‹ Economistes modernes Richard Cobden, Frédéric Bastiat, Michel Chevalier, John Stuart Mill, Léon Faucher, Pellegrino RossiChapitre 1 sur 38 · Economistes modernes Richard Cobden, Frédéric Bastiat, Michel Chevalier, John Stuart Mill, Léon Faucher, Pellegrino Rossi · texte numérisé non relu

Economistes modernes Richard Cobden, Frédéric Bastiat, Michel Chevalier, John Stuart Mill, Léon Faucher, Pellegrino Rossi

Ce volume se compose d'études qui ont été, à diverses dates, publiées pour ia première fois dans ]a Revue des Deux Mondes. En les réunissant, je les ai soumises à un travail de révision des plus attentifs, et me suis efforcé d'y faire régner l'unité de composition que commande cette forme nouvelle. Je les ai ramenées également à un point de perspective qui les met en harmonie avec les événements économiques les plus récents.

L'objet que j'ai eu principalement en vue dans celte suite de portraits, c'est de faire aimer et connaître la science en rendant familiers au public la vie et les travaux des hommes qui s'y sont voués. J'ai choisi pour cela des noms tout à fait contemporains, sans y mettre d'autre ordre que celui dans lequel les matériaux se présentaient, et en laissant la série ouverte à d'autres noms naturellement désignés pour y entrer.

Je me suis proposé un autre but, qui est de renfermer quelques leçons dans ces récits biographiques. Chacune des notices qui figurent

dans ce volume contient en effet des points de doctrine qui y sont traités avec étendue, discutés contradictoirement, et présentés de telle sorte que le lecteur peut se mêler au débat et y prendre parti en connaissance de cause. Dans le choix de ces thèses, j'ai dû m'attacher à ce que la doctrine offre encore d'obscur et d'épineux. J'ai négligé ce qui est admis pour m'en tenir à ce qui est contesté. C'est la matière litigieuse qui passe presque tout entière sous les yeux, à mesure que le nom et les travaux d'un auteur mettent plus particulièrement en saillie un détail susceptible de controverse.

Ainsi, à deux ou trois reprises reparaît, dans le cours de ces pages, ce qu'on nomme en économie politique la question de la population, c'est-à-dire le rapport à déterminer entre la somme des subsistances et le nombre des bouches à nourrir. Ainsi le fermage et la rente du sol, Je produit net et le produit brut, dégagés ù leur tour dé l'appareil un peu abstrait dont Ricardo les a enveloppés, sont réduits à leurs termes les plus simples. Il en est de même de la définition delà valeur, sur laquelle un concert n'a jamais pu s'établir; de l'engorgement des produits qui est l'accident naturel de toute activité libre et qni trouve son remède dans le jeu des prix ; de l'assiette de l'impôt, au sujet de laquelle régnent en France des préjugés qu'en-

tretient l'intérêt et que la vanité empire; enfin de l'association entre ouvriers, et entre patrons et ouvriers qui eut un moment de vogue pour retomber ensuite dans la période des déceptions que le temps et l'expérience devaient lui infliger. D'autres questions, comme celles de l'or et de l'argent, du double étalon et de l'étalon unique, celles encore de l'application de l'armée aux travaux publics, de la réduction par voie d'arbitrage des forces de terre et de mer entre les grands Ëiats européens, d'une taxe sur le revenu, des meilleures définitions à adopter pour rendre plus sensibles les grands principes, ces questions de théorie ou d'application, de science ou d'art, de métier ou d'école, trouvent successivement leur place dans le mouvement du récit et se rattachent soit à des actes, soit à des ouvrages qui tiennent au corps même du sujet.

J'ai donc pu, en jugeant les hommes, toucher à celte catégorie des doctrines qui partagent les meilleurs esprits. Ma prétention n'est pas d'avoir vidé le différend; il me suffit de l'avoir fait connaître à ceux qui ne vont pas au delà d'un examen superficiel, et d'avoir mis sur la voie ceux qui désireront pousser les choses jusqu'à un plus ample informé et une notion plus complète. Il y a deux manières de donner le goût de l'économie politique, l'une directe, l'autre indirecte. La méthode directe consiste à l'enseigner

didactiquement, d'une manière rigoureuse; je crains qu'on ne s'adresse ainsi qu'à un petit nombre de vocations. La méthode indirecte ménage mieux les susceptibilités, mesure plus habilement les doses et ne donne à l'esprit que ce qui convient pour ne pas le rebuter; elle consiste à mettre les principes en action, à les incorporer dans un sujet dont l'intérêt est pour eux une force d'emprunt qui n'est point ii négliger dans des matières aussi arides. C'est ce que j'ai essayé de faire dans un ouvrage 1 où la condition dos classes industrielles est examinée avec un soin minutieux; c'est ce que j'ai voulu faire également dans ce volume, où ceux qui savent aimeront, je l'espère, à trouver un écho de leurs opinions, où ceux qui ne savent pas pourront aborder sur le pied le plus familier une science qui est moins ingrate qu'on ne le croit et qui gagne beaucoup à être connue.

Janvier 1862.

Louis Reybmjd

1 Éludes sur le régime des manu/tdures. — Condition dt$ ouvriers en soie. \ vol. in-!". Michel Léïï frères.

RICHAHD COBDEN

ET L'ÉCOLE il Y. MANCHESTER 1

L'Angleterre a donné récemment un spectacle auquel l'Europe n'était point accoutumée. On l'a -vue assister, l'arme au bras, à une guerre que deux puissances de premier ordre avaient engagée sur le continent, échangeant des notes pendant qu'elles échangeaient des coups de canon. Elle a laissé s'accomplir des démembrements d'États, les uns lui agréant, les autres lui répugnant, sans s'y mêler autrement que

1 r. lliilcry ofanti-corn-law langue, bj Arcliiluld Prentice, ona of liis executive coudcU, 2 vol. — II. Hislory of thirty yeari peace, hy miss Hnrlinenu. — III. Speechei Of Richard Cobden, I vol. — IV. 1793 cl 18j3, in three letteri, bj R. Cobden, 1 vol. — V. Sir Hubert Peel, par M. GuiioL — Jl. Statitlical abslract for thcUnîlcd Kingdorain tach ofthe toi fîfleen yeara ftm 1MM ta 1858, preienled tt> both hoiua of parliamint by emmaud oflirr tMjettu- 1869-

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