes, de croyances , tans laquelle il nCy au* rait ni règle de bien et de mai , ni mérite ; et Ton abontihnt , par la rigoureuse logique , à trouver indifférent de tner comme de sauver , à des lois con-^ fondant l'égoisotie et le dévooement. Mais, hors de là et dans les formes, l'humanité veut de plus eu plus tolétance et laissef^Jaire.

U se fera donc entre les races et les variétés d'un même cotitineaty et m^me du globt entier, un më-

linge des alliances iinalogués à cellea qui M sbnt accomplteé daiia toutes les nations entre toùteà lèl ned$ qiii s'y tronvaieni autoehthones; oh établies; lors de leur constitution en tiatiohalité; Aùdiitie té^ fMignaiice aiitëriet(re dei tûtes dite^ snpërieures k se mélanger^ à s'unir tfvéc léS UbiiFiV a^^c les tbtig[M et les cnitrés, n'autoHse la SuppoSitioil > otr kt chiintè, kfM le préjugé ii'ëtal)liéië tin j6Ur ^ilne barrière insurmontable entre le mélaiige des san^ ; et ne constitue un gfaiid iysCëm^ de bastes' au^sl nombreuses qu'il y dr dé races t)byèioiogiqtièfmiént reeoDûttés commet séparées {tor une ^Mndë'ihii^iité de fecultés ,ét bidrai*cbrséës entre elles d'après eettd infériorité prétendue Sfiëdfi^e.

O^autre part ^ ' oft ne petit sUpiploser ^é Itt race rojràle oti supérieure, ta esiwiisîtjuey \à jâ jiifaéti^i^ y faèsé consister le progrès à exterminée gja^iiéllé^ ment les autres et à teitët sëttlè à pètrjllèi-fft tériW:'

Si Ton maititedaitj cbmille art l'a fait au rêite; que les races SupéHêtires, tfu la préUiière/ foblSn^ cke par exemple^ éntahirbntnnjOtir lé globëy iprèi aroir opéré sticcess)tetnent M déstruètioii âéÉ rates inférieures, en* pii>iiéde(nt d'aboM pstr là pliis su-balteme , autant vaudrait dire que les caractère^ supérieurs, les grandes individualités, W cd{^acités , les hommes de génie et de (aient/ d^ér^rdnè fin jour la destructioEl dès caractères setondairéè et resteront seuls maîtres de là terï*e , occtibés sans doute à se contempler lànlivëilement : dntàtit vaudroit dire ^uê les sociétés ccsserotit d'être.

Il n'y a pas lieu non plus de prévoir que le mélange répété, le croisement incessant des races et Tapparition de nuances et de variétés nombreuses, finisse par absorber peu à peu les races inférieures et à faire disparaître leurs types primitifs , de sorte qu*il ne restât plus que les produits métis perfec^ tionnés et plus rapprochés des types supérieurs»

Car tout ce que Ton sait aujourd'hui des lois du croisement signale la perpétuité des types primitifs, et leur retour après un certain nombre de combinaisons dans un même sens.

. Nulle race d'hommes ne disparaîtra de la terre ^ pas plus que celle des animaux d'une même création, contemporaine à celle de Thomme.

Toutes vont se perpétuer, car toutes sont douées du même besoin , du même désir de reproduction : là est le doigt de Dieu et même s'il y avait une infé* riorité dans ce penchant chez quelque race , il fau-* drait phjtôt la craindre pour les races supérieures. L'infériorité des races ne s'établit-elle pas précisément par la prédominance des affections bestiales et de la force musculaire , et par conséquent d'après ce penchant plus irrésistible vers les appétits des sexes?

