‹ Économistes financiers du XVIIIe siècleChapitre 139 sur 198 · LETTRE VII · texte numérisé non relu

LETTRE VII

Ce que j'avance des grands avantages que mon projet de banque doit produire, ne doit pas paraître extraordinaire ; un établissement moins solide et moins étendu, même à proportion des pays, a produit ces avantages à L'Angle* terre ; j'espère que le temps justifiera bien ce que je prédis.

Permettez que je répète ce que j'ai eu L'honneur de remarquer dans mon premier mémoire , que la banque étant établie en temps de guerre, les espèces étant rares, etc., elle a rendu la monnaie abondante, a suppléé aux espèces qui étaient transportées ; et au delà, puisqu'elle a augmenté les manufactures et le commerce, même pendant la guerre ; a mis les peuples en état de payer les fortes taxes que le parlement avait imposées , a avancé au roi de très-fortes sommes à un intérêt raisonnable , a fait circuler les billets de l'Échiquier, a fourni des remises sur les pays étrangers, où le roi avait besoin pour le service de l'État ; a rendu l'argent à un intérêt modique dans le commerce et parmi les particuliers ; de sorte que cet établissement a mis le gouvernement et les peuples d'Angleterre en état de continuer une guerre sous laquelle elle aurait succombé sans ce secours : outre les commodités que ce crédit fournit en rendant les payements plus aisés que par les espèces.

Page 1