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POUR LE PLACEMENT EN AITRENTISSAGE ET LE PATRONAGE

D^ORPHELiNS DES DEUX SEXES de Paris; au Patronage INDUSTRIEL DES ENFANTS DE l'ébénisterie de Paris ; à la Société de patronage des prisonniers libérés protestants de Paris.

Tous ces patronages, de même que la grande Société de protection de Paris, se sont donné le même but. Non seulement ils exercent leur tutelle sur les apprentis, mais ils font aussi comprendre aux patrons les avantages de la loi de 1874. Cette loi demandait , on le sait, du secours à l'initiative privée et cherchait à créer des auxiliaires aux fonctionnaires pour agir sur les mœurs et pour persuader les patrons avant de

Ie3 forcer : c'est dans ce but qu elle avait institué des commissions locales.

iUen n''est plus intéressant qiie la collection des prbcès-verbaux des réunions générales des présidents, présidentes et secrétaires des commissions locales de Paris. On y a discuté entre autres la question du mamlien oudeTabolition des commissions locales. Lescommissions dont il s'agit ont rendu de grands services ; elles ont la conscience qu'elles pourraient en rendre encore et ont émis le vœu que leur organisation ne soit point modifiée par la nouvelle législation; elles constituaient des sortes de patronages et donnaient un caractère plus familial à la loi. La collection de ces rapports a été exposée par M, Damico, sous-chef de bureau à la Préfecture de Police, en même temps que ce qu'on pourrait appeler le dossier de la loi de 1874. Aussi le jury a-t-îl décerné à M. Damico une médaille d'argent.

A tous ces efforts individuels il faut ajouter des efforts d'un genre différent; ce sont ceux de ces grandes sociétés universellement connues et admirées: les Associations Polyteclinique, Philotechnique, de Paris ; 1* Association Philomatique de Bordeaux, et la Société d'enseignement professionnel de Lyon.

Trois médailles d'or ont été décernées à chacune des trois premières associations : I'Association poly- TECHNIQUE dé Paris, I'Assocation philotecumquk de

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Paria, et TAssoctation philomatique de Bordeaux.

La Société d'enseignement professionnel de Lyon, dont Taction a beaucoup de rapports avec celle de cçs trois dernières sociétés, n'a pas exposé dans la section IV, mais elle peut réclamer sa part du grand prix attribué au Ck)MiTÉ DÉPARTEMENTAL DU Rhône; cUc a d'aîlleurs reçu un grand prix dans la classe 6-7-8 du groupe II.

La Société Polytechnique date de 1830; elle a été reconnue d'utilité publique en 1869. Son objet est de développer l'instruction populaire par des cours professés le soir dans les divers arrondissements de Paris. Elle comprend vingt sections à Paris et une à Vincennes. Le nombre des professeurs est de 500 et celui des auditeurs de plus de 100^000* Les cours sont entièrement gratuits et les professeurs ne sont pas rétribués. Au début, elle cherchait à suppléer à ce que l'organisation de l'enseignement élémentaire avait d'insuffisant à Paris, et son programme se rapprochait de celui de l'instruction primaire supérieure. Mais le développement qu'a pris l'enseignement primaire public lui a fait penser qu'elle ferait plus de bien en employant une partie de son activité et de ses ressources à propager l'enseignement technique, et, pour y arriver, elle fait des efforts qui lui sont propres, ou elle combine son action avec celle des chambres syndicales de Paris.

L'Association Phiiotechnique est née d'une scission qui s'est produite en 184S dans le sein, du conseil de

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rAssociation Polytechnique. Son objet est sensiblement ie même que celui de l'autre association ; elle est divisée en 20 sections et ses cours sont au nombre de 401.

La Société Philomatique de Bordeaux, qui date de 1808, a fondé un grand nombre de cours du soir pour la lecture, l'écriture, le système légal des poids et mesures, la grammaire, Thistoire, la géographie et la comptabilité; mais, en 1850, sans abandonner renseignement élémentaire, elle est entrée résolument dans une voie nouvelle, celle de renseignement technique ; elle a créé des cours pour la coupe des pierres et des bois de charpente, pour la conduite des machines h. vapeur, etc., et ces cours sont suivis par plus de ^,000 ouvriers. Elle a organisé des expositions industrielles et artistiques, qui ont lieu périodiquement tous les cinq et dix ans, et dont la dernière, en 1882, a été internationale. Son secrétaire général, M. Buqan, a reçu une médaille d'or de collaborateur.

Le jury a également récompensé d'une médaille d'or la Société centrale des architectes français qui n'a cessé de se préoccuper depuis 1870 de la réorganisation ' du personnel du bâtiment, et qui distribue annuellement, depuis 1874, plusieurs années avant les distributions du même genre du Ministère du commerce, des médailles d'argent et de bronze aux divers membres, entrepreneurs, contremaUres, ouvriers et apprentis de la grande famille du bâtiment.

