COURS
Cours élémentaires.
Histoire naturelle. — Formation des terrains. Ostéologie. Plantes.Coquillages. Étude sur la construction des formes, leur principe d'unité. Étude comparée des formes.
Histoire de l'évolution humaine. — Les races humaines. Conditions actuelles de production et d'échange. Lois économiques modernes. Organisation du travail. Les classes sociales. Leurs rapports. L'offre et la demande.
Histoire des religions, des philosophies.
Les expressions d'art, comme manifestations de ces ditférentes conceptions de la destinée humaine.
Esthétique.
Cours de dessin.
Plantes, coquillages, squelettes. Etudes d'après le nu et d'après Thomme dans son costume habituel. Jamais de déguisements sous prétexte d'histoire. Des séances de deux modèles réunis, pour l'étude de la communion des plans el deraccoid des lormes entre elles.
66 ÉCRITS ET tETTRES CHOISIES
Cours de peinture.
Comme le précédent. — Cours sur les principes des couleurs, leur fixité, les toiles : préparation, conservation des divers procédés de peinture : huile, vernis, etc. Histoire de la peinture comme technique et comme art.
Cours de sculpture. — Modèles d après nature, nu et costume comme les précédents. Le modèle avec costume est destiné à faire prendre l'habitude de concevoir l'homme dans son apparition réelle (habitudes et volumes esthétiques des vêtements). — Cours d'histoire de la sculpture, comme de la peinture. — Ateliers de moulage, de pratique (pierre, marbre, bois).
Cours de gravure. — Comme les précédents. Application à la gravure et à ses méthodes spéciales.
Cours d'architecture. — Histoire de Thabitation. Transformations des lieux publics (basiliques, etc.). Climats. Hygiène. Nécessités de la vie et des professions.
Cours et pro.nenadesdans les chantiers. Rapports directs avec les entrepreneurs et ouvriers.
Cours commun.
Composition (résultat d'une série d'observations sur la nature).
Los élèves seront invités à parcourir ensemble ou
isolémenl tous les lieux d'activité humaine, à y rele^ ver (les observations d ensemble d'elîets et de mouvement ; le parcours de la lumière sur les formes, hommes et choses ; le caractère particulier des êtres. — Par des notes rapides, reconslilucr avec laide de la mémoire le tableau entrevu : ainsi des effets de ciel et paysage, rues, etc., Taccord des ciels avec les terrains, etc., le dessin des valeurs, l'arabesque de la lumière qui forme le tableau. Se créer au fur et à mesure un diclionnnaire des faits, gestes, eflets,etc...
Des architectes, peintres, sculpteurs, graveurs, praticiens, fondeurs, mouleurs, toutes les industries ayant un rapport quelconque avec les arts par une collaboration de travail,feront partie de l'association, afin de donner toutesfacilités pour l'éducation et l'apprentissage de la vie d'artiste et d'homme, que doit réaliser comme but l'Académie populaire des Beaux- Arts.
Les élèves de tous les cours seront conduits ou envoyés dans les ateliers extérieurs correspondant directement à leurs travaux. Des visites dans les usines, les fabriques, les ateliers de fonderie, les bâlimenls en construction, les marchés, les ports seront aussi indispensables. Les élèves se mettront ainsi en rapport avec tous les hommes dont ils au ront à exprimer les sentiments et les aspirations.
Philosophie de iarl.
Sa raison dinitialrice à la compréhension des lois
de la nalure.L'expression de la puissance etdelétendue de nos facultés.
Il est de toute nécessité que la fonction bienfaisante et nécessaire de Tartisle soit bien définie.
Répéter el commenter cette idée. Pour bien convaincre l'artiste de la noblesse et de l'utilité de son but, lui donner l'horreur et le mépris du parasite, et n admettre l'art et l artiste que comme source indispensable à r homme pour se connaître comTrœ—tcnité morale et physique, c est-à-dire comme la créature excellente de r Univers.
C'est en faisant dominer la conviction de Tapostolat héroïque de l'artiste, que la servilité de Fart faux, pornographique, et delà flatterie à la puissance et à la richesse, sera marquée de flétrissure et inspirera le dégoût.
La décoration de l'Académie consistera en plantes terrestres et marines séchées ou conservées, coquillages et pierres, squelettes d'animaux et d'hommes.
Un gymnase sera installé dans TAcadémie pour servir de lieu de repos et d'exercice. Une bibliothèque très choisie et de très peu de volumes ne concernant que les questions de métier et d'art sera aussi admise.
L'Académie sera ouverte les dimanches comme lieu de rendez-vous pour les visites et promenades, et aussi pour les jeux.
L'Académie s'élèvera sur un grand espace, par
exemple sur les terrains dominant les Buttes Chaumont, de façon que la comparaison entre la nature et le modèle soit toujours permise.
L'Académie sera fondée par un groupe de souscripteurs qui choisira les professeurs, savants, poètes, artistes.
11 sera perçu un droit d'études pour couvrirles dépenses. Les étrangers paieront un prix plus élevé.
L'Académie populaire des Beaux Arts est destinée à réaliser l'accord entre l'esprit et la forme, l'accord parla solidarité avec tous les hommes. Le principe d'unité morale et physique est l'idée fondamentale et directrice de l'Académie. L'Académie est universelle.
LE POMMIER ET LE GUI (i)
Un pommier mûrissait ses fruits. Les pommes tombaient, ramassées par les passants, les uns louant leurs qualités, les autres les méprisant, celui-ci remplissant ses poches, cet autre les rejetant toutes. Personne ne pensait au pommier. Le gui, sur la branche de l'arbre, assistait à ces scènes, et, mécontent de Fingratitude des hommes, il dit au pommier : « Tu es d'une faiblesse stupide, de ne pas cesser de donner des fruits à de pareils ingrats, ou bien encore es-tu peut-être un être de générosité surnaturelle, incompréhensible? Pour moi je préfère, ma nature : on me laisse mes fruits, et, si je ne suis utile à rien, du moins n'ai-je pas à m'irriter contre les ingrats. — Tu méjuges mal, répondit le pommier; je ne mérite ni ton mépris, ni tes louanges. Ma raison d'être est de donner des pommes; si je cessais de produire, ma vie s'éteindrait. J'ignore le sort de mes fruits, ma vie seule m'intéresse, et, fait pour donner, je donne. Toimême, sur moi perché, tu me dois la vie et ne t'en aperçois pas. Continue ton indifférence, et laisse-moi jusqu'à ma mort remphr la mission que la nature m'a imposée. »
(1) Copie communiquée par M™* Marguerite Carrière.