PEUPLES
M. Sanson .
IM. Ferrand
[MM. de La Fond et d'Harouis
M. de La Grange
M. Le Bouchu
M. Le Bret
M. de Basvilie.. .
rire de feu llousselol, directeur des forlilicalions, et du grand-vicaire de l'cvèehé d'Elne, à Perpignan
M. d'Ormesson
M. de Besons
M. Guyet
M. le Gendre ....
M. de la Bourdonnaye
M. Begon
M. de Maiipeou . . .
M. d'Argouges. ...
Fans
Généralité de Paris
Généralité d'Orléans
Généralité de Tours
Bretagne
Normandie, divisée en trois généralités.
Picardie
Artois
Flandre-Flamingante
Flandre-Walonne
Pays d'Hainaull • . . . .
Les Trois-Evêchés
^Champagne, compris les souverainetés!
de Sedan, de Raucourt, Chàteaure- f 1 nault, duché de Bouillon ; ce que nous I \ tenons du Luxembourg; les prévôlés\ 1 de Slenay, Jamels, Dun, et le comté J
\ de Clernionl l
I Généralité de Soissons l
La Bourgogne duché, compris la Bresse, 1 le Bugey et le pays de Geix J
Lyonnais .' i
Comté de Bourgogne
Alsace
Dauphiné
Provence j
Languedoc |
vRoussillon !
I Auvergne i
"Généralité de Bordeaux, compris le| comté de Bigorre, le Mont-de-Marsan, i pays de Labour et de Soûle j
Béarn et basse Navarre |
Généralité de Monlauban
Généralité de Limoges
Généralité de La Rochelle ....
Généralité de Poitiers
Généralité de Moulins
Total «9,094,146
Total général de tout âge et de tout sexe, 19,094,146 personnes, qui, divisées par 30,000, donnent 636 personnes, un peu plus d'un tiers, par chaque lieue carrée.
Voilà sans doute un grand sujet d'étonnement pour ceux qui croient la France si dépeuplée, et de quoi bien surprendre le célèbre Yossius, s'il était encore en vie, d'avoir écrit qu'elle ne contenait que 5 mil-
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lions d'âmes. Les plus anciens de ces dénombrements sont ceux comté de Bourgogne et de l'Alsace, qui n'ont pas plus de douze à quatorze ans; celui de Paris peut en avoir dix; tous les autres sont du commencement de ce siècle et ont été faits par les Intendants des provinces, en conséquence des ordres qu'ils en ont reçus de la Cour, lesquels vraisemblablement n'y ont pas épargné leurs soins. Cependant, je ne puis me figurer que Paris soit aussi peuplé qu'on le fait, et que lui seul contienne presque autant que sa Généralité, qui est une des plus étendues du royaume, et dans laquelle est renfermée quantité de villes, de bourgs et de pays bien peuplés; ce qui peut faire douter avec raison qu'il n'y ait eu quelque mécompte, ainsi que dans quelques autres généralités; car j'en vois dont les dénombrements doublent, à peu de chose près, celui de la Généralité de Paris. Nous devons cependant croire que ceux qui les ont faits y ont apporté toute l'exactitude possible.
Si dans Paris nous supposons 24,000 maisons, les faubourgs compris, comme quelques-uns le veulent, ce serait 30 personnes par maison, tant grande que petite; et, s'il y a 30,000 maisons au lieu de 24, selon d'autres, ce serait encore 24 personnes par maison, l'une portant l'autre. J'ai bien de la peine à croire que cette ville, toute grande qu'elle est, puisse être si peuplée \
Il serait à désirer que le roi voulût bien s'éclaircir davantage sur ces dénombrements, en ordonnant une revue annuelle plus exacte, dont l'extrait se fît en Tables, comme nous le dirons ci-après, pour avoir toutes les particulières uniformes. Il apprendrait par ce moyen :
1" Les accroissements et les dépérissements de ses peuples, et ce qui les cause.
2* Les accidents généraux et particuliers qui leur arrivent de temps en temps.
3° L'infinité de distinctions qui se sont introduites parmi eux; le mal qu'elles y causent, et le nombre de gens de chaque espèce qui les composent.
' En 1784, Necker donnait à la généralité de Paris, comprenant la plus grande partie de rile-de-France et de la Brie, et quelques élections circonvoisines :
Une étendue de 1,457 lieues carrées;
Une population de 1,781,700 âmes, ou de 1,540 habitants par lieue carrée ;
Et une population de 640 à 680,000 âmes à la ville de Paris.