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Sur les i05 exposants ou collaborateurs récompensés par le jury de la secUon IV, il y a 73 Français el 32 étrangers appartenant à 8 nations : 10 Belges, "9 Anglais, 3 Ru&seis, 2 Aniéricains des Etats-Unis, "2 Suisses, 2 Suédois, 2 Italiens, 1 Grec et 1 Danois; sur les 32 récompenses aux étrangers, il y a 3 grands prix attribués à TInstitut de la Gîté st des Corporations DE Londres ; au Bureau d'éducation 0u départe* ^ENT DE L intérieur DE \Yashington et à la Commission DB l'instruction tecbnioub près la Société polytecrnique de Saint-Péterseourg. •

L'Institut de la Gîté et des Corporations de Londres POUR LE PROGRÈS DE l'édugation tecdnioue a été foodé en 4876 sous le patronage du prince de Galles, qui en est le président, et avec Tappui des grandes corporations de la Cité de Londres, dans le but de développer led connaissances techniques de tous ceux qui sont employés dans les manufactures, comme directeurs, agents, contremaîtres ou ouvriers. Pour atteindre son objet, rinstilut devait établir à Londres une institution centrale qui a, en effet, été créée, dont la première pierre a été posée par le prince de Galles en juillet 1881 et dont les salles ont été ouvertes aux étudiants à la Un de 18S5. En même temps, il a ouvert dans le sud de Londres une école d'art technique, pour Tétude du dessin et du modelage, et enfin un collège technique à Finsbury pour les sciences appliquées, collège destiné

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aux jeunes gens qui veulent être ingénieurs, électriciens et ohhnisles. Enfin des écoles professionnelles ont été fondées sout^ son patronage. Une autre des fonctions de cotte société a été d^ouvrir des Cessions d*e;camens et de distribuer, comme dans un concours, des prix, des médaillés et des honneurs. Sir Henry Roscoe rappelait, à la distribution générale des prix et des certificats de i689, que « 6,000 étudiants s'étaient présentés pour subir Faxamen technologique». Le déve* loppement de renseignement technique est très rapide ; il y a 500 classes ouvertes pour ce genre d'enseignement dans i!3 villes d'Angleterre, et ces classes reçoivent 12,000 étudiants. « Les examens, a-t-îl ajouté, ont servi à répandre l'éducation scientiûque dans les masses de notre population, et, si tout n'a pas été fait» il a été fait beaucoup^ on commence à trouver que ceux qui reçoivent l'éducation technique se trouvent avoir acquis une plus grande valeur que ceux qui en sont privés.

« Pour prendre un exemple au milieu de beaucoup d'autres, un étudiant de l'École textile de Manchester a remporté au dernier examen la médaille d'argent avec honneurs. C'était un simple ouvrier cotonnier, mais il a obtenu depuis lors le poste de directeur de i,i70 métiers dans une grande manufacture, et le molif déterminant qui lui a fait obtenir ce poste par préférence à un grand nombre de compétiteurs, a été qu-il avait obtenu la médaille d'argent et le cerlift-

cat de .l*** cla88ie ave.c honneurs, de notre Inatîtut. n

Oulre sesrgrande&'éeqles et seS' examens, riiifitiUi t. reod des eervicoB en aeeordaDt des* subventions coa^i* . raUes h un grand nombre d^établiesemeats privés oCi se donne Venseigiabenient leohniquev. .

Son capital monte à 3,400,000 francs, dont la plus grande partie a été consacrée à la construction de Tins* titution centrale, du Collège technique de Finsburyetde FEcole d*art tecljLniquedu sud de Londres. Son revenu se compose de souscriptions qui s*élèvent à 500,000 francs environ par an, et de rétributions scolaires d'une im^portance annuelle d'un peu plus de 100,000 francs.

La CoMMission pe l'instruction tecq.^iqug près la* Société Polytechnique impériale russe ^ Saint-Pétersbourg a reçu un grand prix. Cette Commission remonte à 1868 et le promoteur en a été M. d'AndréeGT, qui a tant fait pour développer en Russie Tenseigoiement professionnel à tous les degrés, M. d'AndréefT a été le président de la Commission pendant quinze ans, et le jury l'a associé au grand prix qu'il a attribué à cette fondation, en lui décernant comme collaborateur une médaille d'or.

Toutes les écoles, et il y en a un grand nombre* fondées par la Société Polytechnique russe, l'ont été : sous les auspices delà Commission, dont M. d'AfldréefT était le président; aussi le jury .avait-il éprouvé une très vive satisfaction de la nomination de M. d'Andréeff

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comme un de ses membres ; il Tavait acclamé vicepréBident. r4eUe satisfaction n'a malheureusement duré qu'un temps très court, car la santé de M. d'Andréeff était très ébranlée quand il a concouru avec les comités de section à Torganisation de l'exposition d'Économie sociale à TEsplanade des Invalides, et il a succombé sans qu'il nous ait été possible de profiter de sa longue expérience pour rendre nos jugements et écrire nos rapports.