Quand toutes les excitations de la civilisation auront sollicité les noirs, les Mongols, etc., au développement de leurs aptitudes, il s'élèvera parmi eux un grand nombre de capacités dignes d'être assimilées en tous points aux populations vulgaires des blancs, et supérieures même de beaucoup à certaines

IkACES. 94!

ca|>acitës blanches et autres; et'cette dgalitëou cette supériorité partielle, laquelle entraînera naturellement celle des fortunes^ des positions, ou des fonctions et de la puissance, suffira pour décider les alliances entre les races les plus distantes* L'inléréC réciproque, la vanité, tous les mobiles égoïstes et privés, à défaut du sentiment de la beauté et de la convenance extérieure des corps, et aussi les vertus^ le courage, les actions d'éclat et de renom, tout ceU qui est à jamais humain et tout-puissant, Tesprit religieux enfin, et le précepte de la fraternité et de Tunilé du genre humain ; tous ces agents dissipe^ ront le préjugé antisocial qui voudrait tenir dans la proscription et rhumiliation toute une portion du genre humain, pour une question de couleur^ d'à-* baissement de crdfie^ ou d'acuité d* angle Jacial.

Mais il ne sera môme pas besoin de combattre le préjugé pour consommer, je ne dis pas les alUances^ mais les croisements : déjà les vices et Tappéiit vc^ nérien y pourvoient amplement; quant à l'alliance légitime, elle n'est plus qu'une question de temps. Dë$ que le nègre et les gens de couleur pourront jouir et posséder, s'enrichir, et enfin atteindre à la liberté, à l'éducation, à l'instruction; dès que Ip blanc voudra voir en lui ce qu'il est effectivement^ un frère en tutelle qu'il faut ém.inciper graduellement, non en l'abandonnant à sa propre faiblesse de nature inculte, mais en l'éclairant, en lui incul* quant la vérité et la lumière chrétienne, l'homme

9fâ VOYAGES CO^MPPOLITBS.

et )? fusjpp sera acpooipUe.

~ W^i^ 9)qH^|l9 fonctioa $PQt flastiaés le ccwtmeiit ^iiajton i|kfF)oaine? es^-ce à jamai^ une pépinièFe 4!^«claves fwup les races Uaochts et autres? est-ce è jaiuais une r^oe maudite? n'estai! .f as inpie de supposer que Pieu ait voulu établir des démarca-: (îonaélerwlles entrp ks races humaines, et faire dé« peudre les affections et les relations de Ja xx>uleup et 4^ autres diversités apparentes ?•••

.Autant vaudrait affirmer paireille chose de la tai}le> de* remhonpoint, * de la faculté poétique et philosophique, et de tqus les caractères dissemblables» .

- . H y a, au oontraine, dans une foiile de cas, attrait par le contraste et par des qualités opposées.

La même loi qu'on peut observer dans les animaux existe probablement dans le genre humain.

I^dessein providentiel de cette variété p|in)|t Htat d'abordi comme nous l'avons dit, la variété de fonc* tions et d'aptitqdes nécessaires aux besoins divers de toute société.

-. En oqtre, comme, à mesure que les sociétés progressent et se développent, les fonctions se muiti-» plient, el avec elles la dwision du trai^ailei la né« jûessité des nuances d'aptitudes et d'instruction; an ^tit nombre de «races et de variétés primitives, qui suffisaient pour les besoins bornés des associations primitives^ il fallait bien que les hommes en avançant, et à mesure des besoins nouveaux, pussent

ftACBS. Ht

fftife succéder des nuances^ des variétés d'aptitudes plus nombreuses et correspciidaDtes.

CSe à quoi rbumanilé regardera de plus en plus^ ce n'est donc point à la couleur^ et à un front qui promette plus ou moins de raisonnement et de réflexi<»iy mais à une conduite qui prouve le dévoue* ment^ la tendresse, les vertus sociales et le fonction* nement utile dans le mécanisme général (i).