Ces chiffres justifient Tétonnement du maréchal sur la disproportion de la population spéciale de Paris, d'après le dénombrement de 1694, avec la population de toute la Généralité, d'après le dénombrement fait six années plus tard.
En 1859, la population de Paris s'élevait à 774,558 âmes, et celle du département de la Seine à plus de 953,000. Considérée relativement à la superficie qu'elle occupe, la population parisienne présente 22,445 individus par kilomètre carré, ou 224 par hectare. {Annuaire du Dur. des long.^ 1839.)
^'' En quoi consiste son clergé; combien de Cardinaux, d'Archevêques, d'Évêques, d'Abbés, réguliers et commandataires, et autres moindres Bénéficiers séculiers et réguliers, à la nomination de Sa Majesté, et leurs revenus.
5** Les différentes dignités des Églises et Chapitres; le nombre des Chanoines qui les composent, et généralement tous les Bénéficiers servant toutes les Églises cathédrales et collégiales du royaume; leurs revenus et leurs privilèges.
6° Le nombre des Églises paroissiales, et de leurs annexes ou succursales; celui des Curés, Vicaires, Prêtres, et autres Ecclésiastiques qui les desservent; leurs revenus, et en quoi ils consistent.
T Quelles sont les Abbayes régulières, leur Ordre; le nombre des religieux et religieuses qu'elles entretiennent, et leur différence.
8" Combien de Communautés de mendiants; le nombre des religieux qu'elles entretiennent, et leur différence, et généralement tout ce qui compose l'Ordre ecclésiastique.
9" Tout le corps de la Noblesse, y observant les diflerences et distinctions, depuis le Roi jusqu'au simple Gentilhomme.
10° Les Gens de robe et de pratique de toute espèce, et leur différence, selon leur gradation et dignité.
11° Toutes les espèces de manufactures, et le nombre de gens qu'elles occupent.
12° Les Nouveaux convertis, et ceux qui persistent dans leur erreur.
13° Les Luthériens, supposé qu'il y en ait quelques-uns dans le royaume; les Juifs et gens d'autre religion.
14° Les Étrangers, et généralement tout ce qui méritera quelque remarque particulière.
15° Les places fortes où il y a des garnisons perpétuelles, et celles où il n'y en a plus.
16° Les bâtiments publics de quelque considération.
Et finalement tout ce qu'il y a de remarquable dans le royaume, ou qui mérite attention.
On pourrait se dispenser de faire tous les ans l'examen ou la recherche de l'état et propriété des provinces, comme on a fait en dernier lieu, mais la revue pure et simple des peuples; et, de dix en dix ans, un examen de l'état de ces mêmes provinces et de leurs propriétés particulières. On se servirait, pour ces dénombrements simples, d'un formulaire en Table, à la fin de laquelle on pourrait joindre des remarques, courtes et succinctes, sur les sujets qui auront rapport à ce dénombrement. Et à l'égard de l'examen de l'état des provinces, je voudrais
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dresser un autre formulaire sur le modèle des Mémoires de MM. de Bi ville et de Bouchu, qui ont très-bien fait les leurs, ou de quelque autre semblable.
Les Chinois, au rapport du père Le Comte, jésuite, et des autres auteurs qui en ont écrit, observent une méthode, pour faire le dénombrement de leur peuple, très-aisée, et qui paraît fort bien ordonnée; on pourrait s'en servir, en corrigeant ou ajoutant ce que l'on trouverait à propos. On pourrait même pousser ces dénombrements jusqu'aux bestiaux, cela n'en serait que mieux; mais je n'estime pas qu'il soit bien nécessaire. Il est certain que le roi en tirerait de grands avantages, ne fût-ce que d'apprendre tous les ans, comme nous venons de le dire, l'accroissement ou le décroissement de ses peuples, le plus ou le moins d'ecclésiastiques, de moines ou de religieux, qui ne foisonnent que trop dans le royaume; le trop ou trop peu de Noblesse, et ainsi des autres Ordres; suivant quoi Sa Majesté serait à même d'arrêter les trop grands accroissements des uns, et de procurer l'augmentation des plus faibles.
