Troisième partie. — Des moyens de rétablir la richesse nationale
Chap. I. — Que le mal de la France tient bien moins aux choses qu'aux personnes.
— Le remède n'entraîne ni bouleversement, ni atteinte à la foi publique 219
Chap. II. — Premier moyen de rétablir la consommation : exécuter les ordonnances relatives à la Taille, en la rendant générale et inarbitraire. — Privilèges
en matière d'impôt, principes de ruine, même pour ceux qu'ils favorisent. —
Pourquoi il n'y a pas de pauvres en Hollande 220
Chap. III. — Méthode à suivre pour répartir la Taille équitablement, ou d'après le principe que le riches doivent payer comme riches , et les pauvres comme pauvres. — Obligation pour tous propriétaires et fermiers de déclarer, au greffe de leur Élection, la contenance et le revenu de leurs faire-valoirs. — Officiers de paroisses préposés au dénombrement des prolétaires. — Répartition de la Taille réelle entre les paroisses et les contribuables, par les officiers d'élections, — Taille d'industrie , doit être mise en tarif dans les villes et gros bourgs. — Nécessité d'un classement préalable des professions, dans les lieux où l'on n'adopterait pas cette mesure, pour y subordonner l'importance des cotisations individuelles. — Minimum et maximum du tarif de la Taille pour les gens de journée des campagnes. — Attributions du commissaire préposé au répartement général des Tailles.
— Envoi des rôles dans les paroisses. — Faculté de s'affranchir de l'obligation de la collecte, et de la responsabilité qu'elle impose, par l'engagement de verser dans le délai d'un mois, au receveur des Tailles, le montant de sa cotisation indivi-
TABLE DES MATIÈRES
duelle. — Privilèges à accorder au Trésor en matière de Tailles. — Partage des remises à allouer pour l'assiette et la perception de l'impôt. — Heureux effets de tous ces règlements 222
Chap. IV. — Que tous les désordres qu'on a exposés rendent la somme de l'impôt bien inférieure à celle que pourrait acquitter la France. — Moyen de couvrir le déficit qu'occasionnerait la suppression des Aides, des Douanes provinciales, et des Droits à l'entrée et à la sortie des grandes villes. — Calculs et considérations à ce sujet. — Un impôt sur les cheminées 226
Chap. V. — Qu'il y a solidarité dans le malaise ou l'aisance de toutes les classes de citoyens. — Quatre sortes de personnes intéressées à l'innovation qu'on propose, les laboureurs, les artisans, les bourgeois, et les nobles. — Preuves qu'elle profitera à tous, ainsi qu'à l'État 229
Chap. VI. — Première conclusion à tirer de ces Mémoires: la sagesse ou l'inhabileté des hommes qui gouvernent n'a pas moins d'influence sur la richesse d'un pays, que la fertilité du sol et la nature du climat. — Les lois de l'ordre économique ne se violent jamais impunément. — Désastreuses conséquences de la perturbation artificielle qu'on y apporte. — La Provence, la Normandie, et le reste de l'État, victimes de cette perturbation 232
Chap. VIL — Seconde conclusion à tirer de ces Mémoires : le principe des financiers est que, pour le prince, la France est un pays ennemi, dont la ruine ne doit pas causer le moindre scrupule. — Hypothèse qui démontre l'absurdité de cette doctrine. — Folie des moyens ordinaires et extraordinaires de se procurer de l'argent. 236
Chap. VIII. — Conclusion générale de ces Mémoires. — Le projet exposé, moyen certain de trouver tous les fonds que la guerre exige. — L'édit qui le mettrait à exécution enrichirait tout le monde, et rétablirait le crédit public et privé en vingtquatre heures. — Pourquoi l'on a de tout temps, en France, crié contre l'impôt. — Préjudice que cause à la couronne et aux sujets la création incessante de nouveaux offices. — Mesures indispensables pour emprunter à bon marché. — Le progrès de la richesse publique accroît naturellement le produit de toutes les branches de l'impôt. — La science financière n'est que la connaissance approfondie des intérêts de l'agriculture et du commerce : ellemanqueaux ministres, qui ne savent qu'iinmoler le prince et le peuple aux traitants. — Le projet qu'on propose est inattaquable, et la guerre une raison sans valeur pour conclure à son ajournement. 241