Le développement de rindustrie et la propagation des sentiments sociaux gagneront l'Egypte , l'Asie- Mineure^ les côtes de l'Afrique^ par les chemins de fer et par l'application des procédés économiques et puissants de la vapeur. L'Egypte continuera à recruter les noirs, ainsi que la Turquie, la Perse, etc., mais en adoucissant leur sort à mesure que se civiliseront ces nations. D'esclaves, les noirs devien-» dront serfs, puis colons partiaires, métayers salariés, et enGn propriétaires et capitalistes libres. De même la colonie européenne d'Alger, les anciennes colonies européennes parsemées dans toutes les mers, toute terre étrangère enfin deviendra pour le nègre une terre de refuge généreuse, une terre d'émancipation intellectuelle et morale, et en définitive une terre de liberté.

En Amérique, l'affranchissement des hommes oe couleur est imminent; l'Angleterre a d'ailleurs donné l'exemple à toutes les mères-patries. Des offres d'échange, de commerce, iront solliciter les

(1) Voir la Noie 6 à la fin du Yoliiine.

34 i VOYAGES COSMOPOLITES.

liabitants des côtes africaines à lirer parti des richesses territoriales^ à naturaliser chez eux les pro* cédés de la civilisation. Des établissements nouveaux seront tentés, et en respectant les croyances et les usages des indigènes^ on mettra sous leurs yeux des exemples séduisants. Par là aussi on civilisera la majorité des nègres sur le sol natal, ce qui est un peu plus humain et plus efficace que la traite.

L'événement américain n'a pas grande portée pour la civilisation delà race africaine : car comme la traite est considérablement ralentie, et qu'elle deviendra nulle, à supposer que les gens de couleur eussent les franchises du citoyen, ils finiraient par se décolorer dans les alliances réitérées avec les blancs. Ce ne seraient toujours pas des nègres purs qui seraient élevés à la dignité de citoyen d'une so-. ciétc civilisée.

Il est probable que des essais de civilisation seront transportés au centre même de la terre natale des nègres.

Comme nous venons de le dire, l'Egypte, Alger, pourront faire et feront des essais décisifs sur le dégré d'aptitude de cette race à se civiliser.

Il se fera une véritable transplantation des types dans toutes les régions, sous toutes les latitudes. Peu importe alors, et après tout, l'alliance générale, la fusion de tous avec tous ; s'il y a coexistence et fusion sociale, harmonisation, il y aura d'autant plus d'éléments de cohésion sociale et d'égalité effective : car il y aura dans une nation d'Asie, par exemple.

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des apdtades pour les fonctions les pi as élevées ou les plus difficiles de la société, comme pour les plus infimes; des hommes d'État à Teuropéenne^ et des fonctionnaires subalternes comme le fidèle et dévoué domestique nègre.

Là où il n*y a que deux ou quatre races bien tranchées, il est presque infaillible que les condi^ tions le soient en proportion, et qu'un intervalle înimense en richesse, en liberté, en capacités, ne les sépare en castes, qui ne se confondent ni ne s^allient.

N'est-ce pas là le sens des distinctions de castes indienne, égyptienne, et de toutes les civilisations de Tantiquité, de la Grèce et de Rome même à leur début?

Là^ dans cet effet infaillible des voyages, du mou-> vement industriel (et des relations qui entraînent les échanges) que va augmenter la vapeur, là est à nos yeux la garantie de la fusionnes peuples, de l'égalité des conditions, et de l'éducation chrétienne du genre humain.

Tout le monde a été frappé des effets qui résuW ièrcnt de Toccupatioif militaire et des conquêtes des Français dans les guerres européennes des temps modernes.

£h bien ! les voyages et le mouvement continuel d'échanges commerciaux que voqt réaliser les vaisseaux à vapeur et les chemins de fer, de la part de la race caucasique chez les autres races, ne sont pas autre cliose qu'une occupation permanente, pacifique, une croisade déguisée, indirecte, de l'esprit et

^% TOTAfilS CaWOMLITBS.

4e la crQf a^icp eqrqi^iie ocmtre le$ iiutitutioiis, les croyiapces, les î4ée8 brahmaniques, mahomëtanes et fétichistes.