Au surplus, quoique la France paraisse peuplée de 19,094,000 et tant de personnes, il est pourtant vrai de dire que, de l'étendue et fertilité qu'elle est naturellement, elle en pourrait aisément nourrir de son crû jusqu'à 23, et même jusqu'à 25 millions, et davantage. Le détail de la lieue carrée, que nous mettrons à la suite de ce paragraphe, contient la preuve de cette vérité. H est encore vrai que, dans tout le nombre qui s'en est trouvé, il y a près d'un dixième de femmes et de filles plus que d'hommes et de garçons; presque autant de vieillards et d'enfants, d'invalides, de mendiants, et de gens ruinés, qui sont sur le pavé, que de gens d'un âge propre à bien travailler et à aller à la guerre, la famine et la désertion en ayant consommé beaucoup. A joindre que, depuis les premiers dénombrements dont on a tiré ces abrégés, les peuples ne se sont pas augmentés; au contraire, ils ont diminué, en étant sorti grande quantité du royaume, à l'occasion de la présente guerre, qui est celle où nous a engagés la succession d'Espagne, par l'évasion secrète et presque continuelle, qui se fait peu à peu, des Nouveaux convertis ; ce qui , joint au mécompte qui peut s'être glisst* dans ces premiers dénombrements, pourrait bien avoir causé une diminution de 4 à 500,000 âmes. C'est de quoi nous ne tiendrons cependant aucun compte, n'ayant rien qui nous prouve le plus ou le moins, et c'est la raison pour laquelle nous nous sommes réduits à 550 personnes par lieue carrée.
-;j III. — Détail d'une lieue carrée de pays médiocre, mise en culture coumunio, cette lieue de 2,5 au degré; — pour servir de nouvelle preuve à la bonté du système de la Dîme royale.
La lieue carrée de 25 au degré est de 2,282 toises 3 pieds de long, et de 5,209,806 toises un quart en carré, mesure du Châtelet de Paris, revenant à 4,688 arpents 82 perches et demie, l'arpent supposé de 100 perches carrées, la perche de 20 pieds, et le pied de 12 pouces, ainsi qu'il a déjà été dit ci-dessus ^
Pour en faire la distribution en pays cultivé, on la suppose traversée :
!•» De deux chemins royaux de 56 pieds de large, sur 700 perches de long
chacun 25 arp. 21 perch. »
2° De quatre autres chemins communs, de 48 pieds de large, sur 700 perches de long chacun, faisant pareille quantité de 2ri 21 »
5" D'une rivière de 800 perches de long, sur 2 de
large, faisant , 10 » »
4« De trois ruisseaux de 400 perches de cours chacun, sur une demi-perche de large (> m »
5° D'étangs ou marais, pour environ 15 » »
6° De 2,400 perches de longueur de haies de 5 pieds
de large, ce qui fait (î n »
T L'église et le cimetière, avec une place au devant, pourra occuper 2 » »
8° Les places des maisons et jardins 250 40 1/2
9'' Les terres vagues, vaines ou en communes 236 » »
10° Les bois, tant de haute-futaie que taillis 600 » »
11° Les vignes 500 » »
12° Les prés 500 » »
Restera pour les terres labourables, ci 2,707 » »
Total «. ... 4,688 arp. 82 perch. 1/2
§ IV. — Rapport de cette lieue carrée, estimée au-dessous du commun.
Les deux chemins royaux ne peuvent rapporter que par les arbres plantés sur les bords, et les bestiaux qui vont paître l'herbe qui y croît. Ces arbres seront ou des arbres fruitiers, ou des chênes, ormes ou peupliers, selon l'usage des pays; les premiers, par leurs fruits, et les seconds, par la coupe qu'on en fera de cinquante en cinquante ans, ne laisseront pas de produire un revenu considérable; mais nous n'en ferons point de compte, et nous en laisserons le produit pour l'entretien des chemins et des ouvrages publics de la campagne '.
* Voir la note de la page 44.
* Pour peu que la terre bossille, la mesure augmente, mais nous n'en tiendrons aucun compte. (Note de l'auteur.)
* A les planter à douze pieds de distance Tun de Tautre, il y aurait de quoi en placer
Les deux chemins royaux, donc Néant.
Les quatre petits chemins, faisant ensemble une longueur double de celle des grands, on pourrait du moins y planter autant d'arbres, qui rendraient encore un revenu considérable Idem.
Les bords des eaux, qui, pour l'ordinaire, sont plantés de bois, peuvent aussi produire considérablement , mais nous n'en ferons point d'estimation, et nous les laisserons à l'usage ci-dessus Idem.
On ne dira rien ici de l'article de la pêche de la rivière, ruisseaux et étangs, parce qu'il fait partie du second Fonds.
