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LES VICES DE LA RACE

dant les courts intervalles qui séparent les époques de la Ligue et de Henri IV, de Descartes et de Voltay-e, de Louis XVI et du Directoire?

Depuis le milieu du xvii"^ siècle, la science médicale a répandu cette erreur en accordant trop d'importance à l'organisation physique de l'homme. Mais une direction plus juste tend à r^tre donnée aux esprits, non seulement parles, préceptes de la scie'nce, mais encore par la pratique de l'art. '

On admet généralement que les opérations chirurgicales des hôpitaux civils et militaires réussissent en Angleterre en proportion plus grande qu'en France. Les discussions soulevées à ce sujet démontrent que ce résultat est dû, non à la supériorité des chirurgiens anglais, mais à la plus grande quiétude d'esprit de leurs patients. On observe le même fait chez tous les peuples dont les institutions et les croyances garantissent aux mourants le bien-être actuel de ceux qu'ils aiment, et une réunion prochaine dans une meilleure vie. Ainsi, les chirurgiens allemands et français établis en Russie et cri Sibérie attribuent le succès relatif de leurs opérations à la sérénité maintenue, malgré l'iuiiuinence de. la mort ou rintensité de la douleur, par des croyances fermes et par l'organisation de la famille patriarcale. En l'absence de, telles institutions, un de nos célèbres praticiens se plaisait à préparer la réussite de certaines opérations dangereuses en faisant appel à la rcli-

giou et ea promettant aux malades de sauvegarder l'avenir de leurs femmes et de leurs enfants, dans le cas où l'opération aurait une issue fatale.

Si les forces morales peuvent conjurer l'effet des plus graves lésions de l'organisme humain, à plus forte raison doivent-elles triompher à la longue de la dégradation produite par les passions égoïstes et par les appétits grossiers.

§ III. • — Prépondérance de l'ordre moval. dans la destinée des races.

Repoussons donc la funeste doctrine qui nous ferait accepter l'erreur et le vice comme incarnés dans notre race. Comprenons que la grandeur de l'humanité consiste précisément en ce que les forces matérielles peuvent être subordonnées à des forces morales, dominées ellesmêmes par notre volonté ; que chaque peuple peut, en conséquence, trouver en lui-même les ressources nécessaires pour s'élever à la hauteur de ses rivaux. Les phénomènes sociaux qu'on explique habituellement par des causes physiques sont dus surtout à des causes morales. <i Le progrès ou la décadence » ont leur source dans la pratique ou dans l'oubli des principes, et non dans la race elle-même. Ainsi nous soufflions cruellement aujourd'hui des fautes de nos pères; mais nous demeurons les arbitres de la destinée de nos enfants. Celte destinée sera

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