Chap. IX. — Résumé de ces Mémoires en vingt-cinq articles 253
Chap. X. — Autre résumé, encore plus sommaire que le précédent 258
Supplément au Détail de la France 259
Chap. I. — Préambule nécessaire. — Peu de succès du Détail de la France. — Offre de 80 millions au roi, par-dessus la capitation et tous les tributs ordinaires. — Pourquoi il ne faut pas s'empresser de tiaiter l'auteur de visionnaire. — Ce n'est pas seulement son opinion personnelle qu'il exprime, mais celle de tous les laiDoureurs et de tous les conmierçants du royaume. — Il plaide la cause du peuple contre le beau monde, et il porte à ce dernier le défi de réfuter une seule de ses propositions, autrement que par des extravagances. — Nécessité de se servir de ce mot, quoique la politesse le désavoue. — Qu'en France il y a beaucoup plus de profit à tromper un ministre, pour ruiner le prince et le peuple, qu'à conquérir un royaume au monarque 267
Chap. IL — Qu'il ne faut que deux heures de travail et quinze jours de temps pour procurer 80 millions au roi, payer toutes les dettes de l'Etat en dix ans de paix, et doubler le revenu ordinaire de la couronne en supprimant la capitation, dans un délai de cinq ans. — La richesse des sujets est l'unique base de la richesse des princes. — Ce principe méconnu depuis 1660. — Diminution de 1,500 millions dans le revenu national : ses trois causes. — De la politique suivie à l'égard des grains 272
Chap. III. — Suite du précédent. — Une pause, après le premier acte de la pièce. 275
Ghap. IV. — De la nature de la richesse. — Le commerce des premiers âges d monde. — La civilisation rend les métaux précieux nécessaires aux échanges. - Rôle véritable de la monnaie. — Elle peut être suppléée par le papier, le parchemin, et même la parole. — L'argent n'est un principe de richesse que dans les pays qui le produisent. — Le rapport de l'argent avec les marchandises, le haut ou le bas prix des choses, inditférent en lui-même, quand ses causes sont naturelles. — On était aussi riche avec mille francs de revenu du temps de François pr, qu'aujourd'hui avec quinze mille livres de rente. — L'intérêt général de la société veut que personne ne donne à perte son travail, ou le produit de son travail. — Révolte de l'égoïsme conire cette loi providentielle, ou guerre permanente des vendeurs et des acheteurs. — La paix et l'équilibre ne peuvent être que le résultat de la liberté des échanges. — Conséquences du régime contraire. 27< Chap. V. — Que la consommation est le principe de toute richesse. — De la Taille. — Les trois vices de cet impôt, et le mal qu'ils occasionnent. — Considérations sur le régime des blés. — La misère de l'agriculteur entraîne la ruine de tous les autres membres du corps social. — Il y a solidarité nécessaire d'intérêts, non-seulement d'homme à homme, et de province à province dans un même État, mais
encore de pays à pays. — L'alliance des dévots et des traitants 2ft
Chap. VL — Qu'il est de l'intérêt commun du souverain et du peuple que les impôts ne soient pas nombreux , et que leur produit passe , le plus directement possible, des mains des contribuables dans les caisses de l'État. — Système fiscal des Romains, de la Turquie, du Mogol, de la Hollande et de l'Angleterre. —En France, depuis 1660, dix mille espèces de taxes, dix mille juges fiscaux, et cent mille hommes employés à la perception du revenu public. —Régime financier de la monarchie jusqu'à François 1^^. Tableau du règne de ce prince. — Comparaison de son revenu avec celui de Louis XIV 288