Les haies pourront produire quantité de bourrées et de fagots de leur superflu, à l'usage des habitants; les grands arbres qui se trouveront y être crûs ou plantés feront aussi du revenu. Cependant nous n'en ferons point de compte Idem.
L'espace occupé par l'église et le cimetière Idem.
Les places occupées par les maisons et jardins * peuvent produire des fruits, des herbages et des légumes pour des sommes considérables, et donner lieu à la nourriture de menu bétail et de volaille ; cependant nous ne mettrons encore rien pour cet article. Idem.
Les colombiers '^ Idem.
On ne parle point ici des moulins à blé, à huile et à papier, forges, martinets, fonderies, battoirs à chanvre et à écorce, des scieries à eau, fouleries de draps, poudreries, émouloirs, etc., parce qu'ils font partie du second Fonds.
Les terres vagues et vaines ou en communes ne peuvent produire que des pâturages, quelques garennes, bois ou broussailles, dont nous ne ferons aucun compte ici Idem.
Des 600 arpents de bois, nous en laisserons 200 pour croître en haute-futaie nécessaire aux bâtiments publics et particuliers, et nous n'en mettrons que 400 de taillis , pour faire chaque année une coupe réglée de 20 arpents % laquelle portera 14 cordes par arpent ; ce qui fera 280 cordes, sans y comprendre les fagots, cordes et charbon, bretillage et mauvais bois : la corde estimée à 4 livres, qui est le prix commun de mon pays, cet article donnera au moins. 1 ,420 lîv.
300 arpents de vignes , estimés à 4 muids * de récolte par commune année pour chaque arpent, feront 1,200 muids, qui, estimés à 11 livres, feront la somme de 13,200 livres; mais, attendu que
A reporter 1,120 liv.
4,666. On émonde et élague les arbres des chemins tous les ans, si ce sont chênes, ormes ou peupliers; et le branchage qu'on en retire peut servir au chauffage des habitants.
' Ceci s'entend des maisons et jardins de la campagne, les autres étant compris dans le second Fonds. {Noie de V auteur,)
^ Cet article peut encore faire un revenu considérable. ( Idem.) ^ On ne suppose les coupes que de vingt en vingt ans* {Idem.) ♦ Le muid de Paris contient 288 pintes mesure de Paris, équivalant à deux feuillettes de 144 pintes chacune, dont il faut ôter quatre pintes pour la lie.
On sera peut-être surpris de trouver ici le produit des vignes plus fort que celui des prés, qui sont regardés communément comme le bien qui rend le plus, et qui s'aménage avec moins de frais, mais je ne l'ai fait qu'après des expériences réitérées; et je suppose d'ailleurs des prés d'une valeur médiocre, pour donner une preuve plus certaine et évidente de la bonté du Système. {Note de V auteur.)
DIME ROYALE. It7
De l'autre part i,120 liv.
les frais des façons et vendanges en emportent la moitié, ou approchant, nous ne mettrons ici que 6,600
500 arpents de prés, à 2 chariots par arpent, feront 1,000 chariots, à 5 livres le chariot 5,000
Regain ou revivre, l'équivalent d'un demi-chariot par arpent, et partant 250 chariots, à 5 livres le chariot, font 1 ,250
Les terres labourables ^, divisées en trois cours, dont deux en culture, l'autre en repos; ceux en culture ensemencés, l'un de bon blé, l'autre d'orge ou d'avoine, chaque cours faisant 902 arpents, dont celui de bon blé, ensemencé de 601 setiers et demi, est estimé rapporter o 1/2 pour 1 , les semences remplacées, ce qui produirait environ 2,104 setiers, un peu plus un peu moins, qui, estimés, bon an mal an, à 6 livres le setier, donneront^ 12,624
800 arpents, ensemencés d'orge ou d'avoine, dont la récolte doit égaler au moins celle des bons blés, et partant 2,000 setiers, estimés à 4 livres, feront 8,000
102 arpents de pois, fèves et chènevières, estimés à 15 livres l'arpent 1,530
Total du produit de la lieue carrée 36,124 liv.
Que nous réduirons encore à 35,000 livres pour la bonne mesure et les non-valeurs, qui est bien sûrement le moins qu'on la puisse estimer, supposant les terres passablement cultivées, et entretenues à peu près dans leur juste valeur.