Le Bureau d'éducation de Washington, dépendant du Département de l'intérieur des États-Unis, a reçu également un grand prix. Le Gouvernement fédéral n'a pas d'action sur l'organisation de l'enseignement dans les différents États, chacun des États de la Fédération étant très jaloux de sa législation en matière d'industrie, d'apprentissage et d'enseignement technique, comme dans tout ce qui concerne l'exercice de l'industrie.

Les États-Unis ne connaissent pour ainsi dire pas l'apprentissage libre; les jeunes Américains ont un désir si précoce de recevoir un salaire, qu'ils ne veulent entrer dans une profession que pour y gagner tout de suite de l'argent, et le recrutement des ouvriers serait très difficile, à peu près même impossible dans certains cas, sans l'immigration des ouvriers européens. C'est un état de choses qui inquiète les hommes d'État et les économistes, et depuis quinze ans il a été fait de

grands efforts pour introduire le travail manuel dan» un certain nombre d'écoles. On a beaucoup développé aussi les instituts commerciaux sous le nom de collèges (Ta/faires, L'aclion du Gouvernement central ne peut avoir d'autre objet que de donner de l'impulsion aux fondations de cet ordre, et cette impulsion est donnée par la publication de nombrenx documents contenant des informations et des statistiques, qu'on peut comparer pour la méthode aux statistiques et aux documents fournis par le Bureau et le Département' du travail de Washington.

Il n'est pas facile de tirer les conclusions du travail et des recherches du jury de la section IV de l'Économie sociale, parce qu'il faudrait les combiner avec celles du jury de la classe 6-7-8 et du groupe de l'enseignement.

Il y dans cet ordre d'idées un grand mouvement vers l'Etat, cela est certain, mouvement plus emporté chez les uns, plus ralenti chez les autreè. Pedt-être se heurlera-t-on à un obstacle qui empêchera heureusement les amis de Tinstruction technique et professionnelle de marcher dans cette voie plus vite et plus loin qu'il ne faudrait, c'est l'immense variété des besoins à satisfaire. L'industrie a autant dévisages que de bras^ et l'histoire de son développement a des points de vue toujours divers, parce qu'elle s'est partout confondue avec celle de l'humanité. L'État n'enrégimentera jamais

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l'humanité-, il faut bien l'espérer; Il n'organisera pas \t travail de populations dont il serait le grand patron*. Mais il a pourtant des devoirs h remplir, ce ne peut être douteux pour personne ; il ne peut se désintéresser du mode de recrutement de la population des travailleurs, c'est le premier de ses devoirs, et est obligé d'y satisfaire dans le sens général et local des intérêts qui lui sont confiés. Seul, il ne pourra jamais rien résoudre. En s'associant à Tinitiative privée ou inver*sement en associant les efforts de i'tnitative privée aux siens, il pourra préparer des solutions et approcher des difficultés du renouvellement des travailleurs et du remplacement continu des générations anciennes d'ouvriers par des générations nouvelles. Il y a là un fleuve dont le cours ne peut être arrêté et doit être entretenu avec sollicitude.

Dans la section IV, comme dans toutes les autres, nous n'avons donc rencontré ni la solution unique ni la puissance unique destinée à produire cette solution.

L'Etat a quelquefois tranché des nœuds gordiens ; il peut le faire encore par une action hardie qui sacrifie toujours des intérêts à d'autres intérêts. Quant à défaire les nœuds au lieu de les trancher, il n'y a que l'action continue des foules individuelles qui puisse y parvenir dans des conditions d'une infinie variété.

La paix sociale est beaucoup moins une utopie que la cessation des guerres militaires et la paix univer-

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sellei qui s'ensuivrait. Il est certain quon p^t approcher sans cesse de la paix sociale et, sinon y atteindre, du moins en préparer les assises .et les consolider de jour en jour.

L'apprentissage est la condition deTentance ouvrière ; il est placé à la porte des ateliers qu'il ouvre aux jeunes gens; il peut, s'il est bien dirigé, être un des moyens les plus efficaces de la paix sociale entre TenCance ouvrière, devenue l'armée du travail, et tous les autres éléments de ia population.

Ce qu'on fait pour l'apprenti est payé par l'homme. Il ne faut donc jamais «e lasser de chercher à influencer l'homme par l'enfant et se souvenir toujours, dans cette question sociale comme dans toutes les autres, qu'on ne fait de l'enfant ouvrier un travailleur productif pour lui-même et pour son pays, que si Ton a respecté en lui le sentiment de sa responsabilité individuelle, et fortifié, au lieu de l'afiaiblir, le ressort qui entrelient son énergie morale et physique.

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