‹ Ecpivains et SoldatsChapitre 5 sur 14 · TEMPS PASSÉ.JOURS PRÉSENTS · texte numérisé non relu

TEMPS PASSÉ.JOURS PRÉSENTS

Ce très agréable volume n'est point un volume de Mémoires. C'est une causerie à bâtons rompus, où T auteur passe d'un sujet à l'autre sans autre ambition que celle de plaire ou d'instruire, de faire revivre pour ses lecteurs et de revivre luimême les jours d'autrefois, le temps passé, Tempi passati ! En dépit de son titre, en effet, il ne nous dit rien ou presque rien des jours présents, et, pour mon compte, je lui en sais gré : les jours présents, nous le savons du reste, sont de ceux dont il vaut mieux ne pas parler.

(i) Temps passé, jours présents, notes de famille, par M. Denormandie, sénateur. Librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, 1900.

M. Denormandie a fait une large part, dans son livre, à ses souvenirs de famille.

Il est né à Paris, rue du Sentier, le 6 août 1821. Son père était avoué au Tribunal civil de première instance de la Seine. Son grand-père paternel, procureur du Roi au Châtelet à l'époque de la Révolution, devint, en 181 1, secrétaire général de l'Administration des Forêts, et, en 1814, maître des requêtes au Conseil de Monsieur, frère du Roi. Son grand-père maternel, Louis- Ferdinand Bonnet, ancien avocat au Parlement de Paris, fut, jusqu'en 1826, un des maîtres du barreau. Lors du procès de Louis XVI, le soir même du jour où fut connue l'étrange défaillance de Target, refusant de répondre à l'appel du Roi, Tronson du Coudray avait convoqué chez lui les principaux d'entre les avocats qui, vers les derniers mois de 1792, avaient repris la plaidoirie. Bonnet fut des premiers rendu à cette réunion, à laquelle assistèrent Bellard, Chauveau-Lagarde, Delacroix-Frainville, Berryer père, Blacque, Bureau du Colombier, Bitouzet des Linières et quelques autres. Ils furent unanimes à décider que si le choix de Louis XVI tombait sur l'un d'eux, tous les autres l'assisteraient comme conseil.

Ce fut Bonnet qui défendit, en 1804, le général

:>reau. En 1820, il fut désigné d'office, en sa alité de bâtonnier, pour défendre Louvel, l'asssin du duc de Berry. Député de Paris, de 1820 [822 et de 1824 à 1827, il fut également meme du Conseil général du département de la ine depuis 1820 jusqu'à 1830. Nommé, le 18 janîr 1820, conseiller à la Cour de cassation, il nplit ces fonctions jusqu'à sa mort, le 6 déceme 1839. Homme de haute vertu,» doué d'infiniînt d'esprit et de talent, Bonnet joignit à ses très mérites celui d'avoir été, pendant toute sa 3, un excellent royaliste.

J'emprunterai deux ou trois anecdotes aux *s intéressantes pages que M. Denormandie a nsacrées à son grand-père.

A l'époque du Consulat, M. et M** Bonnet rent invités à une grande fête donnée à l'Hôtel Ville en l'honneur du Premier Consul. M** >nnet était parmi les dames qui devaient lui re présentées. Le Maître des cérémonies, après ir avoir indiqué leurs places, fit à chacune d'el- > des questions qui, naturellement, ne pouvaient is varier :

« Comment s'appelle votre mari ?

« Quelle profession exerce- t-il ?

« Combien avez- vous d'enfants ? »

jfme Bonnet avait parfaitement entendu ces trois formules, et au moment pu le Premier Consul arrive à elle, elle prévint la triple question par ces trois mots lancés avec assurance :

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