Si nous supposons présentement la France contenir 30,000 lieues carrées, qui est ce que nous avons trouvé par le mesurage le plus exact de nos meilleures cartes; et que, pour tout revenu des fonds de terre, le roi se contente d'exiger le vingtième de chaque lieue carrée pour la Dîme royale y il se trouvera que le contenu en cet article seul lui vaudra 52,500,000 livres, qui est le moins qu'on se puisse raisonnablement proposer. Que si on ajoute à cela la Dîme de l'Industrie, et autres parties qui composent le second Fonds ; le Sel réduit à 1 8 livres le minot, qui est le troisième Fonds, et le Revenu fixe, qui est
* On a mis ici la récolte sur le plus bas pied qu'elle peut être : car il y a peu de terres cultivées, même dans les montagnes, qui ne rendent au moins quatre pour un : et il y a beaucoup de pays en France où elles rapportent communément 10, 12 et 15 pour un : mais dans un Système comme celui-ci, on a cru devoir se réduire au produit des terres les plus médiocres, pour en faire un rapport général. {Note de l'auteur.)
" Le setier de froment, mesure de Paris, contient deux mines, la mine deux minots, le minot trois boisseaux ; et doit peser, ledit setier, cent soixante et dix livres poids de marc, et il n'en pèse ordinairement que cent soixante-cinq. {Note du même,)
Le texte de cette note, dans l'édition in-4°, porte, relativement à la contenance du setier : Et doit peser, ledit setier, deux cent quarante livres, poids de marc, et H n'en pèse ordinairement que deux cent trente-cinq.
Mais V erratum présente celte version comme une faute, et rétablit celle qu'on vient de lire, tout en renvoyant à la page 16 de l'ouvrage, avec le texte de laquelle elle ne s'accorde pas. (Voir la note 1 de la page 45 de la présente édition.)
le quatrième, composé des parties casuelles, des douanes ôtées du dedans du royaume, reculées sur la frontière, et beaucoup modérées; des anciens domaines de la couronne ; de la vente annuelle des bois et forêts du roi ; du tabac, café, thé, chocolat, papier timbré ; des poudres et salpêtres ; des postes, le port des lettres diminué , et réduit sur le pied où elles étaient avant M. de Louvois, avec les précautions énoncées à la page 99 ; des amendes, épaves, confiscations, etc. , il se trouvera que le roi peut aisément se faire un revenu ordinaire de 100 millions et plus, qui sera presque insensible, et n'incommodera personne. Que s'il survient des affaires à Sa Majesté qui l'obligent à de plus grandes dépenses, elle pourra rehausser la Dîme royale, le Sel et la Dîme de l'Industrie, mais non le Revenu fixe, qui doit toujours demeurer dans le même état ; par exemple , du vingtième au dix-huitième, du dix-huitième au seizième, du seizième au quatorzième, du quatorzième nu douzième, et du douzième au dixième, qui est le point suprême qu'il ne faut jamais outre-passer. On répète cela souvent, parce qu'on ne saurait trop le répéter : car, jusque-là tout le monde peut vivre; mais passé cela, le bas peuple souffrirait trop. Eh! pourquoi pousserait-on la chose plus loin? et que voudrait-on faire d'un revenu qui pourrait monter à plus de 1 80 millions? S'il est bien administré, il y en aura plus qu'il n'en faut pour subvenir à tous les besoins de l'État, quels qu'ils puissent être; s'il l'est mal, on aura beau se tourmenter, tirer tout ce que l'on pourra des peuples et ruiner tous les Fonds du royaume , on ne viendra jamais à bout de satisfaire l'avidité de ceux qui ont l'insolence de s'enrichir du sang de ses peuples*.
* Ce passage de la Dime mérite de fixer l'attention des véritables amis du bien public.
Le maréchal de Vauban n'imaginait pas, au commencement du dix-huitième siècle, que les besoins de l'État, dont il comprenait très-bien, d'ailleurs, la nature et l'étendue, pussent jamais réclamer un impôt supérieur à la somme de 1<S0 millions.
