‹ Économistes financiers de 18e siècleChapitre 53 sur 201 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

De la progression des Aides depuis 160t. — Pourquoi l'on a élevé cet impôt, et diminué la Taille.

Les Aides, se recevant autrefois comme les Tailles et par les receveurs généraux, n'étaient point en parti \ et le premier bail général qui s'en trouve est fait en 1604, pour 510,000 livres. Quoiqu'il fût pour dix ans, au bout de deux ou trois seulement, le fermier se fit bailler une hausse sous main, avec une prolongation de trois à quatre ans, ce qui ayant continué de la même manière, parce que ceux qui les tenaient trouvaient par ce jeu le moyen de dissimuler la trace de leurs profits, en moins de quinze ans la ferme monta à 1,400,000 livres; et a si bien haussé par cette même méthode, que les Aides sont à 19 millions*, ou environ, aujourd'hui.

' C'est-à-dire en bail, en ferme.

* M. Monteil possède un manuscrit intitulé : Estai de tout le revenu du roi, en 1684. On y compte le produit des Aides pour la somme d'environ 21 millions, chiffre qui est donné également par Forbonuais. (Voy. V Histoire des Français des divers éU^is, tome Yll, page 189, le texte et les notes.)

L'établissement des Aides, comme imposition générale, remonte à Tannée 1360,

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On a fait co détail pour établir deux choses, savoir : que, depuis 1 604 jusqu'en 1619, les fermiers de ces droits gagnèrent des sommes exorbitantes; et que depuis ce temps-là jusqu'en 1670, il n'y en a eu presque aucun qui n'ait profité considérablement, ce qui est la cause de tout le mal, parce que les hausses de baux n'étant point sans l'addition de quelques nouveaux droits, quoique ceux qui étaient établis produisissent déjà une grande diminution à la consommation, et par conséquent au revenu de la France, la quantité de fortunes que cela produisait (avec l'aide indispensable des hautes protections) ôtait toute espérance que le mal pût jamais recevoir de remède. Et ce qu'il y a de plus merveilleux est que, tandis que d'un côté l'on diminuait les Tailles, dont la quotité n'était point du tout la cause de la misère des peuples, on haussait les Aides, qui faisaient tout le désordre, et cela parce que la Taille n'est point un principe de grande fortune pour ceux qui s'en mêlent, et que les Aides, au contraire, ont toujours produit les étonnantes élévations que l'on a vues jusqu'à présent. En effet, les douze millions de diminution sur les Tailles depuis l'année 1651, ne sont justement que ce que les Aides ont souffert d'augmentation depuis cette même époque; et ce qu'il y a de fâcheux, c'est que lorsque le produit des fermes n'a pu enrichir les fermiers d'une façon directe par la consommation ordinaire et qui se pouvait faire, ils ont eu recours à des moyens indirects que l'on ne pourrait pas croire si on ne les voyait tous les jours de ses yeux.

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