Chap. VIL — Comment le désordre s'est introduit dans les finances depuis François 1er. — Anticipations et emprunts. — Catherine de Médicis, les traitants italiens, et les États généraux. — Henri III et ses profusions. — Henri IV, et l'heureuse ignorance du duc de Sully.— Marie de Médicis, et la science financière des traitants italiens. — Richelieu double le revenu public. — Minorité de Louis XIV: nouveaux désordres financiers. — La harangue du président Amelot, et les récriminations du surintendant Fouquet. — L'autorité des parlements, seul obstacle aux concussions des hommes de finances, depuis la suppression des États généraux. 29t Chap. VIII. — De l'administration des finances depuis 1660. — Un ministre intègre, et d'effroyables abus. — Fâcheuse préférence donnée, sur la Taille, aux impôts de consommation, et aux affaires extraordinaires. — Le commerce des céréales et des liquides anéanii. — Des propriétaires de vins réduits à livrer leurs marchandises et leurs bateaux en payement des droits. — La douane de Valence. — Vingt-six taxes à payer par un bâtiment de commerce. — Pourquoi l'on a privé les parlements du droit de remontrances. — Le goût ou le besoin des places. — L'ordre consiste-t-il dans le maintien des abus? — La guerre aux charges de robe, ou l'anéantissement de la monnaie de parchemin. — Les partisans aux abois. . 309 Chap. IX. — Comparaison qui explique la véritable situation du royaume, et la facilité de remédier aux maux qui l'accablent. — De la réforme de la première
cause de la misère publique, la Taille 319
Chap. X. — De la réforme des deux autres causes de la misère publique, le régime des blés, et les droits d'aides et de douanes. — L'avilissement du prix des blés, et ses funestes conséquences, ne tiennent pas à la nature des choses. — Diminution que les aides et les douanes apportent au revenu national. — Ridicule des entraves apportées à la circulation des produits. — Nécessité de la suppression des douanes intérieures et des droits à la sortie du royaume. — Maintien des droits d'importation en retranchant toutes les formalités qui gênent le commerce. — Détails sur l'établissement du droit de quatrième denier, et réduction de ce droit. — Abaissement des droits d'entrée dans les villes non taillables, et fusion de toutes les taxes de cette nature en une seule, dont la quotité soit certaine. — Suppression des droits de jauge, et de la perception de toutes redevances sur les marchandises en passe-dehout. — L'accroissement de la consom-
TABLE DES MATIERES. 4Î9
malîon couvrira les Traitants du déficit opéré par la réduction des droits. — Effets contraires de l'abaissement du prix du tabac, el de l'élévation de la taxe des lettres. — Nécessité de proportionner l'impôt aux fticultés des contribuables.. . . 324
Chap. XI. — La capitation, au dixième, de tous les biens meubles et immeubles, moyen de hausser de 80 millions le revenu de l'État. — Absurdité des bases actuelles de cet impôt, — Il accable le pauvre et ménage le riche. — Il doit être proportionnel à la fortune de chaque citoyen. — Réponse à l'objection, que la^ quotité des revenus individuels n'est pas facile à découvrir, et qu'il serait inquisitorial d'en exiger la déclaration. — Le payement de la capitation au dixième doit avoir lieu en numéraire, et non en nature. — Critique de la Dîme royale. — Le système qu'on attaque, impossible à défendre. — Pourquoi il faut repousser de la Provence les blés de Barbarie 334
Chap. XII. — Récapitulation: facilité qu'a le roi de se créer un revenu ordinaire de 300 millions. — Un prince doit considérer ses sujets comme un sage propriétaire considère ses fermiers. — Le dommage qu'on leur fait souffrir retombe sur lui-même. — Développement de cette proposition. — Coutume athénienne qu'il eût été bon d'introduire en France, et à laquelle l'auteur se soumet 3t5
Considérations préliminaires 352
Première partie, où l'on fait voir que plus les grains sout à vil prix, plus les pauvres, surtout les ouvriers, sont misérables 35 {.