Cette somme, qui représente aujourd'hui celle de 271 millions 240,580 fr., ne suffirait pas même à acquitter la dette publique actuelle, qui, dotations comprises, figure pour plus de 370 millions au budget de J 842. Et, quant au produit de ce budget, porté au chiffre de 1 milliard 200 millions, il équivaut à peu près à 800 millions de livres du temps de Louis XIV. Quelle ne serait donc pas la surprise du maréchal, s'il revenait au monde, de voir le maximum de ses prévisions plus que quadruplé ^onr l'exercice 1842, et presque quintuplé \)(mv l'exercice 1843, où l'impôt et les affaires extraordinaires auront à faire entrer dans les coffres du fisc 854 millions de livres? (1,281,173,360 francs.) Ou l'on se trompe fort, ou ce grand homme demanderait pourquoi l'on a poussé la chose si loin, et pourquoi l'on ne s'est pas souvenu que Vargent le mieux employé du royaume était celui qui demeurait entre les mains du peuple ? (Voir page 47.)
On peut objecter, il est vrai, que la valeur de l'argent a baissé depuis la mort de Louis XIV. — Mais elle n'a pas baissé certainement dans le rapport de 1 à 4, ou de 1 à 5.
DIIME ROYALE. 129
Tout ce qui a été dit jusqu'ici sert à démontrer que la Dîme royale, telle que nous la proposons , est un moyen sûr d'enrichir le roi et l'État sans ruiner personnel
Reste à faire voir ce que la lieue carrée peut nourrir de monde de son cru, et par rapport à elle tout le royaume, sans être obligé d'avoir recours aux Étrangers.
Nous avons trouvé que la lieue pouvait produire 2,104 setiers de bon blé ; ajoutons-y un quart d'orge aux dépens du cours des petits blés, viendra 2,630 setiers. Nous estimons que chaque personne peut consommer environ 3 setiers de blé par an. Il est vrai que les vieillards au-dessus de cinquante ans, les enfants au-dessous de dix, et ceux qui mangent de la viande et boivent du vin, en mangeront moins; mais hors ceux-là, il s'en trouvera peu qui ne consomment leurs 3 setiers de blé, mesure de Paris, et même au delà par commune année *.
Si nous divisons donc 2,630 setiers par 3, viendra 876 personnes. Laissons-en 26 pour la part des oiseaux, chiens, chats, rats et. autres animaux domestiques et sauvages, et réduisons-nous à 850 personnes par lieue carrée; il se trouvera que, si la France en contient 30,000, elle pourra aisément fournir de son crû à la nourriture de 25,500,000 âmes, nombre assurément fort supérieur à celui qu'elle contient présentement'.
On peut objecter encore l'extension qu'auraient prise les besoins réels de l'État depuis cette époque. — Mais le quadruplement ou le quintuplenientdes dépenses publiques est-il l3ien la mesure exacte de cette extension ?
11 faut remarquer, en outre, 1° que le revenu ordinaire de Louis XIV ne s'est jamais élevé à la somme de 180 millions de livres (il était de 112 millions à la mort de Colbert, mais les successeurs de cet habile ministre ne purent le maintenir à ce taux), et que, bien loin de là, ressources ordinaires et extraordinaires cumulées ensemble, il n'a pas même atteint, en moyenne, depuis 1660 jusqu'à 1715, le chiffre annuel de 150 millions; S'' que, dans tous les cas, ces 150 millions, levés sur le peuple, n'entraient pas intégralement dans le Trésor, comme les tributs d'aujourd'hui; 3° enfin, que cet impôt si modique, comparativement à la somme des contributions actuelles, a suffi toutefois, et aux dépenses de près de cinquante années de guerre, et à la dotation d'immenses travaux publics, qui valent peut-être bien tout ce que, sous ce rapport, on a fait pour la France depuis vingt-cinq ans.
L'on ne doit pas confondre les exactions des hommes de finances, sous le règne de Louis XIV, avec l'emploi des deniers reçus par l'État. Il est constant que, malgré Versailles et quelques fêtes trop fastueuses, on n'a jamais fait, à aucune époque, de plus grandes choses, avec moins d'argent. Nous sommes sincère avec le passé, mais nous ne le calomnions pas.
* Il y aurait encore beaucoup à espérer de l'amélioration et de la culture des terres, de l'augmentation du commerce, et de quantité d'autres économies qui se peuvent faire.
{Noie de V auteur.)
* Voir page 90, le texte et les notes.
' Population de la France, d'après les recensements officiels :
En 1801, 27,349,003. — En 1826, 31,851, .545. —En 1836, 33,540,910.
Tous les détails ci-dessus, étant des preuves convaincantes et démonstratives de la bonté et de l'excellence du système de la Dtme royale, et des avantages réels et eiïectifs qu'on en doit espérer, ne le sont pas moins de la nécessité de son établissement, que nous avons d'ailleurs amplement expliqué.