I4L race caucasique est la plus actiTe, la plus énergique, la plus voyageuse, la plus envahissante ; mais jusqu'ici elle n'était point assise, elle conquérait, remuait, mais passait ; elle a dû d'ailleurs opé^ rer sur elle-rméme; elle était constituée principalement pour la guerre, qui, de sa nature, n'est pas pDodueUve et n'augmente pas la population d'une manière r^lière et soutenue.

Mais la voici constituée pour le travail productif : l'augmentation prompte et prodigieuse de la richesse et des relations va nécessairement augmenter la densité de la popiilation du sol européen, par l'effet de ce principe, que la population est en rapport avec la subsistance. Elle débordera donc avant qu'aucune autre race n'ait pu la rejoindre par l'imitatiod de ses chemins et de ses machines; elle débor^ dera, dis-je, et enverra des essaims dépopulations par loules les contrées incultes et naturellement fertiles.

Pour l'instant, cette race, cependant, n'est pas la {dus nombreuse sur la terre; c'est un fait que la race mongole, la chinoise et la mahométane, comptent plus d'individus que la nôtre. Mais qu'importe, l'avenir n'est pas à elles, et leurs populations restent stationnaires et concentriques; elles né coloniseront pas de longtemps , car elles sont privées de

HAGH. S47

Téaer^e d'^pansion, oh leurs croyances^ leurs institutions s^ opposent*

La Chine se suffit à elle-même, sans doute, mais il y a une limite infranchissable pour la densité de la population sur un territoire donné ^ ainsi que pour les subsistances qu'une même étendue de terre peut produire.

D'ailleurs, ses préjugés, ses croyances ne mettront pas longtemps obstacle à ce qu'elle veuille essayer de la propagande et des colonisations.

Toutes les partîtes inhabitées, incultes, mais habitables et cultivables du globe, paraissent devoir échoir à la race la plus active, la plus avancée, et

qui est d^ailleurs, par nature, douée de plus d'activité, et du besoin d'envahisseâfient. B'aulre part, tout ce: dont une race prédomine les autres en accroissement de population est au préjudice de l'accroissement tiltérieur de celles-ci. Quand une fois la race caucasique remplira tous les vides du globe, il sera d*autant plus difficile pour les autres races de se multiplier au delà des possibilités d'existences intérieures; et, comme en même tenbps, elles sont actuellement • marquées d'inrépiorité d'intelligence, d'activité et de prévoyance, elles pourront difficilement bbtenir cette faculté par la force.

Depuis six cents ans, la civilisation musulmane n'a plus de force d'expansion ; au contraire^ depuis les croisades et Christophe Colomb, que d'émigrations européennes et de populations nouvelles, nées du mélanige ' tie là race caucasique ! que de produits

34S VOTAGES GO<«IIO^MTEft.

métis!... Les populations des républiques de Colombie et de Bolivie, celles du Mexique, du fii^l, de beaucoup d'iles de T Asie, sont des rejetons esjla-gnolsy portugais ; des tempéraments métis, composés du sang caucasique, de l'indien et de Tafricain. Les lies de la Martinique, de Cuba, de Bourbon, des Antilles, etc., sont également dominées par la population européenne.

Les États-Unis, les établissements anglais aux deua: Indes, ont transporté la nature européenne côte à cote avec les natkms asiatique et américaine. Partout, ne sont-ce pas des populations appelées à Texistence par le sang caucasique?

Cette force d'expansion va se continuer bien plus activement et sur une plus grande échelle, quand le développement de l'industrie aura peuplé jusqu'à l'excès la mère patrie, et que les chemins de fer el les bateaux à vapeur faciliteront les voyages et les émigrations.

Quoi qu'il advienne dans la balance des destinées humaines, ce n'est pas le nombre, la population de telle ou telle race qui compte, c'est leur énergie, leur force morale; cela dépend k un haut degré du libre arbitre de tous.