Chap. I. — Classification des diverses espèces de biens. — Excellence de l'agriculture. — La justice doit être la base des échanges. — Solidarité d'intérêts de toutes les professions sociales. — Cette doctrine repoussée par l'intérêt individuel. — Nécessité de l'intervention gouvernementale dans le commerce des grains 354
Chap. II. — Du haut et du bas prix des grains. — Le prix du blé, en 1550, 1600, et 1650, proportionnel au prix de toutes les autres denrées. — Il a cessé de l'être depuis quarante ans : désastre qui en résulte 356
Chap. III. — Insuffisance du prix actuel des grains pour rembourser les avances, et rémunérer le travail du cultivateur. — La richesse et la pauvreté sont dans les vues de la Providence, et c'est le prix du blé qui doit tenir ces deux conditions dans un juste équilibre. — Considérations sur les bonnes et les mauvaises terres, et sur les frais de culture. — Inconséquence de ceux qui veulent que le pain soit toujours à bon marché 358
Chap. IV. — Preuves nouvelles de Terreur de ceux qui croient favoriser les pauvres, en avilissant le prix des grains. — Des degrés d'importance entre les diverses professions sociales. — La prospérité du cultivateur, base nécessaire de la richesse de tous les autres états. — Décadence de tous les arts de luxe, après la ruine de l'agriculture. — Les banqueroutes, conséquence du blé à vil prix. — Ce que, dans le négoce, on appelle faire finance 360
Chap. V. — Suite du précédent. — Calcul du surcroît de dépense qu'occasionnerait, dans une famille de dix ou douze personnes, l'augmentation du prix du blé. 362
Chap. VI. — Le prix du blé avant et après 1700. — Parallèle de l'état du royaume à ces deux époques. — Singulière apologie de la famine. — Éloge plus bizarre de la guerre. — Le baromètre de la fortune pour les classes riches et les classes pauvres 364
Chap. VII. — L'avilissement du prix des grains, plus désastreux que la famine même. — Considérations sur ce sujet 366
Seconde partie, où l'on fait voir que plus on enlèvera de blés en France, et moins on aura à craindre les extrêmes chertés 368
Chap, I. — La libre exportation des grains, dans les temps ordinaires, seul moyen de prévenir les disettes. — Différence essentielle entre le commerce des blés et tous les autres négoces. — La famine, conséquence nécessaire de l'avilissement des grains : détails et considérations sur ce sujet 368
Chap, II. — La France ne ressemble ni à l'Egypte ni à la Moscovie: conséquences de ce fait. — De l'influence du prix du blé sur la culture et retendue des terres
en rapport. — Comment Tabondance naît de la disette, et la disette de l'abondance. 370
Chap. III. — Ridicule des préjugés populaires contre l'exportation des blés 372
Çhap. IV. — Suite du précédenl. — Comment raisonnent les adversaires de l'exportation des grains. — Système des Anglais sous ce rapport. — Ce que la France produit de blé, et ce qu'elle en consomme. — Les désirs des fermiers et de leurs maîtres. — Pourquoi l'on cultive souvent les mauvaises terres préférablement aux bonnes. — Importance des engrais. — Réflexions qui pouvaient conduire à la théorie de Ricardo sur la rente territoriale. — Les Maures, et la proposition de
défricher la grande Provence ou les landes de Bordeaux 373
Chap. V. — Faire sortir des blés du royaume, ce n'est diminuer ni le produit ni la valeur de la récolte. — La subsistance du peuple nullement intéressée dans cette affaire. — La sottise publique, principale cause des disettes : consi(|ératjons sur leur naissance et leur progrès. — Les marchés de grains, et ce qui s'y passe. —
Nature véritable du service que rend l'apport des blés étrangers'. 377
Chap. VI. — Insignifiance de l'imporlalion ou de l'exportation des grains relativement à la subsistance du peuple. — Les disettes de 1679, 1693 et 169i. — Les motifs qui commandent l'importation en temps de cherté exigent l'exportation aux époques d'abondance. — Il faut tenir avec les agriculteurs la même conduite que la police tient avec les boulangers. — La liberté d'exportation fut le droit commun jusqu'en 1650. — Comment pensait et agissait M. de Sully sous ce rapport. — Singulières inconséquences de tous les adversaires de l'exportation 381
Chap. VII. — Conséquences déplorables des préjugés contre la sortie des grains. — Différence remarquable, à cet égard, entre les peuples du Nord et ceux du
Midi. — Influence du régime alimentaire sur la question 384
Chap. VIII. — Que les nations civilisées, en voulant substituer leur prétendue sagesse à celle de la nature, s'attirent des souffrances que ne connaissent pas les peuples barbares 386
Chap. IX. — Éloge de la sagesse économique de l'Angleterre et de la Hollande. . 387 Chap. X. — Conclusion de ce Mémoire. — La prospérité publique aura atteint son plus haut degré quand la terre et le travail rapporteront tout ce qu'ils peuvent produire. — C'est à la nature seule qu'il appartient de mettre la police dans l'ordre économique. — Antagonisme perpétuel des vendeurs et des acheteurs. — Ac- t tion et réaction du prix du blé sur le taux des salaires. — Influence de ce prix s sur le travail. —Les coalitions d'ouvriers, et la valeur des serments dans le com- ! merce. — La liberté de l'exportation des grains, moyen unique de balancer équi- 1 lablement les intérêts des producteurs et des consommateurs, ou de maintenir |a paix et la justice dans la société 389