LES VICES DE LA RACE. .JO
grande si nous savons revenir aux bons principes de nos aïeux et suivre les exemples des nations les plus prospères.
L'histoire des quatre derniers siècles enseigne qu'en France comme en Angleterre les peuples ont été tour à tour religieux ou sceptiques, humains ou cruels, persécuteurs ou tolérants, colonisateurs ou sédenlaires, libres ou opprimés. Elle réfute donc l'allégation d'une infériorité organique des Français comparés aux Anglo- Saxons.
Depuis longtemps nos races celtiques, mêlées à celles du Nord et de la Germanie, ont acquis, sous l'influence de leurs traditions fécondées par le christianisme, toutes les vertus qui distinguent les grandes nations. Déjà, au xvii'= siècle, les Français ont été classés au premier rang par l'opinion unanime des autres peuples. Arrêtée dans son essor par les souverains auxquels elle s'était dévouée sans réserve,. la France a su pourtant échapper à l'abaissement oiî, dans les mêmes circonstances, d'autres races sont tombées. Elle a réagi peu à peu contre la désorganisation sociale provoquée en 1085 par l'exil des protestants (1). Malgré la corruption propagée
(1) Le piincipal symptôme de la désorganisation sociale au .wiii'^ sièi;le, le développoment du scepticisme, fut certainement dû, on premier lieu, à l'expulsion do ces fermes croyants, qui, suivant l'exemple des premiers chrétiens devant la persécution païenne, ne craignirent pas de sacrilier aux convictiuus religieuses les intérêts temporels; eu
par trois mauvais princes, et les remèdes dangereux que nos pères ont cherchés dans les révolutions, elle a gardé l'amour de la justice et le patriotisme. Elle s'est relevée après 1815 des revers inouïs qui ont été la conclusion funeste des plus grands succès militaires de l'ère moderne. Aj'ant brisé un régime discrédité par les vices des anciennes classes dirigeantes, elle cherche avec une volonté persévérante un régime nouveau qui ne comporte plus le retour des maux dont elle a tant souffert. Pour atteindre le but qu'elle poursuit eu vahi depuis 1789, elle se résigne à des calamités, et surtout à une instabilité qui, chez d'autres nations moins préaer- A'ées par de glorieu-x souvenirs, eussent déjà amené nue ruine complète. Enfin, malgré la situation critique que lui ont faite les révolutions, malgré les antipathies nationales engendrées par les guerres du premier Empire, il suffit à not^e race de retrouver le calme et la sécurité, pour reprendre en partie-son ancienne prépondérance (I).
A quelle hauteur la France ne sera-t-cUe pas appelée, le jour où elle se soustraira par un gé^ néreux effort aux vices et aux erreurs qui en-
secoud lieu, à la réaction que cette mesure cruelle suscita dans tous les cœurs généreux.
(l) Ce passage a été écrit eu 1856. Depuis lors, de nouveaux désastres sont survenus. Ils seront encore mieux réparés que ceux de 1815, si -la France revient au vrai et au bleu plus complètement qu'elle ne le lit à cette dernière époque. (Note de 187;i.)