DÉSIGNATION
Hommes
Femmes
fr. c.
fr. c.
fr. c.
fr. c.
fr. c.
«Il résulte de ces chiffres que, depuis 1830, le prix des salaires pour les hommes a augmenté de 1 fr. 32 et pour les femmes de fr. 58; la condition de nos ouvriers agricoles a donc toujours été en s*améliorant. Mais il est à remarquer qu'il n y a pas régularité dans les prix pendant toute Tannée; celle-ci est divisée, sous le rapport des salaires, en trois saisons : Tété, Thiver et Tépoque des moissons; le prix de la journée est respectivement pour les hommes, 2 francs, 1 fr. 75 et 2 fr. 50; pour les femmes, 1 fr. 25, 1 franc et 1 fr. 50. »
(C Au point de vue matériel, la situation de la population agricole est des plus satisfaisantes ; sans doute , par suite des progrès de Tagricullure, par suite de retendue de plus en plus grande consacrée à la culture
des plantes induslrielles, qui accumulent les grands travaux sur une ou deux époques, l'ouvrier ne possède pas toujours une besogne régulière et continue, mais il trouve dans les établissements industriels qui transforment les produits de la culture, tels que sucreries, distilleries, teillage de lin, etc., une juste compensation au manque de travail dans les champs. »
Le jury a décerné un grand prix au Commissariat GÉNÉRAL DE LA BELGIQUE, représenté par M. Garlier, pour le beau travail dont nous venons de parler.
œuvre de tourasse continuée par m. piche, a pau
(basses-pyrénées)
M. ïourasse, né à Paris en 1816, est mort à. Pau en 1882 où il s'était établi en 1870.
Pendant les douze années qu'il a vécu à Pau, M. Tourapse, dont presque toute la fortune était placée en viager, a employé un million de francs à introduire dans le département des Basses-Pyrénées les méthodes les plus pratiques d'instruction et d'éducation populaires, et ^ y acclimater les institutions de prévoyance. Il a eu de son vivant pour collaborateur M. A. Piche qu'il a constitué son légataire universel et auquel il a laissé ce qu'il possédait en dehors de ses rentes viagères, è. charge d'employer 200,000 francs à la consolidation et à l'achèvement de ses œuvres.
iOO ÉCONOMIE SOCIALE.
M. Tourasse poursuivait ramélioration du sort du plus grand nombre par 1 éducation, Tinstruction et la prévoyance. Il donnait des livres, fondait des bibliothèques, créait des caisses d*épargne scolaires, encoufageait les institutions de prévoyance. Il s'adressait aux adultes, aux maîtres de la jeunesse, et à la jeunesse elle-même, par les procédés les plus divers. Il aurait voulu fonder dans chaque canton un centre actif de propagande et y établir fortement les institutions sociales qui lui semblaient le plus propres à développer dans la population le goût de l'instruction et Thabitude de la prévoyance.
La pensée de faire du canton un centre d'action sociale et économique constituait une des parties les plus originales de son système. L'association communale au bas de l'échelle lui paraissait trop petite pour que la solidarité entre les citoyens pût y produire tous les résultats qu'il en espérait. Le département placé plus haut lui semblait avoir autant d'inconvénients dans un sens opposé ; il est trop étendu et trop peuplé. Les citoyens ne s'y sentent pas attachés les uns aux autres par un lien assez visible. M. Tourasse voyait dans le canton une organisation administrative moyenne embrassant un certain nombre de communes et formant le cadre naturel dans lequel se meuvent un très grand nombre d'intérêts communs. Le canton n'est ni trop petit ni trop grand. Le terri-
ÉCONOMIE SOCIALE. lOi
loire qui le compose est assez restreint pour que les habitants se connaissent les uns les autres, s*apprécient, prennent le goût de s'enlr*aider. La population y est cependant assez nombreuse pour fournir des moyennes qui ne sont pas de pures abstractions et qui peuvent servir de base sérieuse aux institutions de mutualité et d'assurances. Malheureusement le canton n a pas de vie propre, il n'a pas d'existence adminii^lrative; il n'a pas de budget; ce n'est pas une personne morale reconnue h ce titre par nos lois: il ne serait cependant pas impossible de l'appeler à la vie, et on pourrait lui fournir l'occasion de naître si on entreprenait, ce qui est d'ailleurs désirable, une étude des trois budgets de l'Etat, des départements et des communes pour répartir entre les trois, autrement qu'aujourd'hui, les ressources et les dépenses nationales. Cette étude n'est pas commencée, ce qui est très fâcheux. Aussi M. Tourasse et son collaborateur M. Fiche se sont-ils heurtés à des difQcullés insurmontables. Ils ont fait beaucoup de bien, mais ils n'ont pas fait tout celui qu'ils auraient voulu.
M. Fiche a résumé l'œuvre philanthropique de Tourasse dans une sorte de tableau synthétique que nous reproduisons ci-dessous.
Résumé de Tœnvre philanthropique de Pierre-Iiouis
Tonrasse.
UN GRAND EXEMPLE d'iNITIATIVE PRIVÉE. — PREVOYANCE,