DÉCOUVERTE DE L.V CONSTIT. ESSENTIELLE
rencontrai habituellement un mélange inextricable de bien-être et de malaise , de paix et de discorde. Ce? grands phénomènes sociaux offraient d'ailleurs, dans leurs détails, une diversité infinie, selon la tradi^on des races, la nature des sols, dés ^climats et des productions spontanées, l'organisation des travaux et les moj-eus de subsistance. Eu voyant cette com|3licatiou, je compris que la méthode scientifique appliquée à l'étude des sociétés ne pouvait donner les prompts résultats que m'avait fournis sou application à l'étude des minéraux. Toutefois, confiant dans la méthode, je poursuivis mon analyse sociale avec la persuasion queja lumière se ferait tôt ou tard dans mou esprit. Cet espoir ne fut pas ti'ompé.
Les doutes que mes sept premiers voyages m'avaient laissés furent même levés plus tôt que je ne l'avais prévu. Cette transformation commença à se produire dans mes idée» en 1837, quand j'eus abordé les contrées orientales de l'Europe, sur les frontières de l'Asie contiguës au bassin de la Caspienne. Elle fut ensuite achevée par deux autres voyages accomplis dans le pays d'Oreubourg, dans les monts Oui'als et dans les steppes asiatiques qui s'étendent vers l'Orient. En vivant au milieu des races simples de ces régions, je constatai que le bonheur dont elles jouissaient était le résultat de la soumission aux principes qui faisaient le fond de leur constitution patriarcale, et qui s'y montraient à la fois
l'acteur .n'a rien inventé. 241
nécessaires el suffisants. Cette conclusion jeta dès lors une lumière complète sur les jugements relatifs aux races compliquées de l'Occident : les peuples prospères étaient ceux qui, avec d'autres formes, restaient soumis aux mêmes principes; les peuples souffrants étaient ceux qui les avaient violés.
' A partir de ce moment, les principes qui sont partout la source du bonheur me sont apparus comme « la Constitution essentielle de l'humanité. » C'est celle que je décris, sous ses diverses formes, dans les chapitres suivants.
§ V. — Commeut, après avoir découvert la Constitution essentielle, l'auteur s'est aperçu qu'il n'avait rien inventé.
J'ai indiqué incidemment, dans ce qui précède, les analogies qui existent entre les deux sciences que j'ai cultivées, et surtout entre les méthodes qui leur sont propres. Je ne dois pas terminer cet aperçu sans mettre en relief le trait qui établit entre ces mêmes sciences une distinction absolue.
Les arts les plus nécessaires à la subsistance des sociétés' stables, la métallurgie entre autres, ont été pratiqués avant l'époque à laquelle se rapportent les plus anciens matériaux de l'histoire. Plusieurs de ces arts, constitués peu à peu par des méthodes purement expérimentales, avaient acquis déjà, à des époques reculées, un remarquable degré de perfection. Par