Et ce n'est pas uniquement en ménageant de continuels contacts, des relations, des rapprochements entre les races et les civilisations diverses, que les chemins de fer et les voyages vont pousser à l'égalité et à la liberté : c'est aussi en offrant aux classes nombreuses les moyens d'exercer leur industrie, de

RACKS. 349

la rendre estimaMe, et de hii donner une valeur sociale neuTelle, aux yeux mêmes des clasftes supé^ rieures ; c*est en augmentant les désirs de ceax*<:i et leurs besoins; c'est en leur rendant le concours du grand nombre de travailleurs indispensable; c'est, enfin, en faisant intervenir activement la foule dans l'œuvre -sociale^ en l'enrichissant.

Dans rantiquitëy et au moyen*4ge principale-* ment» c'est presque toujours par la richesse mobi* liére que les races industrieuses , subaltemisées primitivement par la conquête des races guerrières^ arrivent à la liberté civile et politique. C'est en apportant des dots ou des successions importantes, acquises à force de travail et d'économie, qu'elles scmt parvenues à contracter des alliances avec les classes de sang privilégié, et l'on y voit que les illustrations et les parchemins appauvris consentent tôt ou tard aux mésàluancbs, moyennant argent comptant.

En résumé, les races se mêleront ou se marieront : cellea du Nord, à la trempe énergique et résistante, et celles du Midi, ingénieuses^ artistes, pleines de feu et de poésie, avec intermittence de mollesse et de volupté.

Voilà la grande et la seule conquête à faire, et celle que porteront à accomplir les locomotives de terre et de mer. Déjà les Anglais ont Tlnde en perspective : les possessions coloniales des races euro^* péennes sur tous les points du globe n'ont pas de Gn plus élevée et plus sociale que celle-là; \e$posies

350 VOYAGES £0fiilOPOUTES.

qn'eiÏM ont établis de fNToche en proeke gagneot et battent en brèche les frontières des. plus Dnabrageasës patiops, Yoire même la muraille chinoise. Peu à pea lés essaiiM d'Européens^ ddnt se recrutent péri^dt^ quemenl tes skiions, eottUneBc^K>nt et poursmvront les alliances; et un jour il se sera produit ce fait encore exceptionnd, qjue les sangd divers^ et les mosttrs> et les civUisatione/ se -seront combines dans léï indifidris ou danq les pôpulaiioiis méridionales^ en telle proportion avec celles du nord^ que les so^ çiétés antipodes se ôomprendrodt et s'ifttéreswront L'une à l-aùtre comme font les citoyen^ d'une même nation. On aéra alors eUojreri dummide éanB.tlmte la ]^igtteur de l'expression.

Four uoeassociatibntcosoiopolitè; il faut d^'na<^ tùreSy des oaraclëresy Une éducatiott eosmèpolilerf ; le mâange uniTersel des races les donnerar gradtieU lement par la suite des siècles.

Mais conservez dans chaque pays les alliances se* parées^ exclusiTcs^ ]utS»ci les races et ka variétés ang^o^lonnes se reproduire entre èllès^ éi dé méine lés allemandes^ les françaises^ voiis aurez toùjouta te caractère d'intoiéfaneeet d*orgneily le génie étrot*^ tement compréhensif, les distinctions nationales qiii metteni' enco^e^ même de nod joérs^ nu si grand dbstade à la fusion oii à la fédéraction européenne.

Les cardetèred nationaux se modifieront : pourtant ils ne disparaîtront pas complètement.

L'Anglais moins orgtteilleux^ moins étroitement raisonneur et utilitaire, moins exclusiveaàent mer*

tutu. â5t

cainile^ Bdoind froid extërieoretnent^ jdùa espmmS, n'en sera pas moins^ après de longs mélanges^ Icn^ tenips encore spécialement un génie indnstiiet, doué d'aptitude à l'application matérielle, plein d'oMre^ ealculateur et prëirojrant, laborieux et actif, au desans de tous autres.

Les races et les sociétés germaines et allemand subiront bien des frottements et des croisements, avant que leur type cesse de les distinguer par la eontemplaticm, la rêverie, par les cdtnblnaiîsoiis àb»* traites de l'entendement pur; avant que le cœur^ la passiqp extérieure et nHondainé, et le génie merean» tile, Y plrédominent sut la tétd, la pèiisée.

Le Français austi recevra bien déS ièfliiencet dî^ verses, mélangera son iaiîg à line foule dé races et de variétés, avant que té peuplé y ait laissé sd ptiy-^ sionomlè gauloise, déjà si caractérîèée dès le tèilips deCétor.

Qàelqtte nombreux et infinis qtié soSent les croi'dediéhts et les influences matérielles, 6n confit comment chaque masse de popfuladon aura jiartotit et toujotirs tm caractère pins homogène, plus ciâl, qui la distingue spécifiquemetat des au^^; même qu'entre individus, lïnéme les plus flexibles et les plus costfiopolitei, quelque cbose de générique, d'individuel, est là qui les rend aptes à dés fonctions distinctes singulières, et les y porté providentiellèrtient.

Les tinés prédomfinéronf dans rœutré intellé^- (ueîle où dans l'œu-^i^ d'àûmàfilisàtion etdb prà-

352 VOYAGES GOaHOPOLITBS.

lique sociale et politique, les autres dans la production matérielle. Ici on excellera dans telles industries^ là dans telles autres; ailleurs on sera plus ou moins .actif, plus ou moins indolent.

Mais 1 élément matériel sera partout, le perfectionnement sera incessant ; car ici la rivalité est .obligée, l'imitation de rigueur pour tout peuple qui veut se conserver et prospérer.

Partout donc la richesse va augmenter à Tenvi : Je travail pacifique sera le caractère dominant d'une JiOiigue époque qui s'ouvre^

. L'Orient est obligé de se réveiller, enveloppé et sollicité comme il va Têlre par la Russie, TAngle* terre, la France et les États-Unis.

C'est enfin du pain, du bien«<étre qui va ^itfohri^ qmr pour l'humanité tout entière.

Les nations eui^péennes feront un mouvement sur elles-mêmes, dont l'issue sera leur fusion plus intime, et un mouvement de propagande sur l'Asie : tout le reste du monde américain est chrétien ou le deviendra par le voisinage des états du nord et des républiques du sud. Tout le Nord est chrétien, jpais il doit uccomplir les préceptes du christia* nisme par des msUtuiiom qui en soient la déduction logique : la France, Les Étals-Unis^ l'Angle* terre donneront Texemple et l'essor.

, C'est donc sur l'Asie orientale, sur l'Afrique et sur rOcéanie, que portera principalement Taclion moralisante de ces trois foyers de civilisation.

Déjà la Russie par le Caucase, par la Perse et la

lACBS. 35S

MoDgolie chinoite; d^à TAngletem p«r l'Inde; déjà l'Autriche et la France par l'Egypte eC la Turquie, commencent cette crmsade nouvelle : TinTasion spirituelle et économique* Ce Mnt autant dis trouées ccmquises, d'avant-postes établis autour du berceau de rhumanité, sur cette terre du passé.

Dans les pays déjà libres, ou en voie d*émanci-* pation, la vue d'un chemin de fer sera analogue, et ira à la même fin, qui sera comme nous venons de dire : ainsi, en Europe, toutes les nations, mAme l'Italie et l'Espagne, se réveilleront à l'impatient frémissement de la vapeur comprimée des machines locomotives.

Mais dans les pays où la crainte du maître étouffe encore le sentiment de liberté chez l'esclave, où la superstition religieuse, où le despotisme tempwel^ politique, veillent à conserver dans les écrits ce que l'on veut maintenir dans les institutions et dans les actes du vulgaire , enfin, en Chine, dans Flnde, en Russie, en Turquie, en Perse, la naturalisation des forces motrices et des chemins de fer pourront contribuer à éterniser le prestige de la hiérardne des castes ou des classes, leur iaire attribuer une nouvelle supériorité de puissam» et de valeur intrinsèque. L'hébétement de Tignorante plèbe des serfs , des soudrahs , des parias , n'en sera peut-être que plus grand.

Il n'y aurait que Tinfluence des voyageurs étrangers qui pourrait les tirer de l'étonnemeut «t de IL as

l'extase ; mais les Toyageurs seront-ils admis à circuler et ) séjourner dans l'intérieur ?

Nous croyons que les pouvoirs despotes de TÂsie se prêteront plus vite qu^on ne pense aux influences des cabinets européens les plus avancés en richease et en puissance* Us comprendront^ à leur suggestion^ comment leur royale autorité peut se consolider^ et •erait infiniment plus sûre en reposant sur la ridieasci Tindustrie et Tamour des classes moyennes» ^iid sur la protection orgueilleuse et ombrageuse d'Une nûnorité privilégiée » toute-puissante par sa riehdsae» païf ses capitaux et par ses adhérents inté* ressés.

£n d'autres termes, il est certain que, partout où eaistera une féodalité industrielle, ce sera une féodalité pressée en faisceau, organisée en corps privij|égi4» qui régnera ou fera régner. Donc, par les chemins de fa: et par la vapeur, la cause des familles dynastiques et des chefs élus se lie désormais à celle des masses laborieuses ; et c'est là un résultat inestimable de la propagation de ces machines et de ces inventions. On prendra par la richesse les puissances arriérées. Les puissances européennes seront de plus en plus circonspectes dans leurs rapports avec les étrangers asiatiques^ à cause de leurs oroyances : car il s^agit pour elles des destinées de la propagation.

Un mécontentement, une guerre^ peuvent. retirer du marché un grand nombre de leurs consommateurs, et amener une crise intérieure.

L'Angleterre, et principalement l'Union amëri**» caine, nous montrent la conduite que tiendront désormais les nations industrielles et commercialei avec les puissances étrangères* Ils commeroeat avec la Chine et sont en paix avec toutes les nations» On se montrera ami des peuples qu'on visîtwa , on les attires*a chez soi} et il suffit que les relations eti»tent de part et d*avtre pour que les transformations s'opèrent en tout.

Excepté en Chine ^ les Européens ont aceés par^ tout ; i) est vrai qu'en Russie il n'y a pas liberté de parler^ mais enfin il y a liberté de professer sa croyance et d'exercer son commerce» et cela opère comme le feu sous la cendre : il s'étend sourdement et un jour il embrase. Nous les prendrons donc par les procédés matériels ; ils apf^iqueront nos moyens finÀê parfaits de produire/ noe expédients et nos raffinements de bieQ-*élre p et aveo eux ils s'appro* prieront le reste à leur insu. Voilà le côte têmê^ rant de la chose ; après l'intérêt matériel Tiendra la curiosité I qui est aussi un intérêt puissant* Ou voudra connaître nos livres, nos idées, nosmesm^ comme on aura ccmnu nos moyenside travail et nos indttstrifis^

Quant à l'efiet de la présence des idées, dos croyances et des pratiques religieuses d'Europe , en Asie, il s'y produira, sans doute, une secte indigène^ née du cbristianislne, qui portera le trouble dans les autres croyances vulgaires de ees contrées; et, cette fois, les chances de guérie ou de persécution seront

356 VOYAGES GOSUOrOUTES.

à leur maximum . hm hilte s'engagera ; et peut-être l'Orient est-il destiné à se réveiller , plutôt par les besoins de Tesprit et du cœur que par ceux de la sensualité industrielle. Il sera plus curieux de con« naître nos doctrines religieuses que de jouir de nos richesses , des merveilles de notre industrie. Nous entendons bien plus parler, dans l'histoire de TAsie, des révolutions religieuses que des révolutions po« litiques , et surtout que des révolutions commerciales et économiques.

C'est un fait que toutes les civilisations inférieures , par cela seul qu'elles sont telles , gravitant vers les princes des peuples en les imitant; témoin la Turquie et TÉgypte, Constantinople et Alexandrie, le roi de Lahor, etc*

Un jour, rinde, devenue, par les Anglais , une cdonie delà civilisation européenne j sera en lutte avec la Chine, et sonnera le réveil de cette momie des sociétés primitives.

Vraisemblablement , sous cette incessante influence , en Asie , plusieurs grands empires s'écrouleront avec leurs institutions, leurs dynasties, et les noblesses de castes immémoriales ; et plusieurs grands hommes y apparaîtront , qui la feront changer de face au matériel comme en politique et en religion. Ce seront les Pierre le Grand et les Napoléon de rOrient; et même il semble inévitable que de grandes collisions y aient lieu , bien avant Tinstallation de la civilisation moderne et des puissants agents économiques.

■ACBS. 357

En Europe méme^ les chemins de fer n'auront pas une égale influence chez tous les peuples. En Russie^ par exemple, lé^iBcrf y trouvera une occasion d'émancipation beaucoup plus incertaine et surtout plus lente que partout ailleurs.

La Russie est la seule puissance excentrique de l'Europe /par sa religion, par ses mœurs, par ses races, par son senrage , par sa constitution autocratique (qui met sous la même inspiration et la même volonté les croyances et les droits, le temporel et le spirituel )• Elle aura donc des destinées à part. La Russie est la Chine de notre civilisation : elle a, presque de tout temps, établi un cordon sanitaire contre les idées et les passions de l'Europe occidentale. Quoi qu'il en soit, elle reste fidèle à ses améliorations matérielles; elle marche à l'imitation des peuples les plus avancés. Les machines , les cher mins de fer, l'application de la vapeur sous tous ses modes, et le développement industriel, s'y poursuivent avec une sollicitude qui montre bien ses inévitables destinées. La Russie se civilisera à pas de géant; mais, on peut le craindre, le contact des étrangers y sera soigneusement ménagé : le progrès des idées y sera lent, et par conséquent l'affranchissement des serfs. Cependant voilà qu'on les fait les instruments de la production , de la richesse ; qu'on led initie aux arts , qu'on leur demande de l'intelligence et de la prévoyance , qu'on stimule leur génie et leurs désirs.

Les chemins de fer serviront beaucoup à irans-

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porter les Russes aux extrémités diverses de leurs frontières , mais peu à l'extérieur j et surtout moins encore à attirer les voyageurs européens. Les curieux seront rejetés longtemps , et, en définitive, ce sera Tempire le plu» habilement conservateur du monde après la Chine , et , comme elle y le moins accessible aux influences dites libérales.

La Russiene nous semble pas destinée àdegrandes commotions. Sans doute, comme l'empire ottoman, elle est formée d'agrégations forcées , de croyances inconciliables ; mais si un jour aussi , chez elle , quelque gi*ande séparation était tentée, elle s*ef«fectuerait difficilement : la tentative obligerait bien plutôt le gouvernement à entrer plus franchement dans la voie de liberté et de représentation modérée qui plus tard la conduira à h forme représentatif constitutionnelle des autres États de l'Europe.

Nul doute , il y a plus de sagesse et de clarté dans le cabinet russe que dans le divan, et vraisemblablement il ne s'entêtera pas à empêcher l'émancipation graduelle des serfs; mais, comme il n'est pas permis de faire exception pour l'aristocratie russe , quand viendra le jour des concessions, quand elle sera menacée dans ses prérogatives matérielles , si l'orgueil et l'égoïsme l'aveuglent, la lutte s'engagera.

Il peut se faire que ce même orgueil et un intérêt mal entendu lui conseillent les projets belliqueux, la conquête, et qu'elle croie débouter l'activité de ses serfs en la tournant vers l'Europe occidentale. Nous croyons qu'elle ne le fera pas , non pas parce que

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