‹ Écrits inédits de Saint-SimonChapitre 46 sur 58 · II M · texte numérisé non relu

II M

258 DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEINTS.

6on*evod. Claude n'eut qu'un fils mort sans alliance, et Jean frère de Claude fut père d'autre Jean qui fut chambellan de Charles V et celuy à qui Laurent comte de Pont de Taux, grand maistre de Charles Y, donna tous ses biens. De Claude de Semur il laissa Laurent II de Gorrevod comte de Pont de Vaux à qui on reviendra ; Antoine évesque de Lausanne mort 1598 après avoir esté cinquante un ans abbé de Saint-Paul de Besançon ; François vicomte de Salins gentilhomme de la bouche du Roy d'Espagne, et capitaine de cinquante lances des ordonnances du duc de Savoye, mort sans enfans d'une Malain fille du baron de Lux ; et trois filles : Jeanne mariée à Philippe de la Chambre ; Antoinette à Charles de Busseul bailly de Mascon dont une fille espousa, 1580, un Thyard sieur de Bissy ; puis Antoinette se remaria à Antoine de Vichy; Hélène, femme de Jean de Rosières.

Laurent II de Gorrevod leur frère aisné fut comte de Pont de Vaux et riche en terres. 11 fut page de Charles V, le suivit à la guerre de Saxe et au siège de Metz, eut quelque commandement dans ses trouppes, se distingua aux batailles de Saint-Quentin et de Gravelines. Il fut chambellan du duc de Savoye, gouverneur de Bresse, Bugey et Valromey et chevalier de l'Annonciade. Se retirant du quartier du duc de Savoye devant Genève au sien, il se noya dans un torrent. De Perronne fille de Claude de la Baume- Monlrevel chevalier de la Toison d'Or, mareschal et gouverneur du comté de Bourgogne qu'il avoit espousée en 1590 il ne laissa qu'un seul fils et point de filles, qui fut :

Charles Emanuel de Gorrevod comte puis duc de Pont de Vaux, qui ne put estre vérifié de son vivant. 11 fut filleul et page de Charles Emanuel duc de Savoye, puis menin du Roy d'Espagne Philippe III lors Infant, d'où il

revînt aréc rinfante Catherine duchesse de Savoye; et commanda deux fois à dix sept ans la cavalerie de Savoye à Tentreprise de Genève. Ayant perdu son père il retourna en Espagne où le Roy Philippe III luy donna la Toison d'Or. Il s'attacha à TÂrchiduc Albert dont il fut somelier du corps ou grand chambellan^ et qui luy donna le gouvernement de Limbourg. Il se signala à la journée de Nieuport où l'Archiduc ayant esté desmonté il le remonta, et tua celuy qui le poursuivoit. Il figura aux obsèques de ce Prince, 1621, où les quatre coins du poisle furent portés par le duc d'Auraale dégradé effigie à Paris et retiré pour sa vie à Bruxelles, le prince de Badcn, le comte d'Egmont dît le prince de Gavre, et luy. Il n'avoit jamais paru à la Cour de France, encore moins avoit il servi dans ses trouppeS. Touttefois il obtint des lettres de duc de Pont de Vaux en février 1623. Louis XllI après avoir soumis le Languedoc les armes à la main en personne, 1622, passa à la fin de Tannée à Avignon, où le célèbre Charles Emanuel duc de Savoye luy vint faire sa cour. De là le Roy fut à Lyon où le prince et la princesse de Piedmont sa sœur vinrent luy rendre leurs respects. De ces visittes nasquit un trailté qui fut signé à Paris en février 1623 entre la France, la République de Venise et Charles Emanuel contre la Maison d'Austriche, et ce fut en ce mesme mois et an que ces lettres de Duc furent accordées à M^ de Pont de Vaux. Il avoit alors cinquante trois ans. Dans l'ignorance de ce qui pust opérer une élévation encore si rare à un estranger qui par ses attachements et ses services en estoit si peu susceptible, il est apparent qu'après la mort de l'Archiduc Albert il s'estoit retiré chés luy auprès de son ancien et naturel maistre qui dans ce moment d'union avec Louis XIII obtint cette grâce pour luy, qui ne fut

360 DUCHES YERIFIÉS ESTEIMÎS.

enregistrée qu'après la mort de W. de Pont de Taux. D obtint le mois suivant une grâce de l'Empereur Ferdinand III, peu consonante avec celle cy aux termes où en estoit lors le duc de Savoye avec la Maison d'Austriche. Ce fut celle de Prince de l'Empire pour luy et pour les siens, avec droit de voix délibérative aux Diettes Impériales. Peut estre l'Empereur ignoroit il encore alors où H', de Savoye en estoit avec la France et cherchoit il à le gratifier d'une demande peut estre ancienne pour le retenir ; peut eslre fut ce une faveur purement personnelle en considération de l'attachement que M', de Pont de Vaux avoit eu toutte sa vie et celuy de son père pour la Maison d'Austriche. Il ne jouit pas longtemps de ces honneurs si contradictoires et si près à près receus. Il mourut en Franche Comté en son chasteau de Marnay, 4 novembre 1625, à cinquante six ans. Il avoit espousé à Bruxelles en 1621 Isabelle fille d'Herman des bastards de Bourgogne, comte de Falais sieur de Sommerdyck gouverneur de Limbourg arrière petit fils de Philippe le Bon dernier de ce rameau bastard, et d'Yoland de Longueval-Bucquoy sœur de deux jésuittes et de la femme du comte de Noyelles chef des finances des Pais Bas. M', de Pont de Vaux n'en laissa que deux fils en maillot et point de filles. Le cadet devint archevesque de Besançon fort jeune et mourut à trente six ans à Madrid, 20 juillet 1659. L'aisné fut :

Philippe Eugène de Gorrevod, duc de Pont de Vaux, dont les lettres de Duc accordées à son père furent vérifiées au Parlement de Dijon seulement en 1627. C'est une autre singularité que cela ne s'estant pas fait durant la vie du père se fist dans la première enfance du fils. S'il faut encore deviner, il faut que Charles Emanuel ait pris cette affaire à cœur et qu'on l'ait voulu mesnager dans un

temps où l'imminente ouverture de la succession de Mantoue le rendoit d'autant plus considérable que l'expéditien si importante et si difficile de la Rochelle ne vouloit pas estre divertie par d'autres guerres. Le duc de Pont de Vaux servit sous M', le Prince, receut plusieures blessures au siège de Mardick en 1646, et se trouva deux ans après à la bataille de Lens. Il ne parut guères depuis nulle part dans le monde, mena une vie fort particulière retiré chés luy et y mourut, 26 juillet 1681, sans s'estre marié, le dernier de sa Maison à qui tant d'illustration ne dura guères. Il ne fit pas mesme de testament, celuy qui fut produit en faveur du marquis de Chianges ayant esté déclaré faux. Ainsy fut esteinte la Maison de Gorrevod, et avec elle le duché de Pont de Vaux, après quarante quatre ans de durée.

262 DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEINTS.

Louis XIV. IVOY DIT CARIGNAN pour EUGÈNE MAURICE DE SAVOYE

29 octobre 1661, ESTKINT PAR FELOMIK COMTE DE SOISSONS

àMeU.

Page 1