COMTE DE MAULEVRIER
MORT EN 1531 Voir le tiltre d'Aumale [tome Y, page 11 5J.
On a expliqué cy devant tiltre de Chevreuse [tome VI, page 53] la raison de convenance qui Ta fait placer avant Chastellerault et Valentinois quoyque seulement de 1555, et qui en ce cas particulier ne touche point au rang.
Celte fameuse maistresse d'Henry II et peut estre aussy de François 1*' son père, fut si unie de fortune, d'intérest, d'amitié, d'intrigues avec le premier duc d'Aumale son gendre tué, 1575, au premier siège de la Rochelle, et par conséquent avec les autres Guises ses frères, qu'on n'a pu se dispenser de l'anticiper beaucoup au tiltre d'Aumale [tome V, page 115]. On y renvoyé donc pour sa généalogie et la plus proche famille de son mary et d'elle, et pour ses deux filles Madame de Floranges la Marck ou la mareschale de Bouillon première belle mère du dernier connestable de Montmorency, et la duchesse d'Aumale-Lorraine qui bien que la cadette eut presque tout. On y trouverra aussy sa vie et sa mort qui contiennent beaucoup de choses curieuses. Il s'en trouve aussy quelque peu de mesié au tiltre à' Estampes [page 144 ci-dessus] par la connexitè de ces deux furieuses rivales qui par la passion extresme du père et du fils pour elles partageoient la Cour en deux partis qui nuisirent fort à l'Estat et qui firent et défirent beaucoup
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de fortunes. Il faut donc avouer qu'entraisnés par la matière, il ne reste pour ce lieu que ce qui s'est échapé des autres, encore qu'il eust esté plus dans l'ordre et dans l'agrément d'y trouver le tout ensemble, ce qui ne se pourroit maintenant qu'avec une ennuyeuse répétition.
François P' l'avoit aimée à ce que l'on prétend et ne Tavoit pas trouvée cruelle. On dit encore qu'après la mort du Dauphin se plaignant à elle du peu de vivacité d'esprit qu'il trouvoit dans le nouveau Dauphin depuis Henry n et luy en tesmoignant sa peine, elle luy répondit qu'il le falloit rendre amoureux et que s'il vouloit elle le rendroit son galant. On ajouste que François P' y consentit, mais Tamour n'éclatta qu'au retour d'Espagne. François P' la quitta en arrivant pour la duchesse d'Estampes que cet amour maria et fit duchesse, et le Dauphin de retour ensuitte trouvant le Roy bien attaché ailleurs ne fit pas scrupule de se livrer à Diane de PoLctiers qui le posséda tant qu'il vescut sans mesure et qui sans mesure aussy régna, domina, maistrisa le Connestable et tous les Gaises et s'enrichit à touttes mains. Malgré des marques si ce^ taines, il y en a qui ont prétendu que cet amour n'avoit jamais passé la galanterie, et se fondent sur ce qu'Henry II ayant eu des enfans d'autres maistresses, n'en a jamais eu de celle cy . Peut estre n'en estoit elle plus en aage car elle avoit plus de trente cinq ans quand Henry II l'aima. On ne laissa pas d'avoir la hardiesse de jetter dans la chambre d'Henry II l'imprécation de Ruben, ce qui fait voir que la Cour d'alors ne douttoit guères qu'elle n'eust accordé touttes ses faveurs au père et au fils. Sa beauté usée fut suppléée par l'artifice et l'agrément de l'esprit qui entraisna sans obstacle Henry H à tout ce qu'elle voulut toutte sa vie, à tel point qu'on l'a cru ensorcelle par